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République Démocratique du Congo

Enseignement Supérieur et Universitaire

 

 

HISTOLOGIE

Anatomie microscopique

 

 

 

Dr Philip B. Wood

 

Edition 2006


 

Cours d’ Histologie

Supplement a l’anatomie et physiologie - Anatomie microscopique.  Defn. : Etude des tissus (histo Gr tissu)

Avec remerciements : Estelle Escudier ; Jacques Poirier ; Jean-Michel André ; Jean-Jacques Morère ; Paul Bracken ; Philip Wood

Avant-Propos

• Quelques abréviations utilisées :

MO Microscopie optique

ME Microscopie électronique

MEC La matrice extra-cellulaire

Fg Fort grossissement

fg Faible grossissement

ARN Acide Ribonucléique

ADN Acide Desoxyribonucléique

MB membrane basale

Chapitre 1 :Matériel et méthodes de l’histologie médicale. Le concept de tissu

1.1 Matériel et méthodes de l’histologie médicale

Toute activité histologique a en commun l’action de voir (observer) et d’interpréter ce qui est vu.

L’histologie moléculaire a pour but de visualiser in situ –( dans les tissus), les cellules, leurs organites ou la matrice extra-cellulaire (MEC) - des molécules (en particulier les gènes, leurs ARN-messagers et les protéines pour lesquelles ils codent), en déterminant leur situation et leur configuration. L’histologie moléculaire permet donc de décrire la morphologie cellulaire et tissulaire en termes d’architecture et d’interactions moléculaires.

1.1.1 Le choix du matériel et les modalités de prélèvement

Les méthodes utilisées en histologie varient selon le matériel (échantillons ou specimens) à étudier et les objectifs de l’examen (diagnostic histopathologique chez l’homme ou chez l’animal, ou protocole de recherche).

1.1.1.1 L’observation peut porter sur des préparations où les cellules restent entières

Des cellules vivantes peuvent être observées entre lame et lamelle afin d’évaluer certaines de leurs fonctions (par exemple, mobilité des spermatozoïdes, mesure de la fréquence du battement des cellules ciliées, chimiotactisme des granulocytes neutrophiles). L’examen microscopique est parfois effectué après adjonction de colorants vitaux qui permettent d’évaluer la viabilité cellulaire (bleu trypan, nigrosine qui pénètrent dans les cellules), ou de mettre en évidence des structures (rouge neutre visualisant les vacuoles de pinocytose).

Les cultures cellulaires permettent de maintenir des cellules en survie et de les étudier in vitro. Elles peuvent être réalisées à partir de fragments d’organe ou de cellules dissociées par action enzymatique, cultivées en suspension ou sur un support auquel elles adhèrent. Ces techniques sont largement utilisées en recherche mais aussi en diagnostic : ainsi, par exemple, les caryotypes (l’analyse de l’ensemble des chromosomes dans un noyau) sont habituellement réalisés sur des cultures de lymphocytes sanguins ou de cellules du liquide amniotique.

Des cellules entières fixées (dans ce sens fixation veut dire « tuer » pour qu’il n’y ait pas de dégradation des cellules.  On utilise un liquide qui coagule les cellules sans altérer leur structure.  L’alcool a 95% et le formol a 10% sont les solutions le plus utilisés.  Les cellules fixées peuvent être examinées sur 1. des frottis (étalement de cellules sur une lame de verre) pour l’étude des cellules sanguines et de celles de différents liquides de l’organisme (comme, par exemple, le liquide cérébro-spinaux, du liquide articulaire, du liquide d’épanchement pleural, du liquide d’ascite) ou sur 2. des empreintes (cellules provenant d’un fragment d’organe - un ganglion lymphatique par exemple - apposées sur une lame). Ces techniques peuvent être utilisées pour rechercher des cellules tumorales, comme c’est le cas pour les frottis cervico-vaginaux de dépistage des cancers du col de l’utérus ou 3. Apres cytoponction d’un nodule et etalement sur une lame.  4. Apres une biopsie chirurgical et une coupe très fine avec un microtome.

1.1.1.2 Le plus souvent, le matériel est fixé, inclus, coupé et coloré

Les cellules, associées dans des tissus, sont coupées afin de pouvoir les observer au microscope. Il s’agit d’observer au microscope optique (MO) ou électronique (ME) des cellules, tissus, organes ou fragments d’organe, voire des organismes entiers (embryons de souris par exemple) qu’une préparation technique plus ou moins compliquée aura rendues suffisamment minces et transparents pour être observés et suffisamment contrastés pour y reconnaître les divers éléments constitutifs. On peut distinguer l’étude des cellules isolées (« cytologie ») et celles des coupes de tissus ou d’organes (« histologie »).

Les examens histologiques sont en règle réalisés après traitement du matériel par des agents physiques ou chimiques (fixateurs) qui tuent les cellules mais visent à préserver au maximum leurs caractéristiques morphologiques et biochimiques.

Le matériel est prélevé de différentes façons. Le matériel histologique peut être obtenu par biopsie (Ggr bios vie ; opsis vue) (directe comme pour la peau, le muscle ou avec endoscopie pour les organes des appareils respiratoire, digestif, urinaire), par ponction à l’aiguille (comme pour les liquides pleural, péritonéal, articulaire, pour les ganglions, les seins, la moelle osseuse). Le matériel histologique peut aussi provenir d’une pièce opératoire, d’une autopsie ou de la dissection d’organe en expérimentation animale.

La microdissection permet d’intervenir sur un seul type cellulaire. L’utilisation de systèmes de microdissection utilisant un faisceau laser permet de recueillir des cellules dont les protéines, les ARN et l’ADN sont intacts et susceptibles d’être analysés.

1.1.2       L’utilisation de la microscope occulaire :

1-1.2.1- La microscope

La microscopie est l'examen de base avant toute autre technique. Le travail d’anatomie pathologie est impossible sans la microscope. Il est donc important d'apprendre à l'utiliser correctement, d'en comprendre les limites et de savoir ce qu'il faut faire pour le maintenir en bon état.              Le microscope que vous allez utiliser est un microscope optique. 11 faut savoir le nom de certains de ses éléments :

1.Le tube. Le tube et le prisme sont souvent appelés la tête du microscope. Elle est généralement inclinée vers l’utilisateur pour faciliter les observations: on dit alors que le microscope est à l’incliné. Des prismes en verre poli

sont placés d l'intérieur, ce qui permet de détourner les rayons lumineux afin que l'image, atteigne la vue de l'observateur.

2 : L'oculaire est situé d I'extrémité du tube prés de l œil. La plupart des micro­scopes optiques sont équipée d'une tête binoculaire, c'est‑à‑dire qu'ils ont deux oculaires ‑ un pour chaque œil. Certains n’ont cependant qu'un oculaire, on les appelle microscopes monoculaires.

L'oculaire    L'oculaire glisse à frottement doux dans la partie supérieure du tube d'observation. C est à travers lui que l'observateur regarde. Le grossissement de l'oculaire figure sur la partie qui sort du tube. Le grossissement est le coefficient de multiplication agrandissant l'image produite par l'objectif. Ainsi, avec un oculaire 7 x et un objectif d immersion 100 x, le grossissement total est de 7 x 100 = 700 (la préparation observée est agrandie 700 fois).  Le grossissement varie avec l'oculaire. Pour la recherche du paludisme, les oculaires 7 x sont les mieux adaptés. On peut également employer un oculaire 6 x mais les oculaires 10 x sont déconseillés.

Les oculaires équipant les microscopes binoculaires sont spécialement conçus pour eux. Sur le bord est inscrit <<x7P>> ce qui veut dire qu'il s'agit d'une paire d'oculaires dont le grossissement est de 7 x.

3 : Le prisme

4. Objectif. Un certain nombre d'objectifs de grossissement différent sont vissé à la tourelle revolver du microscope. Elle peut tourner, ce qui permet d'augmenter ou de diminuer le grossissement.

