République Démocratique du Congo
ENSEIGNEMENT SUPERIEUR ET UNIVERSITAIRE
MALADIES INFECTIEUSES ET PARASITAIRES
Notes de cours à l’usage des étudiants de
l’Institut Supérieur des Techniques Médicales
Rédigées par
Dr KALUNGERO MUHINDO
Spécialiste en Médecine Interne
Chef de Travaux
PLAN DU COURS
I.
GENERALITES
II.
PATHOLOGIE
A. Les Maladies bactériennes
1. Les Infections à staphylocoques
2. Les Infections Streptocoques
3. Les Infections à pneumocoques
4. Les Infections Méningocoques
5. Les Infections à Gonocoques
6. Les Salmonelloses
7. La Shigellose
8. Le Tétanos
9. Le Choléra
10. La Syphilis
11. La coqueluche
B. Les Maladies virales
1. L’hépatite virale
2. La grippe
3. L’herpès
4. La poliomyélite
5. La rage
6. Les oreillons
7. La rougeole
8. Le SIDA
9. Les fièvres hémorragiques
C. Les Maladies Mycosiques
1. Candidose
2. Cryptococcose
3. Autres
D. Les Maladies parasitaires
1. Le Paludisme
2. L’amibiase
3. Autres infections digestives à
protozoaires
4. Les Bilharzioses
5. Les filarioses
6. Les parasitoses intestinales
OBJECTIFS DU COURS
A l’issue de ce cours, l’étudiant doit être capable :
-
d’appliquer
les notions de prévention et de soins relatives aux maladies transmissibles
afin de réduire ou d’éliminer les facteurs épidémiologiques ;
-
d’exécuter
correctement, selon les possibilités du milieu et les besoins de l’individu,
les techniques de nursing apprises pour l’administration des soins aux patients
contagieux ;
-
d’assurer
l’éducation sanitaire.
MALADIES INFECTIEUSES ET PARASITAIRES
I.
GENERALITES
1.
DEFINITION :
L’infection est la
conséquence de la pénétration et du développement dans l’organisme d’un être
vivant microscopique, bactérie, virus, champignon (mycoses) ou parasite. Parfois un microbe peut secréter ou contenir
une toxine, on parle alors de toxi-infection.
2.
EPIDEMIOLOGIE
a.
Sources de l’infection : ce
sont :
-
Le
sol : ex-les spores du tétanos
-
L’eau :
surtout pour les infections digestives.
Ex. vibrion cholérae, Salmonella typhi, Shigella, amibes
-
Les
animaux ex. virus de la rage, brucella, …
-
L’homme
malade ou le porteur sain
b.
Modes de transmission de l’infection : il sont variables
-
D’homme
à l’homme
-
De
l’animal à l’animal (Zoonoses)
-
De
l’environnement (eau, sol, …) à l’homme
Le malade peut éliminer les germes par la peau, la toux, la parole,
l’éternuement, les selles, les urines, les voies génitales.
La transmission peut alors être :
-
directe :
c'est-à-dire sans intermédiaire.
Exemple : maladies vénériennes, tétanos, rage, méningite
-
indirecte :
c.à.d. par l’intermédiaire d’un vecteur ou d’un véhicule
·
vecteur
= un insecte dans lequel le germe se développe et subit des transformations
(ex. anophèle)
·
véhicule
= insecte ou autre support qui transporte d’une façon mécanique (mouche, eau,
aliments, mains-« maladies des mains sales », objets souillés par le
malade, …)
c.
Porte d’entrée des microorganismes : elles sont nombreuses :
-
La
peau et les muqueuses : lorsqu’il y a solution de continuité ou par des
orifices naturels (poils, glandes sudoripares ou sébacées) ex. staphylocoque
-
Les
voies respiratoires supérieurs (ex : méningocoques) et inférieures (ex.
B.K.)
-
Le
tube digestif : ex. : S.typhi, shigella, vibriocholerae, virus de la
poliomyélite.
-
La
voie génitale : lors des rapports sexuels.
ex. : les maladies vénériennes, septicémie post-abortum, hépatite
B, …
-
Les
voies accidentelles : lors des manœuvres thérapeutiques : injections
avec des aiguilles non stériles, la transfusion, une ponction veineuse,
pleurale, lombaire, manque d’asepsie.
d.
Diffusion de l’infection dans l’organisme :
C'est-à-dire propagation : de la localisation initiale, les germes
peuvent se propager par deux voies principales :
-
La
voie lymphatique et ganglionnaire
-
La
voie veineuse
Lors de cette propagation, il y aura alors développement des foyers
secondaires.
