INTRODUCTION A LA CHIRURGIE POUR LES PRATICIENS
Ahuka Ona Longombe, MD, PhD
Philip Wood, MA, MB, FRCS
2009
Nono, pour que tu continues à te rappeler que la Médecine demande des sacrifices et qu’elle est un
métier exigeant.
TABLE DES MATIERES
INTRODUCTION A LA
CHIRURGIE POUR LES PRATICIENS
Première
Partie: Notions de Chirurgie Générale
Chapitre
2 : Inflammation et Guérison des plaies et du tissu osseux
Chapitre 3 Bases physio- pathologiques de la Chirurgie
Chapitre 4 Les
traumatismes en général et de quelques régions spécifiques
Chapitre 5 Les infections en chirurgie
Chapitre 6 Les Brûlures cutanées
Chapitre 9 Quelques Soins d’urgence
Chapitre
10 Soins Intensifs Chirurgicaux
Maladies
courantes et Techniques Chirurgicales utiles en Afrique
2. Quelques
notions de Chirurgie Pédiatrique.
5. Chirurgie thoracique en Afrique
6. Goitres et
nodules de la thyroïde.
1). L a
rétention urinaire aigue
8. Circoncision-
Phimosis et Vasectomie
11. Les hémopéritoines : Rupture de
la rate et Grossesse Extra-Utérine
12. Occlusions
intestinales aiguës
17. Notions de Traumatologie et
d’Orthopédie :
18. Césarienne du
segment inférieur
19.
Quelques Urgences de Chirurgie Tropicale
109
L’Introduction à la Chirurgie
pour les Praticiens est un petit condensé des connaissances chirurgicales que
nous mettons à la portée des personnes
appelées à exercer ce noble métier. Car l’exécution de la Chirurgie
oblige chacun de nous à posséder une somme importante de connaissances et un
environnement de qualité irréprochable.
Ce petit livre ne remplace pas
les grands traités de chirurgie qui décrivent en détails les différentes
pathologies chirurgicales. Il a pour ambition de mettre à la portée de chacun
d’entre vous, sous forme pratique, l’essentiel que vous pouvez consulter très
rapidement pour rafraîchir votre mémoire et surtout en cas de besoin en
attendant une solution qui tarde à venir.
Philip Wood et moi-même avons
comme seul dénominateur commun le fait d’avoir passé plus d’un quart de siècle
dans l’exercice de la Chirurgie dans les milieux isolés et démunis. Cela veut dire qu’une vie pratique vécue nous
a conduits à coucher ce qui se trouve dans ce Livre en partant des situations rencontrées
et surtout de notre rôle dans l’encadrement des jeunes confrères mis à notre disposition.
Une seule question nous a guidés lors de la rédaction de ce que vous allez
découvrir dans ce Livre ‘que peut-on faire d’utile compte tenu de ses
compétences dans un milieu où le superflu n’est pas quotidien’ ?
Ce livre comprend donc deux
grandes parties : les Notions de Chirurgie Générale et les Maladies
courantes et Techniques chirurgicales utiles en Afrique.
La première partie sur la
Chirurgie Générale passe en revue ce qu’il faut connaître pour une salle
d’opération, les processus normaux de cicatrisation et les différents grands
syndromes chirurgicaux que tout médecin doit maîtriser pour un bon exercice de
la chirurgie. Cela ne suffit pas de tenir le bistouri pour clamer tout haut que
vous connaissez la chirurgie. Il faut un apport théorique suffisant pour
asseoir votre pratique. Il est insensé de faire une hystérectomie subtotale
quand on est devant un cancer du col !
La deuxième partie nous rappelle
que toute pratique est basée sur une expérience de terrain. Malgré la
mondialisation l’Afrique va continuer à faire face devant ses propres réalités
et il faut en tenir compte. C’est pour cela que nous avons exposé dans cette
partie la physionomie des pathologies telles que nous les rencontrons dans cet environnement
précis. On ne peut quand même pas exigé un scanner chez un malade avec hématome
extradural dans un coin reculé de la RD Congo quand la clinique seule peut vous
aider à prendre une décision salutaire. Nous
avons donc cherché à être réaliste et pratique pour les jeunes médecins dans le
besoin tels que nous les avons rencontrés pendant plus de 25 ans de pratique
chirurgicale.
Nous espérons donc
à voir tenter de marier la théorie, la pratique et l’essentiel.
Première Partie: Notions de
Chirurgie Générale
Chapitre
1 : Salle d’opération
INTRODUCTION
Le chirurgien : « doit être plus proche aux jeunes ainsi
qu’aux gens âgés, avec une main forte et sûre, une vision claire et un esprit
confiant, sans aller trop vite ni couper moins que nécessaire. Il doit être plein de compassion cependant
sans influence des cris de son malade. » (Aulus Celsus 1e
siècle de notre ère).
Avec la loi et la théologie, la
médecine était une faculté importante dans les universités du 16e
siècle mais les chirurgiens étaient illettrés et méprisés surtout à cause de
leur séparation de la médecine et de la possession de peu de connaissances de
l’anatomie.
Le premier livre de la Chirurgie (Lowe 1597) est divisé en :
2 Pour aider et ajouter
3. Remettre
Morton a utilisé l’éther pour l’anesthésie pour la première fois en
1846. Semmelweis a montré que le lavage des mains a diminué l’endométrite. En
1865, Pasteur a élucidé la théorie de germes. Lister a commencé la chirurgie
antiseptique en 1865. La chirurgie aseptique était introduite par les
chirurgiens allemands comme Billroth, 2 ans plus tard.
ASEPSIE &
ANTISEPSIE
Donc l’objectif de la chirurgie moderne est de la pratiquer dans un
environnement dépourvu des microbes.
Ceci c’est la chirurgie aseptique.
Asepsie( = Gr : An = privation et sepsis = infection).
Définition: suppression des
microbes par une propreté méticuleuse, allant de la stérilisation à la salle de
‘théâtre’ qui est la salle d’opération. Propreté veut dire sans microbe dans :
1. La salle d’opération
2. Sur les mains ganté du chirurgien
3. Sur le champ opératoire
4. Sur les instruments.
5 Dans les pansements.
Les infractions aux règles de l’asepsie doivent être réduites au minimum
et demande une discipline personnelle stricte. Plus de 90% des infections
postopératoires débutent par une faute des techniques d’asepsie dans la salle
d’opération lors d’une opération.
L’infection est la cause la plus importante de la cicatrisation
défectueuse.
Le mot stérile a un sens absolu. Un
objet est soit stérile ou n’est pas stérile.
Il n’y a pas de position intermédiaire. Le chirurgien doit donner
l’exemple en n’hésitant pas à changer un champ, une blouse ou des gants en cas
de faute ou de suspicion de faute de technique. Un objet non stérile n’a que toucher un objet
stérile pour qu’il y ait le passage et donc l’arrivé de quelques bactéries sur
l’objet apparemment stérile. Il ne faut
pas oublier que 1 à 5% des malades meurent
des complications en rapport avec l’infection péri opératoire et surtout
de ne pas croire que les antibiotiques sauveront la situation, une fois la
faute commise.
La “sepsie » est l’état infecté ou contaminé par les
pathogènes. Antisepsie ( = Gr = contre
l’infection).
Un antiseptique est un produit chimique employé sur les surfaces et sur
la peau pour combattre les bactéries et autres microbes (synonyme :
désinfectant).
Les notions d'antisepsie et d'asepsie se sont développées au cours des
derniers siècles.
Pasteur découvre, il y a un peu plus d'un siècle, les microbes et leur
rôle dans l'infection. Il fut un temps où la mort par infection était la règle
plus que l'exception dans les hôpitaux
Florence Nightingale fut une pionnière de la chirurgie aseptique: en
soignant les blessés de la guerre de Crimée, elle constate que le typhus, les
diarrhées, les plaies infectées sont favorisés par la saleté dans les hôpitaux.
Elle commence par nettoyer le sol, les draps, le linge et par donner l'exemple
d'une grande propreté. Elle impose ensuite des règles d'asepsie simples : faire
bouillir les instruments et tremper le linge dans une solution désinfectante.
En Angleterre, Lister, appelé le père de la chirurgie antiseptique,
emploie l'acide carbonique ou phénol dès l865 pour désinfecter les salles, le
linge et les instruments. Ces simples mesures diminuèrent de manière
spectaculaire les infections postopératoires.
HaIstead, aux USA, met au point des techniques de chirurgie peu
traumatisantes : une hémostase soigneuse, le débridement des tissus
dévitalisés, les sutures parfaites.
Progressivement, un ensemble de règles exerce une influence déterminante
sur les méthodes de travail en salle d'opération.
Toute l'équipe doit développer une conscience aiguë de la nécessité de
ces gestes, parfois astreignants mais indispensables à une guérison parfaite de
l'opéré.
Les bases de la technique aseptique
La technique aseptique est l'ensemble des gestes qui préviennent la
contamination causée par des micro‑organismes de l'environnement. La
technique aseptique comprend les méthodes qui visent à conserver exempts de
microbes tout le matériel, le linge et les autres objets qui touchent l'opéré.
Il faut contrôler l'infection et mettre le patient à l'abri des microbes.
Cela exige plusieurs démarches :
Préparation du patient à l'intervention. Il s'agit d'une part de traiter
les infections existantes et, d'autre part, de désinfecter la peau et surtout
la région opératoire. Puis toute une série de mesures vise à créer autour de
l'opéré un espace dépourvu de microbes et donc stérile. Ceci pour que la plaie
opératoire ne puisse se contaminer. Le malade est le centre de cet espace
stérile.
CONDITIONS POUR FAIRE LA BONNE CHIIRURGIE
La chirurgie peut se faire
quand les 3 conditions essentielles suivantes sont réunies:
1. Le contrôle de la
douleur : grâce à l’anesthésie qui peut être générale, loco-régionale ou locale.
2. Contrôle de l’hémorragie : pinces hémostatiques, ligatures,
cautérisation (électro- ou par chaleur),
garrot, etc.
3. Contrôle de l’infection : conditions aseptiques.

Donc aujourd’hui on utilise l ‘asepsie :
Méthode de prévention d’infection
par la stérilisation des matériels de chirurgie associée à une activité
empêchant l’arrivée de tout microbe dans la plaie opératoire.
CONSIDERATIONS SPECIALES DANS LES LOCALISATIONS TROPICALES :
1. Climat : les fortes
températures causent la destruction du catgut et encouragent les champignons
sur les murs. Les insectes abondent. Les fortes pluies rendent le transport
difficile. Toutes ces conditions climatiques favorisent l’infection sous les
pansements (l’abri, la chaleur l’humidité).
2. Culture : les
superstitions, le peu de suivie en postopératoire, l’analphabétisme, la
pauvreté et la malnutrition contribuent à des suites défavorables.
