INTRODUCTION A LA CHIRURGIE POUR LES PRATICIENS
Ahuka Ona Longombe, MD, PhD
Philip Wood, MA, MB, FRCS
2009
Nono, pour que tu continues à te rappeler que la Médecine demande des sacrifices et qu’elle est un
métier exigeant.
TABLE DES MATIERES
INTRODUCTION A LA
CHIRURGIE POUR LES PRATICIENS
Première
Partie: Notions de Chirurgie Générale
Chapitre
2 : Inflammation et Guérison des plaies et du tissu osseux
Chapitre 3 Bases physio- pathologiques de la Chirurgie
Chapitre 4 Les
traumatismes en général et de quelques régions spécifiques
Chapitre 5 Les infections en chirurgie
Chapitre 6 Les Brûlures cutanées
Chapitre 9 Quelques Soins d’urgence
Chapitre
10 Soins Intensifs Chirurgicaux
Maladies
courantes et Techniques Chirurgicales utiles en Afrique
2. Quelques
notions de Chirurgie Pédiatrique.
5. Chirurgie thoracique en Afrique
6. Goitres et
nodules de la thyroïde.
1). L a
rétention urinaire aigue
8.
Circoncision- Phimosis et
Vasectomie
11. Les hémopéritoines : Rupture de
la rate et Grossesse Extra-Utérine
12. Occlusions
intestinales aiguës
17. Notions de Traumatologie et
d’Orthopédie :
18. Césarienne du
segment inférieur
19.
Quelques Urgences de Chirurgie Tropicale
109
L’Introduction à la Chirurgie
pour les Praticiens est un petit condensé des connaissances chirurgicales que nous
mettons à la portée des personnes
appelées à exercer ce noble métier. Car l’exécution de la Chirurgie
oblige chacun de nous à posséder une somme importante de connaissances et un
environnement de qualité irréprochable.
Ce petit livre ne remplace pas
les grands traités de chirurgie qui décrivent en détails les différentes
pathologies chirurgicales. Il a pour ambition de mettre à la portée de chacun
d’entre vous, sous forme pratique, l’essentiel que vous pouvez consulter très
rapidement pour rafraîchir votre mémoire et surtout en cas de besoin en
attendant une solution qui tarde à venir.
Philip Wood et moi-même avons
comme seul dénominateur commun le fait d’avoir passé plus d’un quart de siècle
dans l’exercice de la Chirurgie dans les milieux isolés et démunis. Cela veut dire qu’une vie pratique vécue nous
a conduits à coucher ce qui se trouve dans ce Livre en partant des situations
rencontrées et surtout de notre rôle dans l’encadrement des jeunes confrères mis
à notre disposition. Une seule question nous a guidés lors de la rédaction de
ce que vous allez découvrir dans ce Livre ‘que peut-on faire d’utile compte
tenu de ses compétences dans un milieu où le superflu n’est pas
quotidien’ ?
Ce livre comprend donc deux
grandes parties : les Notions de Chirurgie Générale et les Maladies
courantes et Techniques chirurgicales utiles en Afrique.
La première partie sur la
Chirurgie Générale passe en revue ce qu’il faut connaître pour une salle
d’opération, les processus normaux de cicatrisation et les différents grands
syndromes chirurgicaux que tout médecin doit maîtriser pour un bon exercice de
la chirurgie. Cela ne suffit pas de tenir le bistouri pour clamer tout haut que
vous connaissez la chirurgie. Il faut un apport théorique suffisant pour asseoir
votre pratique. Il est insensé de faire une hystérectomie subtotale quand on
est devant un cancer du col !
La deuxième partie nous rappelle
que toute pratique est basée sur une expérience de terrain. Malgré la
mondialisation l’Afrique va continuer à faire face devant ses propres réalités
et il faut en tenir compte. C’est pour cela que nous avons exposé dans cette
partie la physionomie des pathologies telles que nous les rencontrons dans cet
environnement précis. On ne peut quand même pas exigé un scanner chez un malade
avec hématome extradural dans un coin reculé de la RD Congo quand la clinique
seule peut vous aider à prendre une décision salutaire. Nous avons donc cherché à être réaliste et
pratique pour les jeunes médecins dans le besoin tels que nous les avons
rencontrés pendant plus de 25 ans de pratique chirurgicale.
Nous espérons
donc à voir tenter de marier la théorie, la pratique et l’essentiel.
Première Partie: Notions de
Chirurgie Générale
Chapitre
1 : Salle d’opération
INTRODUCTION
Le chirurgien : « doit être plus proche aux jeunes ainsi
qu’aux gens âgés, avec une main forte et sûre, une vision claire et un esprit
confiant, sans aller trop vite ni couper moins que nécessaire. Il doit être plein de compassion cependant
sans influence des cris de son malade. » (Aulus Celsus 1e
siècle de notre ère).
Avec la loi et la théologie, la
médecine était une faculté importante dans les universités du 16e
siècle mais les chirurgiens étaient illettrés et méprisés surtout à cause de
leur séparation de la médecine et de la possession de peu de connaissances de
l’anatomie.
Le premier livre de la Chirurgie (Lowe 1597) est divisé en :
2 Pour aider et ajouter
3. Remettre
Morton a utilisé l’éther pour l’anesthésie pour la première fois en
1846. Semmelweis a montré que le lavage des mains a diminué l’endométrite. En
1865, Pasteur a élucidé la théorie de germes. Lister a commencé la chirurgie
antiseptique en 1865. La chirurgie aseptique était introduite par les
chirurgiens allemands comme Billroth, 2 ans plus tard.
ASEPSIE &
ANTISEPSIE
Donc l’objectif de la chirurgie moderne est de la pratiquer dans un
environnement dépourvu des microbes.
Ceci c’est la chirurgie aseptique.
Asepsie( = Gr : An = privation et sepsis = infection).
Définition: suppression des
microbes par une propreté méticuleuse, allant de la stérilisation à la salle de
‘théâtre’ qui est la salle d’opération. Propreté veut dire sans microbe
dans :
1. La salle d’opération
2. Sur les mains ganté du chirurgien
3. Sur le champ opératoire
4. Sur les instruments.
5 Dans les pansements.
Les infractions aux règles de l’asepsie doivent être réduites au minimum
et demande une discipline personnelle stricte. Plus de 90% des infections
postopératoires débutent par une faute des techniques d’asepsie dans la salle
d’opération lors d’une opération.
L’infection est la cause la plus importante de la cicatrisation
défectueuse.
Le mot stérile a un sens absolu.
Un objet est soit stérile ou n’est pas stérile. Il n’y a pas de position intermédiaire. Le
chirurgien doit donner l’exemple en n’hésitant pas à changer un champ, une
blouse ou des gants en cas de faute ou de suspicion de faute de technique. Un objet non stérile n’a que toucher un objet
stérile pour qu’il y ait le passage et donc l’arrivé de quelques bactéries sur
l’objet apparemment stérile. Il ne faut
pas oublier que 1 à 5% des malades meurent
des complications en rapport avec l’infection péri opératoire et surtout
de ne pas croire que les antibiotiques sauveront la situation, une fois la
faute commise.
La “sepsie » est l’état infecté ou contaminé par les
pathogènes. Antisepsie ( = Gr = contre
l’infection).
Un antiseptique est un produit chimique employé sur les surfaces et sur
la peau pour combattre les bactéries et autres microbes (synonyme :
désinfectant).
Les notions d'antisepsie et d'asepsie se sont développées au cours des
derniers siècles.
Pasteur découvre, il y a un peu plus d'un siècle, les microbes et leur
rôle dans l'infection. Il fut un temps où la mort par infection était la règle
plus que l'exception dans les hôpitaux
Florence Nightingale fut une pionnière de la chirurgie aseptique: en
soignant les blessés de la guerre de Crimée, elle constate que le typhus, les
diarrhées, les plaies infectées sont favorisés par la saleté dans les hôpitaux.
Elle commence par nettoyer le sol, les draps, le linge et par donner l'exemple
d'une grande propreté. Elle impose ensuite des règles d'asepsie simples : faire
bouillir les instruments et tremper le linge dans une solution désinfectante.
En Angleterre, Lister, appelé le père de la chirurgie antiseptique,
emploie l'acide carbonique ou phénol dès l865 pour désinfecter les salles, le
linge et les instruments. Ces simples mesures diminuèrent de manière
spectaculaire les infections postopératoires.
HaIstead, aux USA, met au point des techniques de chirurgie peu
traumatisantes : une hémostase soigneuse, le débridement des tissus
dévitalisés, les sutures parfaites.
Progressivement, un ensemble de règles exerce une influence déterminante
sur les méthodes de travail en salle d'opération.
Toute l'équipe doit développer une conscience aiguë de la nécessité de
ces gestes, parfois astreignants mais indispensables à une guérison parfaite de
l'opéré.
Les bases de la technique aseptique
La technique aseptique est l'ensemble des gestes qui préviennent la
contamination causée par des micro‑organismes de l'environnement. La
technique aseptique comprend les méthodes qui visent à conserver exempts de
microbes tout le matériel, le linge et les autres objets qui touchent l'opéré.
Il faut contrôler l'infection et mettre le patient à l'abri des microbes.
Cela exige plusieurs démarches :
Préparation du patient à l'intervention. Il s'agit d'une part de traiter
les infections existantes et, d'autre part, de désinfecter la peau et surtout
la région opératoire. Puis toute une série de mesures vise à créer autour de
l'opéré un espace dépourvu de microbes et donc stérile. Ceci pour que la plaie
opératoire ne puisse se contaminer. Le malade est le centre de cet espace
stérile.
CONDITIONS POUR FAIRE LA BONNE CHIIRURGIE
La chirurgie peut se faire
quand les 3 conditions essentielles suivantes sont réunies:
1. Le contrôle de la
douleur : grâce à l’anesthésie qui peut être générale, loco-régionale ou locale.
2. Contrôle de l’hémorragie : pinces hémostatiques, ligatures,
cautérisation (électro- ou par chaleur),
garrot, etc.
3. Contrôle de l’infection : conditions aseptiques.

Donc aujourd’hui on utilise l ‘asepsie :
Méthode de prévention d’infection
par la stérilisation des matériels de chirurgie associée à une activité
empêchant l’arrivée de tout microbe dans la plaie opératoire.
CONSIDERATIONS SPECIALES DANS LES LOCALISATIONS TROPICALES :
1. Climat : les fortes
températures causent la destruction du catgut et encouragent les champignons
sur les murs. Les insectes abondent. Les fortes pluies rendent le transport
difficile. Toutes ces conditions climatiques
favorisent l’infection sous les pansements (l’abri, la chaleur
l’humidité).
2. Culture : les
superstitions, le peu de suivie en postopératoire, l’analphabétisme, la
pauvreté et la malnutrition contribuent à des suites défavorables.
3. Le coût exorbitant occasionné par les infections dans la société
demande une discipline hygiénique personnelle qui manque souvent. Cependant il semble qu ‘il y a moins de
résistance aux antibiotiques en Afrique qu’en Occident.
ISOLEMENT = le fait ‘ d’emprisonner’ les agents pathogènes dans
l’espace bien circonscrit en vue d’empêcher leur propagation.
1. Pour isoler les agents pathogènes de la trachée (propagation par des
gouttelettes), porter un masque, couvrir la bouche en toussant, etc.
2. Pour les bactéries du tube digestif, faire des bons soins des bassins
de lits, porter les gants lors du transport des linges contaminés.
3. Pour la voie manu portée des microbes (les mains sont une cause très
fréquente de la transmission des infections), laver les mains fréquemment,
porter les gants pour isoler les pathogènes de la peau.
4. Pour les infections de la voie
sanguine, faites la désinfection rigoureuse de tout équipement qui entre en
contact avec le sang.
Pour les cas de la rage, la diphtérie, du virus d’Ebola, etc – confiner
le patient dans une chambre privée loin des autres malades. Si possible que cette chambre ait sa propre
toilette et douche, poubelle, solutions antiseptiques, savon antiseptique. Un masque et blouse sont suspendus à la porte
et sont destinée à être portés avant toute entrée du personnel. Il faut interdire les visites, sauf à travers
une fenêtre fermée.
Un bloc opératoire est une
enceinte protégée (avec accès limité) qui est construite selon une architecture
spécifique.

Les 3 principes de base
sont :
1. Une salle isolée des
autres bâtiments de l’hôpital
2. Avec une élimination de
la contamination venant de l’extérieur
3. Avec une bonne séparation
de l’équipement stérile et celui qui ne l’est pas.
1.
La salle d’opération doit être au moins 5m x 5m. Les parois lavables. Une seule porte est meilleure. Un bon éclairage est nécessaire (une lampe
d’automobile et batterie de 12 volts rechargeable sont convenables :
figure ci-contre tirée de ‘Ahuka O. Longombe, and Mende K.: Lighting the operating field with a vehicle’s head
light.
Trop. Doc. 1993, 23, 35-36).
Les meubles dans la salle
doivent être réduits au strict minimum.
On ne doit jamais utiliser la salle comme endroit de stockage.
Ces dispositions ne
garantissent pas la qualité des actes qui y sont effectués. En effet, les comportements, les circulations
des personnes, des malades, des matériels et des déchets peuvent être à
l’origine, même dans le bloc opératoire le mieux conçu, des dysfonctionnements
en matière d’hygiène et d’éventuelles infections nosocomiales (infections qu’on
attrape à l’hôpital).
La qualité microbiologique
de l'environnement du bloc opératoire est la résultante de différents éléments
allant du type de système de ventilation à la qualité des textiles par
l'entretien régulier des locaux.
On peut vérifier, grâce à
un compteur de particules, la présence dans l'air du bloc de très nombreuses
particules porteuses ou non de micro-organismes potentiellement contaminants.
Cette mesure de l'aérobio contamination permet de déterminer le nombre de
micro-organismes vivants en terme de PNC (particules donnant naissance à
des colonies) ou de UFC (unités formant
des colonies) par mètre cube d'air dans l'enceinte du bloc. Il est admis que la part prise par la
contamination des surfaces dans la genèse des infections du site opératoire est
vraisemblablement limitée. Cependant, la présence de surfaces hautement
contaminées entraîne un risque de remise en suspension des particules
potentiellement contaminants par la circulation des gens au cours d'une
intervention. Aussi il est logique d'entretenir et de désinfecter les locaux
d'un bloc opératoire et ce d'autant plus que la chirurgie qui y sera pratiquée
aura un caractère très aseptique.
Pour la prévention des infections nosocomiales :
1. Pour pénétrer dans le
vestiaire, le personnel (médical et soignant) doit avoir revêtu la tenue
hospitalière le plus souvent au vestiaire central.
2. La tenue de bloc se
compose d’une tunique avec des manches courtes et d’un pantalon. Des ouvertures élastiques sont désormais
conseillées, permettant d’avoir les manches et les bas de jambes
resserrés. Les mains sont sans bijoux (y
compris l’alliance de mariage), ni montres, ni bracelets. Des chaussures
spécifiques - les sabots de bloc, lavables en machine, sont les plus
appropriés. Il est interdit de sortir du
bloc avec ces sabots.
3. Après s’être habillé,
le personnel revêt un masque chirurgical qui doit être mis dans le bon sens, et
une coiffe (non tissés, souvent à usage unique) avec tous les cheveux pliés en
dedans.
Préparation des
paquets de linge
Le linge venant de la buanderie,
parfaitement séché, est plié et mis en paquets standards.
Autrefois, on mettait la
plupart des objets dans des tambours métalliques. Cette technique est
abandonnée: d'une part parce que les tambours sont coûteux, et d'autre part, à
chaque ouverture, il y a risque de contamination par l'air ambiant.
Actuellement, on emballe le
nécessaire pour une intervention dans un paquet fait de deux enveloppes soit en
coton, soit en papier kraft. Les paquets sont pliés en telle manière que les 4
coins de l’emballage soient faciles à atteindre par l’infirmier qui peut donc
l’ouvrir en touchant ces 4 coins seulement.
Une laparotomie typique
nécessite, par exemple :
‑ un grand champ fendu,
‑ deux ou trois petits
champs pour l'opéré,
‑ deux champs pour couvrir
les tables à instruments, et éventuellement la table de Kocher,
- des grandes compresses (en
nombre précis et connu: 8, par exemple),
‑des petites compresses
(aussi en nombre précis et connu).
Les instruments peuvent y
être joints, de même que le matériel de suture non résorbable, comme le nylon,
le lin et le synthétique.
Par contre, les objets en
caoutchouc doivent être soit à usage unique, soit stérilisés avec un cycle de
température plus bas et plus prolongé.
Les paquets sont étiquetés et
conservés dans une armoire à l'abri de la poussière. La date de la
stérilisation est indiquée afin de se servir d'abord des plus anciens.
Si des compresses
supplémentaires sont nécessaires, donnez‑les en paquets de 10 ou 20 et
faites le compte de ce que vous donnez afin de faire le contrôle après
l'intervention.
La stérilisation : destruction de tous les microbes qui se trouvent
sur un objet ou dans un milieu quelconque par les procédures physiques ou
chimiques.
Méthodes
1.
Le
flambage à l’alcool. On met l’instrument
à stériliser dans un bassin métallique, on verse de l’alcool à 95% et on y
jette une allumette. Quand l’alcool
s’éteint; on verse du désinfectant pour le refroidir. Malheureusement cette
technique abîme l’instrument et ne stérilise pas de façon constante.
2.
Ebullition. Pour tuer tous les microbes (surtout les
spores d’anthrax) ceci doit être fait pendant 30 minutes. C’est un moyen
économique simple et fiable. Il peut
altérer les instruments métalliques – mieux d’alcaliniser l’eau contenant du
bicarbonate de soude.
3.
L’étuve
sèche de Poupinel. La température du
contenu est très variable et donc la stérilisation variable mais les
instruments sont mieux préservés.
4. La stérilisation à la vapeur sous pression
(l’autoclave) représente le meilleur choix. Les autres procédés sont réservés à
la stérilisation du matériel pour lequel la stérilisation à la vapeur sous
pression n'est pas applicable.
(A fortement déconseiller
comme moyen de stérilisation – le fer à repasser. Ce moyen de fortune peut rendre service pour
pratiquer les pansements sur des vastes plaies étendues.)
Principe de l’autoclave
Le matériel à stériliser
est exposé à l'action de la vapeur d'eau saturée et sous pression à des
paramètres (temps et température) déterminés – dans un autoclave ou casserole à
pression. Sous pression la vapeur d’eau
monte à 134 oC. Le matériel
à stériliser doit être rangé dans la chambre de stérilisation de façon à ne pas
gêner l'entrée de la vapeur et l'évacuation de l'air et à permettre à la vapeur
d'atteindre facilement toutes les surfaces à stériliser.
Si cela s'avère
nécessaire, les objets à stériliser peuvent être placés sur des grilles,
plaques perforées, tambours ou dans des conteneurs prévus pour ce travail, le
cas échéant, de matériaux absorbants. Les paquets pour stérilisation sont
fermés avec une bande indicatrice en papier qui change de couleur quand la
température de stérilisation est atteinte et la stérilisation produite. La
validation a permis de confirmer l'efficacité du procédé de stérilisation pour
autant que le chargement soit composé de produits de même nature, et que pour
les paquets de textile le poids maximal soit de l'ordre de
Si l'air n'a pas été
complètement éliminé d’un autoclave par le vapeur d’eau au commencement de la
stérilisation, la relation température/pression n'est plus valable. C'est
pourquoi l'air doit avoir été évacué de la chambre de stérilisation soit au
moyen d'une pompe ou par l’ébullition d’eau libre avant la fermeture du
couvercle.
Valeurs guides
Le temps d'application
s'élève théoriquement à 15 min. minimum pour une température de
Traitement ultérieur
A la fin du traitement par
la vapeur, le matériel est humide; aussi doit-il être séché dans la chambre de
stérilisation après l'opération. La vapeur et l'humidité présentes doivent être
éliminées au moyen d'une pompe. Cependant en pratique journalière, avec le
refroidissement un vide se crée et la petite quantité d’eau condensée se sèche
vite. Le chargement doit rester sur les chariots ou dans les paniers jusqu'à ce
qu'il ait atteint la température ambiante (dans un local destiné au stockage
des objets stériles - zone stérile). Lors du déchargement, les contrôles
suivants sont entre autres effectués : vérifier la bande indicatrice, compléter
le registre, contrôler une éventuelle altération et l'humidité de l'emballage.
Incidents possibles
Les incidents les plus
fréquents qui compromettent la stérilisation à la vapeur sous pression
sont :
1. La
présence de poches d'air dans le matériel, due à une élimination insuffisante
de l'air rend la stérilisation moins efficace.
2. Des
joints puissent être défectueux dans la porte de l’autoclave et on n’atteint
pas la pression nécessaire.
3. La
vapeur humide provoque un séchage insuffisant des paquets ; les microbes
puissent entrer à travers cette eau et le tissu d’emballage se dégradent.
4. La
vapeur surchauffée a pour conséquence la non-stérilité des produits. Seule la
vapeur sèche et saturée (vapeur sans gouttes d'eau) est admise.
Les autres moyens de la
stérilisation :
1. Par les
radiations ionisantes
2. Par les
rayons ultra violets
3. Par les
vapeurs de formol, ou aldéhyde ou l’oxyde d’éthylène. Ces gazes exigent
l’utilisation d’un appareillage délicat ou compliqué.
Stérilisation des différents types d’instruments
chirurgicaux
1. Les
instruments métalliques. Il est meilleur
de les stériliser dans une étuve sèche parce que la chaleur humide les
détériore à la longue. Cependant
l’autoclave est le plus souvent employé.
2. La
verrerie a besoin d’une protection de gaze à l’intérieur des boites de
stérilisation.
3. Les
objets en caoutchouc sont détruits par n’importe quelle chaleur. Cinq minutes dans l’autoclave est la
meilleure stérilisation.
4. Les
instruments en plastiques sont fondus par la chaleur donc ils doivent être
stérilisés dans un désinfectant liquide.
Les bactéries puissent vivre dans les solutions vieilles ou sales.
5. Les
textiles ne peuvent pas être stérilisés par la chaleur sèche, seulement dans
l’autoclave.
DESINFECTION
La désinfection est une
opération au résultat momentané permettant d'éliminer, de tuer ou d'inhiber les
micro-organismes indésirables.
Surfaces souillées :
nettoyer puis désinfecter avec de l’eau de Javel fraîchement diluée au 1/10 (ou
tout autre désinfectant approprié) et de même pour les surfaces souillées par
des projections ou aérosolisations de sang ou tout autre produit d’origine
humaine.
Pour le personnel, il
s’agit avant tout d’une protection contre les risques infectieux : sang et
liquides biologiques ; contact direct avec le patient colonisé à germes
multi-résistants ou infecté ;
risques de contaminations lors d’une piqûre accidentelle ou d’une
blessure, du personnel.
Le personnel d'une salle d'opération
est divisé en deux groupes :
1. Les personnes stériles : chirurgien, assistant, instrumentiste. Les
personnes stériles portent une blouse en coton stérilisée à l'autoclave, munie
de longues manches et fixée au dos. Elles portent, des gants stériles. Au
repos, elles gardent les mains à la hauteur de la taille et devant elles.
2. Les personnes non stériles: anesthésiste, aide, infirmière circulante
ou technicien.
En outre :
Tous les objets utilisés dans un espace stérile doivent être stérilisés.
‑ Les coins extérieurs d'un champ stérile, d'un paquet stérile, une
fois ouverts, sont considérés comme non stériles.
‑ Les blouses sont considérées comme stériles sur le devant et
jusqu'à la taille.
‑ Les tables couvertes d'un champ stérile ne sont stériles qu'au
niveau de la tablette supérieure.
‑ Les personnes stériles ne touchent que des objets stériles, et
les autres (infirmières circulantes, etc.) ne touchent que des objets non
stériles.
‑ Les mouvements autour des régions stériles sont calmes et
prudents pour éviter les contaminations.
Les champs stériles délimitent les endroits stériles : tables à
instruments, opéré, champ opératoire. Seuls les membres stériles de l'équipe
touchent ces champs une fois qu'ils sont installés. Les autres membres de
l'équipe ne touchent pas directement ces surfaces. Ils utilisent des pinces.
Ils ne tendent jamais un objet en' passant le bras par dessus une surface
stérile.
- Une barrière invisible sépare les personnes et les espaces stériles de
ceux qui ne le sont pas.
- Tous les objets déposés sur les champs stériles doivent être stériles.
Avant de déposer un instrument ou un matériel, la personne qui le fait s'assure
de leur stérilité. Elle ouvre le paquet sans contaminer l'intérieur en se
couvrant la main avec l'emballage du paquet qu'elle a ouvert (les illustrations
montrent comment accomplir ce geste correctement) et le dépose sur le champ
stérile ou le tend à un membre stérile qui le saisira de la main gantée.
- Une fois habillée et gantée, la personne stérile ne doit pas quitter
la région stérile ni passer dans une autre pièce.
- En cas de doute sur la stérilité d'un objet,. il sera considéré comme
non stérile. Une barrière stérile détériorée, percée, humide, abîmée est
contaminée. Il en est de même si une personne non stérile l'a touchée sans
précautions
VOIE MANUPORTEE
La voie
manuportée est la voie principale de transmission des germes. Bien que la désinfection
hydro-alcoolique des mains ait acquis ses lettres de noblesse pour l'hygiène
des mains non visiblement souillées, le lavage des mains est formellement indiqué
chaque fois qu'elles sont "sales". Il s'ensuit que les installations
pour le lavage des mains et les accessoires qui les entourent méritent une
attention particulière.
La flore
de la main varie au cours de la journée en fonction des activités. Selon les
études, 20 à 40% des infections nosocomiales sont dues à une transmission
manuportée de bactéries. Elles sont transmises d’un malade à un autre par
contact direct entre patients, entre patients et soignants, ou indirect,
notamment par l’intermédiaire de dispositifs médicaux ou matériels de soin. Les
bactéries pathogènes se transmettent de la même façon que les bactéries
commensales. L’impact du lavage des mains sur la réduction du taux des
infections nosocomiales est retrouvé dans des études tant historiques que
contemporaines.
Savon
1. L’efficacité d’un savon non antiseptique est faible mais se prolonge
dans le temps au fur et à mesure des cycles de contamination/lavage en raison
de l’effet mécanique de rinçage à l’eau.
2. L’efficacité d’un savon antiseptique est moyennement important mais se
prolonge dans le temps au fur et à mesure des cycles de contamination /lavage
en raison de l’effet mécanique de rinçage à l’eau.
3. L’efficacité d’un savon antiseptique + gel hydroalcoolique (ou l’alcool
simple ou solution de savlon) est importante et se prolonge dans le temps au
fur et à mesure des cycles de contamination /lavage/désinfection en raison de
l’effet mécanique de rinçage à l’eau.
LAVAGE CHIRURGICAL DES
MAINS :
Recommandations :
1er
temps : Mouiller, mains, poignets et avant bras. Appliquer une quantité de savon antiseptique
et faire mousser abondamment par massage des extrémités des doigts jusqu’aux
coudes pendant 1 minute. Maintenir les
mains toujours au-dessus des coudes. Rincer abondamment.
2eme temps :
Reprendre une quantité de savon antiseptique. Prendre une brosse stérile,
brosser les ongles pendant 30 secondes. Rincer abondamment
3eme temps Reprendre une quantité de savon
antiseptique. Masser des extrémités des doigts jusqu’aux coudes puis rincer
abondamment. Sécher par tamponnement avec un essuie-mains stérile à usage
unique.
Donc cette technique prend
6 minutes totales. Après 2 heures il est
nécessaire de renouveler le lavage des mains.
LAVAGE ORDINAIRE DES MAINS :
Pour le lavage des mains du personnel, il faut disposer
d'un distributeur de savon qui:
- doit être facilement nettoyable et fixé au mur,
- construit dans un matériau compatible avec le produit
de nettoyage choisi,
- rechargeable dans de bonnes conditions, avec le niveau
de remplissage bien visible,
- à commande sans contact avec les mains, donc au coude
ou au pied.
Il faut proscrire les mécanismes où une pompe à air
actionnée au moyen du pied éjecte le savon, car c'est de l'air au voisinage du
sol qui est injecté dans le réservoir à savon liquide ! On y introduit ainsi la
poussière du sol et les germes déposés sur ces poussières contaminent le savon.
Il faut préférer dans ce cas un dispositif à pédale et à chaînette.
Le séchage des mains
Le séchage est important, car il exerce une action
mécanique: des mains humides transportent environ 100 fois plus de germes que
des mains sèches.
GANTS
A) Les gants sont une
barrière bactériologique: entre le chirurgien et le patient, protégeant à la
fois l’un et l’autre.
B) Ils sont une barrière
physique : protection partielle contre les piqûres et coupures (majorée par le
double gantage); et les chocs
électriques.
Les gants doivent être
changés régulièrement au cours d’une intervention pour respecter à la fois
l’asepsie des différents temps opératoires et les risques de micro trous au
bout d’un temps moyen d’utilisation. Il n’y a pas de consensus sur la moyenne
du temps de fréquence de changement de gants. Selon les auteurs, elle se situe
entre 30 minutes et 2 heures.
D’après
plusieurs études sur la perméabilité des gants aux virus, il ressort qu’aucun
gant n’est absolument imperméable.
L’accoutumance au port de gants fait oublier aux soignants ce à quoi ils
sont destinés et les conduisent à leur donner le rôle de seconde peau. La
pratique du lavage des mains finit par être oubliée. Pour autant, il ne
faudrait pas présenter le port de gants comme la solution à tous les risques.
En effet la protection théorique sensée être apportée par les gants au
personnel soignant n’a pas encore été prouvée.
UTILISATION DES GANTS
1. Actes
chirurgicaux ; 2. Techniques médicales d'invasions aseptiques ;
(exemples : pose de cathéter central, pose de drain thoracique, biopsie, ponction
lombaire, ponction hépatique.) ; 3. Autopsies et actes médico-légaux : il
est indispensable dans ces derniers cas d’utiliser les gants très épais (voir
deux paires l’une sur l’autre et/ou les gants résistants aux coupures.)
Les gants doivent être
changés entre deux patients entre deux activités.