Tous les é1éments du microscope sont importants, mais il faut faire particu­lièrement attention aux objectifs ‑ les lentilles inférieures. Ces lentilles sont de très grande qualité et doivent être manipulées avec beaucoup de précau­tions. Parfois les lentilles sont collées et il faut éviter d'employer des solvants comme l'alcool concentré ou I'acétone qui pourraient dissoudre la colle.

Les objectifs sont désignés par leur grossissement qui est marqué sur le coté. Le microscope que vous allez utiliser dispose des objectifs suivants :  fois 10 (10x)  fois 40 ; fois 100 x (cet objectif est souvent appelé l objectif d’immersion à l'huile ; il porte parfois un anneau rouge ou noir pour pouvoir être reconnu plus facilement).

La distance entre l'objectif et la préparation varie suivant le grossissement de l'objectif. La distance frontale est la distance qui sépare la lentille frontale de la préparation posée sur la platine après la mise au point. Plus l'objectif a un fort grossissement, plus la distance est faible. Pour les objectifs courants, les distances frontales sont habituellement les suivantes (variables avec le fabri­cant). 10x   15,98 mm ; 40 x 4,31 mm ; l00x 1,81 mm (objectif d immersion).

5 : La platine mobile à crémaillères. La platine mobile maintient la lame et permet de la déplacer vers l'avant, vers I'arrière et vers les cotés. Il y a parfois une échelle graduée sur deux cotés de la platine pour indiquer 1'étendue des déplacements. Elle est appelée “ échelle de Vernier>> ; grâce à elle vous pourrez repérer une partie de la préparation que vous souhaitez réexaminer ultérieu­rement ou montrer de votre superviseur.

6. Le condenseur (avec diaphragme et iris)  Le condenseur est composé d'un certain nombre de lentilles. Il concentre la lumière du miroir ou de la source électrique, au centre du champ. Vous pouvez faire monter ou abaisser le condenseur pour donner un éclairage maximal ou minimal.  Dans le condenseur se trouve le diaphragme d’iris. Il permet, au moyen d'un levier, de régler la quantité de lumière passant d travers le condenseur. Il se compose d'un certain nombre de fines lames de métal imbriquées.

La porte filtre et le filtre bleu   Sous le diaphragme d’iris est placé la porte filtre. C est la que l'on place le filtre bleu lorsque l'éclairage est fourni par une source électrique. Son effet est de rendre le champ blanc, qui sans lui serait alors jaune.

7. Le miroir   Le miroir sert à diriger la lumière de la source vers le champ. Il a deux faces. L'une est plane et est utilisée avec le condenseur. L'autre est concave, elle joue le rôle du condenseur qui alors n'est pas utilisé.

   Remarque: Certains microscopes sont munis d'un système d'éclairage incor­poré. Ils n’ont donc pas de miroir mais sont équipés d'un prisme qui dirige la lumière de la source lumineuse vers 1'ensemble des lentilles, objectifs et oculaires. D'autres ont un éclairage que l'on peut remplacer au besoin par un miroir. Trop de lumière ou pas assez rendent 1'examen des préparations diffi­cile.

8. La potence      La potence est le support rigide du tube et de la platine. Elle est solide et peut servir de saisir le microscope pour le transporter. Toutefois, il est recommandé de soutenir le microscope par le pied avec l'autre main. Quelle que soit la forme du pied du microscope (d'habitude en U ou rectan­gulaire), il doit reposer sur une paillasse ou une table plate et stable. Il est fondamental que le microscope reste immobile pendant l'utilisation.

On remarque un pas de vis à la face inférieure du pied. Il sert d visser le microscope dans sa boite pour le transport.

9. Les deux vis ‑ vis de mise au point rapide et vis micrométrique ‑ servent de mettre au point l'image de la préparation. La vis de mise au point rapide entraîne des déplacements rapides et relativement importants de la platine (et donc de la préparation) ; la vis, micrométrique produit de très petits déplacements et permet la mise au point fine de l'image avec les objectifs de fort grossissement.

En faisant la mise en point c’est tres facile de casser une préparation precieuse.  Donc la procédure normale est d'utiliser d'abord la vis de mise au point rapide, tout en observant la préparation  en mettant l’objectif proche à la preparation.  Puis faire , monter (eloigner) l’objectif de la preparation en regardant par l’oculaire jusqu'à ce que on voit clairement.  Ne jamais viser le mise au point rapide vers la preparation en regardant par l’oculaire.

1-1.2.2  L’entretien du microscope

Grâces d’un peu de soin et de bon sens, le microscope peut fonctionner pendant de nombreuses années.

Elimination de la poussière et de la graisse

Quand le microscope n'est pas utilisé pendant la journée, il doit être recouvert d'un torchon propre ou d'une housse en plastique pour protéger les lentilles de la poussière ambiante. Pendant la nuit, ou s'il reste inutilisé pendant de longues périodes, le microscope sera rangé dans sa boite soigneusement fermée. Afin de protéger les objectifs, amener l'objectif 10 x dans l'axe de l'oculaire.

Les objectifs et les oculaires sont facilement souillés de traces d'huile ou de graisse venant des cils ou des doigts au cours de l'utilisation du microscope. Il faut les nettoyer avec du papier spécial pour optique ou un chiffon en coton très doux.

L'objectif d’ immersion doit être nettoyée après chaque usage.

Comment éviter le développement de moisissures :

Sous les climats chauds et humides, les moisissures se développent facilement sur les lentilles et les prismes. Il arrive qu'elles entraînent un gène, ou même rendent le microscope inutilisable. Les lentilles devront être de nouveau polies par le fabricant, ce qui confite très cher et peut prendre plusieurs mois.

Les moisissures ne peuvent pas se développer sur le verre en atmosphère sèche, il faut donc s'efforcer le plus possible de conserver le microscope dans un endroit sec quand il n'est pas utilisé. On peut employer l'une des méthodes suivantes:

Garder le microscope dans une pièce constamment sous air conditionné ou mettre le microscope dans une armoire “chauffante>>, c'est‑à‑dire dans une armoire étanche à l'air ou une ampoule de 25 watts sont constamment allumées.

Mettre toutes les lentilles et les prismes dans un coffre étanche ou un dessiccateur ou l'air est maintenu sec grâce à du gel de silice (actigel).  Le gel de silice est un agent déshydratant: c'est un composé qui a la propriété d'absorber l'humidité de l'air. Il peut contenir un indicateur coloré: le gel est alors bleu quand il est actif et rose quand sa capacité maximale d'absorption est atteinte. On peut le réactiver en le chauffant: il redevient bleu au fur et à mesure de sa réactivation. Une fois refroidies, le gel de silice peut être remis dans le coffret étanche.

Dans les endroits sans électricité mais ou l'on dispose d'un réfrigérateur à pétrole, mettre la boite du microscope sur une petite étagée à 20 ou 30 cm au‑dessus de 1'échappement d'air chaud du refrigerateur. La boite sera alors maintenue suffisamment chaude et sèche pour empêcher tout développement de moi­sissures sur les lentilles du microscope.

 

1-1.2.3   Transport du microscope

Lorsque l'on transporte le microscope, il est important de s'assurer qu'il est bien maintenu dans sa boite. Le meilleur moyen est d'employer le dispositif de fixation qui permet de visser le pied du microscope à la boite.

 

1.1.2.4 Les coupes à congélation sont des coupes de tissus frais congelés réalisés sur un microtome refroidi à -20°C (cryostat). Après la coupe, les lames sont directement observées après coloration. Cette technique permet la réalisation d'examens extemporanés per-opératoires. En évitant la fixation du tissu et son inclusion en paraffine, elle permet également de conserver l'intégrité des sites antigéniques et des acides nucléiques. Les coupes en congélation sont donc fréquemment utilisés en immunohistochimie et en biologie moléculaire (hybridation in situ) et pour l'examen extemporané. Cependants ils sont plus epais qui rend la lecture plus difficile.