3. Le coût exorbitant occasionné par les infections dans la société
demande une discipline hygiénique personnelle qui manque souvent. Cependant il semble qu ‘il y a moins de
résistance aux antibiotiques en Afrique qu’en Occident.
ISOLEMENT = le fait ‘ d’emprisonner’ les agents pathogènes dans
l’espace bien circonscrit en vue d’empêcher leur propagation.
1. Pour isoler les agents pathogènes de la trachée (propagation par des gouttelettes),
porter un masque, couvrir la bouche en toussant, etc.
2. Pour les bactéries du tube digestif, faire des bons soins des bassins
de lits, porter les gants lors du transport des linges contaminés.
3. Pour la voie manu portée des microbes (les mains sont une cause très
fréquente de la transmission des infections), laver les mains fréquemment,
porter les gants pour isoler les pathogènes de la peau.
4. Pour les infections de la voie
sanguine, faites la désinfection rigoureuse de tout équipement qui entre en
contact avec le sang.
Pour les cas de la rage, la diphtérie, du virus d’Ebola, etc – confiner
le patient dans une chambre privée loin des autres malades. Si possible que cette chambre ait sa propre
toilette et douche, poubelle, solutions antiseptiques, savon antiseptique. Un masque et blouse sont suspendus à la porte
et sont destinée à être portés avant toute entrée du personnel. Il faut interdire les visites, sauf à travers
une fenêtre fermée.
Un bloc opératoire est une
enceinte protégée (avec accès limité) qui est construite selon une architecture
spécifique.

Les 3 principes de base
sont :
1. Une salle isolée des
autres bâtiments de l’hôpital
2. Avec une élimination de
la contamination venant de l’extérieur
3. Avec une bonne
séparation de l’équipement stérile et celui qui ne l’est pas.
1.
La salle d’opération doit être au moins 5m x 5m. Les parois lavables. Une seule porte est meilleure. Un bon éclairage est nécessaire (une lampe
d’automobile et batterie de 12 volts rechargeable sont convenables :
figure ci-contre tirée de ‘Ahuka O. Longombe, and Mende K.: Lighting the operating field with a vehicle’s head
light.
Trop. Doc. 1993, 23, 35-36).
Les meubles dans la salle
doivent être réduits au strict minimum.
On ne doit jamais utiliser la salle comme endroit de stockage.
Ces dispositions ne
garantissent pas la qualité des actes qui y sont effectués. En effet, les comportements, les circulations
des personnes, des malades, des matériels et des déchets peuvent être à
l’origine, même dans le bloc opératoire le mieux conçu, des dysfonctionnements
en matière d’hygiène et d’éventuelles infections nosocomiales (infections qu’on
attrape à l’hôpital).
La qualité microbiologique
de l'environnement du bloc opératoire est la résultante de différents éléments
allant du type de système de ventilation à la qualité des textiles par
l'entretien régulier des locaux.
On peut vérifier, grâce à
un compteur de particules, la présence dans l'air du bloc de très nombreuses
particules porteuses ou non de micro-organismes potentiellement contaminants.
Cette mesure de l'aérobio contamination permet de déterminer le nombre de
micro-organismes vivants en terme de PNC (particules donnant naissance à
des colonies) ou de UFC (unités formant
des colonies) par mètre cube d'air dans l'enceinte du bloc. Il est admis que la part prise par la
contamination des surfaces dans la genèse des infections du site opératoire est
vraisemblablement limitée. Cependant, la présence de surfaces hautement
contaminées entraîne un risque de remise en suspension des particules
potentiellement contaminants par la circulation des gens au cours d'une
intervention. Aussi il est logique d'entretenir et de désinfecter les locaux
d'un bloc opératoire et ce d'autant plus que la chirurgie qui y sera pratiquée
aura un caractère très aseptique.
Pour la prévention des infections nosocomiales :
1. Pour pénétrer dans le
vestiaire, le personnel (médical et soignant) doit avoir revêtu la tenue
hospitalière le plus souvent au vestiaire central.
2. La tenue de bloc se
compose d’une tunique avec des manches courtes et d’un pantalon. Des ouvertures élastiques sont désormais
conseillées, permettant d’avoir les manches et les bas de jambes
resserrés. Les mains sont sans bijoux (y
compris l’alliance de mariage), ni montres, ni bracelets. Des chaussures
spécifiques - les sabots de bloc, lavables en machine, sont les plus
appropriés. Il est interdit de sortir du
bloc avec ces sabots.
3. Après s’être habillé,
le personnel revêt un masque chirurgical qui doit être mis dans le bon sens, et
une coiffe (non tissés, souvent à usage unique) avec tous les cheveux pliés en
dedans.
Préparation des
paquets de linge
Le linge venant de la
buanderie, parfaitement séché, est plié et mis en paquets standards.
Autrefois, on mettait la
plupart des objets dans des tambours métalliques. Cette technique est
abandonnée: d'une part parce que les tambours sont coûteux, et d'autre part, à
chaque ouverture, il y a risque de contamination par l'air ambiant.
Actuellement, on emballe le
nécessaire pour une intervention dans un paquet fait de deux enveloppes soit en
coton, soit en papier kraft. Les paquets sont pliés en telle manière que les 4
coins de l’emballage soient faciles à atteindre par l’infirmier qui peut donc
l’ouvrir en touchant ces 4 coins seulement.
Une laparotomie typique
nécessite, par exemple :
‑ un grand champ fendu,
‑ deux ou trois petits
champs pour l'opéré,
‑ deux champs pour
couvrir les tables à instruments, et éventuellement la table de Kocher,
- des grandes compresses (en
nombre précis et connu: 8, par exemple),
‑des petites compresses
(aussi en nombre précis et connu).
Les instruments peuvent y
être joints, de même que le matériel de suture non résorbable, comme le nylon,
le lin et le synthétique.
Par contre, les objets en
caoutchouc doivent être soit à usage unique, soit stérilisés avec un cycle de
température plus bas et plus prolongé.
Les paquets sont étiquetés et
conservés dans une armoire à l'abri de la poussière. La date de la
stérilisation est indiquée afin de se servir d'abord des plus anciens.
Si des compresses
supplémentaires sont nécessaires, donnez‑les en paquets de 10 ou 20 et
faites le compte de ce que vous donnez afin de faire le contrôle après
l'intervention.
La stérilisation : destruction de tous les microbes qui se trouvent
sur un objet ou dans un milieu quelconque par les procédures physiques ou
chimiques.
Méthodes
1.
Le
flambage à l’alcool. On met l’instrument
à stériliser dans un bassin métallique, on verse de l’alcool à 95% et on y
jette une allumette. Quand l’alcool
s’éteint; on verse du désinfectant pour le refroidir. Malheureusement cette
technique abîme l’instrument et ne stérilise pas de façon constante.
2.
Ebullition. Pour tuer tous les microbes (surtout les
spores d’anthrax) ceci doit être fait pendant 30 minutes. C’est un moyen
économique simple et fiable. Il peut
altérer les instruments métalliques – mieux d’alcaliniser l’eau contenant du
bicarbonate de soude.
3.
L’étuve
sèche de Poupinel. La température du
contenu est très variable et donc la stérilisation variable mais les
instruments sont mieux préservés.
4. La stérilisation à la vapeur sous pression
(l’autoclave) représente le meilleur choix. Les autres procédés sont réservés à
la stérilisation du matériel pour lequel la stérilisation à la vapeur sous
pression n'est pas applicable.
(A fortement déconseiller
comme moyen de stérilisation – le fer à repasser. Ce moyen de fortune peut rendre service pour
pratiquer les pansements sur des vastes plaies étendues.)
Principe de l’autoclave
Le matériel à stériliser
est exposé à l'action de la vapeur d'eau saturée et sous pression à des
paramètres (temps et température) déterminés – dans un autoclave ou casserole à
pression. Sous pression la vapeur d’eau
monte à 134 oC. Le matériel
à stériliser doit être rangé dans la chambre de stérilisation de façon à ne pas
gêner l'entrée de la vapeur et l'évacuation de l'air et à permettre à la vapeur
d'atteindre facilement toutes les surfaces à stériliser.
Si cela s'avère
nécessaire, les objets à stériliser peuvent être placés sur des grilles,
plaques perforées, tambours ou dans des conteneurs prévus pour ce travail, le
cas échéant, de matériaux absorbants. Les paquets pour stérilisation sont
fermés avec une bande indicatrice en papier qui change de couleur quand la
température de stérilisation est atteinte et la stérilisation produite. La
validation a permis de confirmer l'efficacité du procédé de stérilisation pour
autant que le chargement soit composé de produits de même nature, et que pour
les paquets de textile le poids maximal soit de l'ordre de
Si l'air n'a pas été
complètement éliminé d’un autoclave par le vapeur d’eau au commencement de la
stérilisation, la relation température/pression n'est plus valable. C'est
pourquoi l'air doit avoir été évacué de la chambre de stérilisation soit au
moyen d'une pompe ou par l’ébullition d’eau libre avant la fermeture du
couvercle.
Valeurs guides
Le temps d'application
s'élève théoriquement à 15 min. minimum pour une température de
Traitement ultérieur
A la fin du traitement par
la vapeur, le matériel est humide; aussi doit-il être séché dans la chambre de
stérilisation après l'opération. La vapeur et l'humidité présentes doivent être
éliminées au moyen d'une pompe. Cependant en pratique journalière, avec le
refroidissement un vide se crée et la petite quantité d’eau condensée se sèche
vite. Le chargement doit rester sur les chariots ou dans les paniers jusqu'à ce
qu'il ait atteint la température ambiante (dans un local destiné au stockage
des objets stériles - zone stérile). Lors du déchargement, les contrôles suivants
sont entre autres effectués : vérifier la bande indicatrice, compléter le
registre, contrôler une éventuelle altération et l'humidité de l'emballage.
Incidents possibles
Les incidents les plus
fréquents qui compromettent la stérilisation à la vapeur sous pression
sont :
1. La
présence de poches d'air dans le matériel, due à une élimination insuffisante
de l'air rend la stérilisation moins efficace.
2. Des
joints puissent être défectueux dans la porte de l’autoclave et on n’atteint
pas la pression nécessaire.
3. La
vapeur humide provoque un séchage insuffisant des paquets ; les microbes
puissent entrer à travers cette eau et le tissu d’emballage se dégradent.
4. La
vapeur surchauffée a pour conséquence la non-stérilité des produits. Seule la
vapeur sèche et saturée (vapeur sans gouttes d'eau) est admise.
Les autres moyens de la
stérilisation :
1. Par les
radiations ionisantes
2. Par les
rayons ultra violets
3. Par les
vapeurs de formol, ou aldéhyde ou l’oxyde d’éthylène. Ces gazes exigent
l’utilisation d’un appareillage délicat ou compliqué.