La porte de blouses,
lunettes, masques et bonnets.
Tenue du patient :
Après une douche, le
patient est revêtu d’une chemise d’opéré ; les montres, bijoux, vernis à ongles,
lentilles, appareils dentaires sont enlevés. Il revêt une charlotte et des
sur-chaussures. Le port du masque est conseillé pour le malade en cas
d’anesthésie loco-régionale, ou avant l’intubation. Le lit du malade doit être
nettoyé et désinfecté en préopératoire, puis refait avec des draps propres.
Lorsqu’il est introduit en salle de réveil, il doit être nettoyé de nouveau.
Les brancards et les
plateaux de transfert doivent être nettoyés et désinfectés.
Veilliez au besoin de la réanimation
préopératoire :
1. Les signes vitaux des malades doivent être stables
avant une opération ( avec l’exception possible d’une grossesse extra-utérine
et la rupture de la rate, bref d’une hémorragie interne).
2. Une préparation nutritionnelle surtout pour les
malnourris ou les vieux.
3. La prévision en sang – auto donation 3 semaines
avant l’opération ou donateurs prêts.
4. La préparation du gros intestin. (3 jours liquides
seulement par la bouche, 3 jours de lavements évacuateurs, 1 jour
chloramphénicol et métronidazole.)
5. Sonde urinaire et nettoyage du vagin pour toute
opération gynécologique.
6. Antibioprophylaxie – au minimum de ½ heure avant
l’opération. Puis seulement une autre dose.
7. Antibiothérapie pour au moins 5 jours en cas
d’infections déjà installées.
Examens
para cliniques préopératoires :
1 Temps de saignement.
Au moindre doute, ponctionner le lobule de l’oreille avec le
vaccinostyle et fait absorber la goutte de sang toutes les ½ minutes dans un
papier buvard. Quand il n’y a plus
aucune absorption, le délai écoulé s’appelle le temps de saignement.
2. Examens de routine : Hémoglobine, Test HIV,
glycosurie.
Avant l'intervention
Planification
Dès la veille, le responsable de salle d'opération doit :
‑ établir avec le chirurgien le programme de la journée;
‑ s'informer des exigences de chaque type d'intervention , région
à préparer, positionnement du malade, type d'anesthésie;
‑ demander quelles sont les préférences du chirurgien :
instruments, sutures, etc.
‑demander quels sont les problèmes particuliers posés par les
opérés;
‑ savoir ce dont il dispose et les conditions réelles de travail :
par exemple: avez‑vous de l'électricité et la source est elle fiable?
Avez‑vous prévu une source d'éclairage de secours? Avez‑vous
de l'eau courante?
Préparation
psychologique et choix de l’opération du malade :
Après avoir interprété les informations diagnostiques disponibles d'un
patient, le médecin doit par la suite décider (en commun accord avec le
patient) du plan diagnostique ou thérapeutique. Bien que de tels choix soient
souvent opérés de manière informelle et implicite, une analyse décisionnelle
qui utilise les pas suivants peut améliorer le processus et peut être les
résultats :
1. le problème est formulé explicitement comme une question qui implique
un choix entre un nombre limité d'options mutuellement exclusives : p. ex.
Traiter ? Ne pas traiter ? Effectuer l'examen ?
2. Le problème est structuré, souvent sous la forme d'un arbre
décisionnel ou parfois sous la forme dite diagramme d'influence.
3.Une meilleure observation peut être obtenue en
utilisant des échelles telles que l'espérance de vie (ou moyenne de survie) et
l'espérance de vie corrigée par la qualité de vie, qui diminue la moyenne de
survie au cours du temps en concordance avec la morbidité à long et à court
terme. Par exemple, si la qualité de la vie d'un patient était de 80 % par
rapport à son état de santé, alors 1 an de vie avec la maladie correspondrait à
0,8 ans corrigés par la qualité de vie. D'autres utilités pourraient considérer
la morbidité, la douleur et la souffrance, l'état fonctionnel et, peut-être,
les coûts.
4.Apres la décision et avant l’opération il faut
expliquer en termes simples la nature de l’opération envisagée au patient. Donnez une préparation psychologique.
Assurez-vous que le malade comprend bien s’il s’agit d’une hystérectomie,
amputation, ablation d’un œil ou du montage d’une colostomie. Vous devrez obtenir le consentement éclairé
du malade (ou de son parent pour un enfant).
Malade à jeun de boissons depuis 6 heures.
Le jour de l’opération :
1. Rasage (sans faire les coupures), 2. Savonnage large de la future région
opératoire 3. Rinçage et séchage. 4. Dégraissage avec éther ou essence. 5. Couvrir la région avec un linge stérile.
PUIS La désinfection avec de l’alcool iodé à la salle
d’opération par le chirurgien. Dans
quelques cas orthopédiques ou cardiaques on peut appliquer l’alcool iodé en
préopératoire sous un pansement aseptique qui ne sera retiré qu’en salle
d’opération.
La
personne responsable de la salle d'opération n'a pas
seulement à s'occuper du matériel mais aussi et surtout d'un malade. Nous avons
vu plus haut son rôle comme avocat, défenseur du malade contre les dangers et
les agressions durant la chirurgie.
C'est donc le malade qui est le centre de toute son
activité.
La chirurgie moderne exige une asepsie totale et les
responsables dans les salles d'opération la respectent avec une conscience sans
faille. Ceci exige beaucoup d'honnêteté intellectuelle et de connaissances
pratiques. Il faut retrouver cette conscience non seulement chez l'infirmier
mais aussi chez tous ceux qui œuvrent en salle d'opération, y compris les
brancardiers, les agents de nettoyage.
La séquence des actes liés à l'opération
Dans chaque cas vous devez:
-comprendre le type d'opération et connaître
l'anatomie de la région;
-connaître la technique employée par le chirurgien et
préparer le site d'incision;
-connaître les techniques de routine de l'institution
où vous travaillez;
-distribuer les tâches aux membres de l'équipe;
-connaître la condition générale du patient;
-prévoir les complications possibles en fonction des
données ci‑dessus.
Chaque intervention se déroule en différentes étapes :
préparation du matériel, préparation du malade, etc...
‑ compter les compresses, les aiguilles, les
lames de bistouri, transport du malade vers la salle d'opération,
ANESTHESIE
La prémédication : sert à rendre l’anesthésie
plus facile par :
1. Sédation psychique,
2. Suppression de la douleur
3. Abaissement de la température
4. Le blocage des secrétions par le parasympathique
(important pour l’anesthésie par inhalation. )
5. S’opposer aux conséquences de l’agression
chirurgicale.
En pratique :
1. La veille de l’opération : donner un calmant et
un somnifère par voie orale.
2. Le matin de l’intervention ¾ heures avant l’opération
un analgésique et l’atropine par injection.
Installation de l’opéré sur la table d’opération en
position : horizontale ou dorsale ; de Trendelenburg (tête en bas
pieds en haut) ; gynécologique ; ventrale ; ou latérale.
Anesthésie
générale :
Voie respiratoire : éther et air, ou halothane et
oxygène, avec ou sans intubation orotrachéale.
Voie intramusculaire ou intraveineuse - Kétamine
L’anesthésie générale passe par 4 stades :
1. Analgésie 2.
Excitation, 3. Chirurgical – disparition du tonus musculaire et réflexe 4. Toxique (arrêt respiratoire et cardiaque).
Le réveil se
fait en sens inverse.
Anesthésie
partielle : locale, rachidienne ou épidurale.
La
rachianesthésie (RA) consiste à bloquer les nerfs rachidiens en injectant un
anesthésique local dans l’espace sous-arachnoïdien. Il s’agit d’une méthode
anesthésique particulièrement intéressante chez l’adulte et le vieillard, pour
des interventions sous ombilicales. Le regain d’intérêt pour l’utilisation de
cette technique anesthésique au cours des dernières années, est dû au
développement de meilleurs anesthésiques locaux de longue durée d’action et à la
possibilité de l’augmentation de la durée de l’analgésie.
La
rachianesthésie bloque les nerfs sympathiques une action qui provoque une
vasodilatation et une chute de la tension artérielle. Pour un malade bien hydraté ceci est
rare. Donc on doit bien suivre la
tension artérielle après une rachianesthésie et on donne l’éphédrine 10mg i.m.
pour monter la tension artérielle par vasoconstriction, au moindre doute.
Les différentes positions
1. Le décubitus dorsal
Cette position est la plus fréquente. Les précautions sont décrites plus
haut et comportent essentiellement la prévention des escarres.
2. Le Trendelenburg
La tête est un peu plus bas que les jambes. Ceci est demandé souvent
lors d'une rachianesthésie. La table possède généralement un mécanisme qui
permet d'élever la partie inférieure ou de la rabaisser. La mise en position se
fait sur les indications de l'anesthésiste. Si le Trendelenburg est important,
il faut mettre des épaulières pour empêcher le malade de glisser.
3. Position gynécologique ou de lithotomie
Elle est employée pour les interventions sur le périnée, le rectum, la
gynécologie par voie vaginale. La position est inconfortable pour la patiente
si elle n'est pas totalement anesthésiée, surtout si l'intervention est longue.
Placez la patiente avec le siège au niveau de l'endroit où la partie
inférieure de la table peut être rabattue. Deux personnes placent les jambes
dans des étriers ou des supports métalliques pour les genoux et les pieds.
Agissez ensemble et sans brusquerie pour éviter des déchirures musculaires.
Soyez surtout très prudents si la malade est anesthésiée. Adaptez la hauteur
des étriers en fonction de la taille du malade. Veillez à bien matelasser et
protéger les supports métalliques pour éviter des lésions du creux du
genou. Le chirurgien ou son aide drape
le malade à l'aide d'un grand champ troué en veillant à ne rien toucher de non
stérile relatif à ce champ.
4. Position latérale
Durant l'induction d'anesthésie, le malade est en position dorsale, puis
il est tourné (par deux ou trois personnes) selon les indications du
chirurgien. On emploie des sacs de sable pour maintenir la position et pour
surélever la région lombaire. La jambe supérieure est fléchie et l'autre
étendue.
Veillez à bien maintenir le patient afin qu’il ne bascule pas pendant
l'intervention.
On a recours à cette position dans la chirurgie du rein.
5. Position ventrale
Dans toutes les manoeuvres, veillez à la sécurité du malade: évitez
qu'il ne tombe, en le maintenant correctement par des attaches ou des courroies
synthétiques ou bien par des liens en tissus mais suffisamment larges pour
qu'ils ne soient pas coupants.
Dans toutes les positions, veillez aux points de pression, évitez les
escarres.
Les principales compressions nerveuses à prévenir sont celles du plexus
brachial et du nerf ulnaire qui court des risques si le bras glisse de la table
et est comprimé entre le rebord métallique et l'humérus.
Préparation du site d'incision
Renseignez‑vous auprès du chirurgien avant de préparer le malade.
En gynécologie, l'incision peut être médiane ou transverse ou l'abord peut être
vaginal. Une appendicectomie non compliquée sera abordée par une incision de
Mac Burney, mais si elle s'accompagne d'une inspection d'autres organes, l'incision
sera médiane.
Avant l'entrée du malade en salle d'opération, vous aurez à veillez à
une toilette soignée et à un rasage de la région à opérer.
En salle d'opération, vérifiez encore que la propreté du malade soit
parfaite, éventuellement rasez les poils restants.
La solution désinfectante employée doit agir rapidement, car le contact
est relativement bref. Le choix se porte actuellement sur l'alcool iodé, la
povidone iode, le gluconate de chlorexidine en solution alcoolique colorée.
Sur un champ stérile ou un plateau stérile, l'infirmière circulante
dispose deux godets stériles, une pince sur laquelle vous montez des compresses
stériles. A côté, vous placez le flacon de liquide pour savonnage (cetrimide
par ex.) et le désinfectant.
Prévention des infections professionnelles:
La manipulation des
aiguilles lors de la pose d’une perfusion, la prise du sang ou assistance à la
salle d’opération constitue les plus grands risque de contamination du sang
infecté avec VIH, Hep B ou Hep C,-
les pires des infections professionnels.
Donc :
1. Les aiguilles usagées
ne devraient jamais être récapuchonnées ou autrement manipulées avec les deux
mains.
2. Utiliser des ciseaux
plutôt qu’un bistouri
3. Tenir l’aiguille à suture
avec des pinces, jamais les doigts.
4. Utiliser des pinces ou
des écarteurs dotés de manches plus longs pour réduire le risque de frapper la
main qui tient les écarteurs,
5. Garder dans le champ
opératoire uniquement les instruments piquants, coupants ou tranchants qui sont
en cours d’utilisation.
L’assistance à l’opération :
La nature des activités comprises dans la fonction
d'assistance opératoire varie selon le milieux, les types de chirurgie, les
ressources accessibles, les services offerts, etc. Les activités qui seront énumérées sont
souvent accomplies, à l'heure actuelle, par des infirmières premières
assistantes ou en situation d'assistance. Elles sont présentées ci‑après
à titre indicatif.
Positionner l'usager.
Badigeonner, préparer la peau.
Draper.
‑ Faire l'hémostase à
l'aide de moyens mécaniques et thermiques; clamper les vaisseaux, cautériser,
ligaturer les vaisseaux, etc.
Assurer l'exposition des organes et des
tissus : aspirer, éponger, placer et tenir les écarteurs, irriguer le site
opératoire, couper les tissus déterminés par le chirurgien, placer des
compresses autour des sites opératoires.
Suturer les fascias, les tissus sous‑cutanés
et la peau.
Choisir les sutures et les aiguilles,
suturer, couper les fils, faire des noeuds.
Utiliser tout instrument à la demande du
chirurgien : manipuler le laparoscope, frapper sur
l'ostéotome, etc.
Appliquer le pansement postopératoire.
Ne perdez jamais
de vue que l'aide stérile du chirurgien touche ce qui est stérile et que
l'infirmière circulante touche ce qui n'est pas stérile. Si elle doit manipuler
un objet stérile, elle se sert de pinces stériles.
INSTRUMENTS :
Quelques instruments d’une petite boite de chirurgie
abdominale sont :
Bistouri, une paire de ciseaux courbés de Mayo, une
sonde cannelée de Nélaton, 2 écarteurs de Faraboeuf, 2 écarteurs de Hartmann, 4
pinces hémostatiques, 2 pinces Allis (pour prendre les tissus), 1 pince en cœur
(Babcock) et une porte aiguille.
FILS DE SUTURES, LIGATURES et DRAINS
Dans le temps, on a utilisé le matériel d’origines
végétale et animale surtout le catgut (surjet).
Cependant de nos jours on utilise le nylon (non absorbable) ou
polyglycol (soit Vicryl (Ethicon) ou Dexon (Davis & Geck)). La force de ces sutures dépend de ses
dimensions. Une suture « 0 »
est « ordinaire » Plus petit
qu’ordinaire est 00 (2/0) puis 000 etc.
et plus grande que 0 est 1 puis
2, etc.
Emploi des drains en caoutchouc (pour 72heures
maximum) – pour drainage du sang, bile, urine ou pus. On peut utiliser des éponges connectées à un
aspirateur et fermées sur la peau avec une couche de plastique collant. Apres 72hrs, s’il y a du pus ceci trouvera le
canal du drain pour s’en sortir.
QUELQUES REGLES POUR EVITER LES BLESSURES :
1. Toujours utiliser les gants d’une taille correcte.
2. Ne jamais toucher directement les tranchants.
3. Ne jamais prendre une aiguille avec vos doigts.
4. En ouvrant un paquet d'aiguille, faire attention de
prendre l'aiguille du paquet utilisant le porte-aiguille et sans toucher
l'aiguille vous-même.
5. En souhaitant de changer la position de l'aiguille
dans le porte-aiguille, toujours utiliser les forceps pour changer
l'orientation de l'aiguille. De nouveau ne pas utiliser vos doigts.
6. Toujours garder n'importe quelle aiguille en usage
dans votre vue directe à tout instant. En utilisant une longue suture sur votre
aiguille, utiliser votre doigt de milieu de votre main droite de contrôler la
suture, et ne simplement retirer pas l'aiguille de vue pour resserrer le
matériel de suture, parce que vous pouvez contaminer l'aiguille ou blessez
votre aide.
7. Toujours transmettre des instruments tranchants aux
aides dans une manière pour empêcher la blessure – préférablement dans un bassin
réniforme ou un autre récipient convenable. La sûreté de n'importe quels aides
est la responsabilité du chirurgien.
8. En changeant la lame d'un scalpel, faire attention
de contrôler la lame avec des forceps ou des pinces hémostatiques. La lame est
extrêmement tranchante et ne devrait pas être contrôlée avec vos doigts.
9. Toujours liquider des aiguilles ou des lames
utilisées dans le récipient des tranchants usés fournis.
10. Toujours liquider le tissu excisé dans les
récipients appropriés.
11. Toujours garder le champ d’opération bien rangé
sans les instruments non essentiels.
12. Toujours vérifier l'intégrité d'instruments avant
leur usage et ne compte pas sur les infirmières d'aides. Ceci est
particulièrement important pour l'équipement électrique tel qu'équipement de la
diathermie et de la coelioscopie.
13. Fonctionner avec la table à la hauteur correcte –
si s'asseyant ou debout la hauteur du champ d’opération doit être cela à qui
votre avant-bras est approximativement horizontal. L'opération faite à une
autre hauteur va en toute probabilité causer la fatigue et la tension.
Le matériel propre
On entend par matériel
propre : l’instrumentation médico-chirurgicale, le linge (draps, pyjamas, alèses
en armoire venant de la blanchisserie), les consommables (matériel à usage
unique, médicaments...) et les appareils divers venant de l'extérieur
(imagerie, appareils de surveillance médicale).
Les différents lieux de
stockage sont les suivants :
- les médicaments
stupéfiants sont stockés dans une armoire et un local fermé à clé ou avec un
code.
- les antiseptiques sont
stockés dans l’arsenal stérile.
- les autres médicaments
sont disposés sur le chariot d’anesthésie, ou dans un réfrigérateur destiné à
ces produits et différent du réfrigérateur de la salle de détente contenant des
produits alimentaires.
Le matériel souillé
1. Principes généraux
- On distingue plusieurs
catégories de matériels selon le risque de contamination :
1. P1 le matériel non critique en contact avec une
peau saine : garrot, pince de Kocher, plateau, brassard à tension, stéthoscope,
etc. BESOIN : pré-désinfection,
rinçage.
2. P2 le matériel semi-critique en contact avec une
muqueuse sans effraction ou une peau lésée : masque, ballon d'anesthésie, lame
de laryngoscope, pince de Magill, mandrin, ouvre-bouche, fibroscope bronchique
et digestif, etc. BESOIN : nettoyage, rinçage, séchage.
3 P3 le matériel critique pénétrant une cavité
stérile ou le système vasculaire : toute l'instrumentation chirurgicale, les
endoscopes articulaires, les cœlioscopes...
BESOIN : désinfection par immersion (puis rinçage et séchage) ou
stérilisation.
Déchets.
Les déchets représentent
un risque de contamination pour le personnel et les surfaces des blocs
opératoires.
1. Les déchets piquants,
coupants, ou tranchants
- Tout objet piquant ou
tranchant doit être directement éliminé dans les collecteurs d’aiguilles par
l'utilisateur sans être recapuchonné ni posé dans un plateau. Les collecteurs doivent
être verrouillés hermétiquement avant leur élimination.
- Pour l'équipe
chirurgicale pendant l'intervention, on emploie un système stérile de
récupération collant ou magnétique permet de fixer les aiguilles de suture et
les lames sur un support, à usage unique.
2. Les déchets solides -
Les déchets solides d’activités de soins sont triés au fur et à mesure de leur
production et mis dans des sacs poubelles ou cartons dont la couleur aura été
déterminée suivant la nature des déchets :
- couleur rouge ou jaune
(couleur internationale) : déchets à risques infectieux,
- autre couleur selon
l’établissement (couleur grise, noire..) : déchets assimilables aux déchets
ménagers, comme les emballages.
- Les déchets anatomiques
non reconnaissables par un non-spécialiste sont assimilés aux déchets à risques
infectieux. Les déchets anatomiques reconnaissables doivent être acheminés, en
vue d’être incinérés dans un crématorium agréé, dans un emballage étanche, à
usage unique, compatible avec le fonctionnement du crématorium ; ils doivent
être entreposés à des températures de
3. Les déchets liquides -
Le contenant doit être fermé avant la sortie de la salle, - Tous les contenants
de déchets liquides doivent être déposés soit dans un fût destiné à cet usage,
soit dans un carton spécial étanche étiqueté "déchets à incinérer"
qui ne sera pas compacté. Des gélifiants sont disponibles sur le marché.
Rôle de l’infirmier en post opératoire : Nettoyage immédiatement après usage de tout ce
qui est souillé, c’est-à-dire :
1. Rinçage pour enlever toute matière organique 2. Lavage au savon 3. Brossage d’équipements d’angles ou des
rainures 4. Rinçage 5. Séchage
6. Désinfection ou stérilisation.
Les 10 qualités de la parfaite
infirmière de la salle d’opération sont:
1.
Etre
présente en personne et en esprit ; ce qui signifie qu’elle doit suivre
l’intervention et y penser toujours.
2.
Etre
silencieuse
3.
Etre
dévoué
4.
Etre
propre
5.
Etre
discrète mais efficace – pas d ‘agitation inutile.
6.
Avoir un
bon caractère, accepter une réprimande d’un chirurgien stressé.
7.
Etre
exigeante – discipline en règles de la salle d’opération.
8.
Etre
ordonné
9.
Etre
humaine – plein de compassion
10. Etre prévenante.
SOINS POSTOPERATOIRES
1.
On
transport les malades avec 2 ou 3 personnes
2.
Le retour
est à un lit complètement refait.
Prévoir un bassin réniforme pour les vomissements.
3.
On le met
dans la position telle que prescrite par
le chirurgien. Position latérale avec la
tête en extension après une anesthésie générale. Position demi assise après thyroïdectomie
etc..
SURVEILLANCE POST OPERATOIRE :
1.
Le faciès
doit être rose, témoignant d’une bonne oxygénation. Se méfier d’une pâleur, sudation, agitation
ou cyanose.
2.
Le rythme respiratoire
doit être régulier et calme. Se méfier
d’une chute de la langue en arrière.
3.
Le pouls
doit être pris toutes les 15 minutes. Se
méfiez d’une accélération ou irrégularité.
4.
La tension
artérielle. Se méfiez d’une augmentation
de la systolique plus que 140mmHg ou moins que 100mmHg.
5.
La
température. Se méfiez d’une température moins que 36oC ou plus que
40oC
6.
Les
nausées et vomissements
7.
La douleur
8.
Le
pansement – Se méfie d’une hémorragie.
9.
Surveillance
de la perfusion, l’oxygène, l’aspiration.
LE LEVER PRECOCE DE L ‘OPERE
Il s’agit de lever l’opéré dans les 6 à 12 heures qui suivent
l’opération. Ce qui est important ce
n’est pas le lever mais la marche. Ce
lever facilite la reprise du transit intestinal et évite au maximum les
complications veineuses (thrombophlébite).
Les soins intensifs chirurgicaux
Qu’est ce que c’est une
salle des soins intensifs ? L’endroit ou se trouve :
1. Le meilleur personnel en formation et expérience
2. La meilleure instrumentation d’équipement de réanimation
3. Les patients les plus
malades.
On a le plus grand besoin
d’une salle des soins intensifs pour les malades inconscients ou ceux qui ont
une perfusion.
Surveillance post
opératoire (Acronyme : ABCD) :
A. Air way :
perméabilité des voies respiratoires B.
Breathing : respiration C.
Circulation : Hémorragie ; signes vitaux D. Drogues
Il est capital de
surveiller les signes vitaux (TA), le drainage et la position de l’opéré.
Complications post
opératoires :
1. Hématomes :
superficiel ou profond. Evacuation entre deux points de suture.
2. Abcès
pariétaux : (Température ascendante et oscillante, douleur, troubles de
transit, hyperleucocytose) Enlever quelques sutures pour l’évacuation du pus.
3. La
désunion peut être superficielle (rapprochez les bords avec sparadrap)
ou totale, chez les sujets dénutris, ascitiques, ictériques, âgés et fatigués
(la ré intervention est nécessaire et urgente).
4. Les
plaies peuvent être suppurantes (Traitement : savlon), atones
(Traitement : sérum physiologique) ou bourgeonnantes (Traitement :
cautériser avec le crayon de nitrate d’argent, (AgNO3)).
Techniques à maîtriser en
soins intensifs :
Pose et soins d’une sonde
nasogastrique à drainage
Pose et soins d’une sonde
urinaire à drainage
Pose et soins d’un
drainage thoracique
Opération et soins d’une
trachéotomie
Types et soins d’une
colostomie
Chapitre 2 : Inflammation et Guérison des plaies et du tissu osseux
La peau est un organe noble dont la réparation doit prendre autant
d’attention que les éléments sous-jacents. Il faut comprendre que la cicatrice
est la seule chose que le patient retiendra de l’intervention et surtout de son
chirurgien, même si de nombreux éléments sous-jacents ont été réparés avec
succès. De plus, les séquelles esthétiques d’une mauvaise cicatrice peuvent
avoir un retentissement psychologique et social important. Des principes rigoureux doivent permettre de
traiter toutes les plaies en s’adaptant à leur localisation et à leur aspect
anatomique.
On peut donc définir la guérison
des plaies chez l'homme comme le comblement d'une perte de substance par
du tissu conjonctif cicatriciel associé à une épithélialisation. Les
formations du tissu conjonctif, en particulier, les os et les tendons, se
réparent par reconstitution de tissu identique.
L'examen d'une plaie porte sur les quatre points suivants:
1. Etat des bords de la plaie (bords francs et bien irrigués
ou contus à circulation perturbée).
2. Date de la plaie en
heures
3. Nature des lésions
associées (nerfs, tendons, vaisseaux)
4. Localisation de la
plaie (a) zone à réseau capillaire dense à irrigation excellente, tel que le
visage, le cou, les mains, le périnée ou (b) zone à perfusion plus faible, en
particulier les extrémités inférieures, avec guérison nettement moins bonne.
La guérison pp et ps
Si deux bords d’une plaie
s'accolent et fusionnent avec une croissance minimale de tissu, on parle de guérison per primam intentionem (pp).
C'est en général le cas des incisions chirurgicales. Si les bords de la plaie baillent d'emblée, la plaie va guérir
plus lentement per secondum intentionem (ps).
La guérison commence par le processus d’Inflammation
Le processus inflammatoire est l'ensemble des phénomènes réactionnels de
défense, déclenchés, dans un organisme vivant pluricellulaire, par l'agression
d'un agent pathogène quel qu'il soit. C'est un phénomène omnitissulaire se
déroulant de façon préférentielle dans le tissu conjonctif qui normalement tend
à limiter et à réparer les effets de l'agression. Il prend fin avec la
réparation ou la cicatrisation de la lésion. Il ne peut se dérouler que dans un
tissu vascularisé (donc, pas dans certains tissus normalement avasculaires,
comme le cartilage, la cornée).
C’est un processus
bienveillant pour le corps qui
favorise, par exemple, l’arrivé de plusieurs leucocytes dans l’endroit
d’une infection. Le processus peut
devenir excessif (par exemple dans les conflits immunitaires) quand on utilise
les « anti-inflammatoires » mais en général l’inflammation est
souhaitable pour une guérison.
Les causes de
l’inflammation sont multiples :
- causes physiques
(traumatisme ; opération, chaleur, froid, rayonnement, courant électrique)
- causes trophiques par
défaut de la vascularisation
- causes chimiques
(acides, bases, corps "étrangers" exogènes ou endogènes)
- causes biologiques
(germes, bactéries, virus, parasites, champignons).
Le déroulement du
processus inflammatoire est toujours le même. Il évolue en trois stades
successifs:
1.- un stade caractérisé
par les réactions vasculo-sanguines
2.- un stade caractérisé
par les réactions cellulaires (phase productive) (et formation des
granulations)
3.- un stade de
cicatrisation.
1. Les réactions vasculo-sanguines regroupent 3
phénomènes bienveillants:
1. La congestion active est
due à une vasodilatation survenant après une brève phase de vasoconstriction
qui favorise l'hémostase.
La vasodilatation amène un apport augmente du sang qui
favorise la guérison.
2. L’œdème inflammatoire
est un phénomène actif dû au passage, à partir des vaisseaux congestifs, vers
le milieu interstitiel, d'un liquide proche du plasma. Ce passage est lié à
l'augmentation de la pression hydrostatique et surtout à l'augmentation de la
perméabilité de la paroi vasculaire des capillaires et des veinules dilatées.
L'œdème a pour conséquence:
- de diluer le foyer inflammatoire
- de limiter ce foyer par une barrière fibrineuse
(fibrinogène)
-de concentrer sur place les moyens de défense
humoraux (immunoglobulines, complément) et apporter des médiateurs chimiques
- de ralentir le courant circulatoire par
hémoconcentration, ce qui favorise le phénomène suivant, la diapédèse
leucocytaire.
3. Diapédèse
leucocytaire (Gr = marcher à travers) : Elle débute par la margination des
leucocytes qui adhèrent à la paroi endothéliale. Les polynucléaires émettent
ensuite des pseudopodes, s'infiltrent entre les cellules endothéliales, puis
traversent la membrane basale pour sortir de la circulation aux tissus.
Les leucocytes sont les meilleurs combattants de
l’agression et des pathogènes.
2. Les réactions cellulaires
3. Stade de cicatrisation
La cicatrisation normale :
Le tissu formé après la
phase vasculo-exsudative de l'inflammation est le bourgeon charnu ou blastème
de régénération, (granulome inflammatoire ou granulome.) (Ang: tissu de
granulation). Il comprend:
- une liquide
interstitiel abondant, œdémateux
- de nombreux
capillaires dilatés, congestifs à disposition radiaire
- des cellules qui forment
une population dense et polymorphe qui constitue l'infiltrat inflammatoire, ou
granulome inflammatoire et associe: des polynucléaires, parfois éosinophiles,
des lymphocytes et des plasmocytes, des macrophages, des fibroblastes et des
mastocytes.
A partir du bourgeon
charnu ou blastème de régénération se fera la cicatrisation. L'évolution du
processus inflammatoire se fait souvent vers une cicatrisation complète, sans
séquelle, c'est-à-dire avec restitution ad integrum des tissus préexistants.
Les trois processus de la cicatrisation normale des plaies
Une plaie se referme par la
production de tissu conjonctif vasculaire, qui crée 1. des granulations, 2. une contraction de la plaie et 3.
l’épithélialisation (si les surfaces externes ou internes de l'organisme
sont atteintes.)
1. Granulations (bourgeon charnu).
Cette notion a
été introduite en 1865 par BILLROTH et on l'emploie autant dans les
descriptions macroscopiques que microscopiques. Macroscopiquement il s'agit
d’un corpuscule de chair d'une taille allant de celle d'une tête d'épingle à
celle d'un petit pois, qui apparaît au bout de quelques jours au fond de la
plaie opératoire avec perte de substance. On parle de granulations saines si
elles sont propres ; rouge et clair ; et de granulations "pâteuses"
si elles sont recouvertes de sécrétions jaunâtres ; et présentent une
coloration jaune ou bleuâtre, signe d'une moins bonne irrigation.
Les fonctions du tissu de granulation sont :
1. D'établir une barrière contre les bactéries
2. De recouvrir le plus rapidement que possible les nerfs, les tendons et les
os, afin de
3. Permettre l'épithélialisation.
2. Contraction de la plaie.
Dans la plupart des régions de
l'organisme, la contraction des plaies permet de réduire de 50 à 99 % le tissu qui semblerait nécessaire au vu de
l'étendue primaire des lésions. Plus la peau est souple, plus la contraction
est importante. Dans toutes les zones du corps, la mobilité cutanée dépend de
la direction des « lignes de Langer ». Celles-ci sont déterminées par
la disposition du système fibreux, en particulier des fibres élastiques. Leur
direction est perpendiculaire à l'axe du corps sur le tronc, à l'axe des
extrémités et au niveau des articulations, et longitudinale sur les zones non
articulaires des extrémités. Dans la mesure du possible on tient compte des
lignes de Langer pour les incisions. Les incisions parallèles aux lignes de
Langer guérissent avec une cicatrice pratiquement invisible alors que les
incisions qui leur sont perpendiculaires laissent des cicatrices nettement plus
larges (comme les chéloïdes). Les forces provoquant cette contraction
proviennent du tissu de granulation.
3. Epithélialisation.
En quelques heures, la migration
des cellules épithéliales du voisinage peut recouvrir de petites plaies. La
couverture de grandes surfaces de granulation se fait également par migration
de cellules épithéliales qui dans les premiers jours (phase de latence)
s'accumulent par mitose au bord de la plaie. La contraction de la plaie stimule
l'activité mitotique du tissu épithélial à grande distance (croissance intra
murale). Les plaies des muqueuses guérissent de façon analogue, mais leur
régénération est plus complète que celle de l'épithélium. Les nouveaux (jeunes)
cellules épithéliales sont susceptible a leur destruction par l’infection.
Mesure quantitative de la guérison des plaies
Parmi les nombreuses méthodes
permettant de mesurer les mécanismes de guérison des plaies, il y en a est deux
qui sont au premier plan, à savoir:
1. La mesure de la diminution de
la perte de substance (planimétrie de la plaie)
2. La mesure de la résistance à
l'étirement de plaies suturées (en grammes de poids suspendu).
Chez l'homme, une plaie
cicatrisant normalement diminue de 1 à
Physiopathologie
Quatre conditions (au
moins) sont nécessaires à une bonne cicatrisation :
1. La détersion
(débridement) est obligatoire s'il existe un foyer de nécrose ou des débris
tissulaires. Il faut l’évacuer. Si les débris nécrosés sont peu abondants, la
détersion est assurée par les macrophages (phagocytose, digestion
intralysosomiale complète ou élimination des déchets par le système lymphatique
ou un conduit naturel).
Si les produits nécrosés
sont abondants, il faut une détersion externe:
- spontanée:
liquéfaction de matériel nécrosé (pus) et élimination par fistule dans un
conduit naturel (vomique de l'abcès du poumon) ou par fistulisation à la
peau. Parfois il y a une élimination en
bloc par lyse à la périphérie du tissu nécrosé sous l'action des phagocytes
(exemple: élimination du bourbillon du furoncle).
- chirurgicale (parage)
2. La coaptation: c'est
la contraction du foyer inflammatoire avec rapprochement et même affrontement
de ses berges. Elle peut être spontanée (par exemple dans la peau) ou
artificielle (suture chirurgicale, greffe, ajustement des extrémités
osseuses...).
3. La bonne
vascularisation est indispensable pour l'apport des cellules et des substances
nécessaires à la réparation. Si la vascularisation est mauvaise, le passage à
la chronicité est un risque (ulcère variqueux...).
4. La fixation avec le
minimum de tension. La tension des
sutures coupe la circulation et en résulte qu’une plaie guérira lentement.
TROUBLES DE LA CICATRISATION
A.
Facteurs généraux
1. Age.
Empiriquement on sait que les
troubles de la cicatrisation sont plus fréquents chez le vieillard que chez le
petit enfant. Cela provient de différences dans la densité du réseau capillaire
et dans la perfusion artérielle. Les organes aussi bien perfusés chez le
vieillard que chez l'enfant, tel que l'intestin par exemple, cicatrisent
étonnamment vite même chez des patients âgés (selon les investigations de
CARREL, on devrait admettre la présence de substances inhibitrices chez le
patient âgé, substances présentes dans une moindre mesure dans un organisme
jeune).
2. Protéines sériques.
Les expériences de HARVEY et
HOWES sur l'animal ont montré une diminution nette de la résistance à la déchirure
de l'intestin et de la peau en cas d'hypo protéinémie d'un taux inférieur à 5
gr/%.
3. Vitamines.
Diverses vitamines, en
particulier les vitamines C et K sont nécessaires à une guérison normale des
plaies.
4. Une diminution du nombre des
érythrocytes
L’anémie et plus
particulièrement une diminution du volume sanguin diminuent la vitesse de la
cicatrisation
5. Des libérateurs
d'histamine peuvent accélérer la
guérison. Ceci c’est une partie normale des évènements de l’inflammation.
6. Les hormones : les stéroïdes (prednisolone
etc) même les anti-inflammatoires ralentissent la cicatrisation.
7. Les minerais (zinc) Depuis lors les médecins ont pensé que
le zinc accélère la cicatrisation. La plupart des sparadraps contiennent le
zinc.
B. Les
facteurs locaux qui ralentissent la cicatrisation :
1. Infection : L'apparition
d'une infection dépend:
1.
du nombre et de la nature des germes
2.
du temps qu’ils restent dans la plaie
3.
de l'état du tissu (cavités avec accumulation d'exsudat, corps étrangers,
œdèmes et traumatismes mécaniques favorisent l'infection).
4.
des forces de défense de l'organisme (anémie, état alimentaire, diabète,
influences néfastes de certains médicaments tels que les immunosuppresseurs, de
même que de l'irradiation).
2. Circulation sanguine.
Les troubles de la micro
circulation sont le principal facteur local responsable de troubles de la
cicatrisation.
a) Troubles de la circulation artérielle ou veineuse
b)
Séquestre ou corps étranger en profondeur
c)
Malformation congénitale
d)
Tumeur
e) Tuberculose
f) Ulcération trophique en territoire dénervé, auquel
manque le signal d'alarme de la douleur.

Dans certains cas rares, le processus de
cicatrisation entraîne la formation de chéloïde (chéloïde) où des quantités
plus importantes de tissu sont produites. Les surfaces de granulation au niveau
de parties du corps mobile (articulations, cou) entraînent en quelques semaines
ou mois, de graves contractures ou malpositions. On restait autrefois impuissante
face à ce problème. Maintenant on
recourait à des excisions et à la transplantation de lambeaux de peau épaisse
et l’injection des stéroïdes. Cependant, en cas de brûlures étendues, on ne
dispose pas suffisamment de lambeaux de ce type. On a pu démontrer que
l'immobilisation en extension durant des mois des segments concernés permet
d'éviter ces contractures ou malpositions. Cette technique permet alors par
l'emploi de minces lambeaux (greffes libres) dans ses endroits.

Consolidation d’une fracture :
a. Immédiatement après la
fracture, il y a l'apparition d'un hématome dans le foyer fracturaire. On
considère aujourd'hui que cet hématome n'est pas essentiel à la guérison de la
fracture; il finit par être résorbé.
b. Comme pour les plaies des
tissus mous, il y a une phase inflammatoire caractérisée par une vasodilatation
capillaire et invasion de polynucléaires.
c. Le phénomène clé déclenchant
le processus de guérison des fractures est l'intervention du périoste et de l'endopérioste. Les études histologiques
ont montré que dans les fractures des os longs l'ostéogenèse est périostale tandis que dans les fractures
de l'os spongieux (bassin par exemple), c'est l'endopérioste qui joue le plus
grand rôle. Les cellules de la couche profonde du périoste et de l'endopérioste
se mettent à proliférer. Ces "ostéoblastes" envahissent et même
remplacent l'hématome déjà en voie de
résorption.
Ce périoste épaissi réunit les
deux fragments de l'os par une sorte de "point fusiforme
périfracturaire". On peut déjà parler de CAL EXTERNE. LE CAL INTERNE formé
de la même manière bombe dans le canal médullaire.
d. Les cellules constituantes du
cal externe sont d'origine périostale. Elles doivent se différencier pour devenir des ostéoblastes ayant donc la propriété
de faire du tissu osseux. Pour ce faire, l'apport nutritif c'est-à-dire la
vascularisation et l'immobilisation du foyer de fracture représentent les
conditions nécessaires.
e. C'est progressivement que le cal externe est modelé par la conversion de
l'os trabéculaire en os compact lamellaire unissant les deux fragments. Le
temps nécessaire à l'achèvement du processus de guérison de fracture dépend de
l'âge du patient et du type d'os cassé. Le temps est plus court chez l'enfant
et dans les fractures des os spongieux plus vascularisés.
Guérison par première intention: (sans cal externe)
Ce mode de guérison de plaie
osseuse se voit dans de rares cas d'une réduction parfaite avec impaction et
une contention souvent par fixateur externe. On peut y assimiler certains types
de fractures dites "en bois vert".
Ici, Il ne se forme pas de cal
externe. La très mince solution de continuité est remplie par des os
trabéculaires formés à partir des cellules périostales et endopériostales. La
phase de modelage suit l'apparition du système haversien dans la corticale.
La guérison de fracture par première intention n'est
pas nécessairement plus rapide que celle par seconde intention.
TROUBLES DE LA CONSOLIDATION D'UNE FRACTURE
1. La pseudarthrose: La persistance de mouvement et
l'insuffisance de vascularisation du foyer de fracture entraînent la formation excessive
de cartilage et de tissu fibreux dans le foyer de fracture. Le pont osseux ne
peut se former. C'est la situation clinique de « pseudarthrose » qui
se caractérise radiologiquement par la calcification des deux bouts de l'os
cassé, leur liaison avec le tissu fibreuse, comblement des cavités
médullaires tandis que persiste la solution de continuité.
|
|
2. Le retard de
consolidation : C'est l'absence de cal au niveau du foyer de la fracture après un délai
considéré comme raisonnable. Cette complication est généralement le fait de la
dévascularisation des fragments, du manque de contact entre eux (par
interposition d’un muscle par exemple).
Notons enfin que les facteurs
généraux tels que l'hypo-protéinémie, l'avitaminose et la corticothérapie
interfèrent avec la guérison des fractures. Le vieillard y est plus exposé que
le sujet jeune.

Chapitre 3
Bases physio- pathologiques de la Chirurgie
Définition de la
physiopathologie chirurgicale : L’étude
des réactions de l'organisme aux interventions.
1. Elle étudie les
réactions de l'organisme aux blessures graves et aux interventions (réaction
traumatique), à la carence alimentaire et à l'infection. Elle s'intéresse aux
particularités des troubles métaboliques
que ces mécanismes entraînent.
2. Elle s'intéresse à l'application pratique de ces facteurs
en clinique.
3. Elle cherche à en établir
l'étiologie.
4. Elle décrit les troubles
endocriniens qui apparaissent dans ces cas.
Un traumatisme grave entraîne
1. Une perte de substance
cellulaire due à la lyse du protoplasme cellulaire avec libération de protéines
sous forme d'enzymes (par exemple une monte de taux sanguine de SGOT ou SGPT)
et de produits de dégradation de protéines
donc il y a un accroissement de l'azotémie urinaire.
2. Déplacement de liquide dans
l'espace extracellulaire (rétention d'eau et de sodium)
La rétention d'eau et de sodium
dépend des mécanismes rénaux et extra rénaux. Juste après un traumatisme grave,
l'élimination rénale d'eau, de sodium et de chlore, ainsi que de bicarbonate,
diminue.
3. Changement de substrat
énergétique
Si l'organisme ne reçoit plus
suffisamment de substrats pour ses processus d'oxydation, il les prélève des
sources endogènes. Un patient traumatisé non traité couvre la plus grande
partie de ses besoins en calories par la mobilisation et la dégradation des
acides gras et triglycérides neutres de son propre organisme.
Phases d'une affection chirurgicale
1. Phase de lésion ou d'opération
(phase catabolique – réactions de dégradation)
Elle est caractérisée par la
douleur, l'immobilisation au lit (qui existe souvent déjà avant l'intervention
et doit être prise en considération dans toute sa durée) inappétence, absence
de péristaltisme gastrique et colique alors que l'intestin grêle ne présente
qu'une période de quelques heures à péristaltisme diminué. Cette phase dure de
2 à 7 jours selon l'importance du traumatisme.
2. Le point d'inversion
L'appétit et la diurèse
croissent, l'activité intestinale reprend (premiers gazes après une
intervention abdominale majeure). Le pouls et la température se normalisent. Le
patient montre de nouveau de l'intérêt pour son environnement. C'est la fin de
la phase catabolique.
3. Phase anabolique (réactions
de construction).
Elle représente ce que le
profane appelle la convalescence. Ses caractéristiques sont un solide appétit,
une reconstitution de la masse musculaire, le passage à un bilan azoté positif.
Les facteurs à l'origine de la réaction traumatique :
1. Le déficit de volume: Une
diminution du volume sanguin est, indépendamment de son étiologie, le principal
facteur de ces changements, et même le seul en cas de choc purement
hémorragique. Elle entraîne principalement une diminution de la fonction rénale
et des troubles endocriniens.
3. Le traumatisme de la section
tissulaire : On a souvent
supposé qu'il libère des substances à effet analogue à ceux des toxines
bactériennes, mais on a trouvé peu de
preuves sauf pour les écrasements (contusions importantes par écrasement= crush syndrome).
4. Autres facteurs: La douleur,
la contrariété, la faim, la peur et la colère sont des facteurs importants sur
lesquels un médecin compréhensif peut agir.
5. Il y a plusieurs modifications endocriniennes post traumatiques.
Les voici en résumé :
1). Corticosurrénale
a) 17
OH corticostéroïdes: Une des premières modifications qu'on note après un
traumatisme est l'augmentation de l'hydrocortisone (cortisol) dans le sang.
b) Aldostérone.
Un déficit de volume circulant entraîne une excrétion accrue d'aldostérone.
Résultat: rétention accrue de
bicarbonate de sodium, urine acide, excrétion accrue de potassium.
2). Médullosurrénale
Stimuli: Facteurs émotionnels, diminution
du volume sanguin, anoxie, hypercapnie, "low flow". Tous ces facteurs
stimulent la production d'adrénaline et de noradrénaline dans la
médullosurrénale et les synapses nerveuses de tout l'organisme.
3). Hormone antidiurétique = ADH = Vasopressine
Résultat: diminution de la
production d'urine et de la clearance d'eau libre.
4). Erythropoïétine
Une diminution du volume sanguin
et une anémie chronique accroissent la synthèse érythrocytaire dans la moelle
osseuse. Cela se traduit par une augmentation des réticulocytes, une captation
accrue de Fer59. L'érythropoïétine est produite dans les reins.
C'est vraisemblablement la PO2 qui règle sa concentration
plasmatique. D'autres organes peuvent se charger de cette production après
néphrectomie bilatérale.
5). Hormones sexuelles
Un traumatisme entraîne des
irrégularités de cycle chez la femme, et une perte de libido dans les deux
sexes. L'élimination urinaire des 17-cétostéroïdes est abaissée durant toute la
période catabolique. Une carence alimentaire seule suffit à entraîner les mêmes
modifications.
6). Hormones thyroïdiennes. La concentration en
pré albumine diminue brusquement après une intervention, cela vraisemblablement
à cause d'une diminution de synthèse, et simultanément les taux plasmatiques de
T4 (Thyroxine) et de T3 (Triiodothyronine) augmentent en
quelques heures. Les formes libres de T3 et T4 jouent un
rôle important dans le métabolisme et sont entre autre responsables de
l'incorporation d'acides aminés dans les protéines.
7). Hormone de croissance
On a démontré une élévation de
son taux plasmatique après tout traumatisme.
8). En cas de troubles graves de la
fonction hépatique, l'inactivation
des hormones est perturbée. Pour des patients chirurgicaux, c'est surtout
l'activité prolongée de taux exagérés d'aldostérone et d'ADH qui joue un rôle.
L'hypokaliémie, l'alcalose, des taux sériques bas, de nombreux facteurs
plasmatiques (rétention d'eau) typiques de l'insuffisance hépatique
s'aggravent.
Estimation du risque opératoire
1. Risque chirurgical minime
C'est celui des patients jeunes
présentant une affection localisée, sans réaction systématique. Ces patients
subissent en général une opération élective, c'est-à-dire qu'ils choisissent en
toute liberté quand se faire opérer. Exemple typique du jeune homme de 18 ans
qui se fait opérer d'une hernie pendant les vacances.
2. Risque chirurgical majeur
C'est celui des patients âgés
avec réactions systémiques d'une affection (hypertension, diabète ou adiposité
importante) ou avec des affections touchant plusieurs organes. Une intervention
d'urgence accroît considérablement ce risque. Exemple: Femme de 70 ans
présentant une lésion pulmonaire après un accident, avec artériosclérose
généralisée, touchant le cerveau, les reins, le cœur et souffrant en plus de
lésions hépatiques.
3. Risque moyen
Ce sont les cas qui se situent
entre 1 et 2. Ce risque varie fortement en fonction de l'âge et exigent une
préparation minutieuse pré opératoire.
Troubles hydro électrolytiques dans
les phases pré et post-opératoires et après un traumatisme.
a) Hypo-
et hyper volémie
Les troubles hydro
électrolytiques sont fréquents chez le patient chirurgical; ils sont souvent liés
à l'indication opératoire. L'état de nutrition et d'hydratation est parfois
déficient chez le patient chirurgical à l'arrivée à l'hôpital. En chirurgie digestive, une hypo volémie
préopératoire peut être due à une hémorragie digestive, des vomissements ou des
diarrhées, la formation d'un troisième secteur lors d'un iléus ou d'une
pancréatite.
Dans la phase postopératoire,
une hypo volémie est souvent due à une formation d'un troisième secteur marqué,
une hémorragie méconnue, une aspiration gastrique importante ou une polyurie.
Une hyper volémie peut être la conséquence d'une perfusion excessive, d'une
insuffisance cardiaque ou rénale.
NUTRITIONS ENTERALE PAR SONDE ET PARENTERALE EN CHIRURGIE
1. Nutrition par régime
adapté Un apport de calories et de protéines
régulières est important avant et après une intervention chirurgicale. Une
nutrition par un régime alimentaire normal peut être difficile ou impossible
pour des raisons variées chez le patient chirurgical. Le tube digestif doit
être utilisé de préférence pour l'application de nutriments, il est très
difficile à donner un régime adéquat par voie parentérale.
Une sonde gastrique ou
duodénale, une gastrostomie ou jéjunostomie sont dans certains cas nécessaires
pour permettre cette alimentation entérale. Pour ces applications ainsi que des
affections digestives diverses, des régimes adaptés sont utilisés, comme par
exemple:
- régime pauvre en résidus ou sans
résidus,
- régime élémentaire, ne
nécessitant pas de digestion (composé d'acides aminés et de petits
polypeptides, de glucose et de
triglycérides à chaîne moyenne ou courte, d'acides gras).
- régime pauvre en graisse
(prescrit lors d'une affection hépatique, biliaire ou pancréatique).
2. Nutrition parentérale (NP) Si le patient ne tolère pas un apport nutritif
adéquat par voie entérale ou si une affection digestive représente une
contre-indication absolue, on doit avoir recours à une nutrition parentérale.
Ce traitement assure une alimentation suffisante pendant des semaines ou des
mois et évite un épuisement et une morbidité dus à la malnutrition lors d'une
affection chirurgicale de longue durée, comme par exemple chez le
polytraumatisé, dans la péritonite, la pancréatite et des complications digestives
d'une opération. L'état nutritionnel peut également être amélioré par la NP
lors du traitement d'une tumeur maligne. Un tel traitement est cher.
PROBLEMES RESPIRATOIRES EN CHIRURGIE
1. Facteurs de risques préopératoires Les facteurs suivants prédisposent le patient
chirurgical à présenter des problèmes respiratoires dans la phase
postopératoire:
-
obésité
-
mauvais état général (jaunisse, cirrhose, diabète sucré)
-
âge avancé
-
maladie pulmonaire chronique, surtout bronchite obstructive chronique
-
surinfection des voies aériennes supérieures ou inférieures, pneumonie
-
insuffisance cardiaque.
2. Altérations des fonctions pulmonaires en phase per- et postopératoire
Les volumes pulmonaires (capacité
résiduelle fonctionnelle, capacité vitale, volume courant) et la compliance
sont diminués en phase per- et
postopératoire par:
-
l'anesthésie d’inhalation.
-
une augmentation du volume et de la pression intra abdominaux (iléus) causant
une position
défavorable et une mobilité
diminuée du diaphragme
-
une position antalgique.
Les agents anesthésiques
produisent une redistribution de la perfusion pulmonaire. Ainsi, les rapports
espaces mort/volume courant et ventilation/perfusion sont perturbés dans le
poumon, et en conséquence les besoins de ventilation par minute sont augmentés,
tandis que l'échange gazeux et l'oxygénation artérielle se perturbent. D'autres
facteurs comme une bactériémie provoquée par l'acte chirurgical donnant lieu à
une infection per ou postopératoire, ou une atteinte directe ou indirecte des
parties neuro-musculaires de l'appareil respiratoire peuvent contribuer à une
décompensation respiratoire.
3. Complications pulmonaires postopératoires et post-traumatiques
(surtout post anesthésie générale)
a) Atélectasie, encombrement bronchique
L'hypoventilation de certaines
régions pulmonaires après une intervention favorise le collapsus alvéolaire et
la formation d'atélectasie. L’atélectasie est l’aplatissement d’une partie ou
de la totalité d’un poumon sans interruption de la circulation sanguine. Ce
phénomène est fréquent chez les patients après chirurgie abdominale haute, chez
les sujets obèses ou lors d'une position antalgique. Les douleurs provoquées
par la respiration profonde et la toux, ainsi que la diminution des réflexes au
niveau des voies aériennes causées par les antalgiques ont comme résultat un
encombrement bronchique.
Une mobilisation (lever)
précoce, une thérapie respiratoire bien conduite et une analgésie adéquate
permettent de prévenir et de traiter ces complications dans la plus grande
partie des cas.
b) Pneumonie par aspiration (Syndrome de Mendelson)
L'inhalation de liquide
provenant du pharynx ou du tube digestif est relativement fréquente dans la
phase postopératoire, facilitée par l’absence d'une sonde gastrique et un
cardia incompétent ainsi qu'une absence de réflexe de toux efficace. Les
manifestations cliniques peuvent être extrêmement graves.
La prévention d'une aspiration
bronchique inclut la bonne préparation, l’intubation orotracheale et
médications préopératoires.
c) Oedème aigu du poumon (OAP)
L'œdème aigu du poumon est
caractérisé par une sortie massive de liquide du lit capillaire pulmonaire dans
le tissu interstitiel. Les causes peuvent être cardiogéniques, une septicémie,
ou une embolie. Le traitement de l'OAP doit comporter un apport massif
d'oxygène par un masque, une normalisation des pressions microvasculaires
pulmonaires par des vasodilatateurs, des cardiotoniques ou des diurétiques, et
une assistance ventilatoire.
d) Embolie pulmonaire
Les embolies thrombotique,
graisseuse et amniotique produisent des perturbations similaires au niveau du
poumon. Traitement prophylactique pre- et postopératoire surtout le lever
précoce et l’utilisation d’aspirine.
Chapitre 4 Les traumatismes en général et de quelques régions spécifiques
a. Traumatismes fermés ou contusion
(Contusion = œdème ou hématome.
Ecchymose = suffusion de sang dans les tissus sous cutanés.)
b. Traumatismes ouverts ou plaies.
Anatomie pathologie
1. Les coupures: par instruments
tranchants (couteau) sont en général franches et nettes. Elles exposent plus
particulièrement aux sections tendineuses, nerveuses et vasculaires.
2. Les piqûres: ce sont les
innombrables plaies par aiguilles, clous. Elles sont discrètes, sans des
grosses lésions.
3. Les plaies de guerre: outre
la gravité les corps étrangers et l'importance de la plaie, il existe un
problème surajouté: le choc, qu'il faut traiter avant tout. Ces plaies sont
souvent sales et doivent être traités sans
suture primaire.
Complications
1. Hémorragie primaire: un vaisseau sectionné qui a
besoin de ligature ou réparation.
2. Hémorragies
secondaires :
Principes de traitement des plaies des parties molles
Les plaies des parties molles sont
une urgence chirurgicale et aucun traitement médical ne permet de surseoir à
l'acte opératoire.
Le traitement prophylactique
pour tétanos est capital.
Les deux éléments essentiels de
la plaie sont: 1. une destruction des tissus atteints surtout des masses
musculaires qui sont vouées à l'élimination
et constituent un milieu particulièrement favorable à l'infection.
2. une souillure septique.
Les buts de l'intervention sera:
-
d'explorer les lésions
-
d'enlever tous les tissus voués à la nécrose en même temps que les germes qui
les souillent (parage),
-de favoriser la cicatrisation.
La préparation de la peau autour
de la plaie est un temps essentiel et il faut souligner le rôle important de
l'infirmière dans cette préparation qui consiste en:
-
Savonnage et brossage de toute la région
-
rasage des poils
-
nettoyage
-
passage de l'éther ou de l'alcool iodé sur la peau saine ou tour