 

1-1.2.5  La cytologie des liquides (liquide céphalo-rachidien, liquide pleural ou péritonéal), des appositions de tumeurs ou de ganglions et des frottis (frottis cervico-vaginaux) est une technique plus facile et plus rapide mais qui donnent moins d’information. Les cellules contenus dans le liquide sont projetées sur une lame par centrifugation (cytocentrifugation) puis colorées. Lors d'une apposition, le surface coupé est déposées sur une lame en apposant le prélèvement sur la lame. La cytologie hématologique est etudié quand un frottis du sang est séchée à l'air puis colorée par le May-Grunwald-Giemsa (MGG). Les autres cytologies peuvent être colorés par le MGG, par la coloration de Papanicolaou (frottis cervico-vaginaux) ou par d'autres colorations (PAS, Gram).

 

1.1.3  Les techniques de MO et de ME sont utilisées en routine pour visualiser les structures

Pour rendre visible ce que l’on veut observer, il est nécessaire de mettre en œuvre des techniques diverses (préparation des échantillons) que l’on applique au matériel. Pour l’observation en MO ou en ME, les coupes examinées sont le fruit de procédures techniques qui requièrent plusieurs étapes successives : fixation, inclusion, coupe, coloration, montage.

 

1.1.3.1 Pour la MO : fixation au formol, inclusion en paraffine, colorations standard (hématéine-éosine)

La fixation a pour but la conservation des structures (donc la mort cellulaire) et le durcissement des pièces. Elle doit se faire immédiatement après le prélèvement, par immersion du matériel dans un grand volume de liquide fixateur. Les liquides fixateurs les plus utilisés sont le formol ou le liquide de Bouin (mélange de formol et d’acide picrique). La durée de la fixation varie selon le volume des prélèvements (de quelques heures pour un petit fragment biopsique à plusieurs semaines pour un cerveau humain entier).

L’inclusion a pour but de permettre la réalisation de coupes fines et régulières. Le milieu d’inclusion le plus utilisé est la paraffine. Comme la paraffine est hydrophobe, le prélèvement doit d’abord subir une déshydratation (par immersion dans des bains d’alcool de degré croissant puis dans des bains de toluène ou xylene) avant d’être coulé dans un moule contenant de la paraffine fondue par chauffage et devenue liquide, qui infiltre alors toute la pièce. Après refroidissement, on se trouve en présence d’un bloc de paraffine, dur, à l’intérieur duquel la pièce prélevée est

incluse. Dans certains cas, on utilise d’autres milieux d’inclusion (celloïdine, résines plastiques, etc.).

Les coupes du bloc de paraffine sont faites avec un microtome (gr. petite coupe) permettant de réaliser des tranches de section (coupes) de 5 à 15 µm (microns (1000 microns = 1mm)) d’épaisseur. Les coupes sont recueillies sur des lames de verre.

Les colorations réalisées sur lames, accentuent les contrastes pour mieux reconnaître les différents éléments de la préparation. Comme les colorants sont en solution aqueuse, les coupes doivent d’abord subir une réhydratation. Celle-ci est effectuée après déparaffinage des coupes (par des bains de xylène) en immergeant les lames dans des bains d’alcool de degré décroissant puis dans l’eau distillée. Les colorations les plus fréquemment utilisées associent deux ou trois colorants différents : l’Hématéine-Eosine (H.E.) associe l’hématéine qui colore les noyaux en violet et l’éosine les cytoplasmes en rose. De nombreuses colorations spéciales (dites signalétiques) permettent de visualiser différentes structures ou composants des tissus.

Le montage. Après avoir subi une déshydratation (par bains d’alcool de degré croissant puis bains de toluène), les coupes colorées sont montées entre lame et lamelle avec une résine synthétique dont l’indice de réfraction est voisin de celui du verre (DPX). On dispose alors d’une « préparation microscopique » (simplement appelée « lame » dans le langage courant) prête à être observée au MO.

1.1.3. 2. Pour la ME : fixation à la glutaraldéhyde, post-fixation à l’acide osmique, inclusion en épon, contraste par l’acétate d’uranyle et le citrate de plomb

La technique dite « standard » de ME est analogue dans ses principes à celle de MO, mais les modalités précises diffèrent.

La fixation se fait habituellement dans de la glutaraldéhyde tamponnée et est suivie d’une post-fixation à l’acide osmique.

L’inclusion se fait dans une résine synthétique type Epon ou Araldite, après que les fragments ont été déshydratés dans les alcools et dans l’oxyde de propylène.

Les coupes ultrafines des blocs sont réalisées grâce à un ultramicrotome qui permet d’obtenir des coupes ultrafines d’environ 80 nm d’épaisseur. Les coupes sont recueillies sur des grilles de cuivre. Avec le même ultramicrotome, on peut faire des coupes semi-fines, observables en MO et permettant de guider le choix des zones à étudier en ME.

Le contraste des coupes s’effectue habituellement avec de l’acétate d’uranyle (contrastant les nucléoprotéines : noyau, nucléole, ribosomes) et des sels de plomb comme le citrate de plomb (contrastant les membranes).

1.1.4 Les techniques spéciales de détection in situ

1.1.4.1 L’histochimie

Les techniques histochimiques sont basées sur des réactions biochimiques qui permettent de mettre en évidence in situ, dans les cellules ou dans les tissus, différents constituants (lipides, glucides, protéines, acides nucléiques, métaux, etc).

1.1.4.2 L’histoenzymologie

La présence d’enzymes (phosphatases, par exemple) peut être décelée par leur action sur un substrat fourni au cours de la technique histoenzymologique, permettant d’obtenir un produit secondairement révélé par coloration.

1.1.4.3 L’immunohistochimie

L’immunohistochimie (ou immunocytochimie) consiste à détecter dans les tissus ou les cellules, le site de la liaison d’un anticorps spécifique avec la protéine contre laquelle il est dirigé.

1.1.4.4 La lectinohistochimie

La lectinohistochimie (ou lectinocytochimie) repose sur l’utilisation de lectines, protéines d’origine animale, végétale ou bactérienne, capables de reconnaître et de se lier à des copules hydrocarbonées des composants cellulaires, notamment des sucres du cell-coat revêtant les membranes plasmiques. Les lectines sont spécifiques d’un sucre donné.

1.1.4.5 L’hybridation in situ

L’hybridation in situ (HIS) détecte et localise des séquences d’ADN ou d’ARN. Elle utilise des sondes d’acides nucléiques qui mettent en évidence et localisent, dans des cellules ou des tissus, des séquences d’acides nucléiques complémentaires de la sonde par leurs bases. L’HIS est un outil incomparable pour étudier l’expression des gènes.

1.1.5 La production des images est liée à la mise en œuvre de moyens optiques, le plus souvent en rapport avec un microscope

Il faut produire une image de la préparation devenue observable, afin de pouvoir la regarder. La production des images est liée à la mise en œuvre de moyens optiques (loupes, microscopes) qui augmentent le pouvoir séparateur de l’œil humain (0,2 mm environ) et permettent d’analyser des structures très petites.

1.1.5.1 Les microscopes diffèrent par la nature de leur source lumineuse

Le microscope optique (ou photonique), le plus courant, utilise la lumière visible. La lumière peut être remplacée par une autre source lumineuse : rayons ultraviolets (microscope à fluorescence), faisceau d’électrons (microscope électronique à transmission ou à balayage) ou source laser (microscope confocal à balayage laser).

Le pouvoir séparateur du microscope va de 0,2 µm pour le MO à 0,2 nm (nm = un angstrom = un dix-millieme de micron = 10-4 micron) pour le ME. L’observation microscopique requiert une bonne connaissance de l’échelle des grandeurs : le diamètre d’un globule rouge (environ 7,5 µm) et l’épaisseur d’une membrane plasmique (environ 7 nm) sont des références courantes.