Stérilisation des différents types d’instruments
chirurgicaux
1. Les
instruments métalliques. Il est meilleur
de les stériliser dans une étuve sèche parce que la chaleur humide les
détériore à la longue. Cependant
l’autoclave est le plus souvent employé.
2. La
verrerie a besoin d’une protection de gaze à l’intérieur des boites de
stérilisation.
3. Les
objets en caoutchouc sont détruits par n’importe quelle chaleur. Cinq minutes dans l’autoclave est la
meilleure stérilisation.
4. Les
instruments en plastiques sont fondus par la chaleur donc ils doivent être
stérilisés dans un désinfectant liquide.
Les bactéries puissent vivre dans les solutions vieilles ou sales.
5. Les
textiles ne peuvent pas être stérilisés par la chaleur sèche, seulement dans
l’autoclave.
DESINFECTION
La désinfection est une
opération au résultat momentané permettant d'éliminer, de tuer ou d'inhiber les
micro-organismes indésirables.
Surfaces souillées :
nettoyer puis désinfecter avec de l’eau de Javel fraîchement diluée au 1/10 (ou
tout autre désinfectant approprié) et de même pour les surfaces souillées par
des projections ou aérosolisations de sang ou tout autre produit d’origine
humaine.
Pour le personnel, il
s’agit avant tout d’une protection contre les risques infectieux : sang et
liquides biologiques ; contact direct avec le patient colonisé à germes
multi-résistants ou infecté ;
risques de contaminations lors d’une piqûre accidentelle ou d’une
blessure, du personnel.
Le personnel d'une salle d'opération
est divisé en deux groupes :
1. Les personnes stériles : chirurgien, assistant, instrumentiste. Les
personnes stériles portent une blouse en coton stérilisée à l'autoclave, munie
de longues manches et fixée au dos. Elles portent, des gants stériles. Au repos,
elles gardent les mains à la hauteur de la taille et devant elles.
2. Les personnes non stériles: anesthésiste, aide, infirmière circulante
ou technicien.
En outre :
Tous les objets utilisés dans un espace stérile doivent être stérilisés.
‑ Les coins extérieurs d'un champ stérile, d'un paquet stérile,
une fois ouverts, sont considérés comme non stériles.
‑ Les blouses sont considérées comme stériles sur le devant et
jusqu'à la taille.
‑ Les tables couvertes d'un champ stérile ne sont stériles qu'au
niveau de la tablette supérieure.
‑ Les personnes stériles ne touchent que des objets stériles, et
les autres (infirmières circulantes, etc.) ne touchent que des objets non
stériles.
‑ Les mouvements autour des régions stériles sont calmes et
prudents pour éviter les contaminations.
Les champs stériles délimitent les endroits stériles : tables à
instruments, opéré, champ opératoire. Seuls les membres stériles de l'équipe
touchent ces champs une fois qu'ils sont installés. Les autres membres de
l'équipe ne touchent pas directement ces surfaces. Ils utilisent des pinces.
Ils ne tendent jamais un objet en' passant le bras par dessus une surface
stérile.
- Une barrière invisible sépare les personnes et les espaces stériles de
ceux qui ne le sont pas.
- Tous les objets déposés sur les champs stériles doivent être stériles.
Avant de déposer un instrument ou un matériel, la personne qui le fait s'assure
de leur stérilité. Elle ouvre le paquet sans contaminer l'intérieur en se
couvrant la main avec l'emballage du paquet qu'elle a ouvert (les illustrations
montrent comment accomplir ce geste correctement) et le dépose sur le champ
stérile ou le tend à un membre stérile qui le saisira de la main gantée.
- Une fois habillée et gantée, la personne stérile ne doit pas quitter
la région stérile ni passer dans une autre pièce.
- En cas de doute sur la stérilité d'un objet,. il sera considéré comme
non stérile. Une barrière stérile détériorée, percée, humide, abîmée est
contaminée. Il en est de même si une personne non stérile l'a touchée sans
précautions
VOIE MANUPORTEE
La voie
manuportée est la voie principale de transmission des germes. Bien que la désinfection
hydro-alcoolique des mains ait acquis ses lettres de noblesse pour l'hygiène
des mains non visiblement souillées, le lavage des mains est formellement
indiqué chaque fois qu'elles sont "sales". Il s'ensuit que les
installations pour le lavage des mains et les accessoires qui les entourent
méritent une attention particulière.
La flore
de la main varie au cours de la journée en fonction des activités. Selon les
études, 20 à 40% des infections nosocomiales sont dues à une transmission
manuportée de bactéries. Elles sont transmises d’un malade à un autre par
contact direct entre patients, entre patients et soignants, ou indirect,
notamment par l’intermédiaire de dispositifs médicaux ou matériels de soin. Les
bactéries pathogènes se transmettent de la même façon que les bactéries
commensales. L’impact du lavage des mains sur la réduction du taux des
infections nosocomiales est retrouvé dans des études tant historiques que
contemporaines.
Savon
1. L’efficacité d’un savon non antiseptique est faible mais se prolonge
dans le temps au fur et à mesure des cycles de contamination/lavage en raison
de l’effet mécanique de rinçage à l’eau.
2. L’efficacité d’un savon antiseptique est moyennement important mais se
prolonge dans le temps au fur et à mesure des cycles de contamination /lavage
en raison de l’effet mécanique de rinçage à l’eau.
3. L’efficacité d’un savon antiseptique + gel hydroalcoolique (ou l’alcool
simple ou solution de savlon) est importante et se prolonge dans le temps au
fur et à mesure des cycles de contamination /lavage/désinfection en raison de
l’effet mécanique de rinçage à l’eau.
LAVAGE CHIRURGICAL DES
MAINS :
Recommandations :
1er
temps : Mouiller, mains, poignets et avant bras. Appliquer une quantité de savon antiseptique
et faire mousser abondamment par massage des extrémités des doigts jusqu’aux
coudes pendant 1 minute. Maintenir les
mains toujours au-dessus des coudes. Rincer abondamment.
2eme temps :
Reprendre une quantité de savon antiseptique. Prendre une brosse stérile,
brosser les ongles pendant 30 secondes. Rincer abondamment
3eme temps Reprendre une quantité de savon
antiseptique. Masser des extrémités des doigts jusqu’aux coudes puis rincer
abondamment. Sécher par tamponnement avec un essuie-mains stérile à usage
unique.
Donc cette technique prend
6 minutes totales. Après 2 heures il est
nécessaire de renouveler le lavage des mains.
LAVAGE ORDINAIRE DES MAINS :
Pour le lavage des mains du personnel, il faut disposer
d'un distributeur de savon qui:
- doit être facilement nettoyable et fixé au mur,
- construit dans un matériau compatible avec le produit
de nettoyage choisi,
- rechargeable dans de bonnes conditions, avec le niveau
de remplissage bien visible,
- à commande sans contact avec les mains, donc au coude
ou au pied.
Il faut proscrire les mécanismes où une pompe à air
actionnée au moyen du pied éjecte le savon, car c'est de l'air au voisinage du
sol qui est injecté dans le réservoir à savon liquide ! On y introduit ainsi la
poussière du sol et les germes déposés sur ces poussières contaminent le savon.
Il faut préférer dans ce cas un dispositif à pédale et à chaînette.
Le séchage des mains
Le séchage est important, car il exerce une action
mécanique: des mains humides transportent environ 100 fois plus de germes que
des mains sèches.
GANTS
A) Les gants sont une
barrière bactériologique: entre le chirurgien et le patient, protégeant à la
fois l’un et l’autre.
B) Ils sont une barrière
physique : protection partielle contre les piqûres et coupures (majorée par le
double gantage); et les chocs
électriques.
Les gants doivent être
changés régulièrement au cours d’une intervention pour respecter à la fois
l’asepsie des différents temps opératoires et les risques de micro trous au
bout d’un temps moyen d’utilisation. Il n’y a pas de consensus sur la moyenne
du temps de fréquence de changement de gants. Selon les auteurs, elle se situe
entre 30 minutes et 2 heures.
D’après
plusieurs études sur la perméabilité des gants aux virus, il ressort qu’aucun
gant n’est absolument imperméable.
L’accoutumance au port de gants fait oublier aux soignants ce à quoi ils
sont destinés et les conduisent à leur donner le rôle de seconde peau. La
pratique du lavage des mains finit par être oubliée. Pour autant, il ne
faudrait pas présenter le port de gants comme la solution à tous les risques.
En effet la protection théorique sensée être apportée par les gants au
personnel soignant n’a pas encore été prouvée.
UTILISATION DES GANTS
1. Actes
chirurgicaux ; 2. Techniques médicales d'invasions aseptiques ;
(exemples : pose de cathéter central, pose de drain thoracique, biopsie,
ponction lombaire, ponction hépatique.) ; 3. Autopsies et actes
médico-légaux : il est indispensable dans ces derniers cas d’utiliser les gants
très épais (voir deux paires l’une sur l’autre et/ou les gants résistants aux
coupures.)
Les gants doivent être
changés entre deux patients entre deux activités.

La porte de blouses,
lunettes, masques et bonnets.
Tenue du patient :
Après une douche, le
patient est revêtu d’une chemise d’opéré ; les montres, bijoux, vernis à
ongles, lentilles, appareils dentaires sont enlevés. Il revêt une charlotte et
des sur-chaussures. Le port du masque est conseillé pour le malade en cas
d’anesthésie loco-régionale, ou avant l’intubation. Le lit du malade doit être
nettoyé et désinfecté en préopératoire, puis refait avec des draps propres.
Lorsqu’il est introduit en salle de réveil, il doit être nettoyé de nouveau.
Les brancards et les
plateaux de transfert doivent être nettoyés et désinfectés.
Veilliez au besoin de la réanimation
préopératoire :
1. Les signes vitaux des malades doivent être stables
avant une opération ( avec l’exception possible d’une grossesse extra-utérine
et la rupture de la rate, bref d’une hémorragie interne).
2. Une préparation nutritionnelle surtout pour les
malnourris ou les vieux.
3. La prévision en sang – auto donation 3 semaines
avant l’opération ou donateurs prêts.
4. La préparation du gros intestin. (3 jours liquides
seulement par la bouche, 3 jours de lavements évacuateurs, 1 jour
chloramphénicol et métronidazole.)
5. Sonde urinaire et nettoyage du vagin pour toute
opération gynécologique.
6. Antibioprophylaxie – au minimum de ½ heure avant
l’opération. Puis seulement une autre dose.
7. Antibiothérapie pour au moins 5 jours en cas
d’infections déjà installées.
Examens
para cliniques préopératoires :
1 Temps de saignement.
Au moindre doute, ponctionner le lobule de l’oreille avec le
vaccinostyle et fait absorber la goutte de sang toutes les ½ minutes dans un
papier buvard. Quand il n’y a plus
aucune absorption, le délai écoulé s’appelle le temps de saignement.