Le
traitement proprement dit de la plaie comprend 2 temps:
a. Sutures des plaies :
Il y a les points de
suture 1. Simple, 2. Matelassier 3. En
bourse. On essaye d’affronter les bords
de la plaie de façon assez lâche mais sans espaces libres en gardant environ
En sommaire et en termes pratiques : Technique pour une blessure:
1.
Anesthésie
2.
Brossez
vigoureusement la région avoisinante
3.
Extraction
des corps étrangers
4.
Prolonger la
plaie longitudinalement pour contrôler les lésions.
5.
Excisez
tous les tissus sphacélés (n’extrayez que de très petits fragments osseux
manifestement libres)
6.
Ligaturez
chaque vaisseau sectionné.
7.
Soit :
a) Affrontez sans serrer les vaisseaux sanguins
b) Ou laissez ouverts avec une
mèche sil la plaie date de plus de 6 ou 12 heures.
Traumatismes abdominaux par agression : Un série de cas en Afrique a
montré : 1. une arme blanche dans 70 % des cas, 2. une arme à feu dans 15% des cas et 3.une
contusion abdominale dans 15% avec une
mortalité globale d’environ 10%.
On distingue les plaies
abdominales suivantes :
a. Plaies non pénétrantes:
péritoine intact
- Possibilité d’hématome important (artère épigastrique)
- Que le trajet soit borgne ou en séton, il peut contenir des corps
étrangers et doit être exploré et traité chirurgicalement.
- Parfois lésion des viscères sous-péritonéaux ou accolés : reins,
côlon, face postérieure du foie.
- Enfin l’importance de la perte de substance (cutanée ou musculaire)
peut poser un difficile problème de réparation.
b.
Plaies
pénétrantes (une laparotomie est
obligatoire)
- Simples, sans lésions viscérales, mais le grêle ou l’épiploon peuvent
faire hernie par l’orifice.
- Avec lésions viscérales: "plaies perforantes"
La plaie peut intéresser le viscère lui-même ou son méso (mésentère),
les lésions sont souvent multiples (37 % en cas de plaies de guerre) toutes
conditions qui imposent lors de l’intervention une exploration douce et
minutieuse de tous les viscères intra-abdominaux et de leurs vaisseaux.

c.
Plaies
mixtes
Il est possible qu’un viscère abdominal soit lésé par un projectile dont
le point de pénétration ne siège pas forcément au niveau même de la paroi
abdominale. Aux limites supérieures et inférieures de l’abdomen peuvent
s’observer des atteintes mixtes.
On conseille une
laparotomie chaque fois qu’il y a la possibilité d’une brèche du péritoine.
Traumatisme cérébral : Le traumatisme cérébral provoque une perte de conscience
suivie d’amnésie rétrograde. S’il y a une hémorragie dans la boite crânienne,
le patient peut passer du sommeil au coma profond.
Donc on examine au moins chaque demi heure :
1 L’état de conscience :
a) Normale
b) Agitation (non coopération)
c) Obnubilation (manque de lucidité, torpeur)
d) Somnolence
e) Confusion
f) Coma (vigil, carus, ou
dépassé) Le coma est " un état de non-réponse dans lequel le sujet repose
les yeux fermés et ne peut être réveillé " (Plum et Posner ).
2. Les signes cliniques et vitaux – l’hypertension crânienne se montre
par une bradycardie et une hypertension artérielle.
Céphalées dans la 2°
partie de la nuit
Vomissements faciles,
matinaux, terminant l’accès de céphalées, ne gênant pas l’alimentation
Troubles visuels : Stase
papillaire. Diplopie par atteinte du VI (occulomoteur externe).
Signes accessoires :
Troubles de l’humeur (apathie, bradypsychie, irritabilité). Crises comitiales
généralisées. Troubles endocriniens divers
Troubles neurovégétatifs :
bradycardie, HTA, troubles du rythme, troubles respiratoires
3. Les signes oculaires – l’inégalité des pupilles – une lésion est sur
le coté d’une mydriase (dilatation de la pupille).
4. Examens des réaction aux stimuli : la réponse 1. Des yeux, 2.
Verbale 3. Des mouvements des membres.)
5. L’échelle de Glasgow :
A. CHEZ L’ADULTE
|
A Yeux ouverture |
Spontanée |
4 |
||
|
|
par commande |
3 |
||
|
|
A la douleur |
2 |
||
|
(A
mesurer et totaliser ces changements chaque demi heure) Normal : 15 Peu d’anomalies : 13 – 14 Anomalies modérées: 08 -
12 Traumatisme sévère :
03 - 07 |
néant |
1 |
||
|
B. Motricité |
Obéir |
6 |
||
|
|
Localisation |
5 |
||
|
|
Fuite |
4 |
||
|
|
Flexion |
3 |
||
|
|
Babinski |
2 |
||
|
|
néant |
1 |
||
|
C Vocalisation
|
Normale |
5 |
||
|
|
Confusion |
4 |
||
|
|
Inappropriée |
3 |
||
|
|
Sons seulement |
2 |
||
|
|
néant |
1 |
||
|
.Total /15 |
|
|
B. CHEZ L‘ENFANT
1. Mouvement des yeux
¨
Dirigé
(suit par exemple le visage de sa mère) 1
¨
non dirigé 0
2. Réponse verbale
¨
appropriée 2
¨
.inappropriée
ou gémissement 1
¨
aucune 0
3. Meilleures réponse motrice
¨
localisation
des stimulus douloureux 2
¨
.retrait
des membres à la douleur 1
¨
réponse no
spécifique ou absente 0
Total : 0-5
Les complications sont : 1. œdème cérébral, 2. Fracture du crâne
(on doit faire la levée d’une embarrure) 3. Rhinorrhée et otorrhée avec liquide
céphalo-rachidienne (avec le risque de méningite). 4. Hématome sous durale.
Les hématomes épiduraux (sang collecté entre la boîte crânienne et la
dure-mère) sont provoqués par le saignement des artères, plus fréquemment des
lésions de l'artère méningée moyenne. Les symptômes apparaissent habituellement
à quelques heures du traumatisme, et consistent en une augmentation des
céphalées, un trouble de la conscience, un déficit moteur et des troubles
pupillaires. Un intervalle libre de relative normalité neurologique précède
souvent les symptômes neurologiques. L'hématome épidural est moins fréquent que
le sous dural, mais il est important de savoir que son évacuation précoce peut
prévenir le déplacement et la compression rapide de l'encéphale, qui peuvent
provoquer des déficits neurologiques permanents ou fatals. Des traits de
fracture au niveau de l'os temporal font penser au diagnostic, mais parfois ils
peuvent manquer. Des trous de trépan doivent être exécutés rapidement, à la
fois pour le diagnostic et pour l'évacuation de l'hématome extradural.
L'épilepsie post-traumatique, avec ses crises qui apparaissent à
distance, parfois plusieurs années après le traumatisme, est consécutive à 10 %
environ des traumatismes crâniens fermés et à 40 % des plaies pénétrantes. Un
état végétatif persistant chronique (EVC) peut succéder aux traumatismes
crâniens très graves qui compromettent les fonctions cognitives du pros
encéphale, mais qui épargnent le tronc cérébral. L'EVC peut durer plusieurs
années. Dans ce syndrome, la conscience de soi est absente, mais les réflexes
autonomes et moteurs, ainsi que des cycles de sommeil veille normaux sont
préservés. Peu de patients sortent de cet état végétatif s'il dure plus de 3
mois, et presque aucun après 6 mois.
On a eu jamais les conditions idéales pour faire la trépanation. On peut
la faire avec un ostéotome et un marteau.

• Chez le
nourrisson et le petit enfant, le tableau classique (perte de connaissance initiale, intervalle libre, aggravation
secondaire avec déficit controlatéral à la fracture puis mydriase homo latérale
et bradycardie) n'est pas toujours net. L'intervalle libre est rarement
clairement présent et peut parfois être de plusieurs jours. La bradycardie peut
être remplacée par une tachycardie liée à la spoliation sanguine. L'apparition
des symptômes est souvent brutale et la décompensation neurologique très
rapide.
• La chirurgie est
indiquée en urgence, associée à la correction de la spoliation sanguine.
Les études importantes en 2004 ont montré que les stéroïdes défavorisent
une guérison (il y avait plus de mortalité du groupe avec stéroïdes, que sans
stéroïdes).
3. Traumatisme thoracique. Les fractures
des cotes guérissent sans complication.
Il peut y avoir un pneumothorax ou hémothorax qui demande un drainage
thoracique.

4. Les lésions traumatiques du
squelette sont plus fréquentes chez l'enfant que chez l'adulte. La
consolidation est rapide et les capacités de remodelage sont excellentes chez
les enfants. La souplesse de l'os, l'importance et la fragilité des structures
cartilagineuses, l'évolution morphologique du squelette donnent un aspect
particulier à la plupart des fractures chez l'enfant. Le diagnostic d'une
lésion traumatique du squelette repose sur la confrontation de :
2. Le bilan radiologique. Il est indispensable d'effectuer par principe
- des clichés permettant une bonne analyse de l'os et des parties
molles;
- des incidences de face et de profil ou des incidences orthogonales en
cas de déformation importante ou d'impotence empêchant la réalisation des
incidences de référence;
- des clichés englobant les articulations sus et sous jacentes.
Si les clichés initiaux paraissent normaux, en discordance avec l'examen
clinique, des clichés complémentaires en double obliquité sur la zone contuse et
douloureuse sont indispensables à réaliser.
Les fractures peuvent être confondues sur la radio avec le cartilage de
conjugaison, les trabécules, et l’artère nourricière.
Le traitement immédiat des fractures est l’immobilisation temporaire
puis la réduction (remettre dans leur propre position) puis la contention (=
garder cette position avec un appareil plâtrée, l’extension, ou la fixation
chirurgicale externe ou interne).
Méthodes orthopédiques:
• Elle peut se justifier pour des fractures stables parfois vues
tardivement chez les petits (fractures en bois vert, fractures de fatigue,....)
ou pour des fractures engrenées et/ou stables (extrémité supérieure de
l'humérus, clavicule,...)
2. L'immobilisation
plâtrée

• C'est le traitement de
choix mais répond à des critères stricts.
- Plâtre circulaire ou
attelle plâtrée prenant l'articulation sus et sous jacente, protégé par jersey
et/ou coton selon les habitudes, en respectant les plis de flexion.
- la position du membre
immobilisé est définie selon le membre et selon le type de fracture.
- les résines synthétiques
ont des avantages de confort mais leur prix est plus élevé, leur mise en place
plus difficile et leurs complications plus fréquentes. Ces inconvénients
doivent en faire mesurer l'utilisation chez l'enfant.
• Le plâtre doit être
indiqué chaque fois qu'il est possible.
3. La traction
• Elle peut être une
méthode d'attente de quelques heures ou quelques jours ,par exemple le temps de
compléter le bilan d'un polytraumatisé. Elle peut faire partie à part entière
du traitement par exemple quelques semaines le temps de stabiliser un foyer de
fracture avant un plâtre ou afin de surveiller des lésions des parties molles
tout en alignant le foyer .Son coût en journées d'hospitalisation en fera sans
doute diminuer les indications dans l'avenir.

Méthodes chirurgicales (ostéosynthèse)
• Il ne s'agit en aucun
cas de la transposition des techniques adultes à l'enfant. Chez l'enfant une ostéosynthèse
rigide est inutile voir nuisible.
• Percutané ou sous
contrôle chirurgical. Il s'agit d'une méthode de choix pour les petits os des
extrémités et les extrémités des os longs (poignet, coude,...). Les broches peuvent
transfixier le foyer ou réaliser un effet console. Un clou intramedulaire est
utilise pour les fractures transverses du diaphyse fémoral.
2 Le Vissage
• Sur une diaphyse il a
les inconvénients d'une ostéosynthèse mais qui est insuffisante nécessitant un
plâtre complémentaire qui a aussi ses inconvénients. Il peut être utilisé en
complément d'une autre technique(plaque plus vissage de rappel d'un troisième
fragment). Il s'utilise surtout pour fixer des fragments apophysaires
métaphysaires ou épiphysaires.

Fractures pathologiques
Elles surviennent sur un os
fragilisé par une lésion focale ou une atteinte générale.
Les lésions focales sont de type lytique: kyste simple (fréquent au
niveau de l'humérus) ou anévrismal, fibrome non ossifiant, plus rarement tumeur
maligne.
Les maladies générales sont nombreuses constitutionnelles ou acquises,
aboutissant à une fragilité osseuse: cancers (ostéophiles), ostéoporose,
ostéogenèse imparfaite, rachitisme, maladie neurologique, corticothérapie, ostéodystrophie
rénale, ostéomyélite, tuberculose, hyperparathyroidie .....
Chapitre 5 Les infections en chirurgie
Quand on fait une brèche
dans la peau, l’introduction de l’infection est toujours la complication qu’on
craint.
L'infection: C'est l'envahissement de l'organisme par un germe
pathogène.
La sepsie: C’est
l'état d'un organisme infecté ou contaminé par les pathogènes.
L'inflammation: C'est l'ensemble des
phénomènes se produisant au point irrité
par un agent pathogène.
Lorsqu'un
agent pathogène, un germe pyogène par exemple, pénètre en un point de
l'organisme, il y a infection locale et il se produit une série de phénomènes
qui caractérisent l'inflammation. (voir en haut)
Cette série de phénomènes aide la guérison et comprend:
- des changements
circulatoires locaux, avant tout une vasodilatation active
- la
diapédèse: c'est l'issue hors des vaisseaux dilatés d'un certain nombre de
globules blancs (leucodiapédèse).
- une
exsudation séreuse, c'est-à-dire la sortie hors des vaisseaux d'une certaine
quantité de liquide.
- des
altérations cellulaires locales participant à la défense de l'organisme.
Cliniquement
L'inflammation se traduit par 4
symptômes cardinaux:
1.- douleur 3.- tuméfaction
2.- chaleur locale 4.- rougeur
* C'est le
quadrilatère de CELSE.
Il faut
ajouter en 5è position la "functio lesae" (Perte de fonction).
Cet ensemble,
appelé quadrilatère de Celse (dolor, calor, tumor, rubor) va aboutir suivant les
cas, la virulence des germes, et la défense de l’organisme à une infection.
L'infection
chirurgicale est très différente de l'infection médicale. Après une opération
ou un traumatisme, il existe souvent un "foyer" favorable à
l'infection (nécrose tissulaire, thrombose, foyer contus) et défavorable à
l'action des antibiotiques.
ORIGINES
DE L'INFECTION
Lorsqu'une
infection se déclare dans un organisme, il peut s'agir d'une :
- hétéro
infection: le germe provient d'un autre organisme qui vient contaminer un sujet
sain (salive, urines, selles,...)
-
auto-infection: exaltation du pouvoir pathogène jusqu'alors latent d'un hôte
microbien.
LES
VOIES DE PENETRATION :
- peau
- les muqueuses: digestive, respiratoire,
conjonctivale
- plus rarement un acte thérapeutique:
injection (abcès iatrogène), ponction
lombaire, etc.
ASPECTS
CLINIQUES
1.-
Incubation: période située entre la pénétration du germe dans l'organisme et
les premières manifestations cliniques. Cette période de latence est nécessaire
à la multiplication du germe et à l'élaboration des toxines.
2.- Période
d'état: l'infection peut alors revêtir l'un des quatre aspects suivants:
-
toxi-infection - suppuration
circonscrite - septicémie -
septico-pyohémie
3.- Evolution
: guérison ou décès.
QUELQUES PRINCIPALES INFECTIONS
I. ABCES CHAUD
Définition: C'est une collection purulente aiguë qui présente tous les signes
d'inflammation. C'est un phlegmon circonscrit, la collection est en effet
nettement localisée et elle se constitue dans une cavité fibreuse néoformée.
.
Etiologie la plus fréquente: staphylocoque blanc ou doré (abcès superficiel), ou colibacille (abcès
abdominal).
Il y a une paroi, une membrane pyogène et un contenu, le pus – un mélange
des globules blancs morts et tissu nécrosé.
Cliniquement, L'abcès chaud
présente tous les signes de l'inflammation: c'est une tuméfaction rouge et
chaude plus ou moins importante avec une douleur lancinante et brûlante.
La fluctuation est un mouvement ondulatoire
obtenu en déprimant ou en percutant la paroi avec une main tandis que l'autre
est placée de façon à percevoir ce mouvement. C’est le signe de liquide dans un
gonflement. L'apparition de la fluctuation
impose l'incision et l'évacuation du pus.
Principes de traitement : Le moment que le pus se
manifeste on doit le faire sortir: c'est l'incision large et
l'évacuation de tout le pus en mettant à plat toute la cavité et en effondrant
les logettes de refend et les brides (acte appelé incision drainage). PUIS on peut donner les antibiotiques.
- Non opéré:
l'abcès évolue le plus souvent vers la fistulisation à la peau, le mode de
drainage est souvent insuffisant et peut laisser persister une rétention
purulente responsable des complications qui peuvent être:
* locorégionales: lymphangites,
adénites, adénophlegmon.
* générales : septicémies, septicopyoémies.
2. LE PHLEGMON DIFFUS:
C'est une
inflammation du tissu cellulaire caractérisé par 2 faits:
- anatomiquement: diffusion de l'infection
sans aucune tendance à la limitation et avec nécrose massive des tissus
infectés.
- cliniquement: un mauvais état
général, une extension rapide des lésions et une évolution souvent mortelle.
Etiologie:
streptocoque, anaérobies, ...
Porte d'entrée:
simple excoriation, simple plaie, piqûre, injection.
Clinique: le
début est dominé par:
- des signes généraux (frissons, fièvre).
- malaise général: vomissements parfois
diarrhée, dyspnée, langue sèche, insomnie ainsi que délire ou prostration.
- signes physiques:
gonflement diffus du membre, très douloureux, avec sensation de tension
œdème important douloureux: godet négatif (-)
la peau est rouge, luisante, avec par endroits des placards livides
(petites tâches violacées).
Traitement
1) Antibiothérapie massive et polyvalente
2) une thérapeutique générale visant à soutenir le cœur, la
respiration,...
3) Traitement local:
Faire des incisions
longues et larges: multiples Nettoyage abondant.
Drainage suffisant.
La guérison est toujours lente à obtenir.
3. LYMPHANGITE AIGUE
Définition: C'est l'inflammation aiguë des vaisseaux lymphatiques liée à la
pénétration souvent au niveau d'une plaie banale en apparence, particulièrement
aux doigts et aux orteils dont le derme est parcouru par des nombreux
capillaires lymphatiques.
Les germes les
plus fréquemment en cause sont: les streptocoques.
Toute
inflammation ayant pénétré le réseau lymphatique engendre le plus souvent une
adénite qui peut être éphémère. Les antibiotiques ont diminué la fréquence et
la gravité de ces infections.
Traitement
1. Prophylactique: traitement
immédiat de la plaie.
2. Au stade congestif: enveloppe
humide, pansement chaud alcoolisé. Elévation du membre.
3. Antibiothérapie.
4. ADENITE AIGUE
Définition: C'est
l'inflammation aiguë d'un ganglion lymphatique. Elle est secondaire à une
infection siégeant dans le territoire lymphatique drainé par le ganglion
infecté.

5. ABCES FROID
Définition: C'est une collection
purulente caractérisée par sa formation lente et l'absence des signes cardinaux
de l'inflammation.
Le germe
responsable est dans l'immense majorité des cas le bacille de Koch, donc
l'origine est tuberculeuse. L'abcès froid peut être isolé ou au contraire
secondaire à une affection de voisinage ou à distance, une localisation
ganglionnaire ou un abcès migrateur à distance d'un mal de Pott.
La cavité de l'abcès comprend une paroi faite de différents éléments
avec une couche externe parsemée des points jaunâtres et grisâtres. Le contenu
est mal lié, jaune séreux et tient en suspension des débris caséeux (comme le
fromage). Ce pus renferme des débris à peine reconnaissables et
exceptionnellement des bacilles responsables de la tuberculose. On met ces BK en évidence:
-
exceptionnellement à l'examen direct au microscope après coloration de Ziehl Nielsen.
- le plus
souvent soit par culture sur milieu de Löwenstein soit par inoculation au
cobaye.
Evolution
Elle est assez
lente et se fait vers le ramollissement; sans traitement. Il peut s'enkyster et
se calcifier et persister sous forme d'un noyau dur et indolore. Il peut aussi
s'ulcérer et créer une fistule donnant issue à un pus caséeux. Cette fistule a
des caractères particuliers:- c'est une
ulcération à bords minces, décollés,
entourée d'une peau mince et violacée, elle n'a aucune tendance à la guérison
et à la cicatrisation.
Elle peut se
transformer par envahissement de germes exogènes et donner lieu à un
réchauffement donc à un abcès chaud.
Quel que soit
le stade de cet abcès froid tuberculeux, il faut faire le bilan de la TBC:
1)
interrogatoire: notion de contage, primo-infection récente ou antécédents de
TBC connus.
2) bilan
clinique complet recherchant:
- les signes classiques
d'imprégnation tuberculeuse
- une autre localisation
tuberculeuse: poumons, os, articulations, aires ganglionnaires.
- l'existence d'une tare
associée
3) bilan para
clinique
- Radiographie des poumons
- Fistulographie lipiodolée
- GB & FL, VS
- Examen bactériologique du pus retiré par
ponction de l'abcès et du liquide du tubage gastrique.
Un traitement
avec PATI 4.
6. FURONCLE
C’est un petit
abcès
C'est l'infection d'un follicule pilo-sébacé qui aboutit à sa
nécrose. LE BOURBILLON est l’amas de
matière sébacée infectée qui s'élimine, laissant derrière un cratère qui
suppure encore un peu et finit par
se combler de bourgeons charnus.
Le siège du furoncle est très
varié; il faut citer:
- siège
le plus fréquent : la NUQUE.
- le
furoncle de la fesse, très pénible de par son siège et souvent récidivant.
- le furoncle de la face dorsale des doigts réalisant un
panaris anthracoïde.
-
le furoncle de la rangée ciliaire ou orgelet.
-
celui du conduit auditif externe, très douloureux.
-
un siège est particulièrement important: le furoncle du visage à cause
de l’extension veineuse aux sinus veineux de la boite crânienne.
7. ANTHRAX
Un anthrax est
réalisé par l'évolution simultanée et contiguë de plusieurs furoncles: c'est
une agglomération de furoncles qui laisse un grand ulcère qui guérit très
lentement. .
Les antibiotiques sont nécessaires pour le
guérir.
8. LE PANARIS
Nom donné à
toutes les inflammations aiguës des doigts quelles que soient leur nature, leur
étendue, leur profondeur. Tout l’intérêt des panaris réside dans leurs
complications éventuelles avec au premier plan le phlegmon des gaines digitales
et surtout palmaires. Ces complications surviennent dans l'immense majorité des
cas d'un panaris négligé ou mal traité.
Le plus
fréquent est le PANARIS DE LA PULPE:
Il est en
général consécutif à une inoculation directe ou à un panaris superficiel qui a
fusé vers la profondeur en bouton de chemise.
Cliniquement,
3 signes sont importants :
1. la douleur,
vive, pulsatile et lancinante
2. les
battements surtout marqués en position déclive
3.-l'insomnie
en général nette.
L'examen
révèle:
- au
niveau de la pulpe: une rougeur, un gonflement. La pulpe est tendue, très douloureuse.
-
sur la face dorsale, il existe un œdème qui entoure l'ongle et à distance il
est fréquent de voir une petite traînée lymphangitique.
-
une adénopathie axillaire ou au niveau de l'épitrochlée est fréquente et est
systématiquement recherchée.
Traitement
médical peut être intéressant au début:
- Traitement local: bains chauds
- Traitement AB: Pénicilline ou autre
antibiotique
MAIS Le traitement chirurgical est la règle : le moment de l'incision
doit être faite à temps, ni trop tard, ni trop précoce; il faut savoir attendre
la collection du pus.
Le drainage est nécessaire et la mise en
place de lames de caoutchouc peut être nécessaire par une contre incision.
9. LA GANGRENE GAZEUSE
C'est surtout
une complication des plaies de guerre et elle est heureusement rare. On la voit
surtout dans les plaies avec gros délabrements musculaires comme à la cuisse ou
à la fesse chez les blessés tardivement traités. Les germes anaérobies
(clostridium perfinges) vivent dans les tissus sphacélés ou les corps
étrangers, la ou il n’y a pas d’oxygène. Les premiers symptômes apparaissent
vers le 3è ou 4è jour sous forme d'une sensation de pansement trop serré avec
tension locale. Le blessé présente une angoisse particulière, il est pâle,
découragé, nauséeux.
Le signe
caractéristique est l'infiltration gazeuse évidente que la main perçoit sous
forme de crépitation dans toute la zone envahie. Les zones saines sont
rapidement envahies et la gangrène remonte à la racine du membre en 24 ou 48
heures.
- Le blessé devient vite obnubilé,
indifférent.
Des
vomissements apparaissent ainsi que des signes
respiratoires sous forme de dyspnée.
La prévention
est faite par :
1. Détersion méticuleuse de toute plaie.
2. Le traitement des plaies tardivement vu, à
ciel ouvert.
L'évolution se
fait vers la mort en 24 à 48 heures dans la torpeur et un tableau de toxémie
avec collapsus cardiaque. En cas de
gangrène déclarée, la pénicilline à doses massives associée à une amputation haute
ne guérissent pas toujours le blessé. (La pénicilline ne pénètre pas dans les
tissus sans perfusion).
10. LE TETANOS
Il est plus
fréquent pour les petites plaies par coupures et piqûres pour lesquelles le
blessé n'a pas reçu de vaccin antitétanique.
Le tétanos est une affection répandue dans le monde entier, due à la
tétanospasmine, une partie de l'exotoxine produite par le bacille du tétanos
(clostridium tetani) un autre bacille anaérobique.
La prévention
est faite par :
1. Le vaccin
antitétanique chez tout patient avec une plaie
2. La
détersion méticuleuse de chaque plaie.
3. Le
traitement des plaies tardivement vu, à ciel ouvert.
Dans plusieurs
parties de l’Asie, d’Afrique et d’Amérique du Sud, le tétanos est la principale
cause de mortalité infantile. Le cordon est une structure sans circulation
après la naissance et il invite une infection des anaérobiques. L’instrument
utilise pour la section du cordon ombilical joue un rôle aussi important que
les pansements non stériles.
Temps
d'incubation : C'est l'intervalle qui sépare l'infection de la maladie. Il peut
aller de 2 à 60 jours. Un temps d'incubation bref laisse prévoir une évolution
grave.
Le tableau
clinique est dominé par des crampes toniques. L'intensité de ces contractures
varie, de même que leur localisation. Les contractures proprement dites
débutent dans les muscles masticateurs où elles entraînent un trismus et le
rire sardonique caractéristique, puis elles s'étendent au cou, à la nuque et la
musculature du dos (opisthotonos).
Pronostic : Favorable pour las cas
modérés, dans les cas graves la létalité va de 30 à 70%. La létalité totale est
encore supérieure à 40%.
Prophylaxie Immunisation active
Vaccin =
anatoxine = toxine tétanique absorbée par différents procédés et formolée.
L'immunisation active est la meilleure mesure préventive (moins d'un échec sur
2 millions de vaccinations). De plus, elle est absolument inoffensive. Même les
petits enfants, les personnes atteintes d'affections allergiques, les
tuberculeux, peuvent être vaccinés. La vaccination totale comprend deux ou
mieux trois injections sous-cutanées ou intramusculaires à intervalles de 4
semaines au minimum. Il existe des vaccins combinés, dont l'emploi est
largement répandu.
La protection
par la vaccination n'intervient qu'une semaine après la seconde injection, si
bien que l'immunisation active pratiquée après un accident est efficace trop
tardivement pour prévenir un tétanos. Pour protéger les blessés non vaccinés on
recourt alors à la combinaison du vaccin et du sérum antitétaniques.
On peut par
contre éviter à 100% le tétanos des nouveau-nés par une vaccination active des
femmes enceintes.
Durée de la
protection immédiate (durée de 5 à 10 ans) et qu'il faut renouveler, et
l'immunité de base (= immunité latente = possibilité de réactivation = réaction
amnésique).
La
réactivation se fait par l'injection complémentaire d'une dose de vaccin soit
comme nouvelle mesure préventive, soit lors d'une blessure comme prophylaxie
immédiate.
Traitement du tétanos
Il est
symptomatique et ne peut être efficace que s'il est appliqué dans les centres
spécialisés (centre des soins intensifs). On a pu améliorer le pronostic de
certains patients jeunes en combinant les myorelaxants à la respiration
assistée continue. La mortalité reste cependant de 10% à 30%. L'investissement
thérapeutique est considérable, en particulier pour le traitement des
complications. Pour les cas moyennement graves, ou en cas d'équipement médical
limité, on peut obtenir une relaxation musculaire suffisante par doses élevées
de Diazépam sans avoir besoin de recourir à une respiration artificielle.

11. LES INFECTIONS POST OPERATOIRES:
Le taux d’incidence des
infections postopératoire pour les patients à faible risque a été estimé à 1 %.
Les patients avec un faible risque représentent 60 % des patients opérés, et
sont le groupe pour lequel les mesures de prévention (préparation cutanée
préopératoire, antibioprophylaxie) ont probablement le plus d’impact. En tenant
compte des autres facteurs impliqués dans les infections (urgence, séjour
préopératoire, âge, procédures multiples, intervention à « ciel ouvert »), le
taux d’incidence des patients n’ayant aucun facteur de risque est estimé à 0,8
%. On peut donc estimer qu’environ 1 patient sur 120 développera une infection
postopératoire alors qu’il n’avait aucune raison a priori d’en développer une.
Les résultats ont montré
que les infections profondes, c’est-à-dire de l’organe ou des plans
musculo-aponévrotiques, représentaient environ 40 % des infections. Les
localisations profondes témoignent de la gravité potentielle des infections, et
sont fréquemment responsables d’une reprise opératoire, d’un allongement de la
durée d’hospitalisation, et d’une létalité plus élevée. En chirurgie propre
programmée, dont l’exemple est la prothèse totale de hanche, l’incidence des
infections profondes est particulièrement préoccupante, représentant
probablement un bon indicateur de la qualité des soins et un bon traceur des
infections qu’il faudrait absolument éviter.
Infection postopératoire incisionnelle ou superficielle:
Infection de la peau, du
tissu sous-cutané ou du muscle, au-dessus de l’aponévrose, située au niveau
d’une incision chirurgicale, et survenant dans les 30 jours après
l’intervention. Le diagnostic repose sur les critères suivants, parmi lesquels
au moins un est requis:
- le liquide provenant de
la plaie ou d’un drain situé au-dessus de l’aponévrose est purulent,
- une culture provenant
d’une plaie fermée par première intention est positive,
- le diagnostic
d’infection superficielle de la plaie est posé par le chirurgien ou par le
médecin traitant.
Sont exclues de la
définition d’une infection postopératoire:
-les inflammations ou
abcédations limitées aux points de suture, les infections de brûlures, même
après traitement chirurgical.
Infection postopératoire profonde :
Infection au niveau des
tissus opérés ou de la localisation de l’intervention (sous l’aponévrose), survenant
dans les 30 jours après l’intervention; ce délai peut être prolongé à un an si
un implant a été laissé en place. On comprend ici par implant tout corps
étranger d’origine non-humaine placé de façon permanente chez le patient au
cours d’une intervention chirurgicale.
Le diagnostic repose sur
les critères suivants, parmi lesquels au moins un est requis:
- le liquide (avec ou sans
confirmation par le laboratoire) provenant d’un drain plongeant sous
l’aponévrose est purulent,
- une déhiscence spontanée
de la plaie survient ou une (ré)intervention par le chirurgien, auprès d’un
patient présentant de la fièvre (>38oC) ou une douleur ou une
sensibilité locale; ce critère est supprimé si la culture de la plaie est
négative,
- il y a abcédation ou
autres signes d’infection à l’examen direct, constatés à l’occasion d’une (ré)
intervention, ou démontrés par histopathologie, ou par d’autres moyens
diagnostiques (CT-scan, échographie).
Source des infections :
1. Fautes d’asepsie (de
loin la cause le plus fréquente)
2. Contamination par les
microbes du malade.
La classification des plaies chirurgicales
Pour ces infections on peut subdiviser les interventions chirurgicales en trois catégories.
Chaque catégorie comporte ses propres risques infectieux, à partir desquels la
nécessité ou non d'une prophylaxie peut être décidée.
.1 Les interventions non contaminées (clean).
Les
interventions non contaminées propres ne comprennent ni plaie traumatique, ni
inflammation, ni fautes de technique ou d'hygiène et les voies respiratoires,
gastro-intestinales et génito-urinaires sont laissées intactes.
La
fréquence d'infections de ces interventions doit idéalement rester inférieure à
2%. L’antibioprophylaxie est à conseiller.
.2 Les interventions modérément contaminées (clean
contaminated).
Les
interventions chirurgicales modérément contaminées sont celles qui ne
comportent pas de plaie traumatique, mais qui ont présenté au cours de
l’intervention de légères fautes techniques ou d'hygiène et/ou au cours
desquelles les voies respiratoires, gastro-intestinales ou urogénitales ont été
effractées sans écoulement important. Sont comprises dans cette catégorie les
incisions d'appendice ou des voies biliaires sans inflammation aiguë et
l’ouverture des voies biliaires ou urinaires non infectées.
7La fréquence d’infection de ces
interventions peut atteindre 10% sans prophylaxie. Une prophylaxie pour les
patients à risque est conseillée pour cette raison.
.3 Interventions contaminées à fortement contaminées
(contaminated and dirty)
Contaminée
: plaie traumatique récente d’origine relativement propre, intervention
comportant des fautes techniques ou d’hygiène sérieuse, effraction importante
des voies gastro-intestinales, ouverture des voies biliaires ou urinaires
contaminées, ou incision d’une inflammation aiguë non purulente. Le risque
infectieux atteint dans ce cas aisément 20%. Une prophylaxie est indiquée.
Très contaminée : plaie traumatique d’origine sale
ou traitée tardivement, contaminée par des matières fécales, présence d’un
corps étranger, de tissu nécrotique ou de pus quelle qu’en soit l’origine. Le
risque infectieux atteint dans ce cas rapidement 50% ou plus. Il y a lieu de
donner dans ces cas une cure d’antibiothérapie plutôt qu’une
antibioprophylaxie.
8
Les
agents responsables d’infections de plaies postopératoires doivent être
déterminés et les antibiotiques choisis pour la prophylaxie doivent être actifs
sur ces agents.
Les
agents responsables d’infections de plaie postopératoires diffèrent selon la
sous spécialité chirurgicale et dans la sous spécialité éventuellement encore
selon l’intervention spécifique en fonction de la flore endogène de la région
du corps où se pratique l’intervention. Ainsi on tiendra compte pour les
interventions orthopédiques principalement des staphylocoques et en chirurgie
abdominale principalement des bacilles à Gram-négatif (principalement les
germes aérobies dans la chirurgie gastrique et des voies biliaires et également
les anaérobies dans la chirurgie du colon).
Une
couverture vis-à-vis de la totalité des micro-organismes potentiels n’est
toutefois pas nécessaire; les antibiotiques servent principalement à diminuer
l’inoculum bactérien de telle sorte que les microorganismes restants puissent
être éliminés par les mécanismes de défense naturels du patient. Le rôle des
mécanismes de défense propre du patient est au moins aussi important que celui
des antibiotiques.
L’ administration des antibiotiques prophylactiques
doit se faire suivant un schéma idéal.
Des concentrations
tissulaires adéquates doivent être présentes depuis le moment de la 1ère dose -l’incision jusqu’à la fin
de l’intervention. Ceci implique que : doit être donnée au plus tôt 120 min. et
idéalement 30 min. avant le début réel de l’intervention.
Antibioprophylaxie
– 2 doses 1er au moins 30 minutes avant l’opération.
1. Choix de l’antibiotique
2. Timing correct 30 min préopératoire
3. Durée limitée
4. La nécessite d’une deuxième dose pendant les opérations compliquées.
La plupart des infections se font au bloc. La meilleure prophylaxie des
infections postopératoires est l’utilisation de bonnes techniques d’asepsie au
bloc opératoire.
LA FIEVRE EN POSTOPERATOIRE
Généralités
Fièvre en postopératoire ne veut pas dire nécessairement une infection
Infection postopératoire: principale cause de
morbidité et de mortalité
Chez nous: 23,1% des malades font le palu en postop
(Ahuka et al).
Causes de fièvre postopératoire dans le temps
Les five ‘Ws’:
Wind
Water Wound Walk
Wonder drugs
48 premières heures: atélectasie (wind) par manque
d’une inspiration profonde à cause de la douleur.
3-5 jpo: infection urinaire (Water) associée souvent
au sondage vésical
5-7 jpo: infection de la plaie opératoire (wound) avec
la présence des signes locaux
7-10jpo Thrombophlébite des veines profondes peut
survenir à n’importe quel moment (Walk). Douleur au niveau des mollets avec
tuméfaction. Il faut aussi penser aux phlébites superficielles dues aux accès
veineux pour les perfusions
0-10jpo Hypersensibilité aux médicaments (“wonder
drugs’) peut survenir à n’importe quel moment exprimée par la fièvre,
urticaire, prurit et aisément contrôlé par les antihistaminiques.
Causes de fièvre postopératoire précoce 1.Paludisme 2. Infection postop 3.Maladie thrombo-embolique 4. Déshydratation 5. Transfusion sanguine 6. Allergie médicamenteuse
Mécanisme: contamination
peropératoire par des germes du patient ou de l’équipe chirurgicale.
Mécanismes des infections au site
postopératoire
Contamination Porte d’entrée Germes
Peropératoire Patient S.
Aureus
Infection préalable à distance
Postop immédiat Equipe chirurgicale Bacilles Gram-
Greffe septique Dents, urines, TD, peau
Chapitre 6 Les
Brûlures cutanées
L’importance d’une brûlure de la peau dépend de 2 facteurs :
1.
La surface
brûlée : la règle des "neuf"
de Wallace
2.
Le
degré :
-
1er degré érythème de l’épiderme
-
2eme :
phlyctènes
-
3eme :
perte de tout l’épiderme.