Associée à l’observation au microscope, la photographie et le cinéma permettent de conserver les images. La vidéo permet actuellement d’exploiter au mieux l’information visuelle : l’image peut ainsi être observée, communiquée, mesurée, archivée, éditée. Les signaux, captés par un détecteur, peuvent être transmis à un système informatique pour être analysés, amplifiés et/ou numérisés. La numérisation des images permet leur stockage, leur archivage et leur transmission à distance par ordinateur.

1.1.5.2 La cytométrie en flux permet d’exploiter des images sans les regarder

Elle s’applique à l’analyse de cellules en suspension (naturellement, comme les cellules sanguines ou dissociées à partir de tissus). Les cellules mises en suspension dans un flux liquidien passent rapidement une à une devant un faisceau laser. Le cytomètre en flux permet de mesurer la taille des cellules, leur granularité ou l’intensité d’un marquage cellulaire par un fluorochrome.  Ceci c’est la base de l’enumeration automatique des globules blanches et rouges.

1.1.6 L’interprétation des images vise à leur donner du sens

Il ne suffit pas d’observer les images produites par les microscopes, encore faut-il les interpréter. L’interprétation donne une signification aux images observées, détecte la présence d’une structure, d’une molécule, d’une fonction chimique et permet de les localiser dans la cellule, le tissu, l’organe ou l’organisme. L’interprétation est basée sur des processus de reconnaissance de formes, de contrastes, de couleurs, souvent combinés de façon peu dissociable dans des processus de reconnaissance plus globale de « formules », de « patrons » ou de l’architecture. Parmi les difficultés d’interprétation, les plus élémentaires tiennent aux incidences de coupe et aux artéfacts.

1.1.6.1 Les incidences de coupe

Les images observées sont situées dans un plan ; elles font partie d’un monde imaginaire à deux dimensions, à partir duquel il faut restituer le monde réél à trois dimensions. Dans certains cas, on oriente le bloc par rapport au plan de coupe, mais le plus souvent les structures sont coupées selon une incidence due au hasard.

1.1.6.2 Les artéfacts

Il faut se méfier des artéfacts, images artificielles créées par la technique. Dans une préparation histologique de routine, il peut exister des artéfacts de prélèvement (pinces, ciseaux, coagulation, gelures), de fixation (dessèchement, retard de fixation, fixateur trop ou trop peu concentré), d’inclusion (vides artificiels dus à la rétraction des cellules ou des tissus), de coupe (stries de rasoir, coupes trop épaisses ou trop minces), de collage (décollements, plis et replis de la coupe), de montage (bulles d’air entre la lame et la lamelle), de coloration (empâtements, dépôts, taches de colorant).

1.1.6.3 Les déformations des images

Dues à des imperfections des moyens optiques d’observation, comme les aberrations de sphéricitén ou les aberrations chromatiques, les déformations des images peuvent être rapprochées des artéfacts.

1.1.6.4 La mauvaise préservation des tissus

La mauvaise préservation des tissus est fréquente en histologie humaine, qu’il s’agisse de prélèvements biopsiques ou per-opératoires (retard de fixation, tissus situés à proximité de zones pathologiques) ou surtout de prélèvements post-mortem (autopsies tardives).

1.2 La cellule

1.2.1  Structure sous la microscope électronique :

La cellule est l’unité de base structurale et fonctionnelle des organismes complexes.  Bien que les cellules adoptent une multitude de caractéristiques morphologiques et se spécialisent pour accomplir leurs fonctions, elles possèdent suffisamment de caractères communs pour qu’on puisse en faire une description générale.

Toute cellule possède une membrane limitant, la membrane plasmique a l’intérieur de laquelle se trouve le protoplasme semi-fluide.  Le protoplasme se divise en deux compartiments : le cytoplasme renferme organites et inclusions et le noyau qui contient l’information génétique ont la coordination de nombreuses activités cellulaires.

1.2.1.2 Le cytoplasme

Le cytoplasme est entrourne de la membrane plasmique (ou membrane cellulaire) un bi-couche de phospholipides associes à des protéines.  La membrane plasmique est une barrière sélective et joue un rôle dans le transport des matériaux vers l’intérieur de la cellule, dans l’adhésion et la communication entre cellules.

1.2.1.3 Les organites

De nombreux organites nécessaires aux fonctions cellulaires se trouvent dans le cytoplasme mais ne peuvent se voir qu’au microscope électronique.  Parmi eux il y a :

Les mitochondries – qui produisent l’énergie au métabolisme cellulaire.  Le réticulum endoplasmique – un système de tubules et de vésicules associées qui joue un rôle (avec les ribosomes) dans la synthèse et les modifications des protéines destinées a l’appareil de Golgi.  Les ribosomes – contiennent d’ARN et sont ronde mais fendue au centre.  L’ARN messager, venant du noyau puisse être « lu » dans ces ribosomes qui donc sont stimules à former des complexes, les polysomes, responsable de la synthèse protéique.  L’appareil de Golgi – modifie les protéines les concentrer et emballer dans les vésicules.  Les lysosomes – sont les petites vésicules sphériques contenant une variété d’enzymes hydrolytiques a digérer les organites vieillis ou endommages ou des corps étrangers phargocytes par la cellule. 

1.2.1.4 Le noyau

Structure ronde ou ovoïde occupe généralement le centre de la cellule est forme d’une enveloppe nucléaire renfermant le nucleoplasme, la chromatine (filaments d’ADN) et les nucléoles (structure sphérique qui est la région ou se forment l’ARN et les ribosomes.

1.2.1.5 Division Cellulaire

La division cellulaire ordinaire s’appelle mitose.  Les cellules germinales utilisent une variante de ce processus connue sous le nom de méiose.    

 

1.3  Cytologie : Definition :La cytologie est une methode d'etude de prelevements cellulaires faits à visée diagnostique pour laquelle la correlation avec l'histologie et la clinique a permis d'etablire des regles de concordance diagnostique fiables.

1.3.1 Type de prélèvement

-      Cytoponction : Gynécologie, thyroide, cytoponction de sein ou d'organes pleins

-          Liquides: séreuses ( plèvre, péritoine ), Lavage Bronchoalvéolaire ( LBA ), Liquide Céphalorachidien ( LCR ), liquide articulaire, crachats, urine etc..

-          Frottis : Exfoliation, par spatula ou brossage.  Surtout col uterine.

-          Empreints : impression d’une masse coupe en deux sur une lame.

1.3.2.Principes généraux des prélèvements

1. Exfoliation:

Exfoliation des épithéliums de surface : exagération du mécanisme physiologique d'élimination des cellules vers la surface

Prélèvements : Ecouvillon, spatule, brosse amplifient l’exfoliation naturelle

Étalements:

2. Cytoponctions, des organes pleines.

Avec une aiguille 21g (verte) sur une syringe de 10cc on introduit 5ml d’air (pour permettre l’expulsion facile des prélèvements).  Nettoyer la peau, fixez la lésion avec la main non dominante.  Avancer le point de l’aiguille au centre de la lésion et donner 2-4ml d’aspiration.  Faites plusieurs traversées de la lésion jusqu'à ce que une goutte de sang soit visible dans la syringe, puis arrêter l’aspiration et enlever l’aiguille.  (C’est l’action capillaire qui amene les cellules dans l’aiguille, donc avec les tissus vasculaire comme le thyroide on peut utiliser une aiguille sans syringe.)

Etallez l’echantillon sur une lame avec le point de laiguille (en spirale, ou ondulations ou si il y a beaucoup de sang, avec une autre lame comme pour une frottis du sang).  Sechez dans l’air.  Trempez en alcool a 95% pour la fixation.  Faites une coloration.

3. Cellules en suspension dans un liquide: Cytocentrifugation:

Epanchements des séreuses,  LCR , liquide articulaire, urine, crachats etc.