2. Examens de routine : Hémoglobine, Test HIV,
glycosurie.
Avant l'intervention
Planification
Dès la veille, le responsable de salle d'opération doit :
‑ établir avec le chirurgien le programme de la journée;
‑ s'informer des exigences de chaque type d'intervention , région
à préparer, positionnement du malade, type d'anesthésie;
‑ demander quelles sont les préférences du chirurgien :
instruments, sutures, etc.
‑demander quels sont les problèmes particuliers posés par les
opérés;
‑ savoir ce dont il dispose et les conditions réelles de travail :
par exemple: avez‑vous de l'électricité et la source est elle fiable?
Avez‑vous prévu une source d'éclairage de secours? Avez‑vous
de l'eau courante?
Préparation
psychologique et choix de l’opération du malade :
Après avoir interprété les informations diagnostiques disponibles d'un
patient, le médecin doit par la suite décider (en commun accord avec le
patient) du plan diagnostique ou thérapeutique. Bien que de tels choix soient
souvent opérés de manière informelle et implicite, une analyse décisionnelle
qui utilise les pas suivants peut améliorer le processus et peut être les
résultats :
1. le problème est formulé explicitement comme une question qui implique
un choix entre un nombre limité d'options mutuellement exclusives : p. ex.
Traiter ? Ne pas traiter ? Effectuer l'examen ?
2. Le problème est structuré, souvent sous la forme d'un arbre
décisionnel ou parfois sous la forme dite diagramme d'influence.
3.Une meilleure observation peut être obtenue en
utilisant des échelles telles que l'espérance de vie (ou moyenne de survie) et
l'espérance de vie corrigée par la qualité de vie, qui diminue la moyenne de
survie au cours du temps en concordance avec la morbidité à long et à court
terme. Par exemple, si la qualité de la vie d'un patient était de 80 % par
rapport à son état de santé, alors 1 an de vie avec la maladie correspondrait à
0,8 ans corrigés par la qualité de vie. D'autres utilités pourraient considérer
la morbidité, la douleur et la souffrance, l'état fonctionnel et, peut-être,
les coûts.
4.Apres la décision et avant l’opération il faut
expliquer en termes simples la nature de l’opération envisagée au patient. Donnez une préparation psychologique.
Assurez-vous que le malade comprend bien s’il s’agit d’une hystérectomie,
amputation, ablation d’un œil ou du montage d’une colostomie. Vous devrez obtenir le consentement éclairé
du malade (ou de son parent pour un enfant).
Malade à jeun de boissons depuis 6 heures.
Le jour de l’opération :
1. Rasage (sans faire les coupures), 2. Savonnage large de la future région
opératoire 3. Rinçage et séchage. 4. Dégraissage avec éther ou essence. 5. Couvrir la région avec un linge stérile.
PUIS La désinfection avec de l’alcool iodé à la salle
d’opération par le chirurgien. Dans
quelques cas orthopédiques ou cardiaques on peut appliquer l’alcool iodé en
préopératoire sous un pansement aseptique qui ne sera retiré qu’en salle
d’opération.
La
personne responsable de la salle d'opération n'a pas seulement
à s'occuper du matériel mais aussi et surtout d'un malade. Nous avons vu plus
haut son rôle comme avocat, défenseur du malade contre les dangers et les
agressions durant la chirurgie.
C'est donc le malade qui est le centre de toute son
activité.
La chirurgie moderne exige une asepsie totale et les
responsables dans les salles d'opération la respectent avec une conscience sans
faille. Ceci exige beaucoup d'honnêteté intellectuelle et de connaissances
pratiques. Il faut retrouver cette conscience non seulement chez l'infirmier
mais aussi chez tous ceux qui œuvrent en salle d'opération, y compris les
brancardiers, les agents de nettoyage.
La séquence des actes liés à l'opération
Dans chaque cas vous devez:
-comprendre le type d'opération et connaître l'anatomie
de la région;
-connaître la technique employée par le chirurgien et
préparer le site d'incision;
-connaître les techniques de routine de l'institution
où vous travaillez;
-distribuer les tâches aux membres de l'équipe;
-connaître la condition générale du patient;
-prévoir les complications possibles en fonction des
données ci‑dessus.
Chaque intervention se déroule en différentes étapes :
préparation du matériel, préparation du malade, etc...
‑ compter les compresses, les aiguilles, les
lames de bistouri, transport du malade vers la salle d'opération,
ANESTHESIE
La prémédication : sert à rendre l’anesthésie
plus facile par :
1. Sédation psychique,
2. Suppression de la douleur
3. Abaissement de la température
4. Le blocage des secrétions par le parasympathique
(important pour l’anesthésie par inhalation. )
5. S’opposer aux conséquences de l’agression
chirurgicale.
En pratique :
1. La veille de l’opération : donner un calmant et
un somnifère par voie orale.
2. Le matin de l’intervention ¾ heures avant l’opération
un analgésique et l’atropine par injection.
Installation de l’opéré sur la table d’opération en
position : horizontale ou dorsale ; de Trendelenburg (tête en bas
pieds en haut) ; gynécologique ; ventrale ; ou latérale.
Anesthésie
générale :
Voie respiratoire : éther et air, ou halothane et
oxygène, avec ou sans intubation orotrachéale.
Voie intramusculaire ou intraveineuse - Kétamine
L’anesthésie générale passe par 4 stades :
1. Analgésie 2.
Excitation, 3. Chirurgical – disparition du tonus musculaire et réflexe 4. Toxique (arrêt respiratoire et cardiaque).
Le réveil se
fait en sens inverse.
Anesthésie
partielle : locale, rachidienne ou épidurale.
La
rachianesthésie (RA) consiste à bloquer les nerfs rachidiens en injectant un
anesthésique local dans l’espace sous-arachnoïdien. Il s’agit d’une méthode
anesthésique particulièrement intéressante chez l’adulte et le vieillard, pour
des interventions sous ombilicales. Le regain d’intérêt pour l’utilisation de
cette technique anesthésique au cours des dernières années, est dû au
développement de meilleurs anesthésiques locaux de longue durée d’action et à
la possibilité de l’augmentation de la durée de l’analgésie.
La
rachianesthésie bloque les nerfs sympathiques une action qui provoque une
vasodilatation et une chute de la tension artérielle. Pour un malade bien hydraté ceci est
rare. Donc on doit bien suivre la
tension artérielle après une rachianesthésie et on donne l’éphédrine 10mg i.m.
pour monter la tension artérielle par vasoconstriction, au moindre doute.
Les différentes positions
1. Le décubitus dorsal
Cette position est la plus fréquente. Les précautions sont décrites plus
haut et comportent essentiellement la prévention des escarres.
2. Le Trendelenburg
La tête est un peu plus bas que les jambes. Ceci est demandé souvent
lors d'une rachianesthésie. La table possède généralement un mécanisme qui
permet d'élever la partie inférieure ou de la rabaisser. La mise en position se
fait sur les indications de l'anesthésiste. Si le Trendelenburg est important,
il faut mettre des épaulières pour empêcher le malade de glisser.
3. Position gynécologique ou de lithotomie
Elle est employée pour les interventions sur le périnée, le rectum, la
gynécologie par voie vaginale. La position est inconfortable pour la patiente
si elle n'est pas totalement anesthésiée, surtout si l'intervention est longue.
Placez la patiente avec le siège au niveau de l'endroit où la partie
inférieure de la table peut être rabattue. Deux personnes placent les jambes dans
des étriers ou des supports métalliques pour les genoux et les pieds. Agissez
ensemble et sans brusquerie pour éviter des déchirures musculaires. Soyez
surtout très prudents si la malade est anesthésiée. Adaptez la hauteur des
étriers en fonction de la taille du malade. Veillez à bien matelasser et
protéger les supports métalliques pour éviter des lésions du creux du genou. Le chirurgien ou son aide drape le malade à
l'aide d'un grand champ troué en veillant à ne rien toucher de non stérile
relatif à ce champ.
4. Position latérale
Durant l'induction d'anesthésie, le malade est en position dorsale, puis
il est tourné (par deux ou trois personnes) selon les indications du
chirurgien. On emploie des sacs de sable pour maintenir la position et pour surélever
la région lombaire. La jambe supérieure est fléchie et l'autre étendue.
Veillez à bien maintenir le patient afin qu’il ne bascule pas pendant
l'intervention.
On a recours à cette position dans la chirurgie du rein.
5. Position ventrale
Dans toutes les manoeuvres, veillez à la sécurité du malade: évitez
qu'il ne tombe, en le maintenant correctement par des attaches ou des courroies
synthétiques ou bien par des liens en tissus mais suffisamment larges pour
qu'ils ne soient pas coupants.
Dans toutes les positions, veillez aux points de pression, évitez les
escarres.
Les principales compressions nerveuses à prévenir sont celles du plexus
brachial et du nerf ulnaire qui court des risques si le bras glisse de la table
et est comprimé entre le rebord métallique et l'humérus.
Préparation du site d'incision
Renseignez‑vous auprès du chirurgien avant de préparer le malade.
En gynécologie, l'incision peut être médiane ou transverse ou l'abord peut être
vaginal. Une appendicectomie non compliquée sera abordée par une incision de Mac
Burney, mais si elle s'accompagne d'une inspection d'autres organes, l'incision
sera médiane.
Avant l'entrée du malade en salle d'opération, vous aurez à veillez à
une toilette soignée et à un rasage de la région à opérer.
En salle d'opération, vérifiez encore que la propreté du malade soit
parfaite, éventuellement rasez les poils restants.
La solution désinfectante employée doit agir rapidement, car le contact
est relativement bref. Le choix se porte actuellement sur l'alcool iodé, la povidone
iode, le gluconate de chlorexidine en solution alcoolique colorée.
Sur un champ stérile ou un plateau stérile, l'infirmière circulante
dispose deux godets stériles, une pince sur laquelle vous montez des compresses
stériles. A côté, vous placez le flacon de liquide pour savonnage (cetrimide
par ex.) et le désinfectant.
Prévention des infections professionnelles:
La manipulation des
aiguilles lors de la pose d’une perfusion, la prise du sang ou assistance à la
salle d’opération constitue les plus grands risque de contamination du sang
infecté avec VIH, Hep B ou Hep
C,- les pires des infections professionnels.
Donc :
1. Les aiguilles usagées
ne devraient jamais être récapuchonnées ou autrement manipulées avec les deux
mains.
2. Utiliser des ciseaux
plutôt qu’un bistouri
3. Tenir l’aiguille à
suture avec des pinces, jamais les doigts.
4. Utiliser des pinces ou
des écarteurs dotés de manches plus longs pour réduire le risque de frapper la
main qui tient les écarteurs,
5. Garder dans le champ
opératoire uniquement les instruments piquants, coupants ou tranchants qui sont
en cours d’utilisation.