Une
brûlure cutanée est dite grave (importante) s’il y a plus de 10% de surface brulée ou n’importe quelle étendue de 3eme degré.
Soins d’urgence :
1.
Si les
habits sont en feu; enrouler le dans une
couverture
2.
Utiliser beaucoup
d’eau froide pour refroidir le brûlé, ceci peut
prendre une demi-heure.
3.
N’enlever
aucune chose colle sur la brûlure.
4.
Donner les
boissons sucrées à boire.
5.
Transporter
au centre de santé.
La grande brûlure constitue une des grandes causes d'accidents mortels.
Si le phénomène est limité quant au nombre de personnes atteintes, il n'en est
pas moins catastrophique sur le plan humain et particulièrement lourd sur le
plan de la prise en charge. La brûlure grave se différencie de tout autre
traumatisme en ce qu'elle touche un organe recouvrant l'ensemble du corps et
dont la fonction est d'isoler et de protéger l'organisme.
Histoire médicale de la brûlure.
Du point de vue thérapeutique, la prise en charge des brûlures s'est
longtemps résumée à un traitement local par des onguents aussi divers que
folkloriques. A partir des années 1930, la réanimation et les autogreffes (qui,
à l'époque, n'étaient pas effectuées avant la fin du premier mois) devinrent
des traitements de routine : les anesthésistes-réanimateurs furent les premiers
confrontés à ces urgences dont le pronostic vital étaient toujours en jeu.
Par la suite, face à la nécessité de recouvrir rapidement la brûlure, et
en raison des grands progrès scientifiques et plastiques réalisés, les chirurgiens
sont progressivement intervenus, non seulement en phase aiguë (en pratiquant
l'excision greffe précoce dès les premiers jours), mais également en phase de
réparation, en opérant les séquelles.
La brûlure grave se définit soit par une atteinte supérieure à 10 % de
la surface corporelle totale (SCT), soit par une atteinte inférieure à 10 % de
la SCT mais associée à un ou plusieurs des paramètres suivants
- âge < 3 ans ou > 60 ans,
- pathologie associée grave,
- existence de lésions de 3e degré (destruction totale du derme et de
l'épiderme),
- localisation sur le visage, le cou, les mains ou le périnée,
- circonstances liées à une explosion, un incendie en milieu clos ou à
un accident sur la voie publique,
- agents vulnérants électriques ou chimiques
Anatomo-pathologie
1) Premier
degré: correspond à l'atteinte superficielle de l'épiderme. C'est un érythème
simple caractérisé par une vasodilatation cutanée avec tuméfaction et
diapédèse.
2) Deuxième degré: il se
caractérise par la formation des phlyctènes décollant l'épiderme entre la
couche cornée et la couche de malpighie. Le liquide qu'elles contiennent est du
plasma exsudé. Le fond des phlyctènes est formé par le corps papillaire du
derme qui a les formations épidermiques intradermiques (glandes sudoripares,
appareils pilo-sébacés) qui sont encore intactes.
3) Troisième degré: il se définit par une atteinte profonde de la peau
avec formation d'escarres. Toutes les formations épidermiques étant détruites,
toute l'épaisseur de la peau et des tissus atteints se transforme en une
escarre après la chute de laquelle la cicatrisation ne peut se faire que de la
périphérie vers le centre et avec une grande
lenteur.
4è degré:
brûlure de l’aponévrose
5è degré:
brûlure des muscles
6è degré:
brûlure des os
Ces 3 derniers degrés sont appelés
‘CARBONISATION’.
Pathophysiologie
En réalité, il n'existe pas de brûlure sans risques : ces lésions, même
superficielles et peu étendues peuvent, si elles se compliquent et tardent à cicatriser,
entraîner la formation d'une cicatrice indélébile pouvant représenter pour la
victime un véritable drame. La brûlure grave met toujours en jeu le pronostic
vital et l'avenir fonctionnel. En outre, selon Hervé Carsin, "elle est une
sorte de « malédiction physiologique » où l'agression est telle que
« les processus de sauvegarde pour lesquels l'individu est programmé
finissent par se retourner contre lui. »
Ainsi :
1.
la
diminution de la volémie, qui amène l'organisme, lors d'un choc, à privilégier
certaines circulations vitales (au détriment d'autres circulations moins nobles
comme celle du tube digestif) entraîne, chez le brûlé grave,
2.
une
hyperperméabilité intestinale et le passage dans la circulation des bactéries
intestinales et de leurs toxines pouvant entraîner la mort ; ainsi encore,
3.
la fièvre, traduction de l'inflammation et
mécanisme naturel de défense contre l'infection, chez le brûlé devient
constante ce qui, chez ce malade sans peau, induit
4.
une perte
calorique majeure ; enfin,
5.
la rétraction,
premier mécanisme de la plaie qui consiste à cicatriser en limitant la surface
à épidermiser, se solde, lorsque la plaie est de la taille d'une brûlure
étendue, par des brides qui entravent le mouvement des articulations, gênent
l'extension de la tête, empêchent de se fermer."
Aspects thérapeutiques
Les problématiques générales posées par la brûlure grave sont au nombre
de 3 :
1. la fuite massive de plasma pendant la phase de choc
2. la dénutrition pendant la phase de toxémie
Formule de BAUX pour calculer le
pronostic = Age + % brûlée:
>100 = la mort
75 – 100 = grave
50 – 75 = réservé
<25 = bon
1. Phase de CHOC :
La fuite plasmatique apparaît dès les premières minutes après la brûlure
étendue. Elle est secondaire à une augmentation de la perméabilité des
vaisseaux dans les territoires brûlés et les zones adjacentes. Elle pose de
difficiles problèmes thérapeutiques, surtout aux premières heures de
l'évolution. Il y a 20% de décès pendant
la période de la réanimation.
La réanimation doit faire face à une première urgence
: la déshydratation. Dans les cas les plus graves, il faut perfuser
Calcul de la quantité de liquide
à administrer (selon EVANS):
=
2 ml x poids x % de brûlure + 2.000 ml ration de base (R.B.)
Un brûlé de
A ces divers aspects de la réanimation, il faut ajouter celui de la
prise en charge de la douleur.
2. La phase de TOXEMIE
C'est une véritable maladie des
brûlés ou choc secondaire des brûlés. Elle s'étend théoriquement du 2è au 8è
jour. C'est la période de réabsorption des œdèmes.
Cliniquement:
A l'amélioration habituelle de
l'état du blessé vers la 24è heure fait suite une aggravation progressive:
- torpeur ou somnolence pouvant aboutir
au coma
- fièvre qui monte rapidement
- oligurie avec albuminurie et
cylindrurie.
Le risque de dénutrition est majeur. Il s'explique par une augmentation
considérable du métabolisme, véritable emballement du moteur cellulaire qui,
s'il n'est pas contrôlé, aboutit à un état cachectique empêchant les possibilités
de cicatrisation et de lutte contre l'infection. 30% des décès le sont à cause de la
dénutrition.
Le phénomène d'hyper métabolisme provoque une surconsommation de
calories : 5 000 au lieu des 2 500 habituelles.
En effet, chez le grand brûlé, la dépense énergétique est toujours plus
importante que la quantité de calories qu'il peut absorber par nutrition
artificielle : le brûlé se dévore lui-même (sa graisse, mais aussi sa masse
cellulaire active) jusqu'à la mort, si l'on n'intervient pas suffisamment tôt.
Or, actuellement, on ne sait qu'imparfaitement enrayer le processus, diminution
des défenses -> infection -> dénutrition ->
"auto-cannibalisme" accru -> diminution des défenses -> infection
-> dénutrition -> ; qui n'est pas une réaction de défense mais
d'emballement de l'organisme
3. La phase de REPARATION
Les œdèmes sont réabsorbés
souvent assez lentement. Les phénomènes généraux liés à cette période dépendent
des complications locales et de l'infection.
La complication générale la plus fréquente et la plus sévère des
brûlures graves est l'infection. L'absence de barrière cutanée et la dépression
immunitaire qui l'accompagne favorisent la survenue d'infections locales et
générales qui sont responsables de plus de 50 % des décès survenant chez les
grands brûlés.
Localement, l'atteinte cutanée pose également trois problèmes cliniques
spécifiques :
1. un problème de couverture, qui doit être réalisée à la fois
rapidement et avec un tissu le plus proche possible de la peau afin de
reconstituer la barrière cutanée,
2. un problème de rétraction,
3. un problème d'hypertrophie de la cicatrice.
La seule solution est le recouvrement cutané, qu'il faut réaliser le
plus rapidement possible pour éviter l'installation de l'infection qui rendrait
impossible la greffe. Or, en raison du mécanisme de déperdition calorique, ce
recouvrement devient lui-même difficile. Une autre difficulté, en réanimation,
tient à la nécessité, pendant les 48 premières heures, de traiter parallèlement
le choc hypovolémique entraîné par la "plasmorragie", et le choc
traumatique lié aux lésions tissulaires (qui déclenchent la nécrose des
cellules et le passage de leur contenu dans le plasma).
Degrés de brûlure :
En ce qui concerne la lésion cutanée elle-même, la cicatrisation des
brûlures du 1er degré et du 2e degré superficiel se fait spontanément, ce qui
n'est pas le cas des brûlures du 2e degré profond (destruction de la totalité
de l'épiderme et d'une partie du derme; hors derme profond et annexes
épidermiques) et du 3e degré. Deux autres types de problématiques traversent la
prise en charge du grand brûlé pendant toute la durée des soins : il s'agit de
la gestion de la douleur et de l'accompagnement psychologique, rendu nécessaire
par le bouleversement identitaire engendré. En effet, à la suite des grandes
brûlures, on observe des troubles psychologiques dans 25 à 30 % des cas et,
parfois, des comportements temporairement psychiatriques.
- Des traitements multiples, coordonnés, contraignants, au long cours de
la part de réanimateurs, de chirurgiens, de rééducateurs, d'ergothérapeutes, de
nutritionnistes, de psychiatres, de psychologues, d'infirmiers, de
dermatologues, d'assistantes sociales, particulièrement spécialisés et/ou
sensibilisés à cette pathologie.
Deux méthodes de traitement:
1) -
La méthode ouverte avec exposition à l'air:
Après poudrage avec un
antibiotique, le brûlé est couché nu sur des draps stériles sous un cerceau et
moustiquaire. Meilleur avec l’air stérilisé sous pression positive dans la
chambre.
2) - La méthode occlusive avec pansement:
a. Sérum
physiologique – garder un pansement épais imbibé de saline à 50%. Changer le pansement chaque 4 – 8 heures ou
b. appliquer sur la brûlure soit
un tulle gras, ou mieux des compresses imprégnées de pommade antibiotique par
dessus, mettre une bonne épaisseur de compresses
Technique d’un sac en plastique
pour les mains. Encourager beaucoup de
mouvements.
- la contention est assurée par
des bandes velpeau. Pour les brûlures des membres, immobiliser en position de
fonction.
La chirurgie commence avec l’escharotomie. Une incision longitudinale latérale pour les
escarres (brûlure de 3eme degré) circonférentielles.
Le recouvrement de la surface cutanée brûlée. Celui-ci peut être réalisé
de quatre façons : par autogreffe, par allogreffe (solution temporaire), par
greffe de substituts cutanés ou par greffe de culture d'épiderme.
L'autogreffe conventionnelle est la solution classique. Elle consiste à
prélever superficiellement, en zone saine, une ou plusieurs bandes de peau (ce
prélèvement guérit spontanément mais laisse une cicatrice définitive qui
augmente la surface cutanée endommagée) et à en recouvrir les brûlures
profondes après ablation des tissus nécrotiques. Afin de gagner en surface, on
transforme les bandes de peau en un filet (greffe expansée). Ce filet greffé
laisse ensuite une cicatrice "en résille" très caractéristique.
L'idéal est de n'avoir plus de tissus nécrotiques dès la deuxième ou
troisième semaine d'évolution. Lorsque la peau saine existe en quantité
suffisante, l'excision est suivie d'une autogreffe.
La chirurgie séquellaire peut n'entrer en jeu que tardivement, après six
mois voire un an, temps de mise en épreuve des différents autres traitements.
Ce délai permet à la cicatrice de mûrir et de perdre ses caractères
inflammatoires, rendant les interventions plus sûres.
Outre la chirurgie, la prise en charge des séquelles fait également
intervenir un environnement pluridisciplinaire fait de traitements
dermatologiques, kinésithérapiques, ergothérapiques, de compression, de cures
thermales, de suivi et d'aide psychologiques qui contribuent tous à faire
admettre au patient sa nouvelle image, sa nouvelle réalité de vie.
Les espoirs de la recherche se portent vers l'amélioration, d'une part,
du recouvrement cutané, d'autre part, des techniques de culture.
La prévention des risques
On considère que si toutes ces mesures simples étaient appliquées, le
nombre d'accidents par brûlure pourrait être diminué de moitié. Mais de
nombreux intérêts autres que ceux des victimes sont en jeu, et le combat sera
encore long.
Conclusion
La brûlure grave est un traumatisme de vie suffisamment grave et profond
dans la vie des personnes qui en sont victimes, pour qu'il fasse l'objet d'une
vigilance toute particulière de la part de la société. Cette vigilance doit se
manifester tant, en amont, par un effort accru et mieux compris pour en prévenir
les risques, que, dès la phase aiguë, par la systématisation de
l'hospitalisation en centres spécialisés. En effet, il faut insister sur cette
réalité, encore trop souvent déniée, que seule une prise en charge spécialisée
précoce est susceptible d'atténuer de façon significative la souffrance
physique et psychique engendrée par une pathologie dont on ne guérit, de toutes
façons, jamais. C'est à cette responsabilité collective qu'il doit d'abord être
fait appel.
L'homme est un organisme
multicellulaire regroupant plus de 1014 cellules organisées en
tissus, en organes et en systèmes. Le développement et la croissance sont
conditionnés par des processus complexes de régulation de la prolifération, la
différenciation et la mort cellulaires. Ces phénomènes sont également mis en
jeu au cours du renouvellement des cellules à durée de vie limitée, de la
régénération des cellules parenchymateuses détruites et de la cicatrisation des
plaies et des lésions inflammatoires. La bonne régulation de ces processus est
à l'origine de l'homéostasie tissulaire. Des anomalies moléculaires, de cette
régulation sont à l'origine de proliférations mal contrôlées de groupes de
cellules dont l'accumulation aboutit à la formation d'une "tumeur",
macroscopiquement observable ou palpable.
Actuellement, le terme
de "tumeur" tend à être employé au sens de « néoplasme" ou
de "néoplasie", Dans un néoplasme la prolifération cellulaire possède
les caractéristiques uniques, 1.l'échappement aux mécanismes de contrôle normaux, 2. des croissances anarchiques, 3. un défaut
de différenciation, et 4. Une capacité d'envahissement des tissus voisins et de
formation de métastases.
Une autre définition
d’un néoplasme est "toute nouvelle formation tissulaire (plus ou moins
volumineuse) ressemblant (plus ou moins) au tissu normal homologue (adulte ou
embryonnaire) aux dépens duquel elle s'est développée, qui a tendance à
persister et à s'accroître et qui échappe aux règles biologiques de la
croissance et de la différenciation cellulaire".
Cette définition permet
de rendre compte de 4 caractères importants d'une tumeur :
1. il s'agit de la
prolifération qualitativement et quantitativement anormale des éléments
cellulaires d'un tissu organisé.
2. il existe un
accroissement excessif et incoordonné de la tumeur par rapport aux tissus
voisins
3. la prolifération
tumorale se poursuit après arrêt du "stimulus"(cause) qui lui a donné
naissance
4. la prolifération tumorale est biologiquement autonome
Cause des néoplasmes :
Les causes sont
multiples. Souvent ils sont inconnus ou
plusieurs agissent ensemble.
A. La
carcinogenèse chimique est un processus comprenant plusieurs étapes : (1) dans
la phase d'initiation, une cellule qui subit un événement carcinogène peut
potentiellement se transformer en clone cancéreux. (2) Dans la phase de
promotion, qui est réversible, l'existence stable de la prolifération clonale
cancéreuse dépend d'un produit chimique ou d'un agent ayant une activité
carcinogène faible. (3) En phase de progression, les cellules (cancéreuses)
altérées connaissent une croissance irréversible. Parmi les carcinogènes
chimique on cite Benzène (leucémie), asbestose (mésothéliome) et le colorant
aniline (carcinome de la vessie).
B. Les virus
associés à des affections malignes chez l'homme comprennent les papillomavirus
(cancer du col), le herpesHV8 (sarcome de Kaposi), le virus d'Epstein-Barr
(lymphome de Burkitt, lymphome immunoblastique et cancer du nasopharynx) et le
virus de l'hépatite B (carcinome hépatocellulaire). Les rétrovirus humains ont
été associés aux lymphomes cellulaires.
C. L'exposition
aux radiations ionisantes est carcinogène ; p. ex. les survivants d'Hiroshima
et de Nagasaki ont une incidence plus importante que prévue de leucémies et de
plusieurs autres cancers.
D. Les facteurs
génétiques (familiale sont important pour certaines tumeurs comme le
rétinoblastome.
|
Siège |
Facteurs
prédisposants |
|
Peau Cavité
buccale, pharynx, Larynx, Thyroïde Poumon Sein Oesophage Estomac Foie Vésicule biliaire Côlon et
rectum Col utérin Endomètre Vessie Organes
génitaux masculins |
Exposition
excessive aux rayons–x, soleil, arsenic, Goudron,
produit pétrolier Tabagisme,
syphilis, déficience nutritionnelle, Mauvaise
hygiène dentaire Exposition
excessive aux rayons-X , déficience en iode,substances
goitrigènes cigarette,
exposition aux chromates, poussière métallique,
asbestose, pollution de l’air. Nullipare,
autres pathologies antérieures du sein, haute incidence familiale déficience nutritionnelle,
tabagisme , alcoolisme anémie
pernicieuse, achlorhydrie, haute incidence familiale,
groupe sanguin A parasite,
cirrhose, déficience nutritionnelle, aflatoxine cholélithiase
polype,
colite ulcérative, polypose familiale, haute incidence familiale nombreuses
grossesses, relation sexuelle à bas âge, le paternaire non circoncis, irradiation,
déséquilibre endocrinien, obésité, stérilité, et diabète exposition
excessive au colorant et au dérivé chimique de l’aniline, exstrophie vésicale
manque de
circoncision, mauvaise hygiène, phimosis, Cryptorchidie |
Tumeurs bénignes, tumeurs malignes
Certains critères
distinguent classiquement les néoplasmes "bénins" des néoplasmes
"malins"
|
Tumeurs bénignes |
Tumeurs malignes |
|
Bien limitée |
Mal limitée |
|
Encapsulée |
Non
encapsulée |
|
Histologiquement semblable au tissu
d'origine |
Plus ou moins
semblable au tissu d'origine (dédifférenciation, différenciation aberrante) |
|
Cellules régulières |
Cellules irrégulières
(cellules cancéreuses) |
|
Croissance lente |
Croissance
rapide |
|
Refoulement sans destruction des tissus
voisins |
Envahissement
des tissus voisins |
|
Pas de récidive locale après exérèse
complète |
Récidive
possible après exérèse supposée totale |
|
Pas de métastase |
Métastase |
Les Principaux signes du cancer (néoplasme malin)
2. La
tumeur: Certains cancers débutent
par une tumeur (os, ganglions, seins). La tumeur, d'abord petite, évolue avec
plus ou moins de rapidité suivant son siège et sa nature, elle peut devenir
volumineuse.
Les métastases :
D'après les modèles animaux, il
est estimé que pour une tumeur de
Les métastases se développent quand
les cellules tumorales adhèrent à l'endothélium vasculaire et pénètrent dans
les tissus alentours, essaimant à distance des colonies tumorales indépendantes
qui survivent et se multiplient. Ainsi, la croissance tumorale reprend,
altérant le fonctionnement des tissus et des organes normaux. Les nodules
métastatiques peuvent donner naissance à d'autres métastases.
L'examen histologique: Est la
seule méthode d’être certaine du diagnostic.
(1) L'examen des sécrétions: pour dépister les cellules
cancéreuses (cytologie). Par exemple frottis vaginaux selon
Papanicolaou, de produits
d'expectoration (cytologie des crachats), de liquides biologiques (épanchement
pleural, péricardique, péritonéal, liquide céphalo-rachidien, de ponctions de
ganglions lymphatiques ou d'organes profonds (guidées par échographie ou
par tomodensitométrie).
(2) La biopsie extemporanée: consiste à prélever une petite
partie de la tumeur préopératoire. Le fragment prélevé est envoyé chez le
pathologiste qui l’examine et pendant ce temps le chirurgien attend pour un
geste conséquent (conservateur ou radical).
(3) La biopsie: consiste à prélever un petit
fragment de la tumeur et ce prélèvement dépend bien entendu du siège présumé du
cancer. Ce fragment, adressé à l'anatomo-pathologiste, est fixé avec le formol 10%.
Dans le laboratoire elle est sectionnée à 5 microns d’épaisseur, colorée
et examinée histologiquement au microscope.
L'appréciation des
anomalies morphologiques cellulaires constitue un critère majeur du diagnostic
des cancers (cytologie des cancers). Mais l'examen histologique est obligatoire
pour le diagnostic du cancer : il permet en particulier d'apprécier les
anomalies architecturales qui échappent à la cytologie.
Le tissu cancéreux est
constitué :
. des cellules cancéreuses
proprement dites, disposées en formations plus ou moins architecturées
. du stroma,
c'est-à-dire d'un tissu conjonctif assurant le soutien et la nutrition de la
tumeur.
Présentations des cellules cancéreuses :
-1. Anomalies du noyau
- Les noyaux sont
globalement augmentés de taille. cette augmentation est, en partie, à l'origine
d'une augmentation du rapport nucléo-cytoplasmique.
-2. Anomalies du cytoplasme
- Le cytoplasme est
moins abondant, ce qui contribue aussi à l'augmentation du rapport nucléo-cytoplasmique.
- La taille des cellules
est variable (anisocytose).
- Le cytoplasme est
basophile (par augmentation de son contenu en acides nucléiques).
- Il peut contenir des
inclusions (par exemple des amas de filaments intermédiaires) et des vacuoles
(de lipides ou de glycogène).
3. Les anomalies de la
croissance et de la prolifération cellulaire
L'homéostasie tissulaire
est liée à un équilibre entre la prolifération (nombre de cellules en mitoses) et
la mort des cellules (nombre de cellules en apoptose). La caractéristique
principale des cellules tumorales est la mauvaise régulation de cet équilibre.
Dans les cultures des cellules normales il y a une inhibition de la croissance
par la densité cellulaire est appelée "inhibition de contact". A
l'inverse, les cellules tumorales en culture s'entassent et forment des amas
multistratifiés : il y a perte de l'inhibition de contact.
4. Anomalies génétiques
L'hypothèse selon
laquelle le cancer aurait pour origine des anomalies du matériel génétique a
été formulée dès le début du siècle par Boveri. Depuis les années ‘60, les
progrès réalisés dans les techniques de culture des cellules tumorales ont
permis l'obtention de mitoses in vitro et la réalisation de caryotypes
tumoraux. Ces caryotypes ont montré la grande fréquence de remaniements
chromosomiques dans les cellules tumorales. Il peut s'agir de remaniements
numériques (monosomie, trisomie, tétrasomie) ou structuraux (translocations,
isochromosomes, chromosomes en anneaux). On observe fréquemment des anomalies
de la ploïdie ("aneuploïdie") où le génome tumoral ne contient pas 46
(2n) chromosomes mais 23 (haploïdie, n), ou 69 (triploïdie, 3n) ou 92
(tétraploïdie, 4n) chromosomes.
Le stroma cancéreux
Le stroma est un tissu
conjonctif néoformé, fourni par l'hôte, non tumoral, assurant le soutien et la
nutrition des cellules tumorales. Il représente une modification du tissu
conjonctif de soutien normal de l'organe, qui s'adapte à la prolifération
tumorale et à la destruction du tissu normal. Il est en remaniement constant,
puisqu'il doit suivre la croissance de la tumeur; si celle-ci est rapide, la
nutrition est insuffisante et le tissu cancéreux se nécrose. Dans nos jours il
y a un intérêt dans les médicaments qui inhibent l’angiogenèse dans le stroma
et donc encouragent l’apoptose et la mort du cancer.
Classification T.N.M (Tumeur = T, Node (= ganglion)= N, Métastase = M)
T = taille de la tumeur
T1= petite tumeur, pas
d'adhérence aux structures de voisinage
T2= tumeur de taille moyenne:
adhérence modérée
T3= grosse tumeur: adhérence
importante
T4= très grosse tumeur:
adhérence très importante.
N = Ganglions
No= pas de métastases
ganglionnaires
N1= métastase ganglionnaire
limitée aux ganglions les plus proches et non adhérente
N2= métastase ganglionnaire
limitée aux ganglions les plus proches, mais adhérente
N3= métastase ganglionnaire
importante, adhérente.
M = Métastase aux autres organes
Mo= pas de métastase perceptible
M1= métastases présentes.
DEPISTAGE DU CANCER
Le dépistage du cancer peut
être défini comme le diagnostic du cancer, avant que la maladie ne soit la cause
des signes et des symptômes. Le diagnostic du cancer à ce stade là est le
moment le plus favorable pour la
réussite de traitement.
Fréquemment, on pense que le
dépistage du cancer est une entreprise qui peut être exécutée seulement dans
les centres médicaux. N’importe quel médecin ou personnel soignant qui a la bonne volonté de consacrer son temps à compléter l’examen physique peut diagnostiquer un bon
nombre des cancers avant l’apparition de symptômes.
Les outils fondamentaux demandés,
sont ceux retrouvés à l’usage dans l’interrogatoire et l’examen physique
ordinaire. Mais il faut associer la
possibilité consciente de la présence de cancer.
Les cancers visibles sont ceux qui
proviennent de la peau, les lèvres, la langue, la bouche, vulve, pénis.
Le cancer du pharynx, du
nasopharynx, du larynx, vagin, col utérin, anus, rectum et sigmoïde, côlon peuvent être visualisés grâce à l’aide des
instruments usuels trouvés dans la consultation médicale (bureau de
consultation) .
Les procédures endoscopiques plus
spécialisées telles que: colonoscopie, oesophagoscopie, gastroscopie,
bronchoscopie, et cystoscopie sont exécutées pour les indications spécifiques
et l’examinateur sera capable de visualiser les lésions de l’œsophage,
l’estomac, côlon, poumon, la voie urinaire.
Plusieurs cancers deviennent
palpables la glande salivaire, thyroïde,
ganglion lymphatique, seins, rectum, prostate, testicules et ovaires et foie,
L’œsophage, estomac, pancréas, côlon, poumons, rein, cerveau et os sont
inaccessibles. Si en dépit le cancer n’est pas précisé une exploration
chirurgicale est indiquée.
Cependant, il est important que le
cancer puisse être diagnostiqué au cours de la consultation médicale en tenant
compte de la classification susmentionnée. On peut résumer qu’environ 35 % de cancers qui arrivent chez les hommes sont accessibles à l’examen
direct (la bouche, pharynx, thyroïde, la peau, prostate et rectum), presque 65
% de cancers chez les femmes sont aussi
accessibles (la bouche, pharynx, seins, thyroïde, utérus et rectum).
Symptomatologie :
1° Les symptômes cardinaux du cancer sont souvent des manifestations
d’une maladie très avancée.
2° La douleur, avec peu d’exception
près, n’est pas un symptôme du cancer débutant et elle est souvent due aux
métastases.
3° L’histoire doit être complète et
doit inclure une revue des facteurs qui
peuvent prédisposer le malade au
cancer. La présence de ces facteurs ne veulent pas dire que le cancer est présent
ou qu’il se manifestera inévitablement .
Ces facteurs indiquent plutôt que
le malade a le plus de risque de développer le cancer dans sa vie.
Traitement des cancers
A la fin des années 1960
et au début des années 1970, la chirurgie des cancers a vécu un bouleversement
important (1). C’est à cette période qu’on a démontré sur le plan expérimental
et clinique que la majorité des tumeurs solides atteignant un certain volume
(variable d’une tumeur à l’autre) n’est plus une maladie locale mais une
maladie générale à cause des micrométastases indétectables par nos moyens
diagnostiques actuels (2). Le dogme, établi en 1890 par Halsted, de la
chirurgie monobloc la plus large
possible répondant au concept anatomiste de l’évolution des cancers. La
chirurgie moderne du cancer devenait une véritable chirurgie biologique
(multitherapie) adaptée au concept de cancer-maladie
Face à un cancer, le
chirurgien se trouve devant cinq situations :
1. la chirurgie de
diagnostic et de stadification
2.la chirurgie radicale
qui, avec ou sans radiothérapie, doit guérir les cancers à faible potentiel
métastatique ou les tumeurs pour lesquelles actuellement les traitement
médicaux n’ont pas fait preuve de leur efficacité (cancers de l’estomac, du
rectum, du pancréas, de l’utérus, les sarcomes des parties molles, etc...).
3.la chirurgie radicale
intégrée dans un plan thérapeutique visant à éradiquer les micrométastases par
les traitements adjuvants.
4.la chirurgie de
réduction tumorale, véritable chirurgie biologique qui s’adresse aux tumeurs
chimiosensibles pour lesquelles le volume et/ou la diffusion métastatique ne
permettent pas une exérèse radicale mais seulement une réduction tumorale
maximale.
5.la chirurgie palliative qui, associée aux thérapeutiques spécifiques et
non spécifiques du cancer, améliore le confort et parfois la survie des malades
incurables.
Avant de traiter une
lésion d’aspect cancéreux, il est obligatoire d’avoir une preuve histologique
une biopsie, (plus rarement uniquement cytologique) de malignité. La biopsie
des tumeurs doit apporter non seulement un diagnostic histologique précis mais
aussi permettre d’établir les facteurs histopronostiques. (différenciation,
grade histologique, étude de la néovascularisation, de la réaction stromale, de
la nécrose tissulaire, de la présence d’emboles lymphatiques ou veineux....) et
biologiques de la tumeur (récepteurs hormonaux, facteurs de croissance,
oncogènes, ploïdie, cinétique cellulaire...).
Le rôle du curage ganglionnaire a dans ce cas un triple but :
1.établir un pronostic
précis de la maladie
2 définir le statut
ganglionnaire N- ou N+ afin de définir la population qui doit subir un traitement adjuvant.
3.enfin, pour obtenir un
contrôle locorégional du cancer
Quand l’indication opératoire est correctement posée, en particulier par
l’exploration peropératoire, on peut espérer une mortalité postopératoire
inférieure à 10 % et une survie à 5 ans de plus de 40 %. Mais il faut souligner
que malgré les progrès de la chirurgie et de la réanimation, 50 à 70 % de ces
malades présentent une morbidité postopératoire tardive (insuffisance rénale,
occlusion, complications infectieuses, etc...) qui nécessite une surveillance
prolongée.
Définition
Insuffisance de la circulation. Le
signe cardinal est hypotension artérielle.
Etat dans
lequel la perfusion des tissus périphériques est insuffisante pour les
maintenir en vie en raison :
-diminution
du débit cardiaque
-répartition inadéquate
du débit sanguin périphérique
-associé à
une diminution de la circulation périphérique, hypotension et oligurie.
Défaillance
circulatoire:
1. Périphérique:
diminution importante et dangereuse du débit circulatoire à chaque organe
2. Aigue:
à la fois intense et d’installation rapide: souffrance des organes
-précocement:
peau, rein, foie
-puis tous
les organes y compris le cerveau et le coeur
Etiologies
Classification
à intérêt clinique:
1. Choc
hypovolémique
2. Choc
septique
3. Choc
cardiogénique
4. Choc
par obstacle au flux sanguin
5. Choc
neurogène
6. Choc
anaphylactique
7. Choc
endocrinien
8. Choc
anoxique
9. Chocs
complexes et divers:
Choc
traumatique
Choc
obstétrical
Choc survenant au cours de l’acte opératoire et les quelques heures qui
suivent
Choc des PAG
Choc des pancréatites
L’état de choc est un syndrome d’étiologie diverse, caractérisé
par une insuffisance circulatoire aiguë et se manifestant essentiellement par
une hypotension artérielle.
La cause la plus fréquente est une hémorragie interne ou externe.
Le personnel soignant doit bien
savoir que :
1.- Elle doit garder son calme
et rassurer le malade
2.- Il est capital de prendre et
de noter le rythme du pouls et les chiffres de la tension artérielle dans
toutes les urgences.
3.- Dès l'arrivée, il faut faire
un groupe sanguin d'urgence puisque le meilleur matériel de remplacement est le
sang frais isogroupe. Mais la
transfusion de remplacement n'est utile que lorsque l'hémostase est faite (sinon
c'est le tonneau de Danaïdes).
4.- La position et
l'oxygénothérapie sont importants.
5.- Chez un grand traumatisé: il
y a hémorragie et choc traumatique.
Physiopathologie de
choc :
Tout état de choc
comporte:
1. Syndrome
hémodynamique général
2. Modifications
des circulations locales
3. Troubles
de la microcirculation: souffrance des organes et troubles métaboliques
4. Réactions
endocriniennes
Principales
caractéristiques du métabolisme au cours du choc
-Augmentation de la glycogénolyse
et inhibition de l’entrée du glucose dans les cellules
-Blocage de l’entrée du
pyruvate dans le Cycle de Krebs …> glycolyse anaérobie avec formation de
l’acide lactique
-Diminution de la
production d’énergie cellulaire et diminution du taux ATP
-Diminution efficacité de
la pompe à Na: entrée H2O et Na+ dans
les cellules avec sortie du K+.
Conséquences générales des troubles de la
microcirculation
•
Acidose métabolique
•
Coagulopathie de consommation
•
Fibrinolyse
•
Activation des kinines
•
Libération de trypsines …..
•
Lésions des organes
Réactions endocriniennes
1. Hypersécrétion
catécholaminique (Adrénaline et Nor Adrénaline)
-Tachycardie, vasoconstriction,
-Vasodilatation (coeur & cerveau)-Glycogénolyse, augmentation acides
gras -Coagulopathie
2. Hypersécrétion ADH si
hypo volémie
3. Augmentation sécrétion
d’ACTH et cortisone (5 à 10x)
4. Mise en jeu du système
Rénine-Angiotensine entraînant ischémie corticale et tubulopathie
CLASSIFICATION SOUS
L’ANGLE PHYSIO-PATHOLOGIQUE ET PATHOGENIQUE
1. Choc hypovolémique: le
facteur initial est une diminution de la volémie
2. Choc vasogène: les
phénomènes initiaux se situent au niveau de la microcirculation dont les
vaisseaux sont lésés par la cause du choc. Ex: choc toxi-infectieux et
certaines formes de choc anaphylactique
3. Choc neurogène: la
cause primitive est une atteinte des voies nerveuses artérielles de la
vasoconstriction ……> vasoplégie et veines: diminution circulation de retour
et du GC.
4. Choc cardiogénique:
défaillance de la pompe cardiaque comme phénomène primitif.
Signes cliniques
1.Choc froid: sans fièvre
: tableau habituel
-Choc d’intensité modérée:
anxiété, pâleur des téguments, refroidissement des extrémités cyanosées,
polypnée, sueurs froides, tachycardie, hypoTA avec pincement de la
différentielle, oligurie (diurèse horaire <500 ml/24hrs)
-Choc grave: agitation,
marbres violacées au niveau des extrémités et paroi abdominale, refroidissement
des extrémités avec aspect oedématié de la peau, polypnée, hypoTA sévère
(TS<
2. Choc chaud: (avec fièvre) TA conservée ou
diminuée, vasodilatation cutanée, peau erythrosique > choc froid.
Signes biologiques
Acidose métabolique:
hyperlactatémie et à la rétention des sulfates et phosphates – (tachypnee)
Hyponatrémie
Hyperkaliémie
Hyperglycémie…….>
hypoglycémie
Hémoconcentration avec
augmentation de l’hématocrite et protides
Conduite de diagnostic
devant un état de choc
Le souci du clinicien est
double;
-Recherche de l’étiologie
-Préciser la forme
physiopathologique du choc: ? Part respective du facteur hypovolémique et du
facteur cardiogénique
1. Etiologie
Interrogatoire approfondi
Examen physique complet
Rechercher toujours si la
forme du choc n’est pas complexe ou multiple.
2. ?Forme physiopathologique
1. Diminution de la masse
sanguine : hémorragique, brûlures, déshydratation (Forme le plus
frequente)
2. Diminution du tonus
vasculaire : anaphylactique, toxi-infectieux, anesthésie rachidienne
3. Diminution du débit
cardiaque (Choc cardiogénique) : Infarctus, insuffisance cardiaque,
tamponnade, embolies.
La reconnaissance précoce
du choc hémorragique et une intervention rapide et systématique aide à éviter
des issues indésirables.
1. Les cliniciens doivent
savoir reconnaître les signes cliniques du choc hémorragique ; surtout
hypotension tachycardie et pâleur.
Aussi : état mental altéré, tachycardie, défaillance cardiaque,
hypotension (orthostatique), arythmies, oligurie, anurie, tachypnée, insuffisance respiratoire, anémie, acidose.
2. La réanimation d’un
choc hémorragique doit comprendre le rétablissement du volume de sang circulant
en plaçant deux voies intraveineuses de
gros calibre et en faisant rapidement une perfusion équilibrée de solutés
cristalloïdes.
3. Les solutés
cristalloïdes ou colloïdes isotoniques (Hemacel) peuvent être utilisés pour le
remplacement du volume sanguin en cas de choc hémorragique. Il n’y a pas lieu
d’utiliser des solutions de dextrose hypotonique pour le traitement d’un choc
hémorragique.
4. Une transfusion de
composants sanguins est indiquée quand on a documenté les insuffisances par une
évaluation clinique ou des analyses hématologiques.
5. Les agents vasoactifs
sont rarement indiqués pour le traitement du choc hémorragique et leur
utilisation ne devrait être envisagée que si le remplacement du volume sanguin
est complet, si l’hémorragie a cessé et si l’hypotension demeure. Idéalement,
ils devraient être administrés dans un contexte de soins intensifs et avec
l’aide d’une équipe multidisciplinaire.
6. En cas de choc
hémorragique, il est recommandé d’assurer une prompte reconnaissance de la
source de l’hémorragie et l’arrêt rapide du saignement, tout en prenant des
mesures de réanimation.
En général le traitement
de choc inclus :
1. Position
du malade (tête en bas)
2. Administration
par voie IV des liquides et des médicaments.
3. Sympathicomimétiques
(choc par manque de tonus vasculaire)
4. Analgésie
5. Oxygène
6. Corticostéroïdes
7. Antibiotiques
(choc infectieuse)
8.
Digoxine
Bases du traitement
1. Thérapeutiques
essentielles
2. Thérapeutiques
adjuvantes
3. Traitement
étiologique
4. Thérapeutiques
discutées
5. Mesures
thérapeutiques spéciales
Thérapeutiques
essentielles
1. Remplissage
vasculaire
2. Usage
des drogues à propriétés inotropes positives
3. Usage
des vasoconstricteurs
4. Usage
des vasodilatateurs
Thérapeutiques adjuvantes
1. Position
du malade
2. Oxygénothérapie
3. Traitement
de l’acidose
4. Traitement
des troubles de l’hémostase
5. Assistance
circulatoire
Traitement étiologique
Hémorragie:
hémostase
Infection:
AB
Infarctus:
anticoagulants
Embolie
pulmonaire: anticoagulants et fibrinolytiques
Tamponnade:
ponction péricardique
Intoxications
sévères: épuration rénale
Traitements discutes
1. Usage
des corticoïdes:
-Choc avec atteinte
lysosomiale,
-Augmentation activation
enzymatique: choc anaphylactique, choc infectieux, chocs des pancréatites
aiguës.
-Doses: 1-6g/j x1-3 jours
2. Usage des anti-enzymes: chocs des
pancréatites. Mec: anti-kinines, anti trypsine
1. Mesures thérapeutiques spéciales
1. Rein de
choc
-IRA organique: Lasix
160mg/3h. Objectif: obtenir 4-5 l/24h
-Traiter l’hyperkaliémie
-Alcalinisants
-Epuration extra-rénale
2. Poumon de choc
-Eviter les facteurs
iatrogènes: apports liquidiens excessifs, hautes concentrations d’O2,
surinfections,…
-Traiter l’hypoxémie
réfractaire: respiration artificielle avec pression positive en fin
d’expiration
2) Choc septique.
Outre le choc traumatique, la
septicémie, c'est-à-dire l'infection généralisée avec ou sans choc, tient une place
très importante en chirurgie. Une infection généralisée aiguë peut donner
d'emblée le tableau d'une hypotension avec hypothermie et tachycardie. Les
organes suivants sont particulièrement lésés par une septicémie:
- poumons: atélectasie,
- foie: l'hypoxie hypovolémique
peut engendrer une "spirale acidotique métabolique fatale", se
traduisant par une perturbation fonctionnelle et morphologique des hépatocytes,
surtout dans les mitochondries, pouvant aller jusqu'à la mort de la cellule,
- cœur: la septicémie est probablement accompagnée d'une production des facteurs dépressifs du
myocarde,
- reins: insuffisance des reins.
Pathogénie: rôle possible des
endotoxines.
Traitement : Antibiotiques
et corticostéroïdes. Malheureusement
vivant ou mort (par les antibiotiques) les bactéries libèrent les endotoxines,
donc la réponse au traitement est lent.
3) Réaction de choc
anaphylactique et choc anaphylactoïde.
Il faut considérer le choc
anaphylactique comme une perturbation grave de la circulation, provoquée par
des mécanismes immunologiques. Il se caractérise par:
- l'apparition du syndrome en
quelques minutes après l’injection (par exemple) d’un antibiotique.
- évolution très rapide
accompagnée de prurit généralisé, en général érythème et plaques d'urticaire.
Conjonctivite, crise d'asthme frissons, angoisses, parfois vomissements et
diarrhée. Un pouls extrêmement élevé,
une baisse de la tension artérielle et une perte de connaissance indiquent une
évolution fatale.
- ce tableau de crise est
rapidement réversible par une thérapeutique appropriée. (Adrénaline im)
Les anticorps sont le
"primum movens" du choc anaphylactique mais les symptômes graves sont
provoqués par des médiateurs.
Le traitement d’urgence est une ampoule
de 1/1000 adrénalines par voie intramusculaire.
Chapitre 9 Quelques Soins d’urgence
1. L'HEMORRAGIE
A. L'hémorragie externe
Il est important de savoir
reconnaître l'origine artérielle ou veineuse de l'hémorragie.
L'hémorragie artérielle: le sang
est rouge, il jaillit par saccades rythmées par les systoles. Cette hémorragie
peut être d'origine superficielle ou profonde.
L'hémorragie veineuse: le sang
qui s'écoule est rouge sombre. L'hémorragie est continue sans saccades. Elle
peut être superficielle ou profonde.
Bien souvent en fait, l'hémorragie est mixte,
artérielle et veineuse. Dans la majorité des cas, c'est alors l'hémorragie
artérielle qui domine le tableau clinique.
Traitement des hémorragies externes
L'urgence de l'acte médical
devant ce tableau d'un vaisseau qui saigne au dehors est évidente. S'il y a
nécessité de transporter le blessé, l'hémorragie doit être pratiquée sans tenir
compte d'une éventuelle hémostase spontanée qui est toujours trop précaire.
a. La compression en amont doit suivre des règles
précises:
La compression en amont signifie
du côté du coeur pour une artère, du côté de la périphérie pour une veine.
- Le GARROT: en général, c'est
un lien élastique plat auquel on demandera la striction la plus petite qui
suffit à arrêter l'hémorragie. Règles de la mise en place d'un garrot:
*
le serrer suffisamment
*
le poser le plus près possible au-dessus de la plaie
*
toujours marquer l'heure à laquelle il a été posé.
Un garrot ne doit pas être
conservé plus que 20 minutes sous peine de gangrène. Apres 1 minute il peut
être resserrer.
Enfin, le garrot doit être
réservé aux hémorragies artérielles uniquement et proscrit dans les hémorragies
veineuses.
Le pansement compressif suffit pour parer aux petites
hémorragies et en particulier aux hémorragies veineuses.
La compression digitale peut
être parfois le seul mode praticable, c'est le cas de la sous-clavière sur la
première côte par exemple.
La fermeture provisoire par un
fil passé en masse peut être un moyen rapide et efficace pour pallier
temporairement à une hémorragie externe lorsque les autres procédés sont
inapplicables par exemple à la fesse.
b. Cas particuliers
(1) Artères iliaques:
compression manuelle de l'aorte.
(2) Vaisseaux du cou: compression
digitale
(3) Tête et face: compression,
tamponnement
(4) Rupture des varices (membre
inférieur): compression en aval. Élévation du membre inférieur.
c. Le traitement chirurgical
(1) Hémostase par: ligature
suture artérielle
(2) Coagulation électrique est
un excellent procédé pour les petits
vaisseaux.
d. Le traitement général : transfusion.
B.- L'HEMORRAGIE INTERNE
Le syndrome d'hémorragie interne
est schématique et ses signes sont d'autant plus nets et plus graves que
l'hémorragie a été plus rapide. 3 grands ordres de signes:
1.- Les signes physiques:
-
pâleur interne des téguments
-
décoloration des muqueuses
-
les sueurs froides (face, front, paume, poitrine).
-
respiration rapide avec une dyspnée parfois intense.
-
à la palpation, les téguments sont froids et en particulier les
extrémités des membres.
2.- Les signes fonctionnels:
-
malade angoissé
-
il accuse d'emblée des troubles sensoriels importants: bourdonnements
d'oreille, éblouissements
-
la soif est vive
-
parfois un relâchement des sphincters.
3.- Les signes généraux: sont particulièrement IMPORTANTS
a. Le pouls: est mou, faible, inégal et filant.
Il est surtout très rapide et
c'est l'accélération progressive qui est grave, le pouls devenant vite in
comptable.
Il disparaît dans l'ordre:
radiale, fémorale, carotide jusqu'à devenir imprenable.
b. La tension artérielle:
C'est un excellent renseignement
pour fixer le pronostic et suivre l'évolution et l'efficacité du traitement.
La tension artérielle baisse de
demi-heure en demi-heure et elle est alors bien difficile à prendre. C'est le
pincement de la différentielle au cours de l'évolution qui est un élément de
mauvais pronostic.
c. La température: il existe une hypothermie parfois importante avec abaissement de
plusieurs degrés.
Conduite à tenir
1. rechercher la cause de
l'hémorragie interne
2. instituer un traitement
d'urgence en sachant le danger qu'il y a à transfuser un malade avant d'avoir
pratiqué l'hémostase.
Les grandes causes: 2 sortes
1. Les causes traumatiques:
- contusion de l'abdomen: au premier plan la
rupture splénique. Parfois: Foie, rein,... (HEMOPERITOINE)
- plaies de l'abdomen
- hémothorax
2. Les causes pathologiques:
- rupture d'une GEU (grossesse
extrautérine).
- hémorragies digestives: estomac, duodénum
- rupture d'anévrysme.
----->
CHOC HEMORRAGIQUE.
2- CONDUITE A TENIR DEVANT UN NOYE
La noyade peut relever d'un
triple mécanisme:
-
Une immersion qui entraîne une syncope cardiaque
-
Une hydrocution thermo-mécanique
- Une submersion qui entraîne
une syncope cardiaque.
Chacun de ces mécanismes
nécessite un traitement particulier, c'est-à-dire:
-
soutenir la reprise de l'activité cardiovasculaire avec massage cardiaque
externe.
-
rétablir la perméabilité des voies aériennes
-
rendre efficace la ventilation pulmonaire.
La victime est très souvent en
état de mort apparente, la respiration ainsi que le coeur sont arrêtés. De ces
notions
(1) Avant de faire quoique ce
soit, un certain nombre de gestes doivent être réflexes.
- déshabiller le noyé
- le mettre en position
déclive et s'il s'agit d'un enfant le suspendre par les pieds. Ceci permet
d'évacuer le liquide et les mucosités se trouvant dans la bouche et le pharynx.
- maintenir la bouche
ouverte par n'importe quel moyen en introduisant un objet quelconque entre les
dents.
(2) La respiration artificielle
est à mettre systématiquement en oeuvre.
(3) Les autres soins:
- réchauffement du noyé
- asphyxie: faire une saignée sur une veine
turgescente
- arrêt respiratoire: analyptiques
respiratoires (colamine) analyptiques cardiovasculaires (éphédrine)
- syncope par inhibition: 10 cc Novocaïne 1
% en intracardiaque.
Durée des soins:
1. Respiration artificielle: la continuer très longtemps
car des mouvements respiratoires peuvent apparaître au delà de toute espérance
surtout en cas d’hypothermie..
2. Si la conscience revenait: surveillance en milieu
hospitalier pendant 48 heures sous antibiotiques.
3. Si le coma persiste: évacuation sur un centre
spécialisé.
3. CONDUITE A TENIR DEVANT UN ELECTROCUTE
Comme pour les noyés, les soins
doivent être donnés sur place.
(1) Temps initial:
Il comporte une série d'actes
ayant pour but de dégager l'électrocuté.
- L'isolement de sauveteur est un temps
essentiel
-
Couper le courant
- Prévoir éventuellement la chute de la
victime lors de l'interruption du courant.
- Appeler les gens susceptibles de vous
aider.
(2) Les soins:
- Déshabillage rapide de la victime
- Mise en place rapidement de la respiration
artificielle
4. CONDUITE A TENIR DEVANT UNE PENDAISON
3 gestes sont extrêmement
importants:
(1) Soutenir le pendu et couper
très vite la corde
(2) Voir s'il respire encore et
si le coeur bat
(3) Entreprendre d'urgence la
respiration artificielle.
Comme dans toute respiration
artificielle, il faut assurer la perméabilité des voies aériennes supérieures,
donc mettre la tête en hyper extension. Mais deux lésions peuvent être
gênantes:
- la luxation du rachis cervical
- une fracture de l'os hyoïde et
des cartilages laryngés.
Un traitement médical
complémentaire sera associé.
Il comporte:
- si arrêt respiratoire:
analeptiques respiratoires
- en cas de syncope blanche:
néosynéphrine, en perfusion.
- O.A.P.: morphine ouabaïne et saignée.
5.. RESPIRATION ARTIFICIELLE (R.A.)
Respiration artificielle est une
méthode qui vise à rétablir l'automatisme respiratoire perturbé ou détruit.
Elle relève de deux indications:
- arrêt respiratoire
brutal par noyade, électrocution ou un corps étrangers.
- défaillance progressive
respiratoire par paralysie des mouvements respiratoires (polio) ou insuffisance
respiratoire grave (bronchopneumonie).
La respiration artificielle est
une véritable urgence et sa mise en route doit être instituée avant la
surveillance des complications définitives qui sont l'anoxie cérébrale et
l'arrêt cardiaque.
Une condition essentielle pour
mettre en oeuvre la respiration artificielle: la liberté des voies aériennes
supérieures au niveau du pharynx.
Comment la réaliser?
1/ En mettant la tête en hyper
extension sur le cou, ce qui permet d'éviter les obstacles à la pénétration de
l'air et avant tout la langue qui peut chuter en arrière et venir au contact de
la paroi postérieure du pharynx.
2/ En pratiquant une subluxation
en avant de la mâchoire, en soulevant les angles de la mâchoire de façon que
l'arcade dentaire inférieure se place en avant de l'arcade dentaire supérieure.
Il faut savoir que l'on peut également saisir
3/ La mise en place d'une canule
(Mayo, Guedel), est bien efficace car elle permet d'éviter de façon très
efficace, la chute de la langue en arrière.
4/ A défaut de la canule, il est
très pratique de mettre le sujet en décubitus ventral, tête en hyperextension.
Cette position a l'avantage: * d'éviter la chute de la langue en arrière. * de
favoriser le rejet des sécrétions et des vomissements.
Méthodes pour faire la
respiration artificielle : Il y en a 4 :
(1) Les méthodes de bouche à bouche, de bouche
à nez
(2) Les méthodes instrumentales:
* les appareillages réalisent le bouche à
bouche indirect
* le masque * Intubation trachéale * Trachéotomie.
(3) Les machines – les
ventilateurs.
(4) Les méthodes externes –
maintenant peu utilisées.
Adjuvants
1. Oxygénothérapie
2. Le massage cardiaque externe
6. HEMORRAGIES EXTERIORISEES
1) Les EPISTAXIS sont les
hémorragies nasales. Mais le sang peut
s'écouler par l'orifice postérieur des fosses nasales, déterminant alors des
accès de toux ou des vomissements avec rejet de sang; une épistaxis postérieure
risque donc d'être prise pour une hémoptysie ou une hématémèse.
Leurs causes sont multiples,
allant des tumeurs malignes aux simples congestions muqueuses, en passant par
les traumatismes et l'H.T.A.
Les gestes utiles sont les
suivants:
- dans tous les cas, le malade sera placé en
position demi assise, tête haute et légèrement penchée en avant. L'infirmière
doit le rassurer, le calmer et libérer son cou de toute striction qui
augmenterait la stase veineuse.
- dans tous les cas discrets et moyens,
l'épistaxis peut être stoppé par des manoeuvres simples:
* compression digitale réalisée en écrasant
fortement la narine sur la cloison nasale de manière suffisamment prolongée
pour qu'on obtienne un caillot solide;
*
tamponnement glacé qui favorise la vasoconstriction
* tamponnement par une mèche de gaze
imprégnée d'une solution d'adrénaline ou d’iodoforme.
- si l'épistaxis ne cède pas, on fera appel
au médecin pour un tamponnement postérieur ou l’hémostase directe d'un vaisseau
qui saigne.
L'infirmière préparera en
attendant: le miroir de Clar, un spéculum à nez, des pinces d'O.R.L., des
mèches de gaze stériles, une cupule stérile et des hémostatiques.
2) LES GRANDES HEMORRAGIES
DIGESTIVES s'extériorisent: si elles sont d'origine basse, par l'émission de
sang rouge par l'anus; si elles sont d'origine haute, soit par des hématémèses,
vomissements de sang mêlé à des aliments et à du suc gastrique, soit par un
melæna, émission de selles goudron impérieuse, qui peut être isolé ou associé à
une hématémèse.
Causes: lésions gastroduodénales
(ulcères, tumeurs, gastrites), H.T.A., grande insuffisance hépatique.
Les gestes utiles :
- coucher le malade à plat et le
calmer
- faire sucer des glaçons
- hémostatiques classiques:
Vit.K, thrombose
- transfusion de sang frais,
isogroupe.
Surtout prendre et noter
régulièrement le pouls, la tension artérielle, la quantité du sang rejetée.
C'est grâce à la surveillance de
tous les instants de l'infirmière, des courbes de pouls, de T.A., des émissions
sanglantes qu'elle note et recueille, que l'on tirera, avec l'aide du labo et
d'examens répétés du chirurgien, les modalités du traitement.
5) Les METRORRAGIES sont les hémorragies génitales pathologiques de
la femme (hors des regles).
Leurs causes les plus fréquentes
sont les cancers utérins, les fibromes, la rétention placentaire après une
fausse couche, l'inertie utérine après un accouchement.
Les gestes utiles: position
couchée; glace sur le ventre;
1. Elle doit garder son calme et
rassurer le malade
2. Il est capital de prendre et
de noter le rythme du pouls et les chiffres de la T.A.
3. Dès l'arrivée, il faut faire
un groupe sanguin d'urgence puisque le meilleur matériel de remplacement est le
sang frais iso groupe.
Mais la transfusion de remplacement n'est
utile que lorsque l'hémostase est faite (sinon c'est le tonneau de Danaïdes).
4. La position tête basse et
l'oxygénothérapie
5. Chez un grand traumatisé: il
y a hémorragie et choc traumatique.
Chapitre 10 Soins Intensifs Chirurgicaux
"Les
soins intensifs ne peuvent être pratiqués que dans un service spécialisé et
équipé de façon adéquate. Ils ont pour but d'assurer la survie de patients
gravement atteints, grands malades ou grands blessés dont le pronostic
potentiel est bon". Extrait de la définition de la Société Suisse de Soins
Intensifs - Juillet 1972
Les soins intensifs nécessitent
un esprit de synthèse et de tactique. Ils dépendent de certaines conditions
techniques et d'organisation. Pour les points particuliers du traitement, on
voudra bien se reporter aux différents autres chapitres.
Généralités
Les soins intensifs comprennent
« l'emploi de tous les moyens diagnostiques et thérapeutiques disponibles
appliqués aux patients présentant des défaillances les plus sévères, par l’équipe avec le plus d’expérience et de formation. »
Les préoccupations principales
des soins intensifs sont la respiration, la circulation sanguine, la régulation
thermique et le métabolisme. Les caractéristiques essentielles des soins
intensifs sont la continuité indépendamment de l'heure ou du jour et si
possible la rapidité dans la compréhension et le traitement des modifications
cliniques ou biologiques pouvant intervenir.
Quelles sont donc les
particularités propres aux soins intensifs chirurgicaux? On transfère aux soins
intensifs chirurgicaux les patients qui présentent des affections chirurgicales
nécessitant des contrôles et des traitements si coûteux et nombreux qu'ils
dépassent les possibilités des services normaux. Certains de ces patients sont
déjà opérés, pour d'autres on prévoit une intervention, d'autres encore y
séjournent sans qu'une intervention soit prévue mais parce que leur traitement
est plutôt du domaine des chirurgiens. (Exemple: brûlés, polytraumatisés,
traumatisés crâniens). Le service de soins intensifs est à la disposition de
tous les départements chirurgicaux. Le terme "soins intensifs
chirurgicaux" ne sous-entend donc pas que nous y appliquons des
traitements opératoires, mais que les patients souffrent d'une affection
primaire du domaine chirurgical. On peut alors se demander quelles sont les
exigences qui dépassent les possibilités d'un service standard. Elles sont les
suivantes :
1. Soins
Le tétanos est un bon exemple de
soins dépassant les possibilités d'un service normal. Il faut combattre les
contractures par sédation (Valium) et les éviter si nécessaire par la paralysie
artificielle de tout l'organisme
(d-Tubocurarine), de plus
ventiler artificiellement le patient intubé ou trachéotomisé.
Cet exemple montre que:
-
Les prescriptions de surveillance et de traitement doivent tendre à protéger le
patient contre les
différentes possibilités d'évolution.
-La formation spéciale du personnel de
soins intensifs doit comprendre les principes de bases des
rapports physiopathologiques de l'évolution
post-opératoire.
Comme en règle générale, la plus
grande partie du personnel soignant ne reste pas des années dans un service où
l'on travaille par roulement à cause des perturbations de la vie privée que ce
système entraîne, il faut former constamment de nouvelles unités en soins
intensifs. Seule la formation continue peut assurer un haut niveau de travail.
2. Traitement complexe
Un traitement post-opératoire
peut être de lui-même déjà si difficile qu'il nécessite le transfert du patient
dans une unité de soins intensifs.
Traitement causal et
symptomatique
Le traitement en soins intensifs
se divise toujours en traitement causal, qui s'occupe de l'affection primaire
et des complications survenues et en traitement symptomatique par lequel on
corrige ou compense constamment les conséquences de l'affection primaire et des
complications, pour autant que ces conséquences nuisent à la guérison ou
mettent la vie du malade en danger.
Il faut toujours retenir que :
- les complications sont
toujours complexes. Une seule mesure ne suffit pas au traitement.
- au moment où il faut
absolument agir, le diagnostic n'est souvent que partiellement établi. On agira
alors en tenant compte de la
vraisemblance des différentes variantes possibles.
- le succès thérapeutique ne
dépend pas uniquement du bien fondé des prescriptions médicales. Le traitement
est toujours une course contre la
montre. On peut obtenir une évolution favorable en réalisant tout le processus
nécessaire en 45 minutes. S'il nécessite de 2 à 3 heures, les chances de succès
sont faibles.
- un traitement symptomatique
est indispensable pour rétablir provisoirement les fonctions vitales. S'il est
impossible de traiter simultanément l'affection de base, l'effet du traitement
symptomatique n'est que de courte durée (tonneau des Danaïdes).
Au début on se sert de
conclusions cliniques tirées de la situation d'urgence. Mais les examens
complémentaires de laboratoire sont indispensables. Certains paramètres n'ont
de valeur que pendant très peu de temps, de quelques minutes à une demi-heure
pour décrire l'état du patient. C'est pourquoi il faut que les résultats parviennent dans les 10 minutes au lit du
malade. Les résultats qui datent de plusieurs heures n'ont qu'une valeur
historique. Ils permettent par comparaison avec les valeurs actuelles de juger
l'évolution. Il est donc préférable d'introduire le travail en équipes dans le
laboratoire. Que celui-ci soit situé ou non dans les soins intensifs n'a pas
d'importance. Ce qu'il faut c'est que le transport des échantillons, l'attente
des résultats et le retour de ceux-ci prend le moindre de temps possible.
3. Surveillance complexe
Il n'est pas rare que des
patients puissent tout juste être maintenus dans un état très précaire par des
mesures des soins intensifs. Pour eux la marge d'erreur est très mince et des
variations minimes de l'état optimal peuvent entraîner une évolution fatale. La
surveillance doit alors être si minutieuse que la plus petite modification
puisse être décelée et corrigée, jusqu'à ce que l'évolution de la guérison
permette à l'organisme de corriger de lui-même ces dérèglements. C'est la
chirurgie cardiaque qui a entraîné le développement de cette surveillance
intensive, mais elle a profité à tous les autres malades.
a) Dépistage précoces des complications
Tous les exemples montrent que
le traitement des patients en soins intensifs ne comprend pas seulement des
soins complexes et coûteux, des traitements et une surveillance intensive des
affections primaires, mais également le traitement de complications qu'on ne
peut pas toujours éviter malgré toutes les mesures prophylactiques. Certaines
complications sont plus fréquentes après certaines interventions, c'est ce
qu'on appelle des complications typiques, comme par exemple les
broncho-pneumonies après opération de l'abdomen supérieur. Comme le traitement
précoce de complications garantit plus de succès que leur traitement après
évolution jusqu'à un stade avancé, une grande partie du travail en soins intensifs
consiste en un dépistage systématique de signes précoces de complications
typiques possibles.
b). Complications et leur étiologie
Tous les phénomènes
pathologiques qui apparaissent dans une évolution post-opératoire compliquent
cette évolution. On les qualifie tous de complications. Les complications ne
sont donc pas seulement des conséquences de maladresses peropératoires
(exemple: paralysie du phrénique après thoracotomie) ou d'échec dans la
région opérée (déhiscence anastomotique
après résection gastrique, insuffisance de moignon bronchique après lobectomie,
hémorragie du lit vésiculaire après cholécystectomie, ou iléus mécanique par
adhérence après appendicectomie) mais aussi les troubles résultant
indirectement de l'opération (dérèglement diabétique, embolie pulmonaire, reins
de choc, septicémie). Pour les équipes des soins intensifs, ce sont les
complications dues au traitement qui sont les plus déprimantes (entérite à
staphylocoques sous antibiotiques, sténose trachéale après intubation prolongée
pour respiration artificielle, hépatite sérique post transfusionnelle, cystite
avec pyélonéphrite après mise en place d'une sonde urinaire). On doit parfois
également traiter des complications qui n'ont apparemment aucun rapport causal
avec l'opération et le traitement mais apparaissent par pure coïncidence dans
la phase postopératoire. Exemple: Ictus cérébral, infarctus cardiaque survenant
en état circulatoire stable, embolie artérielle, apparition d'une infection
après une opération ou un accident survenu pendant la période d'incubation
d'une maladie infantile.
c). Soins continus
|
|
C'est en salle d'opération déjà
que les complications peropératoires sont déterminées. Cependant, leur apparition
dépend fortement de l'état général du patient. C'est ainsi qu'un traitement
peropératoire optimal améliore de façon optimale les soins postopératoires et
les chances de guérison locale. On diminue alors d'autant mieux le nombre de
complications dites typiques grâce à une préparation minutieuse comprenant une
coordination sans faille durant la phase préparatoire avec l'anesthésie ainsi
que le plan de traitement opératoire et postopératoire.
d). Travail pluridisciplinaire
Une grande quantité d'affections
médicales, oto-rhino-laryngologiques, dermatologiques, ophtalmologiques,
pédiatriques ou psychiatriques peuvent perturber une évolution post-opératoire.
Ces complications vont des désordres électrolytiques à l'arrêt cardiaque, de
l'anémie à l'hémorragie intracérébrale. Ainsi les soins intensifs chirurgicaux
nécessitent un travail dur et pluridisciplinaire pour des patients chirurgicaux
au départ.
Résumé
Les soins intensifs chirurgicaux
ont deux grands domaines d'application:
1. Prophylaxie des complications
létales
2. Traitement des groupes de
problèmes suivants:
- affection chirurgicale de base
unique ou multiple avec troubles de l'homéostasie qui en résultent.
- affection médicale conjointe
(insuffisance cardiaque, bronchite emphysémateuse, etc)
- état postopératoire
- surveillance dirigée servant
au diagnostic et au traitement immédiat des complications survenues malgré
toutes les mesures prophylactiques.
Les situations suivantes
nécessitent les soins intensifs:
a) Défaillance circulatoire par choc hypovolémique, choc
cardiogène, choc septique, arrêt cardiaque, massage cardiaque, infarctus du
myocarde, trouble du rythme.
|
|
b) Insuffisance respiratoire après aspiration, pneumonie
grave, asthme bronchique, embolie pulmonaire, embolie graisseuse, pneumothorax,
hémothorax, fractures de côtes en série, paralysie respiratoire, troubles de
conscience, patients trachéotomisés ou
intubés.
c) Troubles métaboliques en cas d'insuffisance rénale aiguë,
coma diabétique, défaillance hépatique, syndrome urémique, empoisonnement,
myasthénie grave, crise thyréotoxique, insuffisance cortico-surrénalienne,
troubles de la coagulation (hémophilie, coagulation intra-vasculaire,
thrombocytopénie, lyse accrue, atteinte hépatique).
DEUXIEME PARTIE
Maladies courantes et Techniques Chirurgicales utiles en
Afrique
1 . Hernies
2.
Quelques Notions de Chirurgie
Pédiatrique.
3.Carcinome du col utérin
4.
Cancer du sein
5. Chirurgie thoracique en Afrique
6.Goitres
et nodules de la thyroïde .
7. Urologie
8. Circoncision-
Phimosis et Vasectomie
9. Maladies
acido-peptique et Helicobacter
10. Hémorragies digestives
11. Rupture de la
rate et Grossesse Extra-Utérine
12. Occlusions
intestinales aiguës
13. Appendicite
aiguë
14.
Péritonites
15. L'ascite
16. Maladies de l’Anus
17. Notions DE Traumatologie et
d’Orthopédie
18. Césarienne du segment inférieur
19.
Quelques urgences de Chirurgie Tropicale
Définition : une
hernie de la paroi abdominale : « La hernie est l’issue d’un
diverticule péritonéal à travers un orifice de la paroi abdominale. »
Ou « Sortie d’un organe, ou d’une partie d’organe hors de la cavité
qui le contient normalement. »
Parties : Péritoine, muscles,
aponévrose, collet, corps, fond, les enveloppes externes, les contenus.
Lorsque l’orifice se
trouve sur une cicatrice opératoire, il s’agit d’une éventration, et non d’une
hernie.
a.
La
hernie inguinale
La hernie oblique externe
suit le canal inguinal, emprunte le trajet du cordon. Selon son degré de
saillie, on distingue les hernies inguinales et les hernies inguino-scrotales.
La hernie directe est
située en dedans du pédicule épigastrique. Elle est indépendante du cordon.
Anatomie: Peau, fascia
superficiel, aponévrose du grand oblique, oblique interne, transversalis,
(tendon conjoint), fascia transversalis, péritoine, arcade fémorale (ligament
inguinal) et cordon spermatique.
Physiopathologie