4. Aspiration de secretions endocavitaires : Secretions: bronchiques

5. Empreints : impression d’une masse coupe en deux sur une lame

1.3.3.Cytologie - preparation des etalements

Etalement direct  (en haut)

Cytocentrifugation: cytospin

Par filtration (Cellulose) (sous ou sans vide)

 

1.3.4.Fixation principe:

Maintenir les structures et éviter leur dégradation : digestion enzymatique
Observation de cellules mortes dont les composants sont dénaturés mais préservés de façon reproductible

Dessication: Deshydrate et évite l’autolyse

Hématologie
Coloration: May Grunwald Giemsa (ou bleu de methylene ou….)

Fixateurs denaturant: Principe: deshydrate le tissu, change la structure tridimensionnelle des proteines

Alcool: Ethanol ( C2H5OH ), Ethanol dénaturé ( méthylé ), Méthanol ( CH3OH ), Isopropanol ( ( CH3 )2 CHOH )
Alcool, Acétone: enlève des lipides
Alcool, Acide Acétique: Génétique

Types de fixateurs

-Alcool 95%
-Alcool méthylé 99%
-Fixateurs couvrant :Alcool méthylé 100 ml  Polyethylène glycol 400 11 ml  Acide acétique glacial 0,5 ml

-Carnoy: chloroforme, alcool, acide acétique glacial

Fixateurs additifs: Définition: Réagit chimiquement avec les proteines pour eviter leur degradation.

Formol 10%, Formol Alcoolique, Vapeurs de formol, Formol neutre,  Bouin: = Acide picrique 75 ml, Formol 25 ml , Acide acétique 5 ml

Effet de la fixation sur la morphologie est la tendence de retrecissement des cellules.

1.3.5.Colorations types:  1. Giemsa: ( dessication ) , hématologie,  2. Papanicolaou: fixation , frottis, liquides. 3. Agents pathogènes: Gram Weigert , Grocott , Ziehl   4. Histochimiques: H & E, PAS , ORO , Perls   5. Immunochimiques:  6. Hybridation in situ:

1.4 Le concept de tissu

1.4.1 Les niveaux d’organisation structurale

On reconnaît, dans l’organisme, différents niveaux d’organisation structurale qui correspondent, en allant du plus complexe vers le plus élémentaire, aux systèmes et appareils, aux organes, aux tissus, aux cellules, aux organites, aux molécules.

Ces différents niveaux d’organisation structurale de l’organisme sont couverts par des disciplines distinctes dont les champs se recoupent en partie (anatomie, histologie, biologie cellulaire, biologie moléculaire, biochimie, etc). L’anatomie décrit des systèmes (nerveux) et appareils (digestif, respiratoire, urinaire, etc) et des organes (le cœur, la rate, le foie, l’estomac, etc) macroscopiquement individualisés. Les organes sont faits de différents tissus. Les tissus représentant le premier niveau d’organisation supra-cellulaire. La cellule est l’unité élémentaire de vie. Tissus et cellules se situent à l’échelle de la MO et, pour l’étude des organites cellulaires, la ME est indispensable. Les molécules entrent dans le champ de la biochimie, de la biologie moléculaire, de l’histologie moléculaire.

1.4.2 La définition d’un tissu

Un ensemble des cellules de forme et fonction semblable.

Les tissus sont des ensembles coopératifs de cellules différenciées qui forment une triple association, territoriale, fonctionnelle et biologique.

Les tissus sont exclusivement constitués de cellules et de MEC. Seules varient d’un tissu à l’autre la nature des cellules, la composition moléculaire de la MEC et la proportion relative des cellules et de la MEC.

1.4.2.1 Association territoriale

En effet, les tissus forment habituellement des ensembles topographiquement bien individualisés, souvent même par une limite précise comme par exemple la membrane basale (MB) qui sépare les epithéliums du tissu conjonctif sous-jacent ou environnant.

1.4.2.2 Association fonctionnelle

Qu’il s’agisse d’un ensemble de cellules toutes semblables (comme la plupart des tissus musculaires) ou de cellules différentes (comme par exemple les neurones, les astrocytes, les oligodendrocytes,… constituant le tissu nerveux du système nerveux central), un tissu remplit un rôle qui procède de l’intégration cohérente quantitative et/ou qualitative de la fonction des cellules qui le composent.

Le concept de tissu est inséparable de celui de différenciation et de spécialisation fonctionnelle des cellules. Chez les métazoaires, la nécessaire division du travail entre les diverses cellules constituant l’organisme a conduit à la spécialisation de certaines cellules ou de certains groupes de cellules dans telle ou telle fonction (contractilité, absorption, excrétion, protection, réception sensorielle, etc). Cette spécialisation fonctionnelle est sous-tendue par une différenciation cellulaire, d’abord moléculaire (expression sélective de gènes se traduisant par la synthèse de protéines différentes), puis morphologique (se traduisant par l’apparition de structures différenciées, comme les cils, les bordures en brosse, les vésicules de sécrétion, etc, donnant lieu à des phénotypes différents).

1.4.2.3 Association biologique

Chaque tissu a des caractéristiques biologiques qui lui sont propres, sous l’angle du renouvellement cellulaire, des contacts entre ses cellules, de son comportement en culture de tissu, etc.

1.4.3 Les 6 grandes familles de tissus

Les tissus se répartissent en 4 grandes familles : 1.les épithéliums, 2. les tissus conjonctifs, 3. les tissus

Nerveux, 4. les tissus musculaires1. 5. Les populations cellulaires libres et 6. la lignée germinale. Dans chacune de ces familles de base, on distingue des tissus différents

1. EPITHELIUMS

Epithéliums de revêtement

Epithéliums glandulaires

2. TISSUS CONJONCTIFS

Tissu conjonctif lâche   (= tissu conjonctivo-vasculaire)

Tissu réticulaire

Tissus conjonctifs denses

Tissu adipeux

Tissu osseux

Tissu cartilagineux

3. TISSUS MUSCULAIRES

Tissu musculaire strié squelettique

Tissu musculaire strié cardiaque

Tissu musculaire lisse

4. TISSUS NERVEUX

Tissu du système nerveux central

Tissu du système nerveux périphérique

5. LES POPULATIONS CELLULAIRES LIBRES

Les populations cellulaires libres se distribuent dans tout l’organisme et jouent un rôle crucial dans les processus de défense. Il s’agit des hématies, plaquettes, granulocytes (neutrophiles, éosinophiles et basophiles), mastocytes, lymphocytes, plasmocytes, monocytes /macrophages. Les populations cellulaires libres (ou cellules migratrices) se distribuent dans tout l’organisme, dans les liquides biologiques (essentiellement le sang, mais aussi dans la lymphe et le liquide céphalo-rachidien), pour partie dans les tissus, qu’il s’agisse des organes du système immunitaire (moelle osseuse, thymus, ganglions lymphatiques, rate), du tissu conjonctif lâche (dans ses différentes localisations) ainsi que de beaucoup d’épithéliums.

6. LA LIGNEE GERMINALE

Les cellules de la lignée germinale siègent dans les gonades et assurent la conservation de l’espèce

A l’état normal, les cellules de la lignée germinale siègent uniquement dans les gonades. Il s’agit des gonocytes primordiaux, des gonies (ovogonies et spermatogonies), des gamètes (ovocytes I et II, spermatocytes, spermatides et spermatozoïdes). On en rapprochera l’œuf fécondé (ou zygote).