L’assistance à l’opération :
La nature des activités comprises dans la fonction
d'assistance opératoire varie selon le milieux, les types de chirurgie, les ressources
accessibles, les services offerts, etc.
Les activités qui seront énumérées sont souvent accomplies, à l'heure
actuelle, par des infirmières premières assistantes ou en situation
d'assistance. Elles sont présentées ci‑après à titre indicatif.
Positionner l'usager.
Badigeonner, préparer la peau.
Draper.
‑ Faire l'hémostase à
l'aide de moyens mécaniques et thermiques; clamper les vaisseaux, cautériser,
ligaturer les vaisseaux, etc.
Assurer l'exposition des organes et des
tissus : aspirer, éponger, placer et tenir les écarteurs, irriguer le site opératoire,
couper les tissus déterminés par le chirurgien, placer des compresses autour
des sites opératoires.
Suturer les fascias, les tissus sous‑cutanés
et la peau.
Choisir les sutures et les aiguilles,
suturer, couper les fils, faire des noeuds.
Utiliser tout instrument à la demande du
chirurgien : manipuler le laparoscope, frapper sur
l'ostéotome, etc.
Appliquer le pansement postopératoire.
Ne perdez jamais
de vue que l'aide stérile du chirurgien touche ce qui est stérile et que
l'infirmière circulante touche ce qui n'est pas stérile. Si elle doit manipuler
un objet stérile, elle se sert de pinces stériles.
INSTRUMENTS :
Quelques instruments d’une petite boite de chirurgie
abdominale sont :
Bistouri, une paire de ciseaux courbés de Mayo, une
sonde cannelée de Nélaton, 2 écarteurs de Faraboeuf, 2 écarteurs de Hartmann, 4
pinces hémostatiques, 2 pinces Allis (pour prendre les tissus), 1 pince en cœur
(Babcock) et une porte aiguille.
FILS DE SUTURES, LIGATURES et DRAINS
Dans le temps, on a utilisé le matériel d’origines
végétale et animale surtout le catgut (surjet).
Cependant de nos jours on utilise le nylon (non absorbable) ou
polyglycol (soit Vicryl (Ethicon) ou Dexon (Davis & Geck)). La force de ces sutures dépend de ses
dimensions. Une suture « 0 »
est « ordinaire » Plus petit
qu’ordinaire est 00 (2/0) puis 000 etc.
et plus grande que 0 est 1 puis
2, etc.
Emploi des drains en caoutchouc (pour 72heures
maximum) – pour drainage du sang, bile, urine ou pus. On peut utiliser des éponges connectées à un
aspirateur et fermées sur la peau avec une couche de plastique collant. Apres 72hrs, s’il y a du pus ceci trouvera le
canal du drain pour s’en sortir.
QUELQUES REGLES POUR EVITER LES BLESSURES :
1. Toujours utiliser les gants d’une taille correcte.
2. Ne jamais toucher directement les tranchants.
3. Ne jamais prendre une aiguille avec vos doigts.
4. En ouvrant un paquet d'aiguille, faire attention de
prendre l'aiguille du paquet utilisant le porte-aiguille et sans toucher
l'aiguille vous-même.
5. En souhaitant de changer la position de l'aiguille
dans le porte-aiguille, toujours utiliser les forceps pour changer
l'orientation de l'aiguille. De nouveau ne pas utiliser vos doigts.
6. Toujours garder n'importe quelle aiguille en usage
dans votre vue directe à tout instant. En utilisant une longue suture sur votre
aiguille, utiliser votre doigt de milieu de votre main droite de contrôler la
suture, et ne simplement retirer pas l'aiguille de vue pour resserrer le
matériel de suture, parce que vous pouvez contaminer l'aiguille ou blessez
votre aide.
7. Toujours transmettre des instruments tranchants aux
aides dans une manière pour empêcher la blessure – préférablement dans un
bassin réniforme ou un autre récipient convenable. La sûreté de n'importe quels
aides est la responsabilité du chirurgien.
8. En changeant la lame d'un scalpel, faire attention
de contrôler la lame avec des forceps ou des pinces hémostatiques. La lame est
extrêmement tranchante et ne devrait pas être contrôlée avec vos doigts.
9. Toujours liquider des aiguilles ou des lames
utilisées dans le récipient des tranchants usés fournis.
10. Toujours liquider le tissu excisé dans les
récipients appropriés.
11. Toujours garder le champ d’opération bien rangé
sans les instruments non essentiels.
12. Toujours vérifier l'intégrité d'instruments avant
leur usage et ne compte pas sur les infirmières d'aides. Ceci est
particulièrement important pour l'équipement électrique tel qu'équipement de la
diathermie et de la coelioscopie.
13. Fonctionner avec la table à la hauteur correcte –
si s'asseyant ou debout la hauteur du champ d’opération doit être cela à qui
votre avant-bras est approximativement horizontal. L'opération faite à une
autre hauteur va en toute probabilité causer la fatigue et la tension.
Le matériel propre
On entend par matériel
propre : l’instrumentation médico-chirurgicale, le linge (draps, pyjamas,
alèses en armoire venant de la blanchisserie), les consommables (matériel à
usage unique, médicaments...) et les appareils divers venant de l'extérieur
(imagerie, appareils de surveillance médicale).
Les différents lieux de
stockage sont les suivants :
- les médicaments
stupéfiants sont stockés dans une armoire et un local fermé à clé ou avec un
code.
- les antiseptiques sont
stockés dans l’arsenal stérile.
- les autres médicaments
sont disposés sur le chariot d’anesthésie, ou dans un réfrigérateur destiné à
ces produits et différent du réfrigérateur de la salle de détente contenant des
produits alimentaires.
Le matériel souillé
1. Principes généraux
- On distingue plusieurs
catégories de matériels selon le risque de contamination :
1. P1 le matériel non critique en contact avec une
peau saine : garrot, pince de Kocher, plateau, brassard à tension, stéthoscope,
etc. BESOIN : pré-désinfection,
rinçage.
2. P2 le matériel semi-critique en contact avec une
muqueuse sans effraction ou une peau lésée : masque, ballon d'anesthésie, lame
de laryngoscope, pince de Magill, mandrin, ouvre-bouche, fibroscope bronchique
et digestif, etc. BESOIN : nettoyage, rinçage, séchage.
3 P3 le matériel critique pénétrant une cavité
stérile ou le système vasculaire : toute l'instrumentation chirurgicale, les
endoscopes articulaires, les cœlioscopes...
BESOIN : désinfection par immersion (puis rinçage et séchage) ou
stérilisation.
Déchets.
Les déchets représentent
un risque de contamination pour le personnel et les surfaces des blocs
opératoires.
1. Les déchets piquants,
coupants, ou tranchants
- Tout objet piquant ou
tranchant doit être directement éliminé dans les collecteurs d’aiguilles par
l'utilisateur sans être recapuchonné ni posé dans un plateau. Les collecteurs
doivent être verrouillés hermétiquement avant leur élimination.
- Pour l'équipe
chirurgicale pendant l'intervention, on emploie un système stérile de
récupération collant ou magnétique permet de fixer les aiguilles de suture et
les lames sur un support, à usage unique.
2. Les déchets solides -
Les déchets solides d’activités de soins sont triés au fur et à mesure de leur
production et mis dans des sacs poubelles ou cartons dont la couleur aura été
déterminée suivant la nature des déchets :
- couleur rouge ou jaune
(couleur internationale) : déchets à risques infectieux,
- autre couleur selon
l’établissement (couleur grise, noire..) : déchets assimilables aux déchets
ménagers, comme les emballages.
- Les déchets anatomiques
non reconnaissables par un non-spécialiste sont assimilés aux déchets à risques
infectieux. Les déchets anatomiques reconnaissables doivent être acheminés, en
vue d’être incinérés dans un crématorium agréé, dans un emballage étanche, à
usage unique, compatible avec le fonctionnement du crématorium ; ils doivent
être entreposés à des températures de
3. Les déchets liquides -
Le contenant doit être fermé avant la sortie de la salle, - Tous les contenants
de déchets liquides doivent être déposés soit dans un fût destiné à cet usage,
soit dans un carton spécial étanche étiqueté "déchets à incinérer"
qui ne sera pas compacté. Des gélifiants sont disponibles sur le marché.
Rôle de l’infirmier en post
opératoire : Nettoyage
immédiatement après usage de tout ce qui est souillé, c’est-à-dire :
1. Rinçage pour enlever toute matière organique 2. Lavage au savon 3. Brossage d’équipements d’angles ou des
rainures 4. Rinçage 5. Séchage
6. Désinfection ou stérilisation.
Les 10 qualités de la parfaite
infirmière de la salle d’opération sont:
1.
Etre
présente en personne et en esprit ; ce qui signifie qu’elle doit suivre
l’intervention et y penser toujours.
2.
Etre
silencieuse
3.
Etre
dévoué
4.
Etre
propre
5.
Etre
discrète mais efficace – pas d ‘agitation inutile.
6.
Avoir un
bon caractère, accepter une réprimande d’un chirurgien stressé.
7.
Etre
exigeante – discipline en règles de la salle d’opération.
8.
Etre
ordonné
9.
Etre
humaine – plein de compassion
10. Etre prévenante.
SOINS POSTOPERATOIRES
1.
On
transport les malades avec 2 ou 3 personnes
2.
Le retour
est à un lit complètement refait.
Prévoir un bassin réniforme pour les vomissements.
3.
On le met
dans la position telle que prescrite par
le chirurgien. Position latérale avec la
tête en extension après une anesthésie générale. Position demi assise après thyroïdectomie
etc..
SURVEILLANCE POST OPERATOIRE :
1.
Le faciès
doit être rose, témoignant d’une bonne oxygénation. Se méfier d’une pâleur, sudation, agitation
ou cyanose.
2.
Le rythme
respiratoire doit être régulier et calme.
Se méfier d’une chute de la langue en arrière.
3.
Le pouls
doit être pris toutes les 15 minutes. Se
méfiez d’une accélération ou irrégularité.
4.
La tension
artérielle. Se méfiez d’une augmentation
de la systolique plus que 140mmHg ou moins que 100mmHg.
5.
La
température. Se méfiez d’une température moins que 36oC ou plus que
40oC
6.
Les
nausées et vomissements
7.
La douleur
8.
Le
pansement – Se méfie d’une hémorragie.
9.
Surveillance
de la perfusion, l’oxygène, l’aspiration.
LE LEVER PRECOCE DE L ‘OPERE
Il s’agit de lever l’opéré dans les 6 à 12 heures qui suivent
l’opération. Ce qui est important ce
n’est pas le lever mais la marche. Ce
lever facilite la reprise du transit intestinal et évite au maximum les
complications veineuses (thrombophlébite).