Si l’on considère leur mécanisme,
il existe 2 formes de hernies inguinales.
1. La hernie congénitale.
Elle est indirecte, due à l’absence de fermeture du canal péritonéo-vaginal, ou
au caractère incomplet de cette fermeture. Si la fermeture est incomplète il y
a un kyste du cordon ou d’une hydrocèle.
Le canal péritonéo-vaginal peut classiquement se fermer jusque vers
l’âge de 6 mois. Donc on programme la
chirurgie après 6 mois.
2. La hernie acquise est
le plus souvent directe. Elle est due à des microtraumatismes répétés, chez des
sujets qui ont un besoin chronique de pousser (adénome prostatique,
rétrécissement de l’urètre, constipation) ou de tousser (bronchite chronique).
Les deux types peuvent
être révélés par des efforts (accidents du travail).
Clinique
En l’absence de complications,
les symptômes sont rares. Il peut s’agir de douleurs inguinales, notamment à
l’effort. A l’examen, il existe une
tuméfaction inguinale, dont le collet est au-dessus de la ligne de Malgaigne
joignant l’épine iliaque antérosupérieure à l’épine pubienne. Elle est
impulsive et expansive à la toux. Plus saillant quand debout. Elle est
réductible : le doigt qui le réduit suit son trajet.
Hernies simples (réductible)
Complications
1.
Irréductibilité : En raison d’adhérences intrasacculaires, épiploïques, ou
à cause du volume des viscères herniés, la hernie peut devenir irréductible.
2. L’étranglement est une
cause fréquente d’occlusion intestinale aiguë. Il existe des signes d’occlusion
et des signes locaux. La hernie devient douloureuse, grossit, durcit, n’est
plus impulsive à la toux, n’est plus réductible. Devant toute occlusion,
l’examen des orifices herniaires doit être systématique.
Sans traitement sa suite
est la mort ou une fistulisation des selles à travers la peau (fistule
stercorale).
Diagnostic
différentiel :
1. Hernie
crurale
2. Kyste du
cordon
3. Hydrocèle
4. Orchi-épididymite
5. Torsion
testiculaire
6. Adénite
inguinale
Traitement
Il est chirurgical. Les techniques
sont nombreuses. Schématiquement, elles consistent à faire l’exérèse du sac en
cas de hernie oblique externe, le refoulement du sac en cas de hernie directe,
et elles s’accompagnent de la fermeture de l’orifice, avec ou sans prothèse,
par abord direct ou sous laparoscopie.
La
réparation de Bassini = suture du tendon conjoint au ligament inguinal. Réparation Shouldice = comme Bassini mais
avec fermeture du fascia tranversalis.
b.
La
hernie crurale
Définition: c’est une
hernie à travers l’anneau crural, en dessous de la ligne de Malgaigne.
Clinique
Elle survient souvent chez
une femme forte. La hernie est petite. L’étranglement est plus fréquent qu’en
cas de hernie inguinale. Le traitement est chirurgical et obligatoire, sauf risque
opératoire majeur. Une incision fémorale est le plus simple.
c.
La
hernie ombilicale de l’enfant
Fréquente entre 6 mois et
3 ans. Il y a une relation avec la
malnutrition – et avec un abdomen gonflé.
Une guérison spontanée est normale – une réparation est seulement
nécessaire pour les enfants plus que 5ans.
d.
La
hernie ombilicale de l’adulte
C’est une hernie acquise,
par distension de l’orifice ombilical, initialement fermé. C’est une hernie de faiblesse qu’on
rencontre surtout chez le patient obèse ou cirrhotique, et le sujet du 3e âge.
Elle tend à devenir volumineuse et irréductible à cause de son volume et
d’adhérences intrasacculaires. La hernie
est volumineuse et souvent douloureuse. Les complications sont les mêmes que
pour la hernie inguinale ou crurale : irréductibilité et étranglement. Le
traitement est de préférence chirurgical. On peut être conduit à mettre en
place une prothèse (plaque). Il faut éviter le bandage sur une pièce de
monnaie, traitement insuffisant, même dangereux.
e. Hernie et cirrhose
La hernie chez un
cirrhotique est une forme particulière. Chez ce malade, la hernie accompagne et
complique une ascite sous tension. La peau a tendance à s’amincir, à
s’excorier, puis à se rompre. Il existe un risque de rupture de l’ombilic avec
issue d’ascite en abondance. Le risque majeur est l’infection de l’ascite.
f. Hernie épigastrique
A travers une brèche de la
ligne blanche sur la ligne médiane entre le sternum et l’ombilic.
Autres sortes de
hernies : d’iris, discale, hiatale, vaginale, du cristallin,
2. Quelques notions de Chirurgie
Pédiatrique.
La Chirurgie Pédiatrique ou
Chirurgie Infantile est la branche chirurgicale qui s'occupe des organismes
humains en état de croissance c'est-à-dire entre 0 et 14 ans. D'où toute
l'importance avec laquelle il faut soigner cette spécialité car elle concerne
les individus qui bâtiront la nation de demain. En Afrique, la population jeune représente plus de 50 % de la
population générale. Il faut donc mettre tous les soins dans ce secteur des
maladies chirurgicales de l'enfant. Si un effort est fait dans ce sens dans les
pays développés, il reste encore beaucoup à faire dans les pays du Tiers Monde.
La pathologie que l'on y rencontre n'est pas fondamentalement différente de
celle qui est observée dans les pays nantis.
L'exercice de la chirurgie infantile chez-nous présente certaines
caractéristiques spécifiques qui lui donnent d'autres réalités qu'ailleurs.
Voici ces caractéristiques:
1.
Insuffisance
de formation des personnes qui doivent s'occuper de cette spécialité. En
Afrique, très peu de pays ont des chirurgiens pédiatriques formés. En
République Démocratique du Congo (RDC), il y a très peu de chirurgiens formés
dans cette spécialité. Et les rares qui existent travaillent seulement dans les
grandes villes. Les milieux ruraux où vivent au moins 80 % de la population du
pays manquent cruellement ce genre de spécialistes. A ma connaissance, il n'y a
aucun chirurgien pédiatrique formé qui travaille en milieu rural. En R.D.C.,
par exemple, dans toute la Province Orientale (superficie comparable à celle de
la France, 3 fois celle du Gabon), il y a seulement 7 chirurgiens généralistes.
Tout cela fait que la chirurgie pédiatrique est faite par les infirmiers de
tous les niveaux (A3, A2, A1), les médecins généralistes et les quelques
chirurgiens généralistes formés. Cette situation fait qu'il y ait beaucoup de
laisser-aller et d'erreurs dans l'exercice de la chirurgie pédiatrique dans nos conditions de
travail.
2.
La gravité
des cas qui arrivent aux soins est une caractéristique notable chez nous. Les
malades arrivent à la consultation seulement quand la maladie a fortement
évolué. Autant dire qu'ils se présentent seulement à la dernière minute.
Beaucoup de raisons plaident pour cet état de choses entre autre le temps perdu
dans les consultations parallèles chez les tradipraticiens.
3.
La
pauvreté et l'ignorance jouent un rôle capital dans la présentation des cas que
nous rencontrons sous les Tropiques. Il y a certaines pratiques comme les
scarifications dans le traitement des nombreuses affections chirurgicales chez
les enfants qui sont la conséquence de
la pauvreté et de l'ignorance.
4.
L'inaccessibilité
aux soins due au manque de moyens et de
possibilités, à l'absence des structures convenables des soins, au manque d'un
personnel compétent, etc … fait qu'on retrouve même à l'âge adulte les
affections chirurgicales infantiles. Il n'y a que cela qui explique qu'on
trouve encore des "gueules-de-loup", des tératomes sacro- coccygiens,
… chez les jeunes adultes.
5.
Les
difficultés de faire une meilleure mise au point de la maladie et de démarrer
un traitement adéquat rendent pénibles la bonne marche du travail. Il n'est par
exemple pas possible en milieu rural d'obtenir dans les délais requis un
résultat histopathologique; la radiothérapie est inexistante et une seule dose
de chimiothérapie équivaut au salaire moyen des deux années.
CALENDRIER DE CORRECTION DES
MALFORMATIONS CONGENITALES
1. Tête et colonne vertébrale
-Fente
labio-palatine
Défaut de fermeture des arcs palatins.
Suivant l’importance, difficultés
alimentaires et régurgitations par le nez.
Alimentation à la cuillère ou par la
SNG.
Chirurgie vers 2-6 mois pour la lèvre
(s’il y a une bonne évolution pondérale, sans infection buccale, respiratoire
ou systémique. Palais:1 an pour
permettre de bien parler. Si non à 3
ans.
-Hydrocéphalie
Due à un blocage du drainage des
ventricules. Fréquemment associée à un spina bifida et une myéloméningocele.
Peut être aussi secondaire à une méningite.
Augmentation rapide de pression
intracrânienne et périmètre crânien avec les sutures disjointes, fontanelles
bombées. Pose d’un drain avec valvule le plus tôt que possible, si non il y
aura un retard de développement, intelligence ou croissance.
-Spina bifida ou méningocèle
Défaut de fermeture du tube neural. La
symptomatologie dépend de l’extension.
Lorsqu’une membrane est visible, couverture avec des compresses stériles
humides, fermeture dans les 1-2 jours. Si écoulement du LCR : opération
d’urgence par risque de meningite.
-Myéloméningocèle
Défaut de fermeture du tube neural. Fréquemment une
paralysie des membres et sphincters,
pieds bots. Le pronostic est sombre, infections urinaires récidivantes,
hydrocéphalie.
Ecoulement du LCR: opération urgente. Traitement agressif dans certains cas: paralysie sur les lésions thoracolombaires, cyphose, association avec
d’autres malformations du coeur.
2. Tractus Digestif
-Atrésie
duodénale
Rétrécissement
congénital du duodénum. Parfois du à un pancréas annulaire. Se présente par des vomissements biliaires.
Chirurgie dans les premiers jours.
-Imperforation anale
Absence de passage de méconium qui
doit avoir lieu dans les 2 premiers
jours de la vie. Traitement immédiat.
Colostomie chez les garçons ou ouverture du fistule rectovaginale qui
est souvent présent chez les filles..
Réparation définitive à 2 ans.
-Omphalocèle
Défaut de fermeture de la paroi
abdominale. Couvrir les membranes avec des compresses stériles, hydratation
parentérale. Solution sclérosante comme
le mercurochrome ou l’alcool. Ou fermeture chirurgicale immédiate dans certains cas.
-Exstrophie vésicale, Gastroschisis
Défaut de fermeture de la paroi
abdominale - grande. Couvrir les
membranes avec des compresses stériles,
hydratation parentérale. Fermeture
chirurgicale rapide (48 heures au plus tard). S’il y a risque
chirurgical élevé, différer l’opération (malformations complexes, duplication
complète du pénis,…)
3. Système génito-urinaire
Passage des premières urines dans les
premières 24 heures de vie. Si non
augmenter les rapports d’eau, avoir exclu un globe ou une masse dans les
loges rénales.
-Phimosis: circoncision rapidement si obstruction à un bon écoulement de l’urine. Acte rituel chez nous : se
fait dans l’age préscolaire ou à la 8éme
jour. Si balanites récidivantes, programmer la
circoncision.
-Valves urétrales: intervention rapide dès que le diagnostic est posé.
-Sténose de la jonction pyélo-urétérale. Intervention dépend de la
gravité.
-Hypospadias: peut être associé à d’autres malformations des voies
urinaires. Consultations dans les
premiers mois de vie. Réparation n’est pas urgent et beaucoup plus facile a
l’age de 15ans.
-Cryptorchidie:
risque de transformation maligne décrit et de stérilité. Traitement chirurgical
avant 2 ans.
4. Système respiratoire
-Atrésie
oesophagienne: division imparfaite de l’intestin antérieur en trachée et
oesophage. Traitement le jour même de la naissance.
-Hernie diaphragmatique: inhibition de la
croissance du diaphragme. Opération en urgence.
-Pneumothorax du nouveau-né:
exsufflation rapide.
5.
Système ostéo-articulaire:
-Polydactylie:
si le doigt supplémentaire à un pédicule
fin et ne contient pas d’os,
ligature avec du fil. Aux mains: lorsque
l’enfant est suffisamment grand pour une intervention dans de bonnes
conditions. Aux pieds: après l’acquisition de la marche
-Pieds bots: les malformations des pieds et des mains sont fréquentes. S’assurer si
ce sont des malformations aisément réductibles ou fixes. Il faut examiner les
hanches et le rachis (luxation de hanche, spina bifida). Dès la naissance traitement orthopédique avec des plâtres
correcteurs jusqu’à 3 mois. Traitement chirurgical (si nécessaire) entre 6-12 mois.
-Peau:
angiomes plans, régression spontanée dans la première année de vie.
- Autres:
tumeurs du nouveau-né: à opérer en urgence.
Ce que nous remarquons
souvent est que l’équipe qui se charge des soins de l’enfant mal formé le transférer
ou très tôt ou très tard. C’est pour cela que nous voulons proposer un résumé
du calendrier de correction chirurgicale des malformations pour des régions
isolées, afin d’aider celui qui transfère et surtout celui qui va l’opérer.
|
LESION |
TYPE DE CHIRURGIE |
AGE OPTIMAL DE CORRECTION |
|
Fente labiale |
Chéiloplastie |
6-12 semaines |
|
Fente palatine |
Palatoplastie |
14-18 mois |
|
Kyste dermoide |
Excision |
N’importe quel age, de
préférence après 6 mois |
|
Sinus pré-auriculaire |
Excision |
Après 1 année* |
|
Kystes et sinus branchiaux |
Excision |
Après 1 année* |
|
Kystes et sinus thyroglosse |
Excision |
Après 1 année* |
|
Hygroma kystique |
Excision |
Aussitôt qu’on le remarque |
|
Hernie ombilicale |
Herniorraphie |
Après 4 années (fermeture
spontanée si petite) |
|
Hernie inguinale |
Herniorraphie |
N ‘importe quel age –
si possible après 6 mois. |
|
Cryptorchidie |
Orchidopéxie |
De préférence autour et
avant 2 ans |
|
Hydrocèle |
Excision |
Après 1 année (souvent avec
hernie) |
|
Hypospadias |
1. Meatotomie 2.Correction de la chordée 3. Construction de l’urètre |
1 à 2 ans ou plus tard* 3 à 5 ans 5 à 15 ans |
|
Exstrophie vésicale |
Urétérosigmoidostomie
bilatérale |
2 à 4 ans |
|
|
Excision de la vessie |
4 à 5 ans |
|
Doigts surnuméraires |
Excision |
Variable ; souvent avant 2 ans |
* la règle de ‘10’ : 10 mois,
Les fentes labiales et labio-palatines
Les fentes sont des
accidents morphologiques fréquents survenant lors du 2 ème mois embryonnaire.
Elles sont la conséquence d’un défaut de fusion totale ou partielle des
bourgeons constitutifs du massif facial supérieur. Leur fréquence est vers 1
pour 800 naissances..
Considérée de nos jours
encore comme une affection parapsychologique ou liée à l’intoxication et le
mauvais sort par la médecine traditionnelle, les fentes labiales et
labio-palatines font de plus en plus l’objet de consultations hospitalières par
des parents désemparés mais décidés à rompre avec le fatalisme d’antan.
Les fentes labio-palatines
sont deux fois plus élevées chez les garçons que chez les filles. Les filles
sont deux fois plus atteintes par les fentes palatines que les garçons, tandis
que les fentes labio-palatines unilatérales sont trois fois plus fréquentes que
les bilatérales, le côté gauche étant en général trois fois plus atteintes que
le côté droit.
Le traitement est une
réparation en 3 couches vers l’age de 6 mois (fente labiale bilatérale) 1 an
unilatéral et 5 ans fente palatine. La
planification de l’opération (lambeaux de glissements) prends aussi long temps
que l’opération elle-même.