 

Chapitre 2    Les relations intercellulaires

La vie d’un organisme pluricellulaire repose de façon incontournable sur la communication et les interactions entre les cellules qui le composent. Il existe deux grands types de communication :

1) la communication verticale, qui n’est autre que l’hérédité, c’est à dire la transmission de parents à enfants des caractères de l’espèce et des spécificités individuelles liées à la recombinaison et à la redistribution des gènes qui s’opèrent pendant la gamétogénèse (méiose) et la fécondation ;

2) les communications horizontales, qui s’effectuent à l’intérieur d’un même individu et qui, pour l’essentiel, correspondent soit aux contacts directs entre cellules (molécules d’adhérence et systèmes de jonction cellule-cellule), soit à l’action de molécules de signalisation. Les molécules de signalisation sont plus ou moins diffusibles, synthétisées et sécrétées par différents types cellulaires (en particulier dans le système nerveux, les régulations hormonales, les processus immunitaires, l’hématopoïèse) et se lient après un trajet plus ou moins long à des récepteurs membranaires, cytoplasmiques ou nucléaires de cellules-cibles, capables de les reconnaître. Dans ces différents modes de communication horizontale, la matrice extra-cellulaire (MEC) joue un rôle de premier plan. En effet, comme elle emplit l’espace entre les cellules, la MEC est impliquée aussi bien dans les contacts directs entre cellules que dans l’action des diverses molécules de signalisation. L’identification et la localisation précise des différentes molécules présentes dans la MEC (essentiellement protéiques et glycoprotéiques) permet de concevoir les interactions entre cellules et entre cellules et MEC, à l’œuvre dans de très nombreux processus embryologiques, physiologiques et pathologiques.

2.1 La matrice extra-cellulaire (MEC)

La MEC est présente à tous les niveaux de l’organisme, mais son abondance et sa composition varient selon les tissus : très abondante dans les tissus conjonctifs lâches, particulière dans les tissus osseux et cartilagineux, très pauvre entre les cellules épithéliales.

Les principales macromolécules de la MEC sont des polysaccharides (glycosaminoglycanes et protéoglycanes) et des protéines fibreuses, de structure (collagènes et élastine) ou d’adhérence (fibronectine et laminine), jouant un rôle important dans les interactions cellule-cellule et cellule-MEC.

 

2.1.2 La fibronectine est un des maillons-clés de l’adhérence des cellules à la MEC

La fibronectine est une glycoprotéine extra-cellulaire ubiquitaire. Elle est présente sous forme soluble (sécrétée par les hépatocytes et les cellules endothéliales) dans les liquides de l’organisme et sous forme insoluble dans la MEC, où elle est sécrétée par les cellules mésenchymateuses (en particulier les fibroblastes) et par certaines cellules épithéliales. Elle présente de nombreux sites de liaison pour des protéines de la MEC (comme le collagène, la thrombospondine), des récepteurs membranaires (tels que les intégrines), des protéines du sang circulant (comme la fibrine), des glycosaminoglycanes (comme l’héparine et le chondroïtine-sulfate).

La fibronectine, en plus de son rôle de molécule majeure de l’adhérence cellulaire avec le tissu conjonctif, intervient dans la communication cellulaire. Fibronectin est souvent deficient chez les malnourris.

2.1.3 Les membranes basales (MB) entourent certains types cellulaires

Dans un but de simplification, les termes de « membrane basale » et de « lame basale » sont considérés comme synonymes.

2.1.4.1 La MB correspond à une région spéciale de MEC formant une couche complexe autour de tout ou partie de la membrane plasmique de certaines cellules

La distribution topographique des MB est ubiquitaire : une MB se trouve à l’interface entre la face basale des cellules épithéliales et la MEC sous-jacente, mais également autour des adipocytes, des cellules musculaires, des cellules de Schwann, de certaines régions des astrocytes, etc. Visible en MO sous la forme d’un trait rouge (après coloration par le PAS) ou noir (après imprégnation argentique) surlignant le pôle basal des cellules épithéliales, la MB apparaît en ME sous la forme d’un fin feutrage de filaments irréguliers s’orientant dans les trois plans de l’espace. Elle est constituée de 3 couches superposées de la membrane plasmique vers la MEC, successivement : la lamina rara, transparente aux électrons, la lamina densa et la lamina reticulata. L’aspect morphologique, la composition moléculaire, l’épaisseur des MB varient selon les types cellulaires.

La famille des collagènes IV est caractéristique des MB où ils forment un réseau stable de polymères.

Des constituants extrinsèques, comme la fibronectine, participent à la constitution des MB.

En regard de la MB, la surface cellulaire présente de nombreux récepteurs à des molécules de la MEC : en particulier, des récepteurs à la fibronectine (intégrines), des récepteurs à l’acide hyaluronique (comme le CD44), des récepteurs à de nombreuses cytokines.

2.1.5.2 Les MB ont de multiples fonctions

En plus de leur rôle de structure (ancrage des cellules dans le tissu conjonctif), les MB interviennent dans de nombreux processus physiologiques. Selon leur localisation, les MB peuvent déterminer des barrières physiologiques avec le milieu extérieur (au niveau des épithéliums de revêtement) ou avec le compartiment vasculaire, ou peuvent jouer un rôle de filtre sélectif (comme au niveau de la barrière glomérulaire). Enfin, les MB ont un rôle important dans la détermination de la polarité et de la différenciation cellulaires (tout particulièrement au niveau des cellules épithéliales) ainsi que dans les processus de réparation tissulaire, où elle sert de support à la migration cellulaire.

2.1.6 La matrice péri-cellulaire se situe entre la membrane plasmique des cellules et la MEC

La matrice péri-cellulaire est la zone de transition entre le revêtement cellulaire (cell coat ou glycocalyx) et la MEC. A son niveau, les ectodomaines des glycoprotéines, protéoglycanes et glycolipides de la membrane plasmique se trouvent entremêlés avec de l’acide hyaluronique et une variété de glycoprotéines et protéoglycanes de la MEC.

2.1.7 La MEC joue un rôle physiologique important

Selon sa composition moléculaire, la MEC joue différents rôles physiologiques (architecture, soutien mécanique, nutrition, stockage moléculaire, support des migrations cellulaires, etc...). Les différents composants de la MEC sont dégradés par différents protéinases (en particulier, les métalloprotéinases et le système plasmine/activateurs du plasminogène). Le renouvellement de la MEC est déterminant dans la croissance, le développement ou la réparation des tissus, mais intervient aussi dans de nombreux processus pathologiques (cancérogénèse, inflammation, etc).

2.2 Les molécules d’adhérence

Les molécules d’adhérence cellulaire (Cell Adhesion Molecules, CAM) sont des glycoprotéines transmembranaires qui assurent 1) la reconnaissance (communication) spécifique entre deux cellules ou entre cellules et MEC, 2) l’adherence - la formation de contacts stables entre deux cellules ou entre une cellule et la MEC, 3) la transmission de signaux capables de modifier le comportement de la cellule avec son environnement.

Les molécules d’adhérence jouent un rôle important : 1) au cours du développement embryonnaire, 2) chez l’adulte normal, pour la maintenance des épithéliums et la réparation tissulaire, 3) dans certains processus pathologiques, comme l’inflammation ou le cancer.

Les CAM correspondent à 4 superfamilles multigéniques codant pour des glycoprotéines transmembranaires regroupées selon leurs caractéristiques structurales : les intégrines, les cadhérines, les sélectines, les immunoglobulines. D’autres molécules interviennent dans les interactions cellules et MEC, comme les protéines CD 44 qui servent de récepteurs à l’acide hyaluronique.

Les intégrines jouent un rôle essentiel dans la régulation de nombreuses fonctions cellulaires : forme,

polarité, prolifération, migration, survie, différenciation, etc...

2.3 Les systèmes de jonction

Les systèmes de jonction, identifiables en ME, sont de 3 types : occludens, d’ancrage et communicantes. Les systèmes de type occludens et de type communicant sont toujours des jonctions cellule-cellule alors que les jonctions d’ancrage se rencontrent aussi bien entre deux cellules (zonula adhaerens et desmosomes) qu’entre une cellule et la MEC (contacts focaux et hémidesmosomes). Les jonctions en anneau (ou ceinture ou zonula) portent sur tout le pourtour cellulaire, alors que les jonctions limitées sur des surfaces membranaires sont dites de type macula.