Les soins intensifs chirurgicaux
Qu’est ce que c’est une
salle des soins intensifs ? L’endroit ou se trouve :
1. Le meilleur personnel en formation et expérience
2. La meilleure instrumentation d’équipement de réanimation
3. Les patients les plus
malades.
On a le plus grand besoin
d’une salle des soins intensifs pour les malades inconscients ou ceux qui ont
une perfusion.
Surveillance post
opératoire (Acronyme : ABCD) :
A. Air way :
perméabilité des voies respiratoires B.
Breathing : respiration C.
Circulation : Hémorragie ; signes vitaux D. Drogues
Il est capital de
surveiller les signes vitaux (TA), le drainage et la position de l’opéré.
Complications post
opératoires :
1. Hématomes :
superficiel ou profond. Evacuation entre deux points de suture.
2. Abcès
pariétaux : (Température ascendante et oscillante, douleur, troubles de
transit, hyperleucocytose) Enlever quelques sutures pour l’évacuation du pus.
3. La
désunion peut être superficielle (rapprochez les bords avec
sparadrap) ou totale, chez les sujets dénutris, ascitiques, ictériques, âgés et
fatigués (la ré intervention est nécessaire et urgente).
4. Les
plaies peuvent être suppurantes (Traitement : savlon), atones
(Traitement : sérum physiologique) ou bourgeonnantes
(Traitement : cautériser avec le crayon de nitrate d’argent, (AgNO3)).
Techniques à maîtriser en
soins intensifs :
Pose et soins d’une sonde
nasogastrique à drainage
Pose et soins d’une sonde
urinaire à drainage
Pose et soins d’un
drainage thoracique
Opération et soins d’une
trachéotomie
Types et soins d’une
colostomie
Chapitre 2 : Inflammation et Guérison des plaies et du tissu osseux
La peau est un organe noble dont la réparation doit prendre autant
d’attention que les éléments sous-jacents. Il faut comprendre que la cicatrice
est la seule chose que le patient retiendra de l’intervention et surtout de son
chirurgien, même si de nombreux éléments sous-jacents ont été réparés avec
succès. De plus, les séquelles esthétiques d’une mauvaise cicatrice peuvent
avoir un retentissement psychologique et social important. Des principes rigoureux doivent permettre de
traiter toutes les plaies en s’adaptant à leur localisation et à leur aspect
anatomique.
On peut donc définir la guérison
des plaies chez l'homme comme le comblement d'une perte de substance par
du tissu conjonctif cicatriciel associé à une épithélialisation. Les
formations du tissu conjonctif, en particulier, les os et les tendons, se
réparent par reconstitution de tissu identique.
L'examen d'une plaie porte sur les quatre points suivants:
1. Etat des bords de la plaie (bords francs et bien irrigués
ou contus à circulation perturbée).
2. Date de la plaie en
heures
3. Nature des lésions
associées (nerfs, tendons, vaisseaux)
4. Localisation de la
plaie (a) zone à réseau capillaire dense à irrigation excellente, tel que le
visage, le cou, les mains, le périnée ou (b) zone à perfusion plus faible, en
particulier les extrémités inférieures, avec guérison nettement moins bonne.
La guérison pp et ps
Si deux bords d’une plaie
s'accolent et fusionnent avec une croissance minimale de tissu, on parle de guérison per primam intentionem (pp).
C'est en général le cas des incisions chirurgicales. Si les bords de la plaie baillent d'emblée, la plaie va guérir
plus lentement per secondum intentionem (ps).
La guérison commence par le processus d’Inflammation
Le processus inflammatoire est l'ensemble des phénomènes réactionnels de
défense, déclenchés, dans un organisme vivant pluricellulaire, par l'agression
d'un agent pathogène quel qu'il soit. C'est un phénomène omnitissulaire se
déroulant de façon préférentielle dans le tissu conjonctif qui normalement tend
à limiter et à réparer les effets de l'agression. Il prend fin avec la
réparation ou la cicatrisation de la lésion. Il ne peut se dérouler que dans un
tissu vascularisé (donc, pas dans certains tissus normalement avasculaires,
comme le cartilage, la cornée).
C’est un processus
bienveillant pour le corps qui
favorise, par exemple, l’arrivé de plusieurs leucocytes dans l’endroit
d’une infection. Le processus peut
devenir excessif (par exemple dans les conflits immunitaires) quand on utilise
les « anti-inflammatoires » mais en général l’inflammation est
souhaitable pour une guérison.
Les causes de
l’inflammation sont multiples :
- causes physiques
(traumatisme ; opération, chaleur, froid, rayonnement, courant électrique)
- causes trophiques par
défaut de la vascularisation
- causes chimiques
(acides, bases, corps "étrangers" exogènes ou endogènes)
- causes biologiques
(germes, bactéries, virus, parasites, champignons).
Le déroulement du
processus inflammatoire est toujours le même. Il évolue en trois stades
successifs:
1.- un stade caractérisé
par les réactions vasculo-sanguines
2.- un stade caractérisé
par les réactions cellulaires (phase productive) (et formation des
granulations)
3.- un stade de
cicatrisation.
1. Les réactions vasculo-sanguines regroupent 3
phénomènes bienveillants:
1. La congestion active
est due à une vasodilatation survenant après une brève phase de
vasoconstriction qui favorise l'hémostase.
La vasodilatation amène un apport augmente du sang qui
favorise la guérison.
2. L’œdème inflammatoire
est un phénomène actif dû au passage, à partir des vaisseaux congestifs, vers
le milieu interstitiel, d'un liquide proche du plasma. Ce passage est lié à
l'augmentation de la pression hydrostatique et surtout à l'augmentation de la
perméabilité de la paroi vasculaire des capillaires et des veinules dilatées.
L'œdème a pour conséquence:
- de diluer le foyer inflammatoire
- de limiter ce foyer par une barrière fibrineuse
(fibrinogène)
-de concentrer sur place les moyens de défense
humoraux (immunoglobulines, complément) et apporter des médiateurs chimiques
- de ralentir le courant circulatoire par
hémoconcentration, ce qui favorise le phénomène suivant, la diapédèse
leucocytaire.
3. Diapédèse
leucocytaire (Gr = marcher à travers) : Elle débute par la margination des
leucocytes qui adhèrent à la paroi endothéliale. Les polynucléaires émettent
ensuite des pseudopodes, s'infiltrent entre les cellules endothéliales, puis
traversent la membrane basale pour sortir de la circulation aux tissus.
Les leucocytes sont les meilleurs combattants de
l’agression et des pathogènes.
2. Les réactions cellulaires
3. Stade de cicatrisation
La cicatrisation normale :
Le tissu formé après la
phase vasculo-exsudative de l'inflammation est le bourgeon charnu ou blastème
de régénération, (granulome inflammatoire ou granulome.) (Ang: tissu de
granulation). Il comprend:
- une liquide
interstitiel abondant, œdémateux
- de nombreux
capillaires dilatés, congestifs à disposition radiaire
- des cellules qui
forment une population dense et polymorphe qui constitue l'infiltrat
inflammatoire, ou granulome inflammatoire et associe: des polynucléaires,
parfois éosinophiles, des lymphocytes et des plasmocytes, des macrophages, des
fibroblastes et des mastocytes.
A partir du bourgeon
charnu ou blastème de régénération se fera la cicatrisation. L'évolution du
processus inflammatoire se fait souvent vers une cicatrisation complète, sans
séquelle, c'est-à-dire avec restitution ad integrum des tissus préexistants.
Les trois processus de la cicatrisation normale des plaies
Une plaie se referme par la
production de tissu conjonctif vasculaire, qui crée 1. des granulations, 2. une contraction de la plaie et 3.
l’épithélialisation (si les surfaces externes ou internes de l'organisme
sont atteintes.)
1. Granulations (bourgeon charnu).
Cette notion a
été introduite en 1865 par BILLROTH et on l'emploie autant dans les
descriptions macroscopiques que microscopiques. Macroscopiquement il s'agit
d’un corpuscule de chair d'une taille allant de celle d'une tête d'épingle à
celle d'un petit pois, qui apparaît au bout de quelques jours au fond de la
plaie opératoire avec perte de substance. On parle de granulations saines si
elles sont propres ; rouge et clair ; et de granulations "pâteuses"
si elles sont recouvertes de sécrétions jaunâtres ; et présentent une
coloration jaune ou bleuâtre, signe d'une moins bonne irrigation.
Les fonctions du tissu de granulation sont :
1. D'établir une barrière contre les bactéries
2. De recouvrir le plus rapidement que possible les nerfs, les tendons et les
os, afin de
3. Permettre l'épithélialisation.
2. Contraction de la plaie.
Dans la plupart des régions de
l'organisme, la contraction des plaies permet de réduire de 50 à 99 % le tissu qui semblerait nécessaire au vu de
l'étendue primaire des lésions. Plus la peau est souple, plus la contraction
est importante. Dans toutes les zones du corps, la mobilité cutanée dépend de
la direction des « lignes de Langer ». Celles-ci sont déterminées par
la disposition du système fibreux, en particulier des fibres élastiques. Leur
direction est perpendiculaire à l'axe du corps sur le tronc, à l'axe des
extrémités et au niveau des articulations, et longitudinale sur les zones non
articulaires des extrémités. Dans la mesure du possible on tient compte des
lignes de Langer pour les incisions. Les incisions parallèles aux lignes de
Langer guérissent avec une cicatrice pratiquement invisible alors que les
incisions qui leur sont perpendiculaires laissent des cicatrices nettement plus
larges (comme les chéloïdes). Les forces provoquant cette contraction
proviennent du tissu de granulation.
3. Epithélialisation.
En quelques heures, la migration
des cellules épithéliales du voisinage peut recouvrir de petites plaies. La
couverture de grandes surfaces de granulation se fait également par migration
de cellules épithéliales qui dans les premiers jours (phase de latence)
s'accumulent par mitose au bord de la plaie. La contraction de la plaie stimule
l'activité mitotique du tissu épithélial à grande distance (croissance intra
murale). Les plaies des muqueuses guérissent de façon analogue, mais leur
régénération est plus complète que celle de l'épithélium. Les nouveaux (jeunes)
cellules épithéliales sont susceptible a leur destruction par l’infection.
Mesure quantitative de la guérison des plaies
Parmi les nombreuses méthodes
permettant de mesurer les mécanismes de guérison des plaies, il y en a est deux
qui sont au premier plan, à savoir:
1. La mesure de la diminution de
la perte de substance (planimétrie de la plaie)
2. La mesure de la résistance à
l'étirement de plaies suturées (en grammes de poids suspendu).
Chez l'homme, une plaie
cicatrisant normalement diminue de 1 à
Physiopathologie
Quatre conditions (au
moins) sont nécessaires à une bonne cicatrisation :
1. La détersion
(débridement) est obligatoire s'il existe un foyer de nécrose ou des débris
tissulaires. Il faut l’évacuer. Si les débris nécrosés sont peu abondants, la
détersion est assurée par les macrophages (phagocytose, digestion
intralysosomiale complète ou élimination des déchets par le système lymphatique
ou un conduit naturel).