Les principaux
objectifs du dépistage du cancer et du diagnostic précoce sont de réduire la
mortalité du cancer, de permettre un traitement moins radical, et de réduire
les coûts financiers. Les techniques de dépistage qui ont réduit la mortalité
par cancer sont le frottis de Papanicolaou (Pap) (cancer du col) et
l'auto-examen des seins et la mammographie de dépistage (cancer du sein).
Le carcinome du col utérin
est le deuxième cancer en fréquence sur le plan mondial chez les femmes. Il y a 500.000 nouveaux cas par an et 250.000
morts. Presque 80% des ces morts sont
dans les pays en voie de développement. Le cancer prend plusieurs années pour
se développer. On pense que les altérations des cellules du col utérin pour
devenir les cellules cancéreuses envahissantes, pourront prendre 10 ans. Donc si on peut trouver les signes précoces
on peut prévenir la maladie.
Causes : multiparité,
partenaires multiples, non-circoncision du mari, les maladies sexuellement
transmises mais surtout l’infection par papillo-virus. Papillo-virus est une
infection fréquente sexuellement transmise.
Dans la plupart des cas, l’infection se termine spontanément mais un
nombre restreint des femmes continue avec une cervicite chronique banale. Un
vaccin récent (2005) contre le papillo-virus semble de beaucoup diminuer le
risque de cancer du col utérin.
Diagnostic :
-Anamnèse : initiale
hémorragie post coïtale, puis une métrorragie irrégulière.
-Examen: irrégularité du
col utérin, érosions (ulcérations du col).
- Para clinique – 1.
Colposcopie : manque de
réaction avec lugol. Ordinairement le vagin colore brun foncé :
2. Cytologie
exfoliative – coloration Papaniculau.
Donc pendant ce temps on
peut espérer prévenir le développement d’un carcinome epidermoide invasif en
interceptant le stade dysplasique à un stade précoce. La cytologie cervicale a été développée comme
méthode de dépistage et surveillance du processus dans les populations des femmes
à risque. On prend un échantillon des cellules du col, chaque deux ans à partir
de l’age de 40, avec une abaisse langue.
On l’étalé sur une lame puis on fait une fixation avec l’alcool et éther
avant une coloration de Papaniculau.
Quand des modifications dysplasiques significatives ont été
cytologiquement démontrées, il convient d’effectuer un contrôle histologique
par des prélèvements biopsiques du col.
Les lésions glandulaires intra épithéliales du col utérin ont un spectre
morphologique (apparenté au cancer pavimenteux) allant des altérations bénignes
aux anomalies graves. On se réfère à l’ensemble de ce continuum comme étant
«néoplasie glandulaire intra épithéliale du col utérin ». NGIC ou NGI ou
« cervical intraepithelial néoplasie » CIN ou « Adénocarcinome
in situ » CIS ou ACIS.
Le traitement de l’ACIS
demeure controversé. On propose l’exérèse cervicale (comme la «conisation»
traditionnelle, mais avec un prélèvement de forme cylindrique) comme traitement
conservateur des patientes désireuses de préserver leur fertilité. Le
prélèvement doit avoir des marges négatives, ce qui veut dire que les bords
extérieurs et supérieurs sont sans évidence de maladie et que la maladie est
entièrement contenue à l’intérieur du tissu prélevé. La cytologie de suivi, la
colposcopie et le curetage endocervical peuvent manquer de précision pour
l’identification d’une maladie persistante ou la détection d’une maladie
récurrente. Si la
question de fertilité ne se pose pas, on recommande une hystérectomie simple
totale.
Complications : Anémie, métastase, invasion
uretères, urémie.
25% de femmes qui meurent d'un cancer ont un cancer du sein. Elle
représente 10% de tous les décès par cancer. C'est un des cancers le plus
fréquent et le plus meurtrier de la femme. Il s'observe chez nous chez des
patientes entre 30 à 50 ans, mais il peut se rencontrer chez les femmes plus
jeunes.
Dépistage du cancer du sein (Breast cancer
screening)
Le but du dépistage précoce est de détecter une maladie avant
l'apparition des signes cliniques afin de pouvoir la traiter dans un stade peu
évolué. Le cancer du sein est une maladie où le dépistage peut être très
bénéfique pour plusieurs raisons : il s'agit d'une maladie très fréquente,
grave mais potentiellement curable et dont le diagnostic précoce améliore la
survie. Les tests de dépistage comme la mammographie, l'examen clinique et
l'auto examen sont non invasifs et relativement économiques.
La précocité du diagnostic reste le meilleur élément de guérison. On conseillera
un examen systématique chez toutes les femmes à l’age de la procréation. Pour
le dépistage, que le personnel soignant sait habituer à examiner (et
s’examiner) dans la pratique quotidienne les seins de leurs patientes comme on
le ferait pour une auscultation pulmonaire de routine et apprendre à toutes les
femmes d'auto‑examen.
Examen de la Glande Mammaire
L’examen des seins fait partie intégrante de l’examen
gynécologique. Il doit être systématique, car une de vos patientes sur 9 va
développer un cancer du sein dans sa vie.
L’examen du sein sera fait si
possible 10 jours après le début des règles dans la pratique quotidienne.
Comment examiner les seins ?
L’interrogatoire est essentiel
On précisera : - l’âge de la femme,- ses antécédents
familiaux de cancer du sein - ses antécédents personnels gynéco-obstétricaux,-
ses antécédents de pathologie mammaire,- les traitements médicaux ou
chirurgicaux
L’examen physique comprend :
1. L’inspection de la femme nue jusqu’à la ceinture en comparant les
deux seins.
La femme est examinée de face et de profil :
- assise bras pendants, - assise
bras levés,- assise ou debout bras levés, penchée en avant ou en
décubitus dorsal, et au cours de ces changements de position en variant
l’éclairage de face ou à jour frisant.
- on appréciera le volume du sein,
sa forme, sa symétrie par rapport à l’autre,
- on repérera le mamelon, sa
situation, sa symétrie et son relief. Il peut être normal, rétracté, invaginé,
ombiliqué,
- on notera la couleur du tégument,
l’existence d’un réseau veineux, d’un oedème, d’une tumeur, d’une cicatrice,
- les connexions cutanées seront
recherchées attentivement à l’inspection spontanée :soit simple ride linéaire,
soit en surface (peau d’orange).
Bien souvent, ses rétractions cutanées n’apparaissent que dans une
position ou à l’occasion d’un mouvement, c’est l’inspection dynamique qui les met en évidence.
Peau
d’orange – signe d’invasion de la peau
2. Palpation : Technique
Elle sera faite sur une malade
assise, puis en position couchée et, dans chacune de ces positions bras levés
puis bras pendants.
La main, bien à plat, examine
tout le sein quadrant par quadrant, sans
oublier le prolongement axillaire le sillon sous – mammaire et le mamelon.
3. L’examen
régional à la recherche des adénopathies
4. L’examen
général à la recherche des métastases.
Résultat
Très souvent, l’examen est normal. Le revêtement
cutané de la glande est normal, mobile. Le parenchyme glandulaire est également
normal, régulier, et identique des deux côtés. Il ne faut pas oublier que la
glande est multilobulaire et de
consistance variable, en fonction de la proportion de graisse par rapport à la
glande. Il peut être difficile d’affirmer que le sein est normal chez une femme anxieuse qui a des nodules partout,
et au contraire, dangereux d’affirmer à la légère la normalité.
Les facteurs de risque du cancer du sein :
Des études d'épidémiologie génétique ont établi que 5% des cas de cancer
du sein sont liés à une prédisposition génétique dite majeure. La transmission
de la prédisposition a lieu selon le mode dominant (risque de transmission :
50%) et peut être aussi bien être d'origine paternelle que maternelle. Le fait
d'être porteuse d'une prédisposition génétique confère à une femme un risque de
cancer du sein, cumulé au cours de sa vie, de 80%.
|
FACTEURS
DE RISQUE |
Risque
multiplié Par |
|
Premier
cancer du sein et |
5 à 6 pour le
deuxième sein |
|
Prédisposition
familiale |
3 |
|
Mère ou soeur avec cancer du sein |
5 |
|
Parité Nullipare –
paucipare Grossesse
après 30 ans |
3 |
|
Absence
d’allaitement |
2 |
|
Mastopathie
bénigne |
3 à 5 |
|
Haut niveau
socio-économique : Vie en
famille Stress
fréquent Obésité |
2 |
|
Premières règles
précoces Ménopause
tardive |
1,5 |
|
Autres
cancers: endomètre, côlon |
3 |
L'étape initiale dans l'évaluation d'une femme qui a découvert une masse
dans son sein est de déterminer si une masse dominante existe ou si la masse palpée
faite partie de la nodularité normale du tissu mammaire.
Une masse palpable peut être un kyste, un fibroadénome, une région
dominante de maladie fibrokystique, une région de cytostéatonécrose ou un
cancer. La biopsie est le seule méthode certaine pour les différentier.
Les moyens de dépistage
L’étude des marqueurs tumoraux (type antigène carcino – embryonnaire) est
incapable de permettre un dépistage par un test biologique simple, on ne peut
donc faire appel qu’à l’auto – examen, à la palpation des seins par un médecin
ou un personnel para médical, ou à l’utilisation d’examens complémentaires
associés: mammographie, thermographie, échographie et biopsie.
1. Auto-examen des seins
C’est une méthode simple sans danger et connue de la majorité des
femmes. Puisqu’elles découvrent elles-mêmes leur cancer autant leur apprendre à
le découvrir le plus tôt possible.
- La
femme doit donc apprendre à examiner ses deux seins ainsi que les zones
axillaires une fois par mois (après les règles, si elle est réglée).
L’examen sera fait debout puis couché.
La peau étant éventuellement humide et savonnée.
Les avantages de l’autopalpation: C’est une méthode sans danger et bon marché, et semble
-t-il, efficace.
- Le
diagnostic est fait plus tôt chez les femmes qui le pratiquent, il y a plus de
cas ganglions négatifs (66 % au lieu de 44 %) moins de forme métastasée (2,7 %
au lieu de 14 %) et une survie
meilleure: 75 % de survie à 5 ans au lieu de 57 en l’absence d’auto-examen.
2. Examen
clinique par le soignant
L’examen médical annuel des seins des femmes de plus de 35 ans permet de
découvrir de 0,13 à 0,46 cancers pour 100 femmes examinées.
Cet examen peut être fait par le médecin de famille ou le gynécologue, mais
aussi par le médecin du travail ou un personnel non médical entraîné.
L’examen annuel permet de faire le diagnostic plus tôt puisqu’on a
jusqu’à 70 % de formes sans ganglions envahis, avec une amélioration de la
survie de 5 à 10 ans.
L’examen clinique médicalisé est donc un bon moyen de dépistage,
peut-être pas supérieur à l’auto-examen en qualité, mais ayant une meilleure
pénétration dans la population. Il est cependant insuffisant pour la découverte
des petits cancers infra-cliniques.
3. Examens complémentaires
- la
mammographie (radiologique) pour chercher les microcalcifications.
- la
xérographie
- l’échographie
Conclusion
Le dépistage du cancer du sein est possible. On peut recommander
l’auto-palpation une fois par mois à partir de 25-30 ans surtout si la femme
est à risque:
- un simple examen clinique annuel pratiqué par le
médecin de famille, le gynécologue ou le médecin du travail entraînerait une
baisse de la mortalité de 18 %.
- une mammographie peut être prescrite tous les 2 ans entre 40 et 49ans
et tous les 3 ans entre 50 et 70 ans.
Pathophysiologie : Le cancer se révèle par une petite tuméfaction
que perçoit la patiente dans l'un de ses seins. La partie supéro-externe est la
plus atteinte Les cellules cancéreuses forment une petite masse qui grossit et
envoie très vite des métastases (cancers filles) le long des voies lymphatiques
et à distance. Les métastases se propagent :
1.
Par une
propagation intracanaliculaire
2.
Par
invasion interstitielle
3.
Par
extension lymphatique
4.
Par
embolies sanguines
Dans 75% des cas les métastases apparaissent dans les cinq premières
années après le traitement de la tumeur initiale, mais elles peuvent aussi
apparaître 25 ou 30 ans après.
Traitement :
Historiquement, il existe deux points de vue opposés concernant l'histoire
naturelle du cancer du sein. Certains postulent qu'il s'agit d'une maladie
systémique, et ce, dès le début et que la chirurgie a un très faible impact sur
le risque de décès. D'autres pensent que la maladie est localisée au début et
que l'exérèse de la tumeur primitive pratiquée à temps, réduit le risque de
décès. Cette polémique remonte à Hippocrate qui affirmait que non seulement le
cancer du sein est une maladie systémique mais que la chirurgie peut avoir des
répercussions négatives sur l'évolution de la maladie. Virchow et ensuite
Halsted considéraient que le cancer mammaire est une maladie localisée dont la
thérapie loco régionale peut amener à la guérison.
Fisher et Bonadonna postulent que les tumeurs opérables sont
l'expression d'une maladie systémique avec des interactions hôte-cancer
complexes et que le traitement loco-régional a peu de chances d'influencer la
survie.
Des grandes études randomisées et prospectives comparant les résultats
après mastectomie ou chirurgie conservatrice ont montré que le risque de
récidive locale était plus élevé après les exérèses conservatrices mais que la
survie restait la même dans les différents groupes.
L'addition d'un traitement systémique adjuvant réduit la mortalité
d'approximativement de 25%. En conclusion, bien que l'histoire naturelle du
cancer du sein ne soit pas encore élucidée, les traitements de la maladie ont
montré du progrès. Des études randomisées et contrôlées montrent que le
dépistage précoce et les traitements systémiques adjuvants peuvent réduire la
mortalité des patientes et, encore plus important, les statistiques montrent
actuellement une diminution du taux de mortalité, qui était resté inchangé
depuis 40 ans.

Donc le traitement moderne :
Chirurgie :
1. Exérèse locale. La biopsie
excisionnelle consiste en l'exérèse complète de la lésion.
2. Traitement systémique – anti-mitotiques (Endoxan, vincrystine etc) et
anti-œstrogène (tamoxifen)
3. Radiothérapie locale si possible.
5. Chirurgie thoracique en Afrique
Indications :
1. Les traumatismes thoraciques : 25% cas. Il s’agissait de plaies thoraciques et plaies
thoracoabdominales, causées surtout par des balles lors d’accidents de chasse
ou d’agressions armées ou par des armes blanches au cours de bagarres.

2. Les séquelles de tuberculose: 20% des malades.
L’indication principale est la cavitation avec les bactéries résistantes. Donc
le traitement le plus fréquent est la pneumonectomie, ou lobectomie supérieure
droite ou gauche. On pratique les pleurectomies dans les cas d’empyème et
fistule broncho-pleurale..
3. Les tumeurs : 25% cas
Elles étaient dominées par
les cancers broncho-pulmonaires. On opère ce groupe par lobectomies et pneumonectomies.
4. Les pleuro-pneumopathies diverses : 20% cas.
Il s’agissait des malades
présentant des bulles d’emphysème dystrophiques ayant entraîné des pneumothorax
récidivants, des malades présentant des bulles staphylococciques, d’abcès
pulmonaires et de pyothorax post-infectieux.
5. Les causes diverses : 10% cas.
Il s’agissait de
péricardectomies pour péricardite hémorragique chronique d’origine
tuberculeuse, oesophagoplasties pour cancer de l’œsophage ou sténose de
l’œsophage et d ’ aspergillomes pulmonaires.
Drainage thoracique pour les épanchements pleuraux :
Préparation de la peau,
anesthésie locale, (5e ou 6 espace intercostal sur la ligne
axillaire moyenne). Notez la longueur de
l’aiguille pour pénétrer dans la cavité pleurale. Faire une petite incision. Avec une grosse pince hémostatique pénétrez
dans la plèvre puis prendre le tube et introduire dans le thorax. Lier le tube à la peau. A proximité du tube,
laissez un point de suture non lié pour fermer au moment du retrait du tube.
Appliquez un pansement. Reliez le tube
au système de siphonage et faites une marque sur le flacon de drainage
indiquant le niveau du liquide évacué.
6. Goitres et nodules de la thyroïde.
Goitre: une tuméfaction cervicale antérieure ascensionnant à la
déglutition
- stade O A : pas de goitre
- stade O B : goitre palpable non visible
- stade I : goitre visible, le cou en extension
- stade II : goitre visible, le cou en position normale
- stade III : goitre visible à distance.
Dans les enquêtes épidémiologiques (OMS) on retient l’existence d’un
goitre lorsqu'un lobe thyroïdien a au moins une taille supérieure à la dernière
phalange du pouce du patient examiné.
Formes étiologiques
1. Goitre endémique
On parle d’endémie goitreuse lorsque 10 % au moins de la population est
goitreuse;
Certaines aires géographiques sont électivement représentées notamment
mais non exclusivement les zones de montagne).
Les facteurs étiologiques sont multiples et peuvent être associés :
- carence iodée surtout (mais non constante) avec iodurie inférieure à
50µg/jour.
- goitrigènes naturels probablement par libération de thiocyanates -
brassica; cassava (= manioc)
- malnutrition et pollution
- hérédité

2. Goitre sporadique
Frappant surtout le sexe féminin,
il apparaît généralement chez l’adolescente, et son développement semble
favorisé par divers facteurs (étapes de la vie génitale)
3. Goitre "expérimental"
- après thyroïdectomie partielle
- lors d’un traitement par antithyroïdiens de synthèse, lithium, iode.
- par fuite urinaire des protéines liant l’hormone thyroïdienne
(syndrome néphrotique)
4. Goitre par trouble congénital de
l’hormonogénèse
Complications :
* locales :
+ déviation puis compression trachéale
+ compression: - récurrentielle- veineuse (circulation collatérale)-
syndrome de Claude Bernard Horner
+ hématocèle
+ inflammation (strumite) thyroïdite.
+ calcifications
+ formation de nodule (s)
+ cancer ultérieur (souvent carcinome anaplasique)
* hyperthyroïdie : goitre secondairement toxique
Hyperthyroidie
Principes thérapeutiques
1. Prophylaxie du goitre endémique :
- amélioration de l’hygiène de vie
- consommation de sel iodé
2. Traitement du goitre sporadique :
- étiologique (élimination d’un éventuel facteur iatrogène).
- médical : freinage thyréotrope (TSH) (L-thyroxine per os 100 à
150µg/jour) contrôlé par test TRH
- chirurgical: exclusivement en cas de complications.
Le traitement chirurgical du goitre est sujet à controverse. Le choix du
geste chirurgical optimal se heurte à l'excellent pronostic de cette maladie et
à la difficulté, voire l'impossibilité, d'obtenir en peropératoire les éléments
histologiques discriminants.
On opère sur les goitres soit pour raisons esthétiques, à cause de la
compression de la trachée ou pour nodules.
Le traitement des nodules solitaires dans la thyroïde est chirurgical.
On envoie le nodule pour un examen anatomopathologique. La grande plupart sont
les kystes. On peut pratiquer une
aspiration mais on conseille les examens cytologiques du liquide aspire pour
exclure le cancer.
L’accident de Tchernobyl survenu le 26 avril
La difficulté d’uriner chez l’homme est une cause
fréquente de consultation.
A différencier : dysurie (difficulté d’uriner –
pauvre jet urinaire), pollakiurie (fréquentes mictions de petites quantités),
polyurie (Passage de beaucoup d’urine), mictalgie (brûlure avec urination),
nycturie (passage d’urine pendant la nuit).
Maladies urologiques fréquentes.
1. Hypertrophie
prostatique
Seuls les symptômes de
l’adénome de prostate sont une indication au traitement médical et chirurgical.
La taille de l’adénome, n’est pas une indication à elle seule.
1. Les symptômes
Initialement, le patient
présente peu de symptômes du fait de la capacité du muscle détrusor de
compenser l’augmentation des résistances au flux urinaire. Avec l’augmentation
de l’obstruction, une constellation de symptômes regroupés sous le terme
“prostatisme » apparaissent :
1.1. Symptômes obstructifs
- diminution du calibre et
de la force du jet urinaire ;
- retards et les
hésitations du jet ;
- gouttes
post-mictionnelles ;
- sensation de vidange
incomplète vésicale ;
- parfois et à un stade
tardif, la rétention complète d’urine.
1.2. Symptômes irritatifs
- mictions impérieuses
(instabilité vésicale)
-pollakiurie nocturne,
symptôme difficile à évaluer du fait que de nombreuses personnes âgées ont une
augmentation de la diurèse associée à la modification de la sécrétion de
l’hormone anti-diurétique. Il est estimé que l’instabilité détrusorienne est
présente dans 50 à 80 % des hommes qui ont des symptômes de prostatisme.
On propose un moyen de
quantifier les symptômes par le « Score international des symptômes prostatiques » - IPSS. Nous
n’avons pas trouve ceci très utile (Tropical Doctor 2007;37 :173-175)
Examen:
Globe vésical T.R.: Taille de la
prostate - Surface : Régulière/irrégulière
Sondage facile/difficile
Macroscopie: hypertrophie homogène, Adénome, Hyperplasie nodulaire Microscopie – hypertrophie ou cancer.
Les indications du
traitement chirurgical (résection ou adénomectomie) sont : 1. IPSS plus que 25,
2 la rétention urinaire, 3. une dysurie importante (débit <10ml/s), 4
Nycturie embêtant 5 l’échec du traitement médical. Il y a des symptômes invalidants tels que
défaillance cardiaque etc.
Pathophysiologie :
Les hypertrophies
prostatiques se réfèrent à l’augmentation de la taille de la prostate. La
croissance de cette glande est bi-phasique. A la puberté il existe une
augmentation rapide de la taille qui se poursuit jusqu’à la troisième décade,
suivie d’un ralentissement de la croissance entre 31 et 55 ans, puis à nouveau
d’une augmentation progressive jusqu’à 90 ans. L’adénome est une formation
tumorale bénigne. Le pourcentage des hommes qui ont un adénome histologiquement
identifiable par autopsie augmente tous les ans après la 4ème décade. Il existe
donc une relation directe entre le vieillissement et l’augmentation du poids de
la prostate accompagnée par une augmentation de l’incidence d’un adénome
histologique. Les données corrèlent étroitement avec le développement des
symptômes de l’obstruction urinaire chez l’homme. A 55 ans, environ 25 % des
hommes vont noter une diminution de la force du jet, et cette incidence
augmente avec l’âge. En France le risque pour un homme de 40 ans d’avoir des
symptômes avant 80 ans est de 78 % et d’être opéré de la prostate de 29 %.
Alors que le développement
de l’adénome de la prostate est un phénomène universel du vieillissement chez
l’homme, la cause et les origines de cette maladie ne sont pas identifiées. Il
n’existe aucun facteur de risque ni racial, ni alimentaire, ni d’autres
habitudes qui contribuent au développement de l’adénome.
Examen : Identifier
la diminution de la taille et de la force du jet urinaire. Il est possible
d’inspecter les mictions du patient avant tout examen clinique. L’examen proprement dit, commence par une
inspection générale à la recherche d’éléments cliniques suggérant une
obstruction sévère avec retentissement sur la fonction rénale.
- perte de poids, œdème
- pâleur ou anémie
évidente
- cardiomégalie ou œdème
pulmonaire
- douleurs des fosses
lombaires ou palpation d’un rein dilaté ou bien présence d’un globe vésical
palpable en sus pubien.
Le toucher rectal est
réalisé avec un doigtier correctement lubrifié à l’aide de l’index. Une
exploration à 360° en regard de la loge prostatique est réalisée. La prostate
est palpée avec attention notant la taille, la consistance et la forme de
l’organe. L’hyperplasie prostatique est habituellement lisse, ferme et
élastique. La taille de la prostate à l’examen rectal, doit être estimée à
moins de
Chirurgie
- L’adénomectomie par voie
rétro-pubienne : (après Millen). Elle consiste à énucléer la partie
adénomateuse de la prostate laissant en place la capsule prostatique et ses
enveloppes. La capsule qui est incisée en premier permet l’énucléation de
l’adénome.
- La résection
transurétrale de prostate est actuellement la technique de référence pour le
traitement chirurgical pour l’adénome de prostate. Il s’agit d’une résection
endoscopique utilisant un bistouri électrique. Il est actuellement possible de
réaliser cette intervention sous vidéo-endoscopie. Le but est de réséquer
l’ensemble de l’adénome prostatique de dedans en dehors, en réséquant
totalement l’urètre prostatique puis chacun des lobes, du col au veru montanum
et en réalisant au fur et à mesure l’hémostase.
Suites opératoires
La morbidité
postopératoire a été considérablement réduite du fait des améliorations
techniques de la résection endoscopique, de la prophylaxie infectieuse et de
l’anesthésie. Les complications sont rares (8%). Elles comprennent :
1. - hématuries
persistantes: l’hématurie postopératoire est habituelle. L’irrigation au sérum
physiologique permet de prévenir le caillotage intra vésical. En cas de
persistance et de perte sanguine significatives associées à des caillotages
vésicaux malgré l'irrigation, il est indiqué de réintervenir pour compléter
l’hémostase par endoscopie ou cerclage vésical
2. - infections urinaires
fébriles ou non sur sonde
3.- les complications de
la chirurgie pelvienne (décompensations cardiovasculaires, phlébites, embolies
pulmonaires).
4. Les complications à
distance sont:
- la sténose de l’urètre
traitée par urétérostomie endoscopique
- l’incontinence urinaire
d’effort ou totale.
2.
La
sténose de l’urètre
DEFINITION :
Une sténose de l’urètre
consiste en un rétrécissement du calibre normal de l’urètre.
L’urètre est un canal musculaire
dont la lumière est virtuelle et ne s’élargit qu’au passage du jet mictionnel.
Le calibre urétral n’est pas constant et deux zones sont normalement un peu
moins larges que le reste de l’urètre. Ce sont l’urètre membraneux au niveau du
sphincter strié et la fossette naviculaire.
Causes
a. Congénitale
b. Origine infectieuse :
Les infections en cause
sont les urétrites dont les agents infectieux peuvent être ceux des maladies
sexuellement transmissibles (MST), à savoir les chlamydiae, uréaplasmes,
gonocoques, etc..., ou les germes banaux de l’infection urinaire (colibacilles,
proteus, klebsiellae), voire la tuberculose (BK).
La portion de l’urètre qui
est atteinte est le plus souvent l’urètre antérieur.
Ces sténoses post
infectieuses sont souvent longues et multiples.
c. Origine traumatique
cicatricielle :
Ces sténoses se
développent après des plaies urétrales quelle qu’en soit l’origine La portion de l’urètre qui est atteinte est
plutôt l’urètre postérieur ou la fossette naviculaire.
LA CLINIQUE
a. Les signes cliniques
sont ceux du prostatisme :
- pollakiurie, mictions
impérieuses
- dysurie, jet fin
- parfois rétention aiguë
d’urines (RAU).
b. Assez souvent les
sténoses sont peu symptomatiques ou mêmes asymptomatiques et seront découvertes
à l’occasion d’un sondage impossible.
Traitement
a. Pour les sténoses de
l’urètre postérieur, on dispose de différentes méthodes :
1°) L’urétérostomie
interne endoscopique permet de mettre à plat la sténose et d’installer une sonde
urétrale. La durée de sondage varie selon les auteurs et de l’importance de la
sténose mais la tendance est de raccourcir au maximum la durée de sondage.
2°) L’urétroplastie
chirurgicale consiste à aborder chirurgicalement la sténose par voie périnéale,
de réséquer la portion urétrale rétrécie et de réanastomoser les deux segments
obtenus sur une sonde urétrale. Parfois une plastie d’élargissement de l’urètre
est nécessaire dans les sténoses longues. On se servira de la peau pénienne ou
de la muqueuse préputiale ou vésicale ou
labiale.
3°) Les prothèses
endourétrales sont parfois proposées lors de récidives nombreuses et
fréquentes. Elles n’évitent pas forcément les récidives notamment aux
extrémités de la prothèse et sont parfois source d’inconfort mictionnel ou lors
de l’érection. Elles seront de ce fait éviter chez le sujet jeune.
4°) L’auto dilatation avec
une sonde urétrale autolubrifiée est souvent la technique retenue en cas de
récidive. Elle nécessite d’abord une mise à plat endoscopique. Le rythme des
sondages sera d’une fois par jour pendant 15 jours puis deux fois par semaine
pendant 15 jours et enfin une fois par semaine pendant 5 mois pour finalement
passer à une auto dilatation par mois pendant 6 mois supplémentaires. La durée
totale de ces auto dilatations devra toujours être d’au moins un an sous peine
de récidives plus fréquentes. Ces autodilatations peuvent être proposées en
compléments des mises à plat endoscopiques ou des urétroplasties chirurgicales.
L’EVOLUTION :
Elle sera marquée par des
récidives qui si elles sont fréquentes nécessiteront de recourir aux autos
dilatations. Pour certains il y a une place pour les prothèses urétrales
lorsque les récidives concernent l’urètre postérieur. Le suivi sera assuré
essentiellement par la débitmétrie. Dans les cas de doute, une fibroscopie
voire une UCR (urétro cystographie rétrograde) peuvent être réalisée.
3. Quelques Urgences Urologiques
1). L a rétention urinaire aigue
Impossibilité d’évacuer l’urine
contenue dans la vessie
- Son aspect clinique est évident
* le malade n’a pu uriner depuis
quelques heures malgré ses efforts
* douleurs hypogastriques atroces
* globe vésical
- Le malade doit être rapidement soulagé par cathétérisme ou
cystostomie (ponction suprapubienne), si le sondage est impossible. Après
évacuation vésicale, il faut rechercher la cause.
-
Chez l’enfant : phimosis, atrésie du méat,
rétrécissement congénital de l’urètre, maladie du col.
- Chez l’adulte : rétrécissement urétral, maladie du col, prostatite
aiguë
- Chez l’homme âgé : en plus, adénome et cancer prostatique
- Chez la femme : tumeurs du pelvis.
1)
Cette définition élimine
- Les hémorragies de voisinage
(vulvo vaginales)
-Les
hémorragies où le saignement a lieu en dehors des mictions.
2)
Seul l’examen cytologique des urines au microscope montrant les hématies
affirme l’hématurie, éliminant les autres causes d’urine
rouge; coloration :
-Médicamenteuse : séné, pyramidon,
- Alimentaire : betterave,
rhubarbe
- Porphyrinique, myoglobinique,
hemoglobinurie.
3)
Cette hématurie peut être
-Microscopique
-Ou macroscopique, ayant l’avantage
d’alerter le malade et de l’amener à consulter. Mais de toute façon c’est un signe capital qui
implore de multiples investigations à la recherche du siège et de la cause du saignement.
PRECISER
L’ETAGE D’ORIGINE DU SAIGNEMENT
La miction doit être étudiée par l’épreuve des 3 verres
- Technique
*1. jet uréthral dans le premier
verre 2* presque toute la miction dans le second 3.* les dernières gouttes dans
le troisième.
- Résultats
* hématurie initiale (verre 1
seulement) : urétro-prostatique
* terminale : (verre 3 seulement)
vésicale
* totale : (tous les 3)
urétéro-rénale
* en
fait toute hématurie abondante peut être totale
* hématurie rénale peut être à renforcement terminal.
CAUSES
DES HEMATURIES
1)
Il est des causes évidentes
a) Traumatiques
- Contusions lombaires
- Fracture du bassin
- Contusion périnéale
- Accidents du sondage
b) Hématurie terminale d’une cystite
aiguë
c) Hématurie au cours des affections
médicales
- Maladies infectieuses donnant des
néphrites aiguës
- Cardiopathies, rétrécissement
mitral, endocardites (Osler) donnant des infarctus du rein
- Maladies hémorragipares, accident
au cours d’un traitement anticoagulant.
2)
Ailleurs, le diagnostic, pour être
établi, nécessite des investigations complémentaires (y compris UIV et
cystoscopie).
a)
Hématurie initiale, = urétro-prostatique
-Adénome prostatique essentiellement,
mais c’est une affection tellement fréquente après 50 ans qu’on ne doit
pas s’arrêter à la découverte d’un
adénome pour expliquer une hématurie, mais rechercher s’il n’existe pas une
autre cause.
-Cancer de la prostate
-Infections aiguës ou chroniques de
la prostate
-Urétrites
b)
Hématurie terminale cervico-vésicale
-Cystites : à germes banaux,
gonococciques, tuberculeux surtout
-Les tumeurs de la vessie :
papillome surtout, ou tumeurs infiltrantes
-La lithiase vésicale : hématurie
provoquée
-Bilharziose
-Plus rarement *angiomes de la vessie
c)
Hématurie totale urétéro-rénale
4 grandes causes
a)-Les tumeurs *du bassinet, de
l’uretère *du rein + + +
= hématurie spontanée, capricieuse
typiquement indolore, abondante, isolée (sans cystite, sans cylindrurie, sans
bactériurie)
b)-La lithiase
* hématurie provoquée par les
secousses, la fatigue, les voyages
* douloureuse s’accompagnant de
coliques néphrétiques
* habituellement peu abondante
c)-La tuberculose rénale
* hématurie spontanée peu abondante,
peu récidivante
* non douloureuse avec asthénie,
anorexie etc.
d)- Les reins polykystiques
Malformation congénitales
bilatérales, palpation de 2 gros reins
3)
Il est des hématuries dont la cause reste difficile à préciser
-Il faut alors revoir le malade et
reprendre tous les examens 2 – 3 mois plus tard en les complétant au besoin d’un rétropneumopéritoine, d’une
angiographie rénale et, si le doute persiste, d’une lombotomie exploratrice.
- Il reste néanmoins parfois à
l’origine de cette hématurie
* une néphrite hématurique
* les “néphrites hématuriques” :
angiomes ou varices des papilles
* et, à part, la nécrose papillaire
du diabétique avec son hématurie très
abondante, souvent mortelle.
La crise de colique néphrétique est
la traduction d’une distension brutale par rétention intrapyélique.
ELLE
EST CARACTERISEE par
1)
Son siège
- Angle costo-lombaire
- A irradiation descendante vers la région inguinale, les organes
génitaux externes.
2)
Sa qualité
- Intense, intolérable, entraînant
une certaine agitation du malade qui ne trouve aucune position confortable
- A type de broiement, de torsion.
- Elle s’accompagne
* de signes digestifs : nausées,
vomissements, troubles du transit
* de signes urinaires : ténesme
vésical, faux besoins, mictions douloureuses
et répétées aboutissant à l’émission de quelques centimètres cubes
d’urines avec hématurie macro ou microscopique.
3)
Son évolution
- Continue avec paroxysmes,
véritable colique
- Cédant brusquement au bout d’un
temps variable, suivie d’une sensation de bien être avec cependant un certain
endolorissement lombaire et une polyurie.
L’EXAMEN
1)
Au cours de la crise montre
- L’absence de fièvre
- L’absence de contracture et en
général de météorisme abdominal
- Par contre existe une défense
lombaire.
2)
Au décours de la crise, on retrouve
- Les points douloureux urétéraux
- Un météorisme abdominal dû à
l’iléus paralytique
- Parfois un ou plusieurs calculs
dans les urines que l’on aura pris soins de tamiser.
Le mot priapisme tient
ses origines de la mythologie grecque. Priape est le dieu de la fertilité et de
la chance. Les représentations artistiques du dieu Priape l’affligeaient d’une
énorme verge en érection.
Le priapisme se
définit comme une érection prolongée du pénis, voire du clitoris, en dehors de
toute stimulation sexuelle. Il
désigne donc un état d’érection prolongé, dépassant 3 heures, parfois
douloureux, en dehors de toute stimulation sexuelle. Il touche essentiellement
le corps caverneux. Le gland et le corps spongieux sont en règle générale épargnés.
Il trouve un regain d’actualité
depuis l’emploi d’injections de papavérine ou de produits alpha bloquants dans
les corps caverneux. Donc l’époque moderne est marquée par l’apparition toute
récente de priapismes iatrogènes qui peuvent être provoqués par l’injection
intra caverneuse de substances vasodilatatrices effectuées dans un but
diagnostique ou thérapeutique d’une impuissance.
L’évolution spontanée se fait sans
complication locale vers la détumescence, mais celle-ci peut ne survenir qu’au
bout de plusieurs jours, voire plusieurs semaines. Cette détumescence
s’accompagne d’une fibrose du tissu caverneux responsable d’une impuissance
définitive par perte de l’érection.
Facteurs
étiologiques
On distingue deux sortes de
priapisme:
1. Le priapisme à bas débit, manifestement
le plus urgent et le plus courant. C’est une véritable urgence urologique.
Au-delà de 4 heures, les premières lésions d’anoxie surviennent avec lésions
progressives des fibres musculaires lisses du corps caverneux, lésions éventuellement
définitives exposant à une dysfonction érectile définitive. L’érection est
douloureuse et ne concerne que les corps caverneux.
C’est la conséquence directe d’une
anomalie du retour veineux, due à des causes hématologiques, dans la plus part des
cas :
-La leucémie myéloïde chronique.
-Une localisation secondaire des
néoplasmes urogénitaux (compression
mécanique)
-La drépanocytose
-Un trouble de la coagulation
(Thrombose).
On peut aussi citer des causes non hématologiques,
qui n’en sont pas moins importantes; comme les causes iatrogènes :
- Les injections intra caverneuses
en sont la cause la plus fréquente; avec des priapismes dans 1% des cas
d’injections de prostaglandines et jusqu’à 17% des cas ayant reçu une injection
de papavérine
- Instillation intra urétrales de
prostaglandine
- Les antidépresseurs (tradozone)
- Et la cocaïne (qui n’est pas
prescrite en général;) . Les traumatismes médullaires, par lésion du système
sympathique (modérateur de l’érection)
2. Le priapisme à haut débit,
moins fréquent , suppose une augmentation du flux artériel de manière prolongée
et non régulée, ce qui est lié en général à un traumatisme périnéal, voire à
une lésion d’une artère caverneuse lors d’une injection intra caverneuse qui
peuvent engendrer une fistule. Le tissu du corps caverneux n’est pas
ischémique, le patient n’a donc pas de douleur. Le traitement peut être
différé, devant permettre de réaliser dans les meilleures conditions une
artériographie pelvienne.
Notons que dans 30 à 50 % des cas,
aucune étiologie n’est retrouvée, et que dans des cas idiopathiques, on
rapporte une stimulation sexuelle prolongée accompagnant le début
d’installation du priapisme.
Traitements :
1.– Avant la 6e heure les
petits moyens sont de règle : •Effort physique •Rapport sexuel et
éjaculation répétée. •Réfrigération cutanée pénienne.
2.-Entre la 6e et la 24e heure, en
l’absence de signes d’anoxie et de contre-indications on préconise les alphastimulants
(drogues qui simulent l’effet du système sympathique)
•Soit par voie orale (Effortil®
jusqu’à 6 comprimés par jour)
•Ou, en cas d’échec, en injection
intra caverneuse au niveau de la verge (Effortil® ou l’Effedrine).
3.–La chirurgie concerne les échecs de prise en charge
médicale. Le but de l’intervention est d’obtenir une détumescence de la verge
dans des délais suffisamment brefs pour éviter la fibrose cicatricielle des
corps caverneux, et, par conséquent, l’impuissance.La simple évacuation des
corps caverneux obtenue par ponction (Voir supra), avec, au besoin, lavage des
cavités érectiles au sérum physiologique ou avec des solutions anticoagulantes
peut suffire.
8. Circoncision- Phimosis et Vasectomie
La circoncision est, chez l’homme, la résection
chirurgicale du prépuce. Elle est
indiquée en cas de balanite récidivante et ses complications phimosis
(rétrécissement du prépuce) et paraphimosis (un prépuce rétracté gonflé et
douloureuse).
On fait une circoncision sans anesthésie pour les
nouveau-nés avec anesthésie générale pour les jeunes locale pour les adultes
La vasectomie (en haut) est une méthode de contraception. Faites bien comprendre au malade que
l’opération est irréversible. On la fait
sous anesthésie locale.
9. Maladies acido-peptique
et Hélicobacter
Plusieurs maladies sont à
cause de la triple association : Acide, Pepsine, Hélicobacter,
viz : Oesophagite, gastrite, ulcère gastrique, ulcère duodénal. Le symptôme principal est une douleur
épigastrique en rapport avec les repas, qui est soulagé par l’antiacide.
Les simples gastrites
(aiguës) peuvent être traitées par les
antiacides simples et en bon
marché. Souvent la gastrite et liée à un
épisode émotionnel ou à une intolérance alimentaire.
Les douleurs épigastriques chroniques puissent être à cause d’une infection
avec Hélicobacter. La plupart des patients avec Hélicobacter se plaignaient de
douleurs abdominales et une moitié présentait un syndrome dyspepsique avec de
ballonnements et éructations. Typiquement la douleur est en rapport avec la
prise de nourriture qui améliore ou aggrave la douleur. En Afrique, le
Hélicobacter pylori peut être mis en évidence dans trois quarts de ces cas.
Dans le temps, le
traitement des maladies acido peptique étaient basé sur la notion – “pas
d’acide pas d’ulcère ». Donc on a
tenté les opérations majeures pour diminuer l’acide produit par l’estomac. Cependant la découverte de l’Hélicobacter a réduit ou fait
disparaître ces opérations.
En 1982 Marshall et Warren ont réussi à cultiver à
partir de biopsies de muqueuse gastrique une bactérie spiralée initialement
nommée Campylobacter pyloridis. Elle fut définitivement identifiée comme un
nouveau germe et appelée Hélicobacter pylori du fait de ses particularités
génomiques et fonctionnelles notamment enzymatiques. Cette découverte a conduit
à admettre que l'estomac jusqu'alors considéré comme peu propice à la
multiplication bactérienne en raison de son pH très acide pouvait être le siège
d'une croissance bactérienne.
Épidémiologie
L'histoire naturelle de l'infection à Hélicobacter
pylori reste mal connu. L'infection est probablement contractée à la faveur de
l'ingestion de la bactérie. La bactérie grâce à ses propriétés uréasiques
résiste à l'agression chlorhydropeptique lors du passage dans la lumière gastrique,
puis traverse le mucus et colonise la surface épithéliale où elle prolifère. La
chronicité de l'infection ferait intervenir une inhibition par la bactérie
d'une réponse immunitaire efficace. Une fois implantée, la bactérie crée une
situation d'infection chronique. L'acquisition de l'infection survient avec
prédilection dans l'enfance et en particulier au cours des cinq premières
années de la vie.
L'infection à Hélicobacter pylori est
universellement répandue. Il existe une grande disparité géographique des
prévalences. Elle est toujours plus élevée dans les pays en développement (70 à
90 %) que dans les pays industrialisés (20 à 30 %). Les prévalences élevées
sont associées avec les faibles niveaux socio-économiques, tant au sein d'un
même continent que d'un même pays. La taille de la famille et la promiscuité
jouent un rôle favorisant important.
L'infection à Hélicobacter pylori une fois
acquise persiste en l'absence d'éradication thérapeutique. L'ingestion d'Hélicobacter
pylori provoque une gastrite aiguë qui peut être responsable d'une phase
d'hypochlorhydrie transitoire. L'évolution se fait constamment vers
l'apparition d'une gastrite chronique définie par l'existence au sein de la
muqueuse gastrique d'un infiltrat inflammatoire de lymphocytes et de
plasmocytes tantôt cantonné à la région inter-cryptique (gastrite chronique
superficielle), tantôt étendu à toute l'épaisseur du chorion (gastrite
chronique interstitielle). En l'absence d'éradication du germe, cette gastrite
s'aggrave généralement avec le temps et une atrophie glandulaire se développe à
laquelle s'associe une métaplasie intestinale. La fréquence de l'atrophie dans
une étude de malades infectés suivis pendant onze ans et demi est de 28 %.
L'infection à Hélicobacter pylori est fortement
liée à la gastrite chronique et à la maladie ulcéreuse gastro-duodénale. On
retrouve la même forte liaison (90 %) entre Hélicobacter pylori et gastrite
chronique, Hélicobacter pylori et ulcère duodénal, Hélicobacter pylori et ulcère
gastrique (si on exclut dans ce dernier cas les ulcères apparus sous traitement
anti-inflammatoire non stéroïdien).
Symptomatologie
Les symptômes dépendent du siège de l'ulcération
et de l'âge du patient. Un nombre de patients, particulièrement âgés, ont une
symptomatologie réduite ou nulle. La douleur est le symptôme le plus fréquent ;
elle est souvent localisée à l'épigastre et est réduite par l'alimentation ou
les anti-acides. Classiquement, la douleur est comparée à une brûlure, à des
tiraillements, ou à une sensation de faim. L'évolution est habituellement
chronique et récidivante. Dans l'ulcère duodénal, la douleur obéit à un horaire
bien précis. La douleur est absente au lever mais commence à se manifester vers
le milieu de la matinée ; elle est soulagée par les repas pour réapparaître 2 à
3 h plus tard. La douleur qui réveille le malade pendant la nuit est très
fréquente et évoque fortement un ulcère duodénal.
Diagnostic
Le diagnostic d'ulcère gastroduodénal est largement suggéré par
l'histoire de la maladie et est confirmé par les examens décrits plus loin. Le
cancer de l'estomac peut se présenter par des manifestations similaires et doit
être exclu, en particulier chez les patients âgés, qui ont perdu du poids, ou
qui présentent des symptômes sévères ou rebelles. L'endoscopie, la cytologie et
les biopsies multiples sont des instruments fiables pour distinguer les cancers
des ulcères gastriques bénins. L'incidence de l'ulcère duodénal malin est
extrêmement basse, les biopsies ne sont donc pas justifiées. L'endoscopie est
un examen efficace pour le diagnostic et le tt de la maladie ulcéreuse. Un
examen diagnostique alternatif est le transit baryté.
1. Oesophagite : Est souvent en association
avec un hernie hiatale ou une partie de l’estomac glisse dans le thorax.
2. Gastrite aiguë: La cause la plus fréquente est
les érosions cause par les Anti Inflammatoires non stéroïdiens (AINS).
3. Ulcère Peptique : Segment excorié de la muqueuse digestive,
typiquement dans l'estomac (ulcère gastrique) ou dans les premiers centimètres
du duodénum (ulcère duodénal), qui pénètre à travers la muqueuse musculaire.
L'ulcère peut avoir un diamètre variable de quelques millimètres à quelques
centimètres. Les ulcères se distinguent des érosions par la profondeur de la
pénétration ; les érosions sont plus superficielles et n'atteignent pas la
muqueuse musculaire. Depuis que l'on connaît le rôle central d'Hélicobacter
pylori dans la pathogénie de la maladie acido-peptique, le diagnostic et le tt
de l'ulcère gastroduodénal ont été profondément bouleversés.
Au Burundi les ulcères ont une localisation duodénale très prédominante,
une atteinte maximale de la tranche d'âge entre 20 et 29 ans, et un sexe ratio
proche de 3/1, une répartition géographique inégale avec une plus grande
fréquence de la maladie dans 2 provinces du pays situées dans les hauts
plateaux de la Crête Congo Nil. Sans doute des facteurs alimentaires et
génétiques sont importants.
4. Cancer de l'estomac :
H. pylori est associé à l'adénocarcinome de type intestinal du corps gastrique
et de l'antre, mais pas au cancer du cardia. Les personnes infectées ont 3 à 6
fois plus de risque de développer un cancer de l'estomac. De même, les
lymphomes gastriques et les lymphomes du tissu lymphoïde sont plus fréquente
des gens infectes avec H. pylori.
5. Ulcère
Récidivant : La cause la plus fréquente d'ulcère gastroduodénal récidivant
est l'échec de l'éradication d'H. pylori. Chez un patient qui présente une
récidive, on doit évoquer la possibilité d'une persistance de l'infection. Si
l'infection est prouvée, un second cycle de traitement anti H. pylori est
justifié. Les autres facteurs qui peuvent influencer la récidive sont
l'utilisation des AINS et le tabac.
Traitement : (Dans nos jours presque toujours
médicamenteux.)
1. Eviter les intolérances alimentaires et les
AINS.
2. Les anti-acides apportent une amélioration
symptomatique, favorisent la guérison de l'ulcère et réduisent les récidives.
Il est beaucoup utilisé parce qu’ils sont relativement peu coûteux, mais
doivent être utilisés 5 à 7 fois/j. La dose optimale d'anti-acides semble être
15 à 30 ml de suspension 1 h et 3 h après chaque repas et le soir au coucher.
Généralement, il en existe 2 types : (1) les
anti-acides absorbables (p. ex. bicarbonate de sodium), dont l'effet neutralisant
est rapide et total, peuvent être utilisés occasionnellement à court terme afin
d'obtenir un soulagement passager. (2) Les anti-acides non absorbables (sels
relativement insolubles de bases faibles) sont préférés pour leurs moindres
effets secondaires systémiques. Ils se combinent au HCl pour former des sels
non ou peu absorbables, augmentant ainsi le pH gastrique. Lorsque le pH est
> 4,0, l'activité de la pepsine diminue et elle peut être adsorbée par
certains anti-acides. Les anti-acides peuvent interférer avec l'absorption
d'autres médicaments (p. ex. tétracycline, digoxine et fer). L'hydroxyde
d'aluminium est un anti-acide relativement dépourvu de toxicité et fréquemment
utilisé. L'hydroxyde d'aluminium est une cause de constipation. L'hydroxyde de
magnésium est un anti-acide plus efficace que l'hydroxyde d'aluminium, mais il
peut être cause de diarrhée.
3. Pansements gastriques.
4. Les antisécrétoires (inhibiteur de la pompe à
protons (IPP)) diminue l’acide mieux que les antiacides. Exemple – Cimetidine (tagamet) – dose adulte
400mg x3/j.
5. Antibiotiques.
Les monothérapies antibiotiques obtiennent des taux d'éradication des
helicobacteres de 20 à 40 %. Les bithérapies (un antisécrétoire plus un
antibiotique) donnent des taux d'éradication maximum de 60 %. Les trithérapies
(association d'un anti-sécrétoire et de deux antibiotiques) permettent
actuellement d'obtenir des taux d'éradication supérieurs ou égaux à 85 %.
Un schéma associant IPP (cimétidine), amoxicilline
et métronidazole est le plus efficace pour les maladies acidopeptiques
chroniques. (La combinaison Omeprazole, Tinidazole et Amoxicilline est vendu
sous le nom « HeliPac »)
COMPLICATIONS : (Dans nos jours souvent
chirurgicales.)
1. Sténose
pyloro-duodénale d’origine ulcéreuse, = une diminution permanente du calibre de
la lumière pylorique ou duodénale entraînant une gêne à l’évacuation gastrique
et relative à l’évolution de la maladie ulcéreuse. La sténose du pylore : elle
peut être due à des lésions cicatricielles, au spasme ou à l'oedème
inflammatoire associé à un ulcère évolutif. Les symptômes comprennent des
vomissements abondants et récidivants, qui surviennent le plus fréquemment en
fin de journée et souvent 6 h après le dernier repas. Les éructations
persistantes ou les sensations de ballonnement après les repas ainsi que la
perte d'appétit et perte de poids sont également très évocateurs. Des
vomissements prolongés ne contiennent pas de la bile.
L'intervention
chirurgicale est nécessaire pour résoudre l'obstruction dans plusieurs cas. On
fait un pyloroplastie ou gastrojejunostomie.
2. Hémorragie (voir en
bas). est la complication la plus fréquente de la maladie ulcéreuse. Les
symptômes comprennent l'hématémèse (vomissements de sang frais ou noirâtre «
marc de café ») ; des rectorragies ou bien des selles noir-goudron (émission de
selles sanglantes et méléna respectivement) ; et une asthénie, une hypotension
orthostatique, des syncopes, une soif et des transpirations en raison des
pertes de sang.
Si l'hémorragie provoquée par
un ulcère persiste ou récidive, plusieurs solutions sont possibles. Le point de
saignement peut être coagulé sous endoscopie par électrocautère, pince chaude,
laser, ou par injection d'alcool, de produits sclérosants ou d'adrénaline.
Une intervention chirurgicale
d'urgence est habituellement indiquée si le pouls, la PA et l'Hte témoignent
d'une aggravation de l'état du malade malgré un tt approprié et des
transfusions ; si plus de 6 unités de sang en 24 h ont été nécessaires pour
stabiliser le pouls et la PA ; ou si l'hémorragie, après s'être arrêtée, a
repris et a nécessité des transfusions multiples.
3.Perforation :
Le malade présente une douleur épigastrique brutale, intense et continue qui se
propage rapidement à tout l'abdomen, prédominant souvent dans le quadrant
supérieur droit et irradiant parfois vers l'une des épaules ou vers les deux.
Le malade reste généralement immobile car même la respiration profonde peut
accroître la douleur. L'abdomen est sensible et la douleur à la palpation très
intense, les muscles sont contracturés (sensation de ventre de bois) et les
bruits intestinaux sont diminués ou absents. Les symptômes peuvent être moins
nets chez les sujets âgés, les moribonds et les malades traités par corticoïdes
ou immunosuppresseurs.
Les perforations
ulcéreuses ont pour origine un ulcère duodénal quatre fois plus souvent qu’un
ulcère gastrique. L’ulcère peut être scléreux ou récent. Il peut être
médicamenteux. Il peut être néoplasique s’il est gastrique. Le péritoine
intéressé est celui de l’étage sus-mésocolique ou de l’arrière-cavité des
épiploons. Plus tard, l’atteinte péritonéale peut diffuser à la fosse iliaque
droite (FID) ou à la grande cavité, ou elle peut se cloisonner. Au début, il
s’agit d’une péritonite chimique (liquide gastrique acide, peu septique ou
aseptique), au bout de quelques heures, la péritonite devient septique à cause
de la pullulation des germes digestifs. Dans certains cas, la perforation est
couverte et bouchée par le grand épiploon ou par un viscère adjacent (foie,
vésicule), spontanément ou sous l’effet de l’aspiration digestive mise en
œuvre. Ces formes peuvent guérir ou évoluer vers une péritonite en deux temps,
généralisée ou localisée (abcès sous-phrénique).
Le malade est fréquemment
un homme entre 20 et 50 ans. On retrouve des antécédents ulcéreux dans la
moitié des cas, parfois une prise récente de médicaments gastrotoxiques
(principalement d'AINS, très rarement de corticoïdes). Le principal signe fonctionnel
est une douleur brutale en coup de poignard. Elle est épigastrique une fois sur
deux, ou siège dans l’hypocondre ou le flanc droit. Elle diffuse secondairement
à tout l’abdomen une fois sur deux.
Son intensité est forte,
exacerbée par la mobilisation. Rien ne la calme. Elle est continue et
progressivement aggravée. L’inhibition respiratoire est quasi constante. Les
autres signes sont l’anxiété, la pâleur, des nausées et vomissements. Il peut
exister un état de choc. La température est normale.
A l’examen de l’abdomen,
on trouve une défense épigastrique quasi-constante, allant jusqu’à la
contracture une fois sur deux, appelée " ventre de bois ". On peut
observer une disparition de la matité pré-hépatique. Le toucher rectal est
douloureux une fois sur deux.
L’ASP (abdomen sans
preparation), avec un cliché centré sur les coupoles diaphragmatiques, le
patient étant debout ou assis, met en évidence un pneumopéritoine (croissant
clair sous-diaphragmatique) dans la moitié des cas. Si le malade ne peut se
tenir debout, on peut demander des clichés de profil avec rayon horizontal.
Les deux méthodes
essentielles du traitement de la perforation ulcéreuse gastro-duodénale.
Le traitement peut être
médical et chirurgical. Si la perforation n’est pas trop ancienne, on peut
proposer un traitement médical : il comprend l’aspiration gastrique, des
antisécrétoires injectables, des antibiotiques et des antalgiques non opiacés.
Il est parfois suffisant. Ce traitement est désigné sous le nom de méthode de
Taylor. Dans ce cas, l’évolution clinique, en particulier de la douleur, est un
élément important de la surveillance de ces malades. Le traitement chirurgical
consiste, selon les cas, soit à traiter la péritonite et suturer l’ulcère par
cœlioscopie ou par laparotomie. Pour l’intervention chirurgicale et suture,
voir en haut.
Les modes de révélation
clinique d’une hémorragie digestive :
1. Une hématémèse est une hémorragie extériorisée par vomissement.
Elle caractérise une hémorragie d’origine haute. Elle est presque toujours
suivie de méléna. Une hémorragie haute peut ne s’extérioriser que par un
méléna.
2. Un méléna est l’émission par l’anus de sang digéré noir et
fétide, l’origine de l’hémorragie est située en amont du côlon droit. En cas d’hémorragie
haute très abondante, le sang émis par l’anus peut être rouge et noir.
3. Une rectorragie est l’émission par l’anus de sang rouge non digéré
(strictement la rectorragie ne devrait concerner que le rectum, il s’agit donc
d’une extension de langage). Elle caractérise une hémorragie basse.
Une hémorragie digestive haute est une hémorragie qui
survient en amont de l’angle duodéno-jéjunal
(œsophage, estomac, duodénum) ; une hémorragie digestive basse survient, elle,
en aval de l’angle duodéno-jéjunal (intestin grêle, côlon, rectum, anus).
Les anémies ferriprives ne
sont pas envisagées dans ce chapitre. Elles résultent très souvent d’une
hémorragie digestive de faible abondance et au long cours, gastro-duodénale ou
colique, dont la seule urgence est celle du diagnostic étiologique.
Les causes les plus
fréquentes des hémorragies digestives hautes sont les ulcères gastro-duodénaux,
les varices œsophagiennes dues à l’hypertension portale d’origine cirrhotique
et les érosions gastriques aiguës, en général médicamenteux (Stéroïdes ou AINS
(anti-inflammatoires))
Les causes les plus
fréquentes des hémorragies digestives basses sont les dysenteries les
hémorroïdes et les cancers recto coliques. Les hémorroïdes sont souvent un
diagnostic d’élimination.
Dans le détail, les causes
des hémorragies digestives peuvent être énumérées de haut en bas du tube
digestif. En fonction de l’organe et selon une incidence décroissante, les
causes sont les suivantes :
– œsophage : rupture de
varices œsophagiennes, syndrome de Mallory-Weiss, œsophagites et cancer ;
– estomac : ulcères,
érosions ou ulcérations gastriques médicamenteuses (aspirine, AINS), cancers,
érosions gastriques aiguës sans cause apparente, varices gastriques et
gastropathie de l’hypertension portale et ulcères du collet des hernies
hiatales ;
– duodénum : ulcère ou
hémobilie des cancers du foie.;
- grêle : diverticule de
Meckel, diverticules du grêle (très rares), tumeurs (très rares)
– côlon, rectum et anus : hémorroïdes,
dysenteries, cancers, gros adénomes, rectocolite hémorragique, diverticules du
côlon sigmoïde, colites ischémiques et angiodysplasies.
Les mesures à prendre en
urgence pour assurer la sécurité vitale du malade :
En dehors du cas des
rectorragies de petite abondance, tout sujet ayant une hémorragie digestive, si
minime soit elle, doit être hospitalisé. La mesure du pouls et celle de la
tension artérielle doit être faite immédiatement et surveillées. La mise en
place d’une bonne voie d’abord doit également être faite en urgence, dès
l’arrivée du malade. Une sonde naso-gastrique doit être mise en place.
On doit demander la
détermination du groupe sanguin en même temps que l’on recherche la cause en
tenant compte du contexte : antécédents pathologiques digestifs, prises d’AINS
ou d’anticoagulants.
La compensation de
l’hémorragie n’est indiquée qu’en cas de retentissement hémodynamique. Elle se
fait avec des culots globulaires; si besoin précédés par des macromolécules. La
quantité et la durée de cette compensation sont fonction des signes cliniques
de surveillance : il faut obtenir une fréquence cardiaque inférieure à 100
battements par minute, une pression artérielle supérieure à 100 mmHg, une
diurèse supérieure à 30 ml/h et une hémoglobine supérieure à 8 g/dl.
La compensation est
fonction de la persistance ou de l’arrêt des signes d’hémorragie et de l’âge du
malade. Plus le malade est âgé, plus précoce et lente (prudente) doit être la
compensation. La décision d’une intervention chirurgicale est très importante.
Cette décision doit éviter deux risques : opérer un malade dont l’hémorragie
aurait pu céder spontanément ou après traitement médical ; mais surtout ne pas
opérer (ou opérer trop tard) un patient qui risque de mourir de son hémorragie.
De manière générale la décision est fonction du débit de sang transfusé (la
limite supérieure tolérable peut être chiffrée entre six et huit culots
globulaires en 24 heures) et des facteurs de risque. L’âge est un facteur de
risque clairement identifié. Toutes choses étant égales par ailleurs, chez un
malade âgé (plus de 60 ans), la décision opératoire doit intervenir plus
rapidement car il supportera moins bien une hémorragie prolongée qu’un malade
plus jeune.
-Des explorations en
urgence sont nécessaires pour préciser la lésion responsable de l’hémorragie
digestive. En cas d’hématémèse ou de méléna, c’est l’endoscopie digestive
haute, œso-gastro-duodénale, à condition qu’elle soit faite rapidement chez un
malade dont l’équilibre hémodynamique est assuré. En cas de rectorragie
abondante, il faut faire une endoscopie haute en urgence et, si elle est
normale, discuter l’indication d’une artériographie digestive. En cas de
rectorragie peu abondante, une coloscopie peut être faite dans les jours qui
suivent après une préparation colique correcte.
Certaines hémorragies
digestives restent sans explications, même après endoscopie et chirurgie.
Les principales mesures thérapeutiques utiles au traitement du saignement
et de la lésion causale
Il existe des mesures spécifiques.
1) Erosions gastriques
aiguës : c’est une indication d’administrer un IPP par voie orale ou
intraveineuse selon le contexte. Il faut surtout s’efforcer de trouver et
traiter la cause.
2) Ulcère gastro-duodénal
: il peut être nécessaire d’utiliser une sclérothérapie endoscopique. La
chirurgie est indiquée en cas d’hémorragie digestive aiguë, persistante ou
récidivante, particulièrement en cas d’ulcère duodénal, dont celui de la face
postérieure qui peut s’ouvrir dans l’artère gastro-duodénale. L’intervention
aurait pour objectif une suture de l’ulcère associée à une vagotomie ou à une
gastrectomie.
3) Hypertension portale : le
traitement des varices œsophagiennes est endoscopique (ligature avec les bandes
elastiques). On utilise aussi les agents vasoactifs par voie veineuse et le
tamponnement par sonde hémostatique laissée en place au maximum 24 heures
(sonde de Blakemore). La mise en place d’un shunt porto-systémique par voie
transjugulaire (sous control radiologique) peuvent être indiquées, en cas
d’échec du traitement précédent ou en cas de récidive précoce.
11. Les hémopéritoines : Rupture de
la rate et Grossesse Extra-Utérine
1. RUPTURE DE
LA RATE