3.
MOYENS DE DEFENSE DE L’ORGANISME
a.
Naturels :
-
Non
spécifiques :
·
Les
téguments et les muqueuses par leur intégrité et leur secrétions (ex. salive,
mucus, …)
·
Le
processus inflammatoire : la phagocytose par les polynucléaires
·
Les
facteurs humoraux : le complément, la bactéricidine, …
-
Spécifique :
réaction antigène. anticorps c'est-à-dire la réaction immunitaire. (cfr hématologie)
La détection de ces anticorps sera un processus important dans le
diagnostic des maladies infectieuses (réactions de précipitation,
d’agglutination, de fixation du complément, d’immunoélectrophorèse, …). La déficience immunitaire serait à la base de
l’éclosion de beaucoup de maladies (maladies opportunistes) et qui vont
récidiver souvent. L’exagération de
l’immunité constitue l’hypersensibilité (ex. allergie, …)
b.
Artificiels
-
Les
antibiotiques : l’utilisation et le choix des antibiotiques doit respecter
certaines normes : germe en cause, dose, durée de traitement.
-
La
prophylaxie :
·
Sérothérapie :
immunisation passive : elle consiste à injecter à l’individu des
gamma-globulines d’origine animale ou humaine
Les sérums d’origine animale ont l’inconvénient de
provoquer des réactions d’hypersensibilité immédiate lors de la 2è injection. On peut éviter ces accidents par la méthode
de Besredka : injection en commençant par une dose infinitésimale et
augmenter progressivement en plusieurs injections.
·
La
vaccination
c.
Prophylaxie générale : isolement, der infection, etc. (confer
Nursing)
4.
LA SYMPTOMATOLOGIE DE L’INFECTION :
syndrome infectieux
-
La
fièvre : elle constitue le symptôme le plus fréquent. Elle s’accompagne de :
-
Frissons
(en cas d’augmentation rapide)
-
Transpiration
(sueurs abondantes)
-
Malaise,
Asthénie, céphalée, anorexie
-
Soif
-
Délire
chez l’adulte et convulsions chez l’enfant
N.B. : *
Dans certaines infections il n’y a pas de fièvre. ex. syphilis,
cholera (ici on observe même une hypothermie).
* Il y a aussi des
maladies non infectieuses avec fièvre ex. le cancer, etc…
-
L’accélération
du pouls. sauf en cas de dissociation
pouls-t° (Bradycardie
relative).
-
L’accélération
du rythme respiratoire (polypnée)
-
La
réduction de la diurèse (oligurie) et les urines paraissent plus foncées.
Ainsi donc, chez un malade infectieux, la surveillance de la t°, du pouls et de la diurèse devra
être rigoureuse et figurer correctement sur la feuille de t°
-
des
troubles digestifs : vomissements, diarrhée, …
-
des
signes cutanées : ex. purpura, roséoles
5.
EVOLUTION DES MALADIES INFECTIEUSES
Les maladies infectieuses évoluent en 5 phases :
Phase d’incubation : période cliniquement silencieuse, de durée
variable d’une maladie à une autre, qui s’écoule entre le contact avec le germe
et l’apparition des premiers symptômes
-
Période
d’invasion : où apparaissent les premiers symptômes
-
Période
d’état : la symptomatologie est complète avec les signes majeurs de la
maladie
-
Période
de défervescence : les signes régressent, il y a amélioration
-
Période
de convalescence : celle-ci est souvent longue, marquée par une asthénie
importante ; c’est le retour progressif à l’état de santé
N.B. : Cette évolution peut être émaillée de :
·
Complications :
ce sont des syndromes surajoutés
·
Rechutes
et de récidives
6.
DIAGNOSTIC PARACLINIQUE DES MALADIES
INFECTIEUSES
Les examens nos
spécifiques :
L’hémogramme :
X Numération des G.B. et des G.R.
X Formule leucocytaire : FL
X Vitesse de sédimentation = V.S.
-
Les
examens spécifiques :
·
Examens
pour la recherche directe du germe
Le prélèvement : celui-ci doit être fait dans
des conditions d’asepsie rigoureuse et de préférence avant toute
antibiothérapie
·
Quelques
examens
X Examen direct au microscope avec
différentes colorations (gram, Ziehl)
X La culture :
+
Hémoculture,
coproculture, urinoculture
+
Des
secrétions, du LCR, du liquide pleural, des secrétions génitales (F.U.), des
secrétions bronchiques (crachats, pus, …)
X La mise en évidence des anticorps :
examens sérologiques = sérodiagnostic : ex : Widal pour la fièvre
typhoïde, le VDRL pour la syphilis
X Les réactions cutanées :
+
intradermo-réaction
+
cutiréaction
7.