Si les produits nécrosés
sont abondants, il faut une détersion externe:
- spontanée:
liquéfaction de matériel nécrosé (pus) et élimination par fistule dans un
conduit naturel (vomique de l'abcès du poumon) ou par fistulisation à la
peau. Parfois il y a une élimination en
bloc par lyse à la périphérie du tissu nécrosé sous l'action des phagocytes
(exemple: élimination du bourbillon du furoncle).
- chirurgicale (parage)
2. La coaptation: c'est
la contraction du foyer inflammatoire avec rapprochement et même affrontement
de ses berges. Elle peut être spontanée (par exemple dans la peau) ou
artificielle (suture chirurgicale, greffe, ajustement des extrémités
osseuses...).
3. La bonne
vascularisation est indispensable pour l'apport des cellules et des substances
nécessaires à la réparation. Si la vascularisation est mauvaise, le passage à
la chronicité est un risque (ulcère variqueux...).
4. La fixation avec le
minimum de tension. La tension des
sutures coupe la circulation et en résulte qu’une plaie guérira lentement.
TROUBLES DE LA CICATRISATION
A.
Facteurs généraux
1. Age.
Empiriquement on sait que les
troubles de la cicatrisation sont plus fréquents chez le vieillard que chez le
petit enfant. Cela provient de différences dans la densité du réseau capillaire
et dans la perfusion artérielle. Les organes aussi bien perfusés chez le vieillard
que chez l'enfant, tel que l'intestin par exemple, cicatrisent étonnamment vite
même chez des patients âgés (selon les investigations de CARREL, on devrait
admettre la présence de substances inhibitrices chez le patient âgé, substances
présentes dans une moindre mesure dans un organisme jeune).
2. Protéines sériques.
Les expériences de HARVEY et
HOWES sur l'animal ont montré une diminution nette de la résistance à la
déchirure de l'intestin et de la peau en cas d'hypo protéinémie d'un taux
inférieur à 5 gr/%.
3. Vitamines.
Diverses vitamines, en
particulier les vitamines C et K sont nécessaires à une guérison normale des
plaies.
4. Une diminution du nombre des
érythrocytes
L’anémie et plus
particulièrement une diminution du volume sanguin diminuent la vitesse de la
cicatrisation
5. Des libérateurs
d'histamine peuvent accélérer la
guérison. Ceci c’est une partie normale des évènements de l’inflammation.
6. Les hormones : les stéroïdes (prednisolone
etc) même les anti-inflammatoires ralentissent la cicatrisation.
7. Les minerais (zinc) Depuis lors les médecins ont pensé que
le zinc accélère la cicatrisation. La plupart des sparadraps contiennent le
zinc.
B. Les
facteurs locaux qui ralentissent la cicatrisation :
1. Infection : L'apparition
d'une infection dépend:
1.
du nombre et de la nature des germes
2.
du temps qu’ils restent dans la plaie
3.
de l'état du tissu (cavités avec accumulation d'exsudat, corps étrangers,
œdèmes et traumatismes mécaniques favorisent l'infection).
4.
des forces de défense de l'organisme (anémie, état alimentaire, diabète,
influences néfastes de certains médicaments tels que les immunosuppresseurs, de
même que de l'irradiation).
2. Circulation sanguine.
Les troubles de la micro
circulation sont le principal facteur local responsable de troubles de la
cicatrisation.
a) Troubles de la circulation artérielle ou veineuse
b)
Séquestre ou corps étranger en profondeur
c)
Malformation congénitale
d)
Tumeur
e) Tuberculose
f) Ulcération trophique en territoire dénervé, auquel manque
le signal d'alarme de la douleur.

Dans certains cas rares, le processus de
cicatrisation entraîne la formation de chéloïde (chéloïde) où des quantités
plus importantes de tissu sont produites. Les surfaces de granulation au niveau
de parties du corps mobile (articulations, cou) entraînent en quelques semaines
ou mois, de graves contractures ou malpositions. On restait autrefois
impuissante face à ce problème.
Maintenant on recourait à des excisions et à la transplantation de
lambeaux de peau épaisse et l’injection des stéroïdes. Cependant, en cas de
brûlures étendues, on ne dispose pas suffisamment de lambeaux de ce type. On a
pu démontrer que l'immobilisation en extension durant des mois des segments
concernés permet d'éviter ces contractures ou malpositions. Cette technique
permet alors par l'emploi de minces lambeaux (greffes libres) dans ses
endroits.

Consolidation d’une fracture :
a. Immédiatement après la
fracture, il y a l'apparition d'un hématome dans le foyer fracturaire. On
considère aujourd'hui que cet hématome n'est pas essentiel à la guérison de la fracture;
il finit par être résorbé.
b. Comme pour les plaies des
tissus mous, il y a une phase inflammatoire caractérisée par une vasodilatation
capillaire et invasion de polynucléaires.
c. Le phénomène clé déclenchant
le processus de guérison des fractures est l'intervention du périoste et de l'endopérioste. Les études histologiques
ont montré que dans les fractures des os longs l'ostéogenèse est périostale tandis que dans les fractures
de l'os spongieux (bassin par exemple), c'est l'endopérioste qui joue le plus
grand rôle. Les cellules de la couche profonde du périoste et de l'endopérioste
se mettent à proliférer. Ces "ostéoblastes" envahissent et même
remplacent l'hématome déjà en voie de
résorption.
Ce périoste épaissi réunit les
deux fragments de l'os par une sorte de "point fusiforme
périfracturaire". On peut déjà parler de CAL EXTERNE. LE CAL INTERNE formé
de la même manière bombe dans le canal médullaire.
d. Les cellules constituantes du
cal externe sont d'origine périostale. Elles doivent se différencier pour devenir des ostéoblastes ayant donc la propriété
de faire du tissu osseux. Pour ce faire, l'apport nutritif c'est-à-dire la
vascularisation et l'immobilisation du foyer de fracture représentent les
conditions nécessaires.
e. C'est progressivement que le cal externe est modelé par la conversion de
l'os trabéculaire en os compact lamellaire unissant les deux fragments. Le
temps nécessaire à l'achèvement du processus de guérison de fracture dépend de
l'âge du patient et du type d'os cassé. Le temps est plus court chez l'enfant
et dans les fractures des os spongieux plus vascularisés.
Guérison par première intention: (sans cal externe)
Ce mode de guérison de plaie
osseuse se voit dans de rares cas d'une réduction parfaite avec impaction et une
contention souvent par fixateur externe. On peut y assimiler certains types de
fractures dites "en bois vert".
Ici, Il ne se forme pas de cal
externe. La très mince solution de continuité est remplie par des os
trabéculaires formés à partir des cellules périostales et endopériostales. La
phase de modelage suit l'apparition du système haversien dans la corticale.
La guérison de fracture par première intention n'est
pas nécessairement plus rapide que celle par seconde intention.
TROUBLES DE LA CONSOLIDATION D'UNE FRACTURE
1. La pseudarthrose: La persistance de mouvement et
l'insuffisance de vascularisation du foyer de fracture entraînent la formation
excessive de cartilage et de tissu fibreux dans le foyer de fracture. Le pont
osseux ne peut se former. C'est la situation clinique de
« pseudarthrose » qui se caractérise radiologiquement par la
calcification des deux bouts de l'os cassé, leur liaison avec le tissu
fibreuse, comblement des cavités médullaires tandis que persiste la solution de
continuité.
|
|
2. Le retard de
consolidation : C'est l'absence de cal au niveau du foyer de la fracture après un délai
considéré comme raisonnable. Cette complication est généralement le fait de la
dévascularisation des fragments, du manque de contact entre eux (par
interposition d’un muscle par exemple).
Notons enfin que les facteurs
généraux tels que l'hypo-protéinémie, l'avitaminose et la corticothérapie
interfèrent avec la guérison des fractures. Le vieillard y est plus exposé que
le sujet jeune.

Chapitre 3
Bases physio- pathologiques de la Chirurgie
Définition de la
physiopathologie chirurgicale : L’étude
des réactions de l'organisme aux interventions.
1. Elle étudie les
réactions de l'organisme aux blessures graves et aux interventions (réaction
traumatique), à la carence alimentaire et à l'infection. Elle s'intéresse aux
particularités des troubles métaboliques
que ces mécanismes entraînent.
2. Elle s'intéresse à l'application pratique de ces facteurs
en clinique.
3. Elle cherche à en établir
l'étiologie.
4. Elle décrit les troubles
endocriniens qui apparaissent dans ces cas.
Un traumatisme grave entraîne
1. Une perte de substance
cellulaire due à la lyse du protoplasme cellulaire avec libération de protéines
sous forme d'enzymes (par exemple une monte de taux sanguine de SGOT ou SGPT)
et de produits de dégradation de protéines
donc il y a un accroissement de l'azotémie urinaire.
2. Déplacement de liquide dans
l'espace extracellulaire (rétention d'eau et de sodium)
La rétention d'eau et de sodium
dépend des mécanismes rénaux et extra rénaux. Juste après un traumatisme grave,
l'élimination rénale d'eau, de sodium et de chlore, ainsi que de bicarbonate,
diminue.
3. Changement de substrat
énergétique
Si l'organisme ne reçoit plus
suffisamment de substrats pour ses processus d'oxydation, il les prélève des
sources endogènes. Un patient traumatisé non traité couvre la plus grande
partie de ses besoins en calories par la mobilisation et la dégradation des
acides gras et triglycérides neutres de son propre organisme.
Phases d'une affection chirurgicale
1. Phase de lésion ou
d'opération (phase catabolique – réactions de dégradation)
Elle est caractérisée par la douleur,
l'immobilisation au lit (qui existe souvent déjà avant l'intervention et doit
être prise en considération dans toute sa durée) inappétence, absence de
péristaltisme gastrique et colique alors que l'intestin grêle ne présente
qu'une période de quelques heures à péristaltisme diminué. Cette phase dure de
2 à 7 jours selon l'importance du traumatisme.
2. Le point d'inversion
L'appétit et la diurèse
croissent, l'activité intestinale reprend (premiers gazes après une
intervention abdominale majeure). Le pouls et la température se normalisent. Le
patient montre de nouveau de l'intérêt pour son environnement. C'est la fin de
la phase catabolique.
3. Phase anabolique (réactions
de construction).
Elle représente ce que le
profane appelle la convalescence. Ses caractéristiques sont un solide appétit,
une reconstitution de la masse musculaire, le passage à un bilan azoté positif.
Les facteurs à l'origine de la réaction traumatique :
1. Le déficit de volume: Une
diminution du volume sanguin est, indépendamment de son étiologie, le principal
facteur de ces changements, et même le seul en cas de choc purement
hémorragique. Elle entraîne principalement une diminution de la fonction rénale
et des troubles endocriniens.