Un malade atteint d’une rupture de
la rate a, en général des antécédents de traumatisme. Une malade avec une grossesse extra-utérin
rompu aura une période d’aménorrhée.
L’examen physique de tous les deux montre qu’il existe un certain degré
d’hypo volémie. La douleur abdominale à
la pression et la contracture sont maximales soit dans l’hypochondre gauche ou
l’hypogastre. Les conjonctives sont
pales et il y a les signes d’ascite. On
pratique une paracentèse soit dans le flanc droite ou le cul de sac de
Douglas. Dans ces cas d’hémorragie intra
abdominale on trouve du sang noirâtre qui ne coagule pas dans la syringe.
2. GROSSESSE EXTRA-UTERINE
A DÉFINITION.
La grossesse extra-utérine
(GEU) correspond à l'implantation de trophoblaste hors de la cavité utérine.
Au cours des dernières
années, plusieurs caractéristiques de cette pathologie se sont modifiées:
· la fréquence a
pratiquement triplé et la GEU représente aujourd’hui 1,6 à 2% des grossesses
· les modifications des
moyens diagnostiques permettent une prise en charge plus précoce facilitant le
traitement conservateur
· le traitement fait appel
soit au traitement coelioscopique, soit au traitement médical par Méthotrexate
· la GEU continue d’être
une urgence mettant en jeu le pronostic vital (avec 10 % de la mortalité
maternelle au ler trimestre dans les pays développés), mais le problème majeur
est représenté par l'infertilité.
B ETIOLOGIE ET
PHYSIOPATHOLOGIE
1. Facteurs de risque
1. 1 Infections génitales
Le risque de GEU est multiplié
par 7 chez les femmes ayant des antécédents de salpingites. Le principal germe
responsable est Chlamydia trachomatis. Les altérations tubaires d’origine
infectieuses sont responsables de 50 % des GEU.
1.2 Chirurgie
abdomino-pelvienne
Il s'agit le plus souvent
d'interventions abdominales du voisinage (sigmoïdite, appendicite) et
pelviennes (endométriose, stérilité tubaire). Les adhérences péri tubaires sont
responsables de nombreuses GEU (2 - 3 % après adhésiolyse ou plastie tubaire
proximale, 20 % après plastie tubaire distale).
1.3 Stérilet
La fréquence relative des
GEU est plus importante chez les porteuses de stérilet. Elle varie entre 1 et
10 % selon les séries. Le risque est plus important avec les stérilets à la
progestérone. Il existe plusieurs explications :
· l’effet antinidatoire
protège mieux de l'implantation utérine que de la nidation tubaire ou ovarienne
· le stérilet peut
entraîner une infection pelvienne asymptomatique, source de lésions tubaires et
d’adhérences.
1.4 Autres facteurs
a) Le tabagisme :
Avec une relation dose-effet, le risque est multiplié par 1,3 pour moins de 10
cigarettes/jour et par 2,5 au-delà de 20 cigarettes/jour.
b) Antécédents de
GEU : Les facteurs étiologiques persistent et le risque est multiplié par
7 à 9. Il existe 15 - 20 % récidives.
c) L'âge maternel : le
risque est multiplié par 5,5 après 40 ans.
2. Localisation
La localisation tubaire
est prédominante (96 - 99 %). L'ampoule est le siège privilégié (62 %), devant
l'isthme (25 %). La localisation au niveau de l’isthme, qui possède une
musculature forte et peu distensible, expose à plus de ruptures tubaires. Dans
2 % des cas, la localisation est interstitielle. Dans 0,5 % des cas, elle est
ovarienne et, dans 0,4 % des cas, elle est abdominale.
C DIAGNOSTIC
1. Clinique
La symptomatologie
clinique est particulièrement variée. Elle va de la forme asymptomatique
(diagnostiquée au cabinet du gynécologue) à la rupture hémorragique
cataclysmique (souvent rencontrée dans les services d'urgences chirurgicales).
La triade classique - métrorragies, douleurs pelviennes et aménorrhée - doit
faire penser à la GEU chez toute femme en période d'activité génitale.
Toutefois, le caractère pauci symptomatique et trompeur des tableaux cliniques
atypiques est actuellement plus fréquent que la forme typique. L'aphorisme
classique de Mondor "Pensez-y. pensez-y toujours; quand on y pense
toujours, on n’y pense pas encore assez” reste parfaitement d'actualité.
1.1 Forme typique
Le tableau associe une
triade de signes fonctionnels : aménorrhée, métrorragies brun sépia peu
abondantes, douleurs unilatérales à type de coliques. Parfois des signes
sympathiques de grossesse accompagnent le tableau.
La palpation abdominale
est légèrement douloureuse dans une des fosses iliaques. Il n'y a pas de
défense. Le toucher pelvien révèle une masse latéro-utérine douloureuse du côté
où siègent les douleurs et un cul-de-sac de Douglas sensible. L'utérus est
habituellement plus petit que ne le suggère la durée de l'aménorrhée.
1.2 Formes cliniques
a) Rupture cataclysmique
Le tableau est celui d'un
hémopéritoine aigu chez une femme présentant un choc hypovolémique (pâleur,
sueurs, tachycardie, hypotension, pouls filant). La notion de retard de règles
peut orienter le diagnostic avant l'intervention. L'abdomen est hyperalgique.
Il existe une défense. Le toucher pelvien provoque le classique "cri du
Douglas" témoignant de l'inondation péritonéale. La douleur locale est
associée à une irradiation scapulaire. L'indication opératoire est évidente.
b) Formes trompeuses
Le tableau clinique est
incomplet, parfois très discret. L'interrogatoire apporte des éléments précieux
:
· notion de retard de
règles (70 %) ou de règles anormales en durée et en aspect,
· antécédents de
stérilité, de GEU, de salpingite ou de chirurgie abdomino-pelvienne,
· contraception par
stérilet.
L'existence de douleurs
est le signe fonctionnel le plus constant (90 %). Les métrorragies peuvent être
minimes ou au contraire très abondantes dans les formes pseudo-abortives. La notion
d'épisodes de syncopes ou de lipothymies est importante.
L'examen clinique est
souvent pauvre. La masse annexielle n'est retrouvée que dans la moitié des cas
par le toucher vaginal. Par contre, dans 90 % des cas, il existe un empâtement
sensible d'un cul-de-sac vaginal.
c) Formes hétérotopiques
Elles sont exceptionnelles
en dehors de l'assistance médicale à la procréation. L'existence d'une masse
latéro-utérine douloureuse, persistante ou augmentant de taille, associée à une
grossesse intra- utérine certaine doit faire évoquer le diagnostic.
d) Hématocèles enkystées
Il s'agit d'une forme
méconnue, à révélation tardive. Des signes de sub-occlusion apparaissent. Au
toucher pelvien, il existe une masse douloureuse, bombant dans le cul-de-sac de
Douglas. L'intervention chirurgicale est nécessaire.
2) Signes indirects –
échographie :
· Masse annexielle
anormale: elle doit être distinguée d'un corps jaune normal ou hémorragique.
Elle correspond à un hématosalpinx, d'aspect souvent échogène et hétérogène. Parfois,
l'oeuf ectopique est visible en son sein.
· Vacuité utérine:
l'absence de sac intra- utérin après 5 semaines d'aménorrhée doit attirer
l'attention, mais doit être confrontée au résultat du dosage de ß-HCG.
· L'épanchement liquidien
du cul-de-sac de Douglas témoigne de la présence de sang dans le péritoine. Il
se traduit par une image rétro- utérine anéchogène, difficile à distinguer
d’une rupture d'un corps jaune.
· Une hématocèle est
rarement visualisée à distance de l’ovaire. Elle apparaît sous la forme d'une
image échogène, très hétérogène, en situation rétro-utérine.
L'association vacuité
utérine, hématosalpinx et épanchement péritonéal évoque fortement le diagnostic
de GEU.
D TRAITEMENT
1. 1 Traitement
chirurgical
a) Salpingectomie
Ce traitement radical
consiste à faire l'exérèse de la trompe par section du mésosalpinx après
coagulation bipolaire. Cette technique laisse en place la portion
interstitielle de la trompe. Le traitement est réalisé après aspiration de
l'hémopéritoîne et contrôle de la trompe contro- latérale.
b) Salpingotomie
On pratique une incision
de la trompe sur l'hématosalpinx, puis une aspiration de l'oeuf et enfin un
contrôle de l'hémostase. Ce traitement nécessite un contrôle du taux de ß-HCG
après 48 heures. Si le dosage est inférieur à 15 % du taux initial, le succès
thérapeutique est pratiquement assuré. Au-delà de 35 % du taux initial, il
s'agit vraisemblablement d'un échec thérapeutique. Globalement, les taux
d'échecs de cette méthode sont de l'ordre de 6 %.
E. FERTILITE APRES GEU
Après laparotomie, le taux
de grossesses intra-utérines est à peine de 50 %, quelle que soit la technique
utilisée, alors que le taux de récidive est de 14 %. Après traitement
coelioscopique conservateur, le taux de grossesses intra- utérines est de 61%,
avec un taux de récidives de 7 %.
12. Occlusions intestinales aiguës
On appelle occlusion
intestinale aiguë toute interruption du
transit intestinal normal. Elle se traduit par un arrêt des matières et des
gaz.
On doit savoir différencier
les causes mécaniques et fonctionnelles des occlusions et appliquer cette
connaissance à la période postopératoire :
-La cause de l’occlusion
peut être mécanique, par obstacle
sur le grêle ou le côlon. Cet obstacle peut être pariétal (par exemple un
cancer colique), intraluminal (par exemple un iléus biliaire) ou extraluminal
(par exemple une bride postopératoire).
-La cause de l’occlusion
peut être fonctionnelle, sans
obstacle matérialisé. C’est l’iléus " paralytique ". Le péristaltisme
intestinal s’arrête au contact d’un foyer infectieux (par exemple, une
appendicite ou une péritonite) ou inflammatoire (par exemple, une pancréatite
aiguë). La cause peut aussi être un épanchement de sang intra péritonéal ou
sous péritonéal (par exemple, après une fracture du bassin) ou lors d’un
épisode douloureux intra péritonéal ou rétro péritonéal (par exemple, une
colique hépatique ou une colique néphrétique chez le sujet âgé) ou lors d’un
lavement indigène.
-Une occlusion postopératoire peut compliquer toute intervention
intra péritonéale. Son traitement est le lever précoce. C’est la circonstance
d’occlusion intestinale aiguë la plus fréquente.
-Précoce, dans les
premiers jours postopératoires, elle peut être due à une infection intra
péritonéale, un épanchement sanguin intra péritonéal ou rétro péritonéal ou à
des adhérences intestinales.
-Tardive, dans les mois ou
les années qui suivent l’intervention, elle est essentiellement liée à des
adhérences intestinales, à des brides intra péritonéales. Après une
intervention pour cancer digestif, il peut aussi s’agir du développement d’une
carcinose péritonéale.
Symptômes:
Douleurs: (typiquement coliques sauf en paralysie), vomissements, arrêt
des matières et des gaz
Signes: le météorisme abdominal
|
Endroit |
Vomissements |
Arrêt des matières |
Météorisme |
|
|
Tôt |
Tard |
Tard |
|
|
|
|
|
|
Anus |
Très tard |
Tôt |
Tôt |
Toujours palper les orifices herniaires
TR vacuité de l’ampoule rectale.
Para clinique: Abdomen à blanc debout (= abdomen sans préparation –
ASP). Plus que 3 images hydro-aériques sont une indication d’une occlusion.
Diagnostic différentiel :
1. Occlusions du nourrisson :
a) Malformation ano-rectale – ancien nom « anus imperforé ».
Souvent avec fistule (recto vaginale (filles) ou recto urétrale (garçons)).
Traitement : Agrandissement de la fistule chez les filles ou colostomie
transverse chez les garçons.
b) Invagination: Télescopage du tube intestinal sur lui-même. 80% des cas sont iléo coliques. Gonflement d’un polype ou nodule lymphatique
+ péristaltisme. Crise de douleur
abdominale atroce, chez un bébé de
2. Jeune: vers intestinaux.
3. Adulte:
a) Volvulus du colon sigmoïde (pelvien) (= dolichocôlon). Apparition brutale, ballonnement, masse
molle. Résolution spontanée, par sigmoidoscope,
ou par chirurgie : Probablement aura besoin de résection plus tard après
une préparation colique.
b) Hernie: Incarcérée ou étranglée – résection nécessaire si
étranglée. Inguinale (hommes), crurale
(femmes)
c) Brides: post opératoires
d) Péritonite: Infections pelviennes, appendicite, perforation des
intestines (FT, Ulcères, Amibiase)
Péritonite chronique – tuberculose.
(Forme ascitique et forme sèche). Ponction entre 40 et
e) Iléus post opératoire
f) Lavements indigènes (qui contiennent l’atropine)
Un exemple en
détail :
Occlusion du grêle :
Type : 1. Occlusion sur bride
• Les signes fonctionnels
sont des douleurs rapidement progressives à type de coliques (douleur de lutte
ou syndrome de Köenig), vomissements plus ou moins abondants. L’arrêt des
matières et des gaz est parfois retardé.
• Les signes généraux sont
soit peu marqués, soit en rapport avec la déshydratation (pouls accéléré,
pression artérielle basse, faciès altéré).
• Les signes physiques
sont: à l’inspection, un ventre plat ou un ballonnement médian, des ondulations
péristaltiques, parfois la présence d’une cicatrice de laparotomie ancienne. Il
existe parfois, à la palpation, un point douloureux sur l’obstacle et, à la
percussion, un tympanisme médian. On peut entendre, à l’auscultation, des
bruits de lutte intestinale. Le toucher rectal est normal.
• Les signes biologiques
de déshydratation peuvent être une hémoconcentration ainsi qu’une alcalose hypochlorémique
si les vomissements sont abondants.
• Un radio ASP (abdomen
sans préparation) de face, debout et couché, objective un estomac plein avec un
grand niveau liquide, un grêle distendu, de nombreux niveaux hydroaériques et
le côlon n’est pas visible. Si le diagnostic n’est pas évident, on peut répéter
les clichés au bout de quelques heures, ou s’aider d’un transit opaque
hydrosoluble qui objective la distension du grêle et indique le siège de
l’arrêt.
2.
Occlusion du grêle par strangulation. (Etranglement = un arrêt de la
circulation sanguine qui aboutit à une nécrose ischémique.)
Hernie ou volvulus partiel
du grêle autour d’une bride en amont.
• Les signes fonctionnels
sont une douleur abdominale brutale et violente, fixe dans son siège et son
intensité (douleur d’ischémie), des vomissements abondants et un arrêt des
matières et des gaz.
• Les signes généraux sont
un état général rapidement altéré et une fièvre possible.
• Les signes physiques
dépendent de la longueur de l’anse volvulée et de la durée de l’ischémie. On
trouve à la palpation un ballonnement localisé avec un point douloureux précis
au pied de l’anse et parfois une défense et, à l’auscultation, un silence
localisé au siège de l’anse. Il peut aussi exister des bruits en rapport avec
la lutte du péristaltisme intestinal. Le toucher rectal est normal.
• On recherche des signes
biologiques de déshydratation.
• Le
cliché d’abdomen sans préparation révèle l’anse intestinale, plus ou moins
distendue et un ou deux niveaux hydroaériques. En amont de celle-ci, le grêle
et l’estomac sont plus ou moins distendus. Le côlon n’est pas visible.
Iléus paralytique Type : l’iléus généralisé
• Les signes fonctionnels sont
une douleur abdominale diffuse, continue ou par crampes, des vomissements et un
arrêt des matières et des gaz.
• Les signes généraux sont
ceux de l’affection causale, par exemple, graves en cas de pancréatite aiguë
nécrotique et nuls en cas de colique néphrétique.
• Les signes physiques
sont un ballonnement diffus et il existe un silence complet à l’auscultation.
• Les signes biologiques
sont ceux de l’affection causale.
• Sur la radiographie de
l’abdomen sans préparation (ASP), il existe une distension diffuse à la fois du
grêle et du côlon, avec beaucoup d’air et peu de liquide.
Cas particulier : le
syndrome d’Ogilvie : il s’agit d’une pseudo occlusion. C’est une
distension gazeuse aiguë du côlon. Il peut survenir après un traumatisme de
l’abdomen ou du rachis ou en cas d’insuffisance respiratoire.
Traitement médical d’une
occlusion intestinale aiguë
Il comporte la pose d’une
sonde gastrique d’aspiration, la correction des troubles hydro électrolytiques
et, éventuellement, des antibiotiques. Ce traitement peut suffire en cas
d’iléus paralytique.
Traitement chirurgical
(voir en haut)
S’il y a strangulation, il
faut lever le garrot le plus vite que possible et traiter l’anse en fonction de
sa vitalité. S’il y a obstruction, il faut lever l’obstacle. Si ce geste est
impossible (par exemple en cas de cancer colique inextirpable), on pratique une
dérivation externe en amont de l’obstacle par colostomie ou iléostomie ou un
court-circuit par entéro-anastomose. Dans tous les cas, il faut terminer
l’intervention par la vidange rétrograde de l’intestin grêle vers la sonde
d’aspiration.
En cas d’iléus
paralytique, l’indication varie en fonction de la cause.
Les principales
complications aiguës de l’occlusion intestinale
Les facteurs qui menacent
la vie au cours d’une occlusion intestinale aiguë sont : le choc hypovolémique
et ses conséquences, la perforation intestinale, les hémorragies digestives
(stress ou syndrome de Mallory-Weiss) et les pneumopathies par inhalation de
vomissements.
Il existe de plus un risque
local, celui de nécrose ou de perforation intestinale résultant d’ulcérations
mécaniques (iléus biliaire) ou d’une ischémie pariétale, soit sur l’obstacle
(bride, étranglement, volvulus) soit en amont de l’obstacle (perforation
diastatique due à la distension gazeuse).
1. Anatomie et physiologie
L'appendice est un diverticule
conique du cæcum, situé à
2. Généralités
Environ 7 % des occidentaux
présentent une appendicite aiguë au cours de leur vie. Sa fréquence est en
train de croître en Afrique. On pense
qu’il y a une relation avec un régime raffiné et le pain blanc.
3. Anatomopathologie
L'appendicite serait due au
développement intraluminal de l'infection en amont de l'obstruction mécanique
ou fonctionnelle de la lumière appendiculaire. La progression de l'inflammation
entraîne l'apparition de pus dans la lumière appendiculaire, l'altération de la
vascularisation pariétale puis la gangrène avec perforation responsable de
péritonite (abcès appendiculaire, péritonite généralisée). Il n'existe aucun
parallélisme entre la clinique et les lésions anatomo-pathologiques.
2. Clinique
2.1. Forme typique. Adolescent
La douleur est le maître symptôme.
Elle peut débuter dans le creux épigastrique mais se localise rapidement dans
la fosse iliaque droite. Elle est vive, oblige l'arrêt des activités et
s'accentue lors des mouvements. Les nausées sont constantes, les vomissements
fréquents. Les troubles du transit sont rares (diarrhées, parfois subocclusion
chez le vieillard). A ce stade, les signes généraux sont quasiment nuls, à
l'exception d'un fébricule. La langue est chargée. Il peut exister un psoïtis.
La palpation de la fosse iliaque droite réveille la douleur et provoque une
DEFENSE abdominale qui signe le diagnostic. Le TR n'est douloureux qu'une fois
sur deux. L'hyperleucocytose n'est pas constante. La radiographie de l'abdomen
est le plus souvent normale. Parfois on peut retrouver un coprolithe dans la
fosse iliaque droite ou quelques niveaux hydro aériques sur les dernières anses
grêles.
L'échographie est normale et n'a
d'intérêt que pour éliminer une pathologie gynécologique.
L'évolution
peut se faire indistinctement soit vers la régression des symptômes, soit vers leur
aggravation avec apparition de complications: abcès appendiculaire où les
signes restent localisés, péritonite appendiculaire, avec généralisation à tout
l'abdomen, contracture, hyperthermie
franche et dégradation de l'état général.
2.2. Formes atypiques selon le
terrain :
-chez la femme enceinte, les signes
sont identiques mais transposés en haut et en arrière, dans le flanc, en raison
du volume utérin. Le tableau peut prendre
initialement l'allure d'une infection urinaire.
-chez le vieillard, les signes
pariétaux sont moins francs, parfois absents,
remplacés par un tableau sub-occlusif, s'accompagnant même de signes
généraux de gravité.
2.3 Selon la topographie
-appendicite rétro-cæcale, où les signes pariétaux sont moins francs,
le psoïtis plus marqué.
-appendicite sous hépatique pouvant simuler une cholécystite aiguë ou
un ulcère perforé.
-appendicite pelvienne évoquant une infection urinaire ou gynécologique,
mais avec des signes francs au TR.
-appendicite méso-cæliaque retentissant plus
volontiers sur le transit (diarrhée ou
sub-occlusion).
3. Diagnostic
Le diagnostic d'une appendicite aiguë est
uniquement clinique et repose sur la douleur et la défense de la fosse iliaque
droite. Les autres signes sont inconstants.
Diagnostic différentiel : a)
Gastro-entérite : nausées, vomissements et diarrhées précèdent la douleur qui
est le premier symptôme de l'appendicite. b) Rupture d'un follicule ovarien. La
douleur est très brutale puis diminue. Elle survient au milieu du cycle
ovarien. c) La salpingite s'accompagne d'une fièvre plus importante, d'une vive
douleur à la mobilisation du col utérin, alors que la douleur spontanée est
plus diffuse. d) La rupture de
grossesse tubaire : retard des règles, douleur pelvienne diffuse à début
brutal, hémopéritoine, anémie e) Les infections urinaires : fièvre plus
franche, frissons, présence possible d'un calcul sur un cliché de l'abdomen,
cyto-bactériologie des urines positive
* d'autres affections peuvent plus
rarement simuler une appendicite : Meckel, autres infections digestives,
pneumopathies, porphyrie ?
* L'échographie et la cœlioscopie
n'ont pas d'intérêt direct dans le diagnostic d'appendicite aiguë et ne sont
indiquées que lorsque l'on suspecte une autre affection, essentiellement
gynécologique.
4. Traitement
Le traitement de l'appendicite aiguë
est l'appendicectomie d'urgence.
4.1. Traitement préopératoire
Dans la majorité des cas, il n'est
pas nécessaire. Seuls les malades âgés et déshydratés peuvent réclamer une
réhydratation préopératoire, et ceux porteurs d'un abcès ou d'une péritonite
une antibiothérapie immédiate efficace envers les germes d'origine colique.
4.2. Intervention chirurgicale
-appendicectomie
-toilette péritonéale complète en cas d'abcès ou de péritonite
4.3. Soins post-opératoires
Le plus souvent ils sont quasiment nuls. Reprise d'une alimentation
légère le lendemain. Sortie au 4ème ou
5ème jour. Arrêt de travail 15 jours.
Seules les appendicites compliquées nécessitent un traitement
post-opératoire qui est celui d'une péritonite, occlusion ? etc
4.4. Résultats
L'appendicite aiguë, diagnostiquée
et opérée rapidement est devenue une affection bénigne. Néanmoins, les formes graves
(rares) et les appendicites du grand vieillard expliquent que la mortalité
reste encore d'environ 1 pour 1000.
Les variantes évolutives
peuvent être :
– le plastron
appendiculaire qui associe un état infectieux persistant à des troubles du
transit et à une masse mal limitée dans la FID. L’évolution peut se faire vers
la guérison ou vers l’abcès péri-appendiculaire
;
– l’abcès d’emblée :
signes de suppuration profonde. Localement, il existe une masse de la FID
ferme, limitée, exquisément douloureuse. L’évolution peut se faire vers
l’ouverture dans la vessie, le côlon. L’abcès peut se rompre dans la grande
cavité péritonéale, provoquant une péritonite aiguë généralisée ;
–
la péritonite généralisée : d’emblée ou
secondairement à la rupture d’un abcès péri-appendiculaire .
14. Péritonites
Une péritonite est une
inflammation ou une infection aiguë du péritoine.
Elle peut être due à la perforation du tube
digestif, en particulier celle de la fièvre typhoide, d’un ulcère gastro-duodénal ou d’un
diverticule sigmoïdien, à une infection de l’appendice ou de la vésicule
biliaire. Elle peut être de cause gynécologique. Elle peut aussi être
consécutive à un acte opératoire abdominal.
L’irritation péritonéale
peut être causée par un liquide purulent, mais aussi par un liquide aseptique
(tout au moins au début de l’évolution), en particulier en cas de perforation
d’un ulcère gastro-duodénal. Une péritonite peut être généralisée ou localisée.
Si le liquide baigne l’ensemble de la cavité péritonéale, il s’agit d’une péritonite
généralisée. Si seulement une partie de la cavité de l’abdomen est intéressée,
il s’agit d’une péritonite localisée.
Certaines péritonites
localisées peuvent se manifester cliniquement sous la forme d’une péritonite
" plastique ", on dit plus communément un " plastron ", en
raison d’une réaction inflammatoire des organes de voisinage (la graisse
épiploïque en particulier). A la palpation, le plastron réalise une masse
résistante, comme un " blindage " de la paroi abdominale.
Conséquences physiopathologiques de la péritonite aigue généralisée
(PAG).
-Au stade initial :
la PAG est une maladie locale abdominale
-Puis, il y a apparition
des signes extra abdominaux qui sont trompeurs et la PAG devient une maladie
générale. A l’absence de traitement, il y aura survenue des défaillances en
chaîne des grands appareils dans l’ordre suivant :
-choc et défaillance
cardio-vasculaire
-défaillance respiratoire
-défaillance rénale
-puis hépatique, pancréatique, cérébrale et puis la mort.
Conséquences
1. Hydro
électrolytiques -Formation d’un
exsudat -Iléus réflexe avec
formation du 3è secteur -Vomissements
et même diarrhée Tout ceci entraîne
une HYPOVOLEMIE
2. Choc (infectieuse et
hypovolemique)
3. État
respiratoire : -Dyspnée -Polypnée
-Syndrome de détresse respiratoire aiguë
4. Etat rénal : -Insuffisance rénale aiguë
5. Etat
hépatique : -Ictère -Cholostase mixte -Altérations des fonctions
vitamino-dépendantes
6. Hémorragies digestives
7. Troubles neuropsychiques
Signes Cliniques :
La péritonite se manifeste
cliniquement par une réaction réflexe de la paroi abdominale. Cette
manifestation réflexe est mise en évidence par la palpation de l’abdomen, à la
recherche d’une défense ou d’une contracture. La défense est une contraction
involontaire des muscles de l’abdomen que l’on obtient en réaction à la
pression de la paroi abdominale. Au début de la pression la paroi se laisse
déprimer. A partir d’une certaine profondeur, la dépression de la paroi par la main
de l’examinateur devient impossible en raison de la tension musculaire. Il faut
distinguer la défense, qui est involontaire, de la simple réaction de défense
qui est au contraire volontaire et qui résulte naturellement de la douleur
déclenchée par la palpation.
La contracture est le
stade ultime de la défense. Toute dépression de la paroi abdominale est
impossible. Il s’agit d’un " ventre de bois " qui ne peut plus être
déprimé quelle que soit la pression exercée par la main de l’examinateur.
Péritonites infectieuses
généralisées
La cause la plus fréquente
des péritonites infectieuses généralisées est l’appendicite compliquée, puis
viennent les perforations typhiques (dans les pays sous-développés), les
perforations d’ulcères gastro-duodénaux vues tardivement, les sigmoïdites et
les autres infections digestives ou gynécologiques.
L’infection péritonéale
peut se faire par effraction de la paroi digestive ou rupture d’un abcès, par
propagation de l’infection de proche en proche, ou par voie hématogène (pneumocoques).
Ces mécanismes sont souvent associés.
La péritonite infectieuse
généralisée débute en général par une douleur en un point précis de l’abdomen
et qui diffuse secondairement. Les signes fonctionnels sont les vomissements et
l’arrêt des matières, éventuellement remplacés par une diarrhée fécale ou
afécale.
Les signes généraux sont
ceux d’une infection qui devient rapidement grave. A l’examen, on trouve
toujours une défense pariétale, parfois une contracture, souvent un météorisme
abdominal. Le cul-de-sac de Douglas est douloureux au toucher rectal.
Les signes biologiques
sont une hyper leucocytose avec polynucléose, rarement remplacée par une
leucopénie.
Les principes du
traitement de la péritonite infectieuse généralisée
Le traitement médical
préopératoire et postopératoire comprend des antibiotiques et une réanimation
pouvant s’associer à une alimentation parentérale. Le traitement chirurgical a
plusieurs objectifs : supprimer la cause (exérèse appendiculaire, sigmoïdienne,
etc.) ou la neutraliser (drainage, extériorisation d’un segment digestif pour
éviter de faire une anastomose digestive contre-indiquée dans ces conditions)
et traiter la conséquence de l’infection par lavage péritonéal. La paroi
abdominale peut être fermée avec ou sans drainage.
En
conclusion, la chirurgie sans réanimation ne peut pas guérir les PAG aussi que
la réanimation sans la chirurgie ne peut pas guérir les PAG.
Définition :
une collection liquidienne intra-péritonéale en excluant les hémo et
cholépéritoines.
Elle répond à des
étiologies diverses dominées en fréquence par la cirrhose.
Forme typique : l'ascite
de moyenne abondance
Mode d'installation
S'installe plus ou moins rapidement à la
faveur d'un facteur déclenchant ou progressivement alors précédée d'un
météorisme abdominal. En général bien toléré, mais peut être responsable d'une
sensation de pesanteur abdominale. S'accompagne d'une prise de poids et d'une
augmentation du périmètre ombilical.
Examen clinique
Inspection : distension de l'abdomen avec
peau tendue et lisse, ombilic déplissé, éventuel aspect étalé en
"batracien" de l'abdomen en décubitus dorsal, enfin parfois
extériorisation d'une hernie ombilicale ou inguinale qui amène à découvrir l'ascite.
Percussion : sur le malade en décubitus dorsal elle révèle une matité déclive
des flancs et de l'hypogastre, à limite supérieure concave vers le haut,
surmontée d'un tympanisme péri-ombilical.
Signes d’ascite
1. La matité se déplace
vers le flanc déclive en décubitus latéral : c'est donc une matité déclive et mobile.
2. Le signe du glaçon (dépression brusque de la paroi abdominale qui
refoule le foie, ce qui donne un choc en retour) = le signe du flot.
3. Imagerie
Radio Abdomen : (ASP) : grisaille diffuse atténuant le contraste
aérique des anses grêles habituellement distendues.
4. Echographie : surtout
utile en cas d'épanchement de faible abondance, montrant alors des images
hypoéchogènes caractéristiques dans la région interhépatophrénique,
interhépatorénale et pelvienne.
Examens para
cliniques :
1. La ponction
exploratrice
Technique : nécessite une asepsie
rigoureuse. L'aiguille est introduire au niveau du 1/3 externe de la ligne reliant
l'ombilic à l'épine iliaque antérosupérieure gauche, après désinfection large
de la paroi abdominale. N'est pas contre-indiquée en cas de trouble de la
coagulation. Aspect macroscopique : liquide jaune citron, fluide, ne coagulant
pas, peut être trouble en cas d'infection ou hémorragique en cas d'origine
néoplasique ou chyleux en cas de compression du système lymphatique.
2. Étude biochimique :
taux de protides < 25 g/l en cas de transsudat ou > 25 g/l en cas
d'exsudat. La teneur en lipides, surtout en triglycérides permet de distinguer
les ascites chyliformes (triglycérides < 1 g/l) des ascites chyleuses.
L'augmentation du taux des amylases est en faveur d'une origine pancréatique.
Étude cytologique : < 200 éléments/mm3 dont moins de 10 % de polynucléaires
neutrophiles si non infectés. Bactériologie : ensemencement systématique sur
milieu aéro-anaérobie et surtout milieu de Löwenstein (pour TBC).
Diagnostic différentiel
1. Globe vésical : matité
hypogastrique à limite supérieure concave vers le bas et non mobile. 2. Kyste
de l'ovaire: mise en évidence par les touchers pelviens ou l'échographie
abdominale. 3. Volumineux fibrome utérin, 4. kyste du mésentère.
Diagnostic étiologique
25% Cirrhose alcoolique
(micronodulaire) ou 25% post hepatitique (macronodulaire)
25% = Schistosomiase qui
donne un tableau clinique semblable par interruption de la circulation sanguine
du foie. Cependant ceci n’est pas une
cirrhose parce qu’il n’y a pas des nodules de régénération. 25% autres etiologies.
(voir An Soc Belge Med Trop 1980 60 :395-403)
Physiopathologie : ne se
forme qu'en cas d'hypertension portale et de rétention hydrosodée. Aggravé par
hypoproteinemie. L'hypertension portale est nécessaire, mais non suffisante.
Elle localise la rétention hydrosodée dans la cavité péritonéale. La rétention
hydrosodée est en partie secondaire à l'insuffisance hépatocellulaire qui
induit une stimulation du système rénine-angiotensine et donc une production
accrue d'aldostérone ce qui entraîne une réabsorption accrue de sodium et d'eau
au niveau du tube distal rénal.
Des signes d'hypertension
portale sont : splénomégalie, circulation collatérale portocave. Des
signes d'insuffisance hépatocellulaire sont les angiomes stellaires, érythrose
palmaire, baisse du TP et du facteur V, hypoalbuminémie, des oedèmes des
membres inférieurs blancs, mous, indolores et prenant le godet, une oligurie
< 500 mg/24 heures avec natriurèse basse. Liquide d'ascite : liquide jaune
citron, pauvre en protides et stérile.
Infection: Il faut rechercher
une infection du liquide d'ascite qui atteint 20 % des cirrhotiques avec
ascite. L'infection est plutôt monomicrobienne, secondaire à la dissémination
hématogène d'un germe entérique. Elle est révélée par des douleurs abdominales
diffuses, un météorisme, de la diarrhée, une hypo ou une hyperthermie, une
hypotension artérielle. Parfois il s'agit d'une encéphalopathie hépatique,
d'une altération de l'état général, d'une insuffisance rénale, d'une ascite
réfractaire, d'une aggravation de l'insuffisance hépatique.
Le diagnostic
bactériologique repose sur l'ascitoculture (ensemencement direct de 10 ml
d'ascite au lit du malade sur flacon d'hémocultures aéro-anaérobie) et sur la
présence de plus de 250 polynucléaires neutrophiles / mm3. Les principaux
germes isolés sont des bacilles à gram (-) dans les 2/3 des cas : Escherischia Coli. Le pronostic est sévère
avec 50 % de décès, nécessitant donc un diagnostic précoce et l'institution en
urgence d'une antibiothérapie. En cas
de liquide hémorragique, il faut rechercher un carcinome hépatocellulaire ou la
carcinose péritonéale.
Autres étiologies
(rares) :
Pancréatites chroniques associées à des
pseudo-kystes avec liquide riche en
amylases
Thromboses vasculaires localisées aux veines
sus-hépatiques (Budd-Chiari)
Hypoalbuminémies des syndromes néphrotiques,
des entéropathies exsudatives ou de la dénutrition.
Maladies cardiaques
Traitement
Traitement classique :
-Ponctions d'ascite
évacuatrices en mesurant la diurèse quotidienne, le poids et le périmètre
abdominal.
-Règles hygiénodiététiques
: repos au lit, régime désodé (500 mg/24 heures)
-Diurétiques :
spironolactones (ALDACTONE) à la dose de 100 à 300 mg/24 heures en augmentant progressivement
la dose en fonction de la diurèse. Ou furosémide (LASIX) habituellement utilisé
en 2ème intention en cas de résistance aux spironolactones et en associant
éventuellement les deux ; la posologie est de 20 à 60 mg/24heures en ajoutant
du potassium (3 à 15 g/24 heures).
Les contre-indications des diurétiques sont :
l'insuffisance rénale, l'encéphalopathie hépatique, l'hémorragie digestive
récente, l'infection du liquide d'ascite, l'hyponatrémie < 130 mmol/l.
La surveillance du traitement diurétique doit
être clinique (diurèse, TA, pouls, périmètre abdominal et poids) et biologique
(ionogramme 2 fois/semaine avec en particulier dosage du sodium, du potassium
et de la créatinine).
Le traitement est ensuite poursuivi en
ambulatoire avec le régime désodé, les spironolactones et la surveillance en
particulier de l’ionogramme sanguin 2 fois/semaine.
Anatomie : crypte
anale, valve anale, sphincter interne, sphincter externe, élévateur de l’anus,
muscles longitudinaux.
Anamnèse
Examen
1. Inspection
2. T.R. – A rechercher
:Douleur, polype, fécalome, cancer, mucus, utérus, prostate, cul de sac.
3. Examens
endoscopiques : proctoscopie, sigmoidoscopie
4. Lavement baryté
Lésions :
1. Congénitale Anus imperforé.
Découvert souvent au moment de la prise de température rectale à la naissance.
Souvent il y a les fistules rectovaginales ou recto-urétrales. Une membrane fine est rare. On conseille une
radio avec le bébé à l’inversion avec un bouton sur la peau ou devrait être
l’anus. On voit le distance entre la boule d’air intestinale et le bouton. Traitement : Agrandissement d’un
fistule. Colostomie. Anoplastie Réparation définitif 2 ans.
2. Trauma – perforations : Lavement, colonoscopie, coup de
balle, abcès,
Traitement :
COLOSTOMIE :
Colostomie en anse :
hypochondre droit. A.L. ou AG. Incision transverse – couper le grand muscle
droit. Ouvrir le péritoine. Amenez vers
l’extérieur l’anse du colon sans la plisser ni la tordre. Ouvrez le mésocolon ou il n’y a pas de
vaisseau pour y passer une baguette en verre.
Fixer à ses extrémités un morceau de tube en polythène. Fermer la plaie. Mécher avec une mèche de la gaze
vaselinée. Faites une incision
cruciforme au sommet de l’anse. Mettez un sac de colostomie.
3. Infections :
a) Abcès périanal. Gonflement, douleur à cote de l’anus. Aspiration – Incision & Drainage,
ouverture large (anesthésie rachidienne ) mèche, bain de siège,
antibiotiques.
b) Fistules : Communication anormale entre le canal anorectal
et habituellement la surface cutanée périanale.
Etiologie Les fistules se forment la plupart du temps
spontanément et sont consécutives au drainage d'un abcès périrectal. La plupart des fistules prennent leur origine
au niveau des cryptes anorectales ; d'autres peuvent résulter d'une
diverticulite, d'un cancer ou d'un traumatisme.
Symptomatologie et
diagnostic Il est fréquent de retrouver des antécédents d'abcès récidivants
avec écoulement permanent ou intermittent. A l'examen, un ou plusieurs orifices
secondaires peuvent être observés et le trajet de la fistule est fréquemment
palpable. Une sonde insérée dans le trajet fistuleux peut déterminer sa
profondeur et sa direction et l'examen à l'aide de l'anuscope avec sondage
permet parfois de détecter l'orifice primaire. Une sigmoïdoscopie doit être
pratiquée. L'hydradénite suppurée, le sinus pilonidal, les sinus dermiques
suppurés et les fistules urétropérinéales doivent être différenciés des
fistules cryptogénétiques.
Traitement Seul le traitement chirurgical est efficace.
Il faut procéder à une mise à plat de la totalité du trajet fistuleux à partir
de l'orifice primaire. Une section partielle des sphincters peut être
nécessaire. Un certain degré d'incontinence peut résulter de la section d'une
partie importante de l'anneau sphinctérien.
On suit le fistulotomie, avec les bains de siège – etc.
c) Lymphogranuloma venerium – virus. Rectorragie puis sténose – constipation
ténesme. Traitement : tétracycline
d) Condylomes acuminés. Virus souvent
avec VIH. Chou-Fleur. Podophyline 25%. Electrocauterie.
4. Dégénérescence :
a) Hémorroïdes. Dilatation variqueuse d’une ou plusieurs
veines de l’anus. Typiquement il y en a 3 (voir croquis B en haut) Etiologie : age, constipation, diarrhées
chroniques, hypertension portale, toux, grossesse, tumeurs, insuffisance
cardiaque.
Symptomatologie :
souvent asymptomatique. Hémorragie après
défécation sans douleur. Prurit,
constipation. Douleur avec thrombose.
Traitement : bain de
siège, régime, suppositoires. Dilatation anale à 4 doigts sous anesthésie
(comme croquis en haut).
Injections de phénol en
huile. Hémorroidectomie.
b) Fissure anale: Lésion
longitudinale aiguë ou ulcération ovoïde chronique de l'épithélium malpighien
stratifié du canal anal.
Etiologie Bien que l'étiologie
précise soit inconnue, on pense que les fissures anales sont dues à une
lacération traumatique par le passage de selles trop dures ou trop
volumineuses, suivie d'une infection secondaire.
Symptomatologie et diagnostic. Les fissures aiguës se trouvent
généralement sur la ligne médiane postérieure, mais elles peuvent aussi siéger
sur la ligne antérieure. Une marisque externe peut être présente (« hémorroïde
sentinelle ») à l'extrémité inférieure de la fissure, et une papille élargie («
hypertrophique ») à l'extrémité supérieure.
Les fissures sont douloureuses et saignent lors de la défécation.
Classiquement, la douleur accompagne ou suit de près la défécation, dure
pendant plusieurs heures pour ensuite se calmer jusqu'à la défécation suivante.
L'exploration rectale doit être délicate ; l'examen doit être conduit avec
douceur et il suffit parfois de déplisser l'anus pour révéler la fissure sur la
ligne médiane, soit antérieur ou postérieur.
Traitement Bien souvent, les fissures
répondent aux mesures conservatrices qui réduisent les traumatismes pendant la
défécation (p. ex. substances émollientes, laxatifs). Il suffit parfois
d'utiliser des suppositoires neutres (p. ex. de glycérine) qui, en fondant,
lubrifient le rectum et jouent le rôle d'émollient. Des bains de siège chauds
(non brûlants) pendant 10 à 15 min après chaque selle, ou à la demande, pour
atténuer la gêne, apportent un répit passager.
Il est nécessaire, quand les mesures conservatrices échouent,
d'intervenir chirurgicalement pour interférer avec le cycle du spasme du
sphincter anal interne qui est habituellement effectué par sphinctérotomie
anale interne ou dans la dilatation anale contrôlée. Dilatation anale à 4
doigts (femme) et 5 doigts (homme). C’est le douleur qui fait craindre le malade de
la défécation suivant – qui donne spasme – puis douleur.
5.Tumeurs – ulcère.
Cancer. On a montré une association importante avec l'infection à
papilloma-virus chez l'homme. Les métastases sont observées le long du drainage
lymphatique du rectum et dans les aires ganglionnaires inguinales. Dans le cas
du cancer basocellulaire, de la maladie de Bowen (carcinome intradermique), une
excision étendue est souvent un tt satisfaisant du cancer périanal.
17. Notions de Traumatologie et
d’Orthopédie :
1 FRACTURE
Définition.:
c'est une
solution de continuité d'un ou de plusieurs os consécutive à un traumatisme.
Parfois il y à une maladie de l'os (ostéoporose) ou on l’appel - fracture
pathologique
Types : ‑
complète; ou incomplète (fissure)
Signes: 1
Déformation du membre 2 La mobilité anormale 3 La crépitation osseuse 4 La
douleur 5 L'impotence fonctionnelle 6 L'ecchymose.
EXAMENS
PARACLINIQUES La radio montre la localisation, le trait et le placement de la
fracture
Les fractures
sont de diverses variétés :
1. SELON LES
SIEGES.: ‑ fracture épiphysaire ‑ fracture diaphysaire ‑
fracture au niveau des articulations
2. SELON LA
GEOMETRIE. ‑ fracture horizontale ‑ fracture transversale ‑
fracture spirale et oblique ‑ fracture communitive ou esquilleuse ayant
trop de fragments fracturaires
3. SELON LE
DEPLACEMENT: ‑ fractures incomplètes (sans déplacement) et complètes avec
angulation ‑ avec surfaces sont dentées - avec rotation - avec
raccourcissement
4. SELON L'ATTEINTE
CUTANEE:‑ fractures fermées, la peau garde son intégrité et la fracture
ne communique pas avec l'extérieur. Fracture ouverte lorsque le foyer
communique avec l'extérieur.
Complications: Immédiate : Atteinte des nerfs, vaisseaux, muscles, articulation.
Tardive : Retard de consolidation, pseudarthrose, cal vicieux,
ostéomyélite, raideur articulaire, ankylose
Pronostic. :
Une fracture bien traitée et bien réduite se consolide rapidement (6 semaines
pour le membre supérieur et 3 mois inférieur – plus vite pour les enfants). Si
la réduction a été mal faite, ou si il y a trop de mobilité, il y aura
pseudarthrose ou un cal vicieux
Traitement: Le 1ere, principe est que toute fracture
ouverte doit être rendue fermée. Assurer l'immobilisation provisoire des
fragments par les attelles métalliques ou planchettes.
Le traitement
lui‑même d'une fracture comprend la réduction puis la contention. La
contention peut être orthopédique. (immobilisation par plâtre) ou chirurgicale
soit ostéosynthèse (plaque, clou intra – médullaire) ou traction ou fixateur externe) Il y a toujours besoin
des analgésiques. (voir plus bas)
Devant une fracture ouverte il y a 3 réflexes en urgence, 1.
la vérification de la vaccination antitétanique, 2. une antibiothérapie la plus
précoce possible (association « pénicilline G » plus « Flagyl » ou plus souvent
« amoxicilline, acide clavulanique ») et 3. le nettoyage de la plaie avec des
antiseptiques suivie d’une couverture par un pansement stérile.
2 ENTORSE
Définition:
l'entorse ou foulure est une lésion traumatique d'une articulation résultant de
torsion brusque, avec élongation ou rupture d'un ou de plusieurs ligaments,
sans déplacement osseuse. (Il se peut qu’il y avait une luxation temporaire)
Signes:
Douleur, gonflement important avec chaleur locale, parfois enchymose et souvent
épanchement dans l'articulation. La radiographie montre l'intégrité des
surfaces articulaires et des extrémités osseuses..
TRAITEMENT:
Infiltration de novocaïne, anti ‑ inflammatoire. Bandage de marche
3.3 CONTUSION
Définition:
C’est une lésion produite par un choc brutal, sans qu'il ait déchirure. :
contusion de la peau, du foie lors d'un accident de la route.
Variétés :
1.La déchirure des capillaires produit une ecchymose c.à.d. une tâche let foncé
qui s'élargit et qui après disparaît: 2.Epanchement du sang (bosse sur les os)
formant une tumeur molle, tuante au centre. pouvant se transformer en abcès.
3.Escarre : La partie contuse est froide, insensible, noircit se dessèche.
4. Ecrasement d'une portion importante d'un membre est suivi d'un état de choc
et par la suite une insuffisance rénale aiguë.
4 LUXATION
Définition:
C’est un déplacement permanent de deux surfaces articulaires qui ont perdu plus
ou moins complètement les rapports qu'elles ont normalement l'une avec l'autre.
Signes: ‑
Douleur ‑ Déformation de l'articulation
Evolution: La réduction doit être faite le plutôt car
si elle devient ancienne, elle devient difficile à réduire.
Complication: ‑
Compression vasculo ‑ nerveuse
Traitement: réduction sous anesthésie générale
Traitement : La réduction est une
urgence et doit être systématiquement suivie d’une nouvelle radiographie de
contrôle.
5). Un traumatisme du
rachis avec déficit neurologique
Impose une immobilisation.
En cas de nécessité, la mobilisation sera prudente et toujours en monobloc.
L’examen neurologique précoce est indispensable, il comprend 3 points :
l’examen moteur, l’examen de la sensibilité thermo-algique et l’examen des
sphincters (toucher rectal et réflexe bulbo-caverneux). Le niveau du déficit
doit être précisé. Les différents résultats doivent être consignés par écrit en
précisant l’heure de l’examen afin de permettre une comparaison avec les
examens ultérieurs.
Une fracture du rachis cervicale
récente avec paralysie (paraplégie) partiel ou totale nécessite une
extension. Extension ou opération ne
peut pas améliorer une paraplégie par fracture thoracique ni lombaire.
6). Polytraumatisme
Urgence
médico-chirurgicale.
Il faut étudier soigneusement
les différentes lésions présentées par le polytraumatisé :
-Les lésions
cranio-encéphaliques
-Les lésions thoraciques
-Les ruptures
trachéo-bronchites
-Les lésions abdominales
-Les lésions de l’appareil
locomoteur
-Les atteintes faciales
En pratique, nous
distinguons 4 catégories de polytraumatisés :
-Blessé en état de mort
apparente ou la réanimation doit être circulatoire et ventilatoire
-Blessé en grande détresse
respiratoire
-Blessé en grande détresse
circulatoire
-Blessé sans détresse respiratoire
ou circulatoire dominante
A cause de la possibilité
d’aggravation à n’importe quel moment, hormis le dernier cas il faut placer les
4 tuyaux :
-Sonde nasale d’oxygène
-Un cathéter veineux de
bon calibre
-Une sonde urinaire à
demeure
-Une sonde nasogastrique
d’aspiration.
Voici la hiérarchisation
lésionnelle sur le plan de prise en charge :
a) Sauvetage :
1. Assurer la circulation
sanguine
2. Faire respirer
3. Contrôler les
hémorragies externes massives
b) Extrême urgence : Faire un bilan lésionnel
4. Plaies des viscères
pleins, de leur pédicule avec tableau d’hémorragie interne ;
5. Atteinte
cranio-encéphalique avec hématome extradural
6. Luxation des grosses
articulations
7. Plaies externes des
gros vaisseaux, contrôlées par garrot ou pansement
8. Lésions artérielles a
type de contusion avec syndrome ischémique d’aval
c) Urgence
9. Fractures instables du
rachis
10. Lésions des viscères
creux avec péritonite
11. Lésions urinaires
(rupture intra- ou extra-péritonéale de la vessie ; rupture de l’urètre)
12. Plaies des cornées
13. Fractures ouvertes des
membres ; plaies des articulations
14. Plaies importantes des parties molles
15. Fracture du maxillaire
et de la face
16. Plaies
cranio-encéphaliques
17. Fractures fermées des
membres
18. Traumatismes fermes du
crâne, de l’encéphale et du rachis ; fractures stables du rachis.
19. Plaies minimes, en
particulier de la face ou des mains, nécessitant un traitement minutieux.
Gestes à faire a l’arrivée du polytraumatisé
1. Déshabiller le blesse
en coupant tous ses vêtements
2. Le faire respirer après
libération des voies aériennes supérieures, par masque ou appareil mécanique
simple avec ou sans intubation.
3. Rétablir une
circulation sanguine par perfusion de soluté ou transfusion des que le groupe
sanguin est obtenu.
4. Faire l’hémostase
provisoire d’un gros vaisseau saignant en hémorragie externe
5. Immobiliser les lésions
osseuses avec des attelles de fortune
6. Faire une radiographie
du thorax de face, une du crâne face, profil, tout en maintenant le malade en
réanimation.
7. Poser une sonde vesicale
8. Mettre une sonde
d’aspiration digestive
9. Trois examens doivent
être effectués en priorité dans les 15 premières minutes : la radiographie pulmonaire,
la radiographie du bassin et l’échographie abdominale. Les autres examens
seront discutés en fonction du contexte.
10. Drainer eventuellement
un pneumothorax ou hemothorax
11. Pratiquer une
ponction-lavage de l’abdomen
7). Devant une plaie de la main
On doit rechercher
systématiquement une atteinte d’un nerf collatéral et/ou d’un tendon. Le dogme
« toute plaie de la main doit s’explorer au bloc opératoire » reste vrai dans
la très large majorité des cas.
8). Un panaris collecté
Impose un seul examen, la
radiographie du doigt à la recherche d’une ostéite. Le traitement est
chirurgical et consiste en une mise à plat qui doit être pratiquée
systématiquement sous anesthésie générale.
9) Traitements spécifiques des fractures
Le bilan radiographique
doit systématiquement permettre de voir les articulations sus et sous-jacentes.
Le traitement et la réduction et contention des articulations sus et
sous-jacent.
TRAUMATISMES DU MEMBRE
SUPÉRIEUR
Devant tout traumatisme du
membre supérieur
Un des premiers gestes en
urgence doit être de retirer les bagues et autres bijoux pouvant rapidement
entraîner une compression grave liée à l’œdème ou à la diffusion d’un hématome.
FRACTURES DE LA CLAVICULE
• Fréquentes, par choc
direct ou indirect, bénignes, souvent isolées.
• Le plus souvent du tiers
moyen. Le diagnostic est facile lorsqu'elles sont déplacées avec saillie du
fragment interne sous la peau. Non déplacées, le diagnostic est évoqué sur la
douleur. Le traitement est avant tout antalgique par immobilisation
(classiquement par anneau de Delbet) pendant 2 à 3 semaines selon l'âge.
L'évolution est favorable avec un cal volumineux qui se remodèle en quelques
mois.
FRACTURES DE LA DIAPHYSE
HUMÉRALE
• Le risque est la lésion
du nerf radial au tiers moyen; rare lors du traumatisme ,mais à redouter lors
d'un abord chirurgical. Même déplacée on préférera donc un traitement
orthopédique (Merle d'Aubigné disait qu'elles consolident malgré le
traitement). On utilise une écharpe et plâtre « pendue ». Le poids du plâtre assure une traction qui
redresse le raccourcissement du membre. Elles consolident en 6 semaines.
• Le grand potentiel de
croissance de l’extrémité supérieure de l'humérus assure un remodelage
important des cal vicieuses résiduelles mais sans doute moins complètes qu'il
est classique de penser.
FRACTURES DE LA PALETTE
HUMÉRALE
• Par fracture de la
palette humérale il faut comprendre non seulement fracture supra condylienne
mais aussi les fractures de tous les autres éléments de la palette ( épi
trochlée ,épicondyle ....) même si en pratique courante le terme de fracture de
la palette sous entend fracture supracodylienne.
Fractures
supracondyliennes
• Ce sont des fractures
graves par leurs complications (surtout pression sur l’artere brachiale), difficiles
à traiter et qui doivent être prises en charge en urgence. Les fossettes
olécranienne et coronoïdienne constituent un point de faiblesse. Le périoste
habituellement conservé en arrière est utilisé comme moyen de stabilité pour la
réduction et l'immobilisation. Même en cas de très bonne réduction le
comblement des fossettes par le cal entraîne une limitation articulaire en
flexion extension qui s'estompera avec le remodelage par le cal et la
croissance. La prescription de kinésithérapie est dangereuse avec
risque de raideur et
d'ostéome du brachial antérieur.
• L'interrogatoire
recherche le mécanisme du traumatisme, l'heure de la dernière prise
alimentaire.
L'examen note l'attitude
du traumatisé du membre supérieur le membre sain soutenant le membre blessé, la
douleur et la déformation éventuelle souvent déjà masquée par l’oedème. Il
précise l'état cutané, plus souvent contusion et ecchymose qu'ouverture; prise
du pouls radial et coloration de la main; exploration des territoires nerveux
sensitifs et moteurs notamment du nerf médian.
La contention en flexion (méthode de Blount) avec une bande plâtrée en
« 8 » éloigné l’os fracturé de l’artère. Le « 8 » est au
tour du bras et avant bras ; elle maintient le coude fléchi à l'aide d'un
jersey fixé autour du cou au niveau du poignet parfois par l'intermédiaire d'un
gantelet plâtré.
FRACTURES DIAPHYSAIRES DES DEUX OS DE L’AVANT BRAS
• Elles sont fréquentes ;
un défaut de réduction entraînera une diminution de la pronosupination ; elles
sont longues à consolider (2mois1/2) ; risque de fractures itératives.
Reconnues et traitées
précocement leur pronostic est bon. Un appareil plâtré est confectionné. Dans
le cas contraire les séquelles sont invalidantes malgré le traitement.
FRACTURES DE LA DIAPHYSE FÉMORALE
• Elles sont fréquentes.
La localisation au tiers moyen est la plus fréquente. Le traitement dépend beaucoup de l'âge et
d'éventuelles lésions associées.
Traitement orthopédique est difficile puisque le fémur est au centre des
muscles mous mais forts qui raccourci la jambe plâtrée. Comme
pour l’humerus les fractures
consolident malgré le traitement, mais le malade boitera si il y a un
racourcissement de plus que 2cm. Donc traction par appui osseuse est le
traitement de choix.
• Les tractions collées au
zénith (de Bryant) chez le petit ( avant 6 ans) ou dans d'autres positions
(dans le plan du lit, (de Perkins) nécessitent une surveillance rigoureuse (risque de syndrome de loge par traction ou
serrage des bandes excessif). Un clou intramedulaire est ideale pour les
fractures du tiers moyen si on peut s’assurer de l’exclusion de l’infection.
Les fractures du membre inférieur se consolident en 3 mois.
FRACTURES DE JAMBE
• Les fractures de jambe
sont traités avec un appareil plâtré qui immobilise les articulations sus et
sous jacente. (Plâtre pedo-crurale)
FRACTURES DE LA CHEVILLE
Sont souvent les fractures
avec luxation. Une fixation interne de
la malléole latérale ou médiale puisse être nécessaire pour un bon résultat. Un
botte plâtré avec une réduction soigneuse et de rigueur.
10). Les ostéomyélites aiguës des os longs
A cause de la crise
multiforme que traverse notre pays, l’ostéomyélite aiguë à (et sa forme
chronique) reste toujours d’actualité dans notre contexte. Nous observons des
formes graves (septicémiques ou septico-pyohémiques) qui sont d’abord traitées
comme des crises aigues de malaria ne répondant pas à la Quinine. Ce n’est
qu’après qu’on fera allusion à une infection osseuse !
Sur le plan
physiopathologique, il faut retenir les faits suivants :
-L’atteinte de l’os se
fait par voie hématogène
-Au premier stade le foyer
osseux est le centre actif de la multiplication microbienne et le point de
départ de la diffusion septicémique.
-Le deuxième stade est
caractérisé par l’intervention de processus de défense locale. Des barrières de
thrombose vont isoler le foyer osseux du milieu circulatoire.
-Le troisième stade est
celui de l’évolution de l’abcès osseux qui, parfois, contient un séquestre, fragment
d’os dévitalisé parce que circonscrit par les foyers d’infection et ainsi prive
de toute vascularisation.
Clinique :
-Début brutal
-Signes généraux :
frissons, fièvre, céphalées, agitations, tachycardie ;
-Signes locaux: douleur
atroce, exacerbée par le moindre contact
-Examen physique :
sensibilité de siège métaphysaire, intégrité de l’articulation, absence
d’adénopathie satellite.
Laboratoire :
hyperleucocytose, accélération de la VS, hémocultures positives.
Radiographie du
segment : muette au stade de début.
Traitement: Immobilisation
et antibiothérapie aux doses septicémiques.
11.
Ostéomyélite chronique nécessite les radiographies et opération en cas des
séquestres (os morts) ou abcès osseuse.
18.
Césarienne du segment inférieur
Opération qui consiste à ouvrir la paroi abdominale et
a celle de l'utérus gravide pour en extraire le fœtus quand l'accouchement par
les voies naturelles est impossible ou dangereux pour la mère ou le
fœtus ;
Technique
La technique recommandée est la transpéritonéale, par incision du
segment inférieur, avec une incision transversale de l'utérus.
Videz la vessie de la malade par sondage et tournez‑la sur son
côté gauche en plaçant un oreiller sous la partie inférieure droite de son dos.
Césarienne du segment inférieur.
Une anesthésie de preference loco-régionale (rachidienne) doit être
donnée. Préparez l'abdomen avec l’iode et recouvrez‑le des champs
(draps). Faites une incision sous‑ombilicale médiane (Fig. A). Meilleur
une incision transverse de Joel Cohen, 2cm sus pubienne. Incisez le péritoine
décollable recouvrant la face antérieure du segment inférieur de l'utérus et
refoulez‑le vers le bas en même temps que la vessie (Fig.B). Faites une
petite incision transversale dans le
segment inférieur de l'utérus à
L'objectif est de délivrer l'enfant aussi vite que
possible. Pour une présentation de la tête, en insinuant vos doigts entre la
berge utérine inférieure et la tête, et en les plaçant en crochet autour de la
tête (Fig. D), tournez l’occiput de la tete vers l’anterieur. Dans les
présentations du siège, extrayez les bras et la tête avec précaution de façon à
ne pas élargir indûment l'incision utérine. Dans les cas de position
transverse, extrayez le siège d'abord après version par manoeuvre interne. Un
anneau de constriction non diagnostiqué peut empêcher l'extraction de la tête;
dans de tels cas, l'anneau doit être sectionné verticalement au cours de la
césarienne, bien que cela puisse aboutir à une cicatrice fragile (en fait,
cette situation devrait être soupçonnée avant l'opération).
Extraire le foetus. Nettoyez et aspirez les liquides du nez et de la
bouche. Sectionnez le cordon entre deux clamps et ligaturez‑le. Donnez à
la mère 0,25 mg d'ergométrine ou 10u d’oxytocine par voie intraveineuse, après
extraction du placenta et des membranes. Massez l'utérus s'il est flasque.
Saisissez les bords de l'incision utérine avec des pinces Allis. Suturez
l'incision en deux plans. Faites d'abord une suture musculaire par surjet de
catgut chromé monté sur une aiguille courbe à section ronde; évitez la caduque
et saisissez soigneusement les angles (Fig. E). Reprenez alors tout tissu
musculaire non suturé et enfouissez le plan interne de la suture (Fig. F). Ce
n’est pas nécessaire de fermer le péritoine viscéral avec du catgut chromé
(Fig. G). Terminez la toilette péritonéale et fermez la paroi abdominale par
plans séparés avec nylon ou vicryl.. Appliquez un pansement stérile.
Complications
Les complications possibles sont une hémorragie primitive qui peut
conduire à un choc hypovolémique, une septicémie avec péritonite, des
hémorragies secondaires, la formation d'un hématome rétrovésical et une embolie
pulmonaire.
Plateaux
chirurgicaux
Ciseaux à dissection courbes, 1 paire
Ciseaux à ligatures 1 paire
Pinces hémostatiques 6 paires
Longues pinces hémostatiques courbes, 6 paires
Porte‑aiguille, 1
Ecarteurs (Langenbeck), moyen, 1; étroit, 1
Ecarteur autostatique, 1
Pinces à disséquer à griffes, 1 paire
Pinces à saisir les tissus (Allis), 2 paires
Catgut chromé pour suture
Nylon pour suture ou ligature sur bobine
Aiguilles 3
Embout pour aspiration, 1
Pinces à champs, 4
Comprisses de gaze
Mèches abdominales, 5
Matériel
Solution antiseptique et teinture d’iode
Ruban adhésif
Champs stériles
Gants stériles au moins 3 paires
19. Quelques Urgences de
Chirurgie Tropicale
Il faut tenir
compte de certains aspects originaux des urgences tels qu’ils se présentement
dans la pratique quotidienne de la Chirurgie en milieu tropical. Cela est dû aux
divers facteurs comme la localisation géographique, les conditions de vie sur
le plan socio-économique, la fragilité du terrain et les agents responsables.
Il y a donc
nécessité de connaître et de comprendre les affections tropicales pouvant
présenter une indication chirurgicale. Nous n’avons aucune prétention de faire
un traité de ces urgences mais de
réveiller votre attention sur le fait qu’elles existent et il faut toujours
faire allusion quand on pratique la Chirurgie dans nos conditions. C’est pour
cela que nous ne citerons que quelques exemples illustratifs et nous vous
conseillons de voir les détails dans les Grands Traités de Chirurgie.
1). Les
parasitoses et leurs complications chirurgicales
2). Aspects
chirurgicaux de l’Anémie SS
3). Accidents
aigus provoqués par tradipraticiens
Les
parasitoses et leurs complications
chirurgicales
a. Amibiase
-Abcès
amibien du foie
-Péritonites
sur perforation colique
b. Ascardiose
-Appendicite ascardienne
-Occlusions
par obstruction
-Occlusion
par volvulus
-Péritonites
sur perforations intestinales
-Ascardioses
des voies biliaires et pancréatiques
Aspects
chirurgicaux de l’Anémie SS
-Infarctus
splenique
-Abcès de la
rate
-Priapisme
Accidents
aigus provoqués par tradipraticiens
Il est toujours
bien de se rappeler l’importance que jouent les tradipraticiens dans les soins
de la population dans nos pays. Il ne faut pas méconnaître leur apport non
négligeable. Cependant il est bon de rappeler que certaines de leurs
thérapeutiques ne sont pas anodines. Nous partirons de notre propre expérience
personnelle d’une pratique longue en milieux ruraux pour épingler quelques
complications chirurgicales :
Accident de
la circoncision : section de l’urètre… Tétanos par porte d’entrée des scarifications