TRAITEMENT
-
Hygieno-dietetique :
·
Repos
au lit, dans une chambre aérée, modérément chauffée (18°C)
·
Régime :
une diète liquide que le malade peut digérer facilement et pour éviter la
déshydratation par la sueur : lait, jus de fruit, bouillon de
légumes. La réalimentation sera
progressive
·
Notion
de propreté : soins de la bouche et de la peau
-
La
chimiothérapie :
·
antibiothérapie
adaptée et suffisante (dose et durée)
·
symptomatique :
antipyrétiques, analgésiques, analoptiques, …
8.
PROPHYLAXIE GENERALE :
-
Isolement
du patient : à l’hôpital ou à domicile
-
Désinfection :
·
chaleur
sèche
·
chaleur
humide
·
produits
chimiques : désinfection en cours de maladies ou terminale
-
Lutte
contre les sources et les agents de transmission de la maladie :
·
hygiène
de l’eau (ébullition, filtration, méthode chimique), des aliments (bonne
cuisson, couvrir)
·
lutter
contre les animaux (ex. dératisation) et les insectes (insecticide), lutte
antilarvaire, …
-
Vaccination :
injection des germes tués ou atténués qui ne peuvent provoquer la maladie mais
suscitent la formation des anticorps.
9.
ROLE DE L’INFIRMIER(E) DANS CERTAINS
PRELEVEMENTS
-
Le
prélèvement s’effectuera de préférence au moment d’un frisson
-
Préparer
le malade :
·
placer
la protection
·
immobiliser
le bras
·
poser
le garrot
-
L’aide
allume la lampe à alcool
-
L’opérateur
et l’aide se passent les mains à la teinture d’iode, et l’opérateur aseptise
largement la peau à la teinture d’iode.
-
Il
prend le seringue dans le tube présenté par l’aide et
ponctionne franchement la veine. Le sang
doit monter seul dans le seringue. Prélever 10 à 15 ml
-
L’aide
enlève le garrot
-
L’opérateur
ôte l’aiguille de la veine.
·
Ensemencement aérobie et anaérobie
-
L’aide
présente le ballon de GORY-Joubert suffisament incliné pour que la bille de
verre se déplace et que les deux parties du ballon soient ensemencées
-
Redresser
le ballon, la ville sépare la partie inférieure qui constitue un milieu
anaérobie, de la partie supérieure qui constitue un milieu aérobie
·
Ensemencement aérobie
-
L’aide
présente incliné le ballon approprié à l’opérateur après l’avoir débouché et
avoir passé l’ouverture à la flamme
-
Le
bouchon est maintenu dans le champ stérile de la flamme, mais non flambé
-
L’opérateur
projette dans le ballon 10 ml de sang, l’aide flambe à nouveau l’ouverture du
ballon et le renferme en le maintenant toujours incliné pour éviter les
souillures externes.
·
Pour l’Ensemencement anaérobie
-
Même
technique pour l’aide
-
L’opérateur
projette 2 ml de sang dans la gélose demi-molle du tube de Reilly et tourne le
tube entre ses doigts pour que le sang se repartisse
de façon homogène
-
Lorsque
le tube est refermé, l’opérateur le refroidit sous l’eau
·
Remarque :
-
Ensemencer
le sang encore fluide, car le coagulum pourrait emprisonner les microbes et
empêcher leur développement, d’où l’obligation d’opérer au lit du malade, à
moins d’utiliser un tube
-
Si le
malade est traité aux sulfamides (risque de neutraliser le développement
éventuel de germes), ajouter au bouillon de culture de l’acide
para-amino-benzoïque
-
Pour
le malade traité à la penicilline ajouter de la pénicillinase
-
L’ampoule
pour milieux aérobies
-
Une
demie-ampoule pour le tube de REILLY
Après le prélèvement
-
Rédiger
la feuille de laboratoire
-
Etiqueter
-
Porter
au labo tubes et ballons enveloppés de coton cardé
-
Prévoir
un flacon à large goulot ou une boite stérile réservée à cet effet, ainsi
qu’une spatule stérile
-
Recueillir
les selles fraîchement émises
-
Envoyer
au laboratoire
PRECAUTIONS A PRENDRE
·
Recherche de sang dans les selles
-
Trois
jours avant l’examen, mettre le malade au régime blanc : pas de viande, de
boudin, d’œuf, de légumes verts (aliments riches en fer)
-
Prévenir
le malade de ne pas se brosser les dents pour éviter les gingivorragies, ne pas
prendre sa température rectale (hémorroïdes)
·
Recherche des parasites
-
Purger
le malade, la veille et le matin de l’examen pour favoriser l’apparition des
selles molles
-
Il
est souhaitable que l’examen se réalise au laboratoire (amibes)
·
Examen fonctionnel dit « examen de
Goiffon »
-
Pendant
les 3 ou 4 jours qui précédent l’examen le régime doit être varié : viande
(protide), carottes (cellulose), purée de pomme de terre (amidon) ; beurre
(lipides).