3. Le traumatisme de la section
tissulaire : On a souvent
supposé qu'il libère des substances à effet analogue à ceux des toxines
bactériennes, mais on a trouvé peu de
preuves sauf pour les écrasements (contusions importantes par écrasement= crush syndrome).
4. Autres facteurs: La douleur,
la contrariété, la faim, la peur et la colère sont des facteurs importants sur
lesquels un médecin compréhensif peut agir.
5. Il y a plusieurs modifications endocriniennes post traumatiques.
Les voici en résumé :
1). Corticosurrénale
a) 17
OH corticostéroïdes: Une des premières modifications qu'on note après un
traumatisme est l'augmentation de l'hydrocortisone (cortisol) dans le sang.
b) Aldostérone.
Un déficit de volume circulant entraîne une excrétion accrue d'aldostérone.
Résultat: rétention accrue de
bicarbonate de sodium, urine acide, excrétion accrue de potassium.
2). Médullosurrénale
Stimuli: Facteurs émotionnels,
diminution du volume sanguin, anoxie, hypercapnie, "low flow". Tous
ces facteurs stimulent la production d'adrénaline et de noradrénaline dans la
médullosurrénale et les synapses nerveuses de tout l'organisme.
3). Hormone antidiurétique = ADH =
Vasopressine
Résultat: diminution de la
production d'urine et de la clearance d'eau libre.
4). Erythropoïétine
Une diminution du volume sanguin
et une anémie chronique accroissent la synthèse érythrocytaire dans la moelle
osseuse. Cela se traduit par une augmentation des réticulocytes, une captation
accrue de Fer59. L'érythropoïétine est produite dans les reins.
C'est vraisemblablement la PO2 qui règle sa concentration
plasmatique. D'autres organes peuvent se charger de cette production après
néphrectomie bilatérale.
5). Hormones sexuelles
Un traumatisme entraîne des
irrégularités de cycle chez la femme, et une perte de libido dans les deux
sexes. L'élimination urinaire des 17-cétostéroïdes est abaissée durant toute la
période catabolique. Une carence alimentaire seule suffit à entraîner les mêmes
modifications.
6). Hormones thyroïdiennes. La concentration en
pré albumine diminue brusquement après une intervention, cela vraisemblablement
à cause d'une diminution de synthèse, et simultanément les taux plasmatiques de
T4 (Thyroxine) et de T3 (Triiodothyronine) augmentent en
quelques heures. Les formes libres de T3 et T4 jouent un
rôle important dans le métabolisme et sont entre autre responsables de
l'incorporation d'acides aminés dans les protéines.
7). Hormone de croissance
On a démontré une élévation de
son taux plasmatique après tout traumatisme.
8). En cas de troubles graves de la
fonction hépatique, l'inactivation
des hormones est perturbée. Pour des patients chirurgicaux, c'est surtout
l'activité prolongée de taux exagérés d'aldostérone et d'ADH qui joue un rôle.
L'hypokaliémie, l'alcalose, des taux sériques bas, de nombreux facteurs
plasmatiques (rétention d'eau) typiques de l'insuffisance hépatique
s'aggravent.
Estimation du risque opératoire
1. Risque chirurgical minime
C'est celui des patients jeunes
présentant une affection localisée, sans réaction systématique. Ces patients
subissent en général une opération élective, c'est-à-dire qu'ils choisissent en
toute liberté quand se faire opérer. Exemple typique du jeune homme de 18 ans
qui se fait opérer d'une hernie pendant les vacances.
2. Risque chirurgical majeur
C'est celui des patients âgés
avec réactions systémiques d'une affection (hypertension, diabète ou adiposité
importante) ou avec des affections touchant plusieurs organes. Une intervention
d'urgence accroît considérablement ce risque. Exemple: Femme de 70 ans
présentant une lésion pulmonaire après un accident, avec artériosclérose
généralisée, touchant le cerveau, les reins, le cœur et souffrant en plus de
lésions hépatiques.
3. Risque moyen
Ce sont les cas qui se situent
entre 1 et 2. Ce risque varie fortement en fonction de l'âge et exigent une
préparation minutieuse pré opératoire.
Troubles hydro électrolytiques
dans les phases pré et post-opératoires et après un traumatisme.
a) Hypo-
et hyper volémie
Les troubles hydro
électrolytiques sont fréquents chez le patient chirurgical; ils sont souvent
liés à l'indication opératoire. L'état de nutrition et d'hydratation est
parfois déficient chez le patient chirurgical à l'arrivée à l'hôpital. En chirurgie digestive, une hypo volémie
préopératoire peut être due à une hémorragie digestive, des vomissements ou des
diarrhées, la formation d'un troisième secteur lors d'un iléus ou d'une
pancréatite.
Dans la phase postopératoire,
une hypo volémie est souvent due à une formation d'un troisième secteur marqué,
une hémorragie méconnue, une aspiration gastrique importante ou une polyurie.
Une hyper volémie peut être la conséquence d'une perfusion excessive, d'une
insuffisance cardiaque ou rénale.
NUTRITIONS ENTERALE PAR SONDE ET PARENTERALE EN CHIRURGIE
1. Nutrition par régime
adapté Un apport de calories et de protéines
régulières est important avant et après une intervention chirurgicale. Une
nutrition par un régime alimentaire normal peut être difficile ou impossible
pour des raisons variées chez le patient chirurgical. Le tube digestif doit
être utilisé de préférence pour l'application de nutriments, il est très
difficile à donner un régime adéquat par voie parentérale.
Une sonde gastrique ou
duodénale, une gastrostomie ou jéjunostomie sont dans certains cas nécessaires
pour permettre cette alimentation entérale. Pour ces applications ainsi que des
affections digestives diverses, des régimes adaptés sont utilisés, comme par
exemple:
- régime pauvre en résidus ou sans
résidus,
- régime élémentaire, ne
nécessitant pas de digestion (composé d'acides aminés et de petits
polypeptides, de glucose et de
triglycérides à chaîne moyenne ou courte, d'acides gras).
- régime pauvre en graisse
(prescrit lors d'une affection hépatique, biliaire ou pancréatique).
2. Nutrition parentérale (NP) Si le patient ne tolère pas un apport nutritif
adéquat par voie entérale ou si une affection digestive représente une
contre-indication absolue, on doit avoir recours à une nutrition parentérale.
Ce traitement assure une alimentation suffisante pendant des semaines ou des
mois et évite un épuisement et une morbidité dus à la malnutrition lors d'une
affection chirurgicale de longue durée, comme par exemple chez le
polytraumatisé, dans la péritonite, la pancréatite et des complications
digestives d'une opération. L'état nutritionnel peut également être amélioré
par la NP lors du traitement d'une tumeur maligne. Un tel traitement est cher.
PROBLEMES RESPIRATOIRES EN CHIRURGIE
1. Facteurs de risques préopératoires Les facteurs suivants prédisposent le patient
chirurgical à présenter des problèmes respiratoires dans la phase
postopératoire:
-
obésité
-
mauvais état général (jaunisse, cirrhose, diabète sucré)
-
âge avancé
-
maladie pulmonaire chronique, surtout bronchite obstructive chronique
-
surinfection des voies aériennes supérieures ou inférieures, pneumonie
-
insuffisance cardiaque.
2. Altérations des fonctions pulmonaires en phase per- et postopératoire
Les volumes pulmonaires
(capacité résiduelle fonctionnelle, capacité vitale, volume courant) et la
compliance sont diminués en phase per-
et postopératoire par:
-
l'anesthésie d’inhalation.
-
une augmentation du volume et de la pression intra abdominaux (iléus) causant
une position
défavorable et une mobilité diminuée du
diaphragme
-
une position antalgique.
Les agents anesthésiques
produisent une redistribution de la perfusion pulmonaire. Ainsi, les rapports
espaces mort/volume courant et ventilation/perfusion sont perturbés dans le
poumon, et en conséquence les besoins de ventilation par minute sont augmentés,
tandis que l'échange gazeux et l'oxygénation artérielle se perturbent. D'autres
facteurs comme une bactériémie provoquée par l'acte chirurgical donnant lieu à
une infection per ou postopératoire, ou une atteinte directe ou indirecte des
parties neuro-musculaires de l'appareil respiratoire peuvent contribuer à une
décompensation respiratoire.
3. Complications pulmonaires postopératoires et post-traumatiques
(surtout post anesthésie générale)
a) Atélectasie, encombrement bronchique
L'hypoventilation de certaines
régions pulmonaires après une intervention favorise le collapsus alvéolaire et
la formation d'atélectasie. L’atélectasie est l’aplatissement d’une partie ou
de la totalité d’un poumon sans interruption de la circulation sanguine. Ce
phénomène est fréquent chez les patients après chirurgie abdominale haute, chez
les sujets obèses ou lors d'une position antalgique. Les douleurs provoquées
par la respiration profonde et la toux, ainsi que la diminution des réflexes au
niveau des voies aériennes causées par les antalgiques ont comme résultat un
encombrement bronchique.
Une mobilisation (lever)
précoce, une thérapie respiratoire bien conduite et une analgésie adéquate
permettent de prévenir et de traiter ces complications dans la plus grande
partie des cas.
b) Pneumonie par aspiration (Syndrome de Mendelson)
L'inhalation de liquide
provenant du pharynx ou du tube digestif est relativement fréquente dans la
phase postopératoire, facilitée par l’absence d'une sonde gastrique et un
cardia incompétent ainsi qu'une absence de réflexe de toux efficace. Les
manifestations cliniques peuvent être extrêmement graves.
La prévention d'une aspiration
bronchique inclut la bonne préparation, l’intubation orotracheale et
médications préopératoires.
c) Oedème aigu du poumon (OAP)
L'œdème aigu du poumon est
caractérisé par une sortie massive de liquide du lit capillaire pulmonaire dans
le tissu interstitiel. Les causes peuvent être cardiogéniques, une septicémie,
ou une embolie. Le traitement de l'OAP doit comporter un apport massif
d'oxygène par un masque, une normalisation des pressions microvasculaires
pulmonaires par des vasodilatateurs, des cardiotoniques ou des diurétiques, et
une assistance ventilatoire.
d) Embolie pulmonaire
Les embolies thrombotique,
graisseuse et amniotique produisent des perturbations similaires au niveau du
poumon. Traitement prophylactique pre- et postopératoire surtout le lever
précoce et l’utilisation d’aspirine.
Chapitre 4 Les traumatismes en général et de quelques régions spécifiques
a. Traumatismes fermés ou contusion
(Contusion = œdème ou hématome.
Ecchymose = suffusion de sang dans les tissus sous cutanés.)
b. Traumatismes ouverts ou plaies.
Anatomie pathologie