-Péritonites
aiguës généralisées par perforation (par ingestion) des produits toxiques
contre les différentes douleurs abdominales. Ces produits occasionnent parfois
des larges nécroses de segments digestifs.
-Scarifications
dans le traitement des hernies étranglées

Bahati, un
jeune homme de 23 ans, creuseur d’or, habitant à
Des
auteurs :
Ahuka Ona Longombe est né le
17 Novembre 1955 à Wembo-Nyama dans le Sankuru (Kasai Oriental, RDC). Il a fait
ses études primaires à Wembo-Nyama et à Katako-Kombe dans la Communauté
Méthodiste du Congo Central de 1962 à 1968.
De 1968 à
1974, il a poursuivi ses études secondaires dans une école américaine, l’Ecole Secondaire
Unie de Katubue (Kananga, Kasai Occidental). Muni de son diplôme d’Etat des
Humanités Scientifiques Option Chimie-Biologie, il a entamé des brillantes
études à la Faculté de Médecine de l’Université Nationale du Zaire, Campus de
Kinshasa (actuellement Université de Kinshasa ex- Université Lovanium) de 1974
à 1981 d’où il sort Docteur en Médecine, Chirurgie et Accouchements. Commence
ensuite sa fulgurante carrière académique résumée de la façon suivante:
1981 – 84 : Assistant au
Département de Chirurgie, Université de Kinshasa
1984 - 87 : Assistant au Département de
Chirurgie, Université de Kisangani
1987 - 94 : Chef de Travaux, Faculté de Médecine, Université de Kisangani.
1994 : Agrégé
de l’Enseignement Supérieur en Médecine : Université de
Kisangani.
1994 – 98 : Professeur
Associé, Faculté de Médecine, Université de Kisangani.
1998 -2002 : Professeur, Faculté de Médecine,
Université de Kisangani.
2002 à ce jour :
Professeur Ordinaire, Faculté de Médecine, Université de Kisangani.
Actuellement, le Dr. Ahuka
Ona Longombe est :
-
Professeur
de Chirurgie, Faculté de Médecine, Université de Kisangani (UNIKIS) et son Extension de de Bunia.
-
Professeur
visiteur : - Université Catholique de Graben (UCG) Butembo.
-
Université Evangélique en Afrique (UEA) de Bukavu
- Université de Kindu (UNIKI)
-
Université des Uélés (UNIUELE) à Isiro
-
Chirurgien au
Centre Médical Evangélique, Nyankunde ;
-
Directeur
Général : Institut Supérieur des
Techniques Médicales de Nyankunde.
-
Doyen de
la Faculté de Médecine de l’Université de Kindu (UNIKI)
Le Professeur Docteur Ahuka
Ona Longombe est auteur et co-auteur de plusieurs publications scientifiques
dans des revues prestigieuses et il est:
·
Membre de la
Société Congolaise de Chirurgie.
·
Membre de
l’Association des Chirurgiens de l ‘Afrique de l‘Est.
·
Membre de
l’Académie des Sciences de New-York, USA.
En 1998 il a été le lauréat de
Honour Eyre Brook Medal for orthopaedic work in Developing Countries, prix
décerné par le World Orthopaedic Concern

Philip Wood
Né 23rd September 1942
Prix universitaires: Prix
Hitchens - Theologie 1966. Prix Walsham - Pathologie Chirurgicale 1967. Pirx
Skyner - Paediatrie 1967.
Bourse d’etudes chirurgie (Brackenbury
Scholarship) 1967 (St. Bartholomew's Hospital).
B.A.(Cantab)
1964, B.Chir.(Cantab) 1967, M.B. (Cantab) 1968, M.A. (Cantab) 1968.
FRCS (Eng) (Fellow of the
L.M.C.C. (
Diplôme de Médicine Tropicale:
Anvers 1973.
Postes :
1. Préfet Institut Technique
Médical, Nyankunde Zaïre 1973 ‑ 80.
2. Chirurgien, Centre Médical
Evangélique, Nyankunde Zaïre 1973 ‑
87.
3. Médecin Directeur, Centre Médical Evangélique,
Nyankunde Zaïre 1982 ‑ 87.
4. Conférencier en Chirurgie
Université Kisangani 1987
4. Chirurgien ELWA Hôpital,
Monrovia Liberia, 1988 ‑ 90.
5. Conférencier en Chirurgie, A.M. Dogliotti
College of Medicine,
7. Directeur WEC International (
8. Chirurgien CME Nyankunde,
D.R. Congo 2002 – maintenant (Beni, Nyankunde & Bunia)
9. Secrétaire Générale
Administratif Institut Supérieur Médicale Nyankunde, &
10 Assistant, Centre
Universitaire d’Extension Bunia. 2002 – 2006.
11 Directeur Exécutif Centre Médical Evangélique Nyankunde 2006 - 2009
Avec nos remerciements a
plusieurs sources.