2.3.1 Les jonctions cellule-cellule sont de quatre types différents : zonula occludens, zonula adhaerens, desmosomes et jonctions communicantes

2.3.1.1 Les zonula occludens (ZO) concernent les cellules épithéliales

Les zonula occludens (ou jonctions serrées, jonctions imperméables, jonctions étanches, tightjunctions, jonctions occludens) s’établissent entre les cellules épithéliales où elles déterminent une barrière physiologique entre les compartiments extérieur et intérieur de l’organisme. Au niveau des zonula occludens, les membranes cytoplasmiques des cellules adjacentes fusionnent le long de crêtes (ou fibrilles) linéaires formées par une succession de protéines intra-membranaires engrenées les unes avec les autres à la façon d’une fermeture éclair. Ces lignes de fermeture (ou

crêtes jonctionnelles ou chaines de scellage) sont plus ou moins nombreuses et s’entrecroisent de façon variable, constituant un réseau plus ou moins dense, et donc une barrière plus ou moins efficace.

2.3.1.2 Les zonula adhaerens (ZA) sont des jonctions d’ancrage qui constituent des ceintures d’adhérence

Elles réunissent entre elles des cellules épithéliales adjacentes dont elles font tout le tour. Les zonula adhaerens forment ces jonctions par l’intermédiaire des cadhérines classiques, molécules transmembranaires responsables d’une adhérence calcium dépendante.

2.3.1.3 Les desmosomes sont des jonctions d’ancrage reliées aux filaments intermédiaires du cytosquelette intra-cytoplasmique

Ce sont des structures en forme de disque d’environ 0,1 à 0,5 µm de diamètre et 100 nm d’épaisseur. Les desmosomes assurent les liaisons intercellulaires par des molécules transmembranaires de la superfamille des cadhérines (desmogléines et desmocollines).

2.3.1.4 Les jonctions communicantes permettent une communication directe entre les cytoplasmes des cellules adjacentes

Les jonctions communicantes (ou nexus ou gap-junctions) existent dans la plupart des tissus de l’organisme (épithéliums, ostéocytes, cellules myocardiques, cellules musculaires lisses, système nerveux, etc). Au niveau des jonctions communicantes, les cellules adjacentes sont unies entre elles par des petits canaux intercellulaires tubulaires. Chaque canal intercellulaire est formé de l’aboutement de 2 hémi-canaux (ou connexons), chacun faisant partie de la membrane de chacune des 2 cellules adjacentes. Ce passage peut être visualisé par la micro-injection intra-cellulaire de traceurs fluorescents (comme le Jaune Lucifer) dont on peut suivre la diffusion dans les cellules voisines. L’ouverture des canaux intercellulaires est contrôlée par divers facteurs, en particulier le pH et la concentration de Ca++ et d’AMP cyclique.

2.3.2 Les jonctions cellule-MEC comprennent les contacts focaux et les hémidesmosomes

La face basale des épithéliums de revêtement repose sur la MEC du tissu conjonctif sous-jacent par l’intermédiaire d’une MB qui a un double rôle de soutien et de barrière (filtration, diffusion, échanges,...).

 

2.4 Les molécules de signalisation et leurs récepteurs

De nombreux types cellulaires sécrètent des molécules de signalisation, de nature biochimique variée, qui agissent à plus ou moins longue distance.

2.4.1 Les molécules de signalisation sont de nature biochimique variée

Les molécules de signalisation peuvent être hydrophobes, comme les stéroïdes traversant les membranes pour activer leur récepteur intracytoplasmique, ou hydrophiles comme les neurotransmetteurs et la plupart des hormones, activant alors des récepteurs à la surface membranaire. La plupart des protéines constitutives des récepteurs membranaires, après liaison avec leur ligand génèrent un signal transmembranaire. Les molécules de signalisation les plus répandues entrent dans les catégories suivantes.

2.4.1.1 Les anticorps

2.4.1.2 Les neurotransmetteurs et neuromodulateurs

Les neurotransmetteurs sont, les uns, excitateurs, comme l’acétylcholine, les acides aminés excitateurs (glutamate ou aspartate), des purines (ATP, adénosine), les amines biogènes (sérotonine, histamine et catécholamines : noradrénaline, adrénaline, dopamine) ; les autres, inhibiteurs, comme les acides aminés inhibiteurs (GABA ou glycine).

Les neuromodulateurs sont des neuropeptides opioïdes (ou endorphines) - agonistes endogènes naturels des récepteurs aux opiacés - et des neuropeptides non-opioïdes (ocytocine, vasopressine, somatostatine, neuropeptide Y, etc).

2.4.1.3 Les hormones et neurohormones

2.4.1.4 Le réseau des cytokines

Les cytokines constituent un ensemble hétérogène de médiateurs protéiques dont certains sont appelés interleukines (IL, initialement reconnus comme médiateurs agissant entre les leucocytes), lymphokines (médiateurs produits par les lymphocytes), interférons, facteurs stimulant les colonies (CSF), facteurs de croissance, etc... Les cytokines sont produites par de nombreux types cellulaires en réponse à un signal activateur. Les cytokines agissent sur des cellules cibles en se fixant sur des récepteurs spécifiques, exprimés en général en très faible densité sur différents types cellulaires, expliquant les multiples activités biologiques des cytokines. Selon la localisation de la cellule cible par rapport à la cellule sécrétrice, les cytokines peuvent avoir une action autocrine, paracrine ou endocrine. Les récepteurs membranaires aux cytokines sont classés en plusieurs groupes.

Ils induisent des signaux spécifiques à chaque cytokine et des signaux communs aux différents stimuli.

Les cytokines inflammatoires : interleukines (IL-1, IL-6, IL-8, IL-10), Tumor Necrosis Factor (TNF),

Les chémokines (ou cytokines chémotactiques) - dont une quarantaine sont individualisées aujourd’hui - qui ont la capacité d’attirer dans les tissus, lors du processus inflammatoire et de la réponse de l’hôte à une infection, les leucocytes, pourvus de récepteurs aux chémokines.

Les cytokines anti-virales : interférons (IFN) alpha, béta et gamma.

La superfamille des TGF-béta (Transforming Growth Factor-béta) incluant les Bone Morphogenetic Proteins (BMP).

Les facteurs de croissance (ou Growth Factors) sont extrêmement nombreux : CSFs (Colony-Stimulating-Factors ou facteurs de croissance hématopoïétiques, comme l’érythropoïétine, la thrombopoïétine, l’interleukine-3, le G-CSF, le M-CSF, le GM-CSF), EGF (Epidermal Growth Factors), FGFs (Fibroblast Growth Factors), IGFs (Insulin-like Growth Factors), PDGF (Platelet-Derived Growth Factor), VEGF (Vascular Endothelium Growth Factor), la

famille des neurotrophines (dont le NGF ou Nerve Growth Factor), etc.

2.4.1.5 Les eicosanoïdes

Les prostaglandines, les thromboxanes, les prostacyclines, les leukotriènes et les lipoxines font partie de la famille des eicosanoïdes. Ce groupe de médiateurs locaux issus des phospholipides membranaires dérivent de précurseurs (comme l’acide arachidonique) formés après attaque enzymatique de phospholipides membranaires par une phospholipase.

En réalité, le monde des molécules de signalisation est tres complexe

Chapitre 3  Les épithéliums

3.1 La cellule épithéliale

Les cellules épithéliales sont caractérisées par : 1) leur morphologie : les cellules épithéliales prennent, du fait de leur étroite juxtaposition et de leur jointivité, une forme pavimenteuse, cubique ou prismatique, au lieu de la forme grossièrement arrondie des cellules libres, de la forme allongée des cellules musculaires ou de la forme étoilée de certaines cellules comme les neurones, les astrocytes, les fibroblastes ; 2) le développement considérable de leurs interactions cellule-cellule par l’intermédiaire des molécules d’adhérence cellulaire et des systèmes de jonction spécialisés qu’elles forment ; 3) leur polarité cellulaire très marquée ; 4) la présence de filaments intermédiaires de

cytokératine dans leur cytosquelette ; 5) les relations cellule-MEC qui s’effectuent, à travers la MB, par l’intermédiaire de molécules d’adhérence cellulaire et de systèmes de jonction spécialisés.

3.1.1 Les cellules épithéliales sont hautement polarisées

La capacité des cellules animales à générer et maintenir une distribution polarisée des composants de la surface cellulaire et des organites intracellulaires est capitale pour leur capacité à fonctionner en réseaux pluricellulaires. Pratiquement toutes les cellules possèdent un certain degré d’asymétrie. La polarité cellulaire est particulièrement démonstrative dans les cellules épithéliales qui bordent les cavités de l’organisme et l’exemple des entérocytes est parmi les plus parlants.

3.1.2 Les filaments intermédiaires du cytosquelette des cellules épithéliales appartiennent à la famille des kératines

Dans les cellules épithéliales humaines, les filaments intermédiaires sont constitués par des polymères de kératine (appelée aussi cytokératine). Des filaments intermédiaires de lamine se trouvent à l’intérieur du noyau de toutes les cellules.

3.2 Les épithéliums de revêtement

3.2.1 Les épithéliums de revêtement revêtent l’extérieur du corps et les cavités de l’organisme

Le corps humain est entièrement limité par le revêtement cutané (la peau) qui constitue une interface fondamentale entre l’organisme (« monde intérieur ») et le milieu extérieur (« monde extérieur »). A l’intérieur du corps, existent de nombreuses cavités de plusieurs types : les unes représentent des prolongements du monde extérieur à l’intérieur du corps (par exemple, les voies aériennes, le tube digestif, les voies urinaires et les voies génitales), le revêtement de ces cavités s’appelle une muqueuse ; les autres sont entièrement closes et correspondent soit aux cavités cardio-vasculaires (dont le revêtement s’intitule endocarde pour le cœur et intima pour les vaisseaux), soit aux cavités cœlomiques (cavités pleurales, péritonéale et péricardique) dont le revêtement porte le nom de séreuse.

Tous ces ensembles tissulaires qui bordent la surface externe du corps et ses cavités intérieures ont en commun d’être constitués par un épithélium de revêtement reposant par l’intermédiaire de sa membrane basale sur une couche de tissu conjonctif sous-jacent. A chaque type de localisation s’associe une terminologie différente :

— l’épithélium de la peau s’appelle l’épiderme et le tissu conjonctif sous-jacent le derme,

— l’épithélium de l’endocarde du cœur et de l’intima des vaisseaux s’appelle un endothélium et le tissu conjonctif sous-jacent la couche sous-endothéliale,

— l’épithélium d’une séreuse s’appelle un mésothélium et le tissu conjonctif sous-jacent la couche sous-mésothéliale,

— les muqueuses sont constituées d’un épithélium de revêtement reposant sur du tissu conjonctif qui prend le nom de chorion.

3.2.2 Les épithéliums de revêtement présentent des différenciations apicales

3.2.2.1 Le plateau strié et la bordure en brosse sont caractéristiques des entérocytes et des cellules du tube contourné proximal du rein

Le plateau strié, situé au pôle apical des entérocytes de l’épithélium intestinal, est constitué par un grand nombre de microvillosités rectilignes de même calibre (0,1 µm), de même longueur (1 à 2 µm), disposées parallèlement de façon très ordonnée. A la face externe de leur membrane plasmique, le feutrage du glycocalyx est bien visible en ME. Ce dispositif augmente considérablement la surface membranaire du pôle apical de la cellule et, de ce fait, joue un rôle considérable dans les phénomènes d’absorption. Les microvillosités du plateau strié contiennent en leur centre un important faisceau de microfilaments parallèles d’actine maintenus ensemble par les protéines de formation

du faisceau d’actine, principalement la fimbrine et surtout la villine. Les termes de plateau strié et de bordure en brosse sont utilisés indifféremment dans la littérature de langue anglaise, mais les auteurs français réservent le terme de bordure en brosse aux arrangements où les microvillosités sont habituellement plus longues et moins régulièrement disposées que dans le plateau strié. La fonction d’absorption est analogue à celle du plateau strié. Les cellules à bordure en brosse les plus typiques sont celles du tube contourné proximal du rein.

3.2.2.2 Les stéréocils correspondent à des microvillosités longues et flexueuses

Dans les stéréocils, les microfilaments centraux ne sont pas organisés. Ainsi, les stéréocils, parallèles à leur base, deviennent très sinueux et entremêlés à leur extrémité distale. Les cellules à stéréocils les plus typiques sont celles du canal épididymaire et du canal déférent.

3.2.2.3 Les cils vibratiles permettent à certains épithéliums de mettre en mouvement les éléments du contenu de la cavité qu’ils bordent

Les cils sont surtout présents au niveau de l’épithélium des voies respiratoires et de l’épithélium de certains segments des voies génitales (trompes utérines chez la femme). L’appareil ciliaire comprend trois éléments : 1) le cil proprement dit, expansion cytoplasmique en doigt de gant limitée par la membrane plasmique de la cellule et contenant 9 paires de microtubules périphériques et une paire de microtubules centraux, entourés d’une gaine ; on décrit de plus, les bras de dynéine (externes et internes) qui portent l’activité ATPasique indispensable au battement ciliaire, les liens de nexine et les ponts radiaires ; 2) le corpuscule basal, qui dérive des centrioles, avec ses 9 triplets

de tubules périphériques sans tubules centraux ; 3) la racine ciliaire, reliant la base du corpuscule basal au cytosquelette.

On peut rapprocher des cellules ciliées les cellules sensorielles (olfactives, vestibulaires, auditives, photorécepteurs rétiniens) dont le pôle apical est le siège de dérivés ciliaires plus ou moins sophistiqués qui témoignent de la double valeur originelle du cil (moteur et sensitif).

3.2.2.4 Les sécrétions polarisées des cellules des épithéliums de revêtement sont le plus souvent exocrines

Certaines cellules des épithéliums de revêtement ont une fonction glandulaire exocrines et se caractérisent morphologiquement par la présence de vésicules de sécrétion accumulées à leur pôle apical. Il s’agit habituellement de cellules glandulaires exocrines (muqueuses ou séreuses) isolées (glande unicellulaire) ou groupées (glande intra-épithéliale, épithélium sécrétoire).

On doit également signaler la présence, dans certains épithéliums (du tube digestif, par exemple), de cellules glandulaires endocrines (cellules dites neuroendocrines) (voir plus loin).

3.2.2.5 La membrane plasmique du pôle apical des cellules de l’urothélium est asymétrique

L’urothélium (épithélium des voies urinaires excrétrices, c’est-à-dire des uretères et de la vessie) présente une différenciation très particulière au de la membrane plasmique du pôle apical de ses cellules les plus superficielles. Cette membrane est dite asymétrique car l’épaisseur de son feuillet externe est proche du double de celle de son feuillet interne. Les principales protéines du feuillet externe sont les uroplakines qui ont de 1 à 4 domaines transmembranaires et un domaine extra-cellulaire beaucoup plus important que leur domaine cytoplasmique qui est très réduit. Cette membrane asymétrique autoriserait l’étirement et la stabilisation de la surface cellulaire, probablement grâce à des interactions avec le cytosquelette sous-jacent. Ce dispositif permet ainsi d’éviter la rupture de la membrane pendant la phase de remplissage de la vessie.

3.2.3 Les épithéliums de revêtement ne contiennent aucun capillaire sanguin ou lymphatique

Les épithéliums étant dépourvus de capillaires sanguins, leur nutrition est assurée par les capillaires du tissu conjonctif sur lequel ils reposent ; les échanges se font à travers la MB.

3.2.4 La classification des épithéliums de revêtement fait appel à trois critères :