-
Supprimer
les laxatifs
-
Prélèvement aseptique des urines
·
CHEZ
LA FEMME
X Faire une toilette stérile du méat
urinaire avec des compresses stériles et de la solution de DAKIN.
X Faire uriner la malade dans un récipient
stérile sans utiliser le premier jet
X Etiqueter
X Porter les urines au laboratoire
N.B. : Si la patiente est en coma, on peut prélever les urines par
sondage urétral.
·
CHEZ
L’HOMME
Procéder de la même façon ; le sondage ne se pratique que très
exceptionnellement
-
Prélèvement non aseptique
X Faire uriner le malade dans un récipient
X Etiqueter
X Envoyer au laboratoire
Il est indispensable d’expliquer le déroulement du protocole au malade et
de rassurer ce dernier
-
La
ponction lombaire doit être précédée d’un examen du fond d’œil destiné à
déceler une stase papillaire traduisant une hypertension intracrânienne,
pouvant être la cause d’accidents graves à la décompression. La découverte d’une telle stase
contre-indique formellement la rachicentèse.
-
Le
malade est à jeun
-
Installation
du malade ; deux positions sont possibles :
·
Couché,
en chien de fusil (dos rond)
·
Position
assise : assis au bord du lit, la tête penchée sur un oreiller qu’il tient
sur ses genoux.
-
Après
avoir aseptisé la région à l’alcool iodé, le médecin pratique la ponction entre
la 4è et la 5è vertèbre lombaire, à l’aide de l’aiguille de la LABORDE
-
Dans
le cas d’une ponction, recueil du liquide céphalorachidien dans 3 tubes
stériles différents :
·
Un
pour examen chimique
·
Un
pour examen cytologique
·
Un
pour examen bactériologique
Porter au laboratoire ces 3 tubes
-
Dans
le cas d’une ponction thérapeutique :
Injection par le médecin
de substance médicamenteuse (antibiotique, corticoïde)
Surveillance du malade
·
Pendant
la ponction : Veillez à maintenir de la position
·
Prendre
le pouls, surveiller la respiration (risque de syncope)
·
Surveiller
la coloration du visage des muqueuses
-
Après
la ponction
Le malade doit rester à plat sur le dos, plusieurs heures (3 heures au
minimum) c.à.d. repos absolu ; repas léger le soir
-
Placer
le malade face à la lumière et le protéger à l’aide d’une serviette.
-
Faire
ouvrir la bouche au malade
-
Déprimer
la langue à l’aide d’un abaisse langue
-
Effectuer
le prélèvement avec un écouvillon stérile en commençant par le coté le plus
propre et terminer par le coté souillé.
-
Remettre
l’écouvillon dans le tube stérile.
-
Suivant
le germe recherche, le prélèvement s’effectue sans ou avec ensemencement ;
dans ce cas, cette opération se poursuit au laboratoire
-
Etiqueter
le tube en précisant « recherche du germe avec antibiogramme »
-
Après
utilisation, détruire l’abaisse langue
-
Pratiquer
le prélèvement loin de repas
N.B.
-
Ne
pas faire de gargarisme ou de badigeonnage avant le prélèvement.
-
Pratiquer
le prélèvement loin des repas.
-
Il se
réalise de la même façon
-
Remplacer
l’abaisse langue par un spéculum nasal
-
Utiliser
un écouvillon stérile différent pour chaque narine.
Porter au laboratoire les écouvillons
10.
ROLE DE L’INFIRMIER(E) DEVANT UN MALADE
ATTEINT DE MALADIE CONTAGIEUSE
-
Une
cuvette avec antiseptique à renouveler tous les jours pour le lavage et le
brossage des mains à l’entrée et à la sortie de la chambre
-
Masque
à usage unique
-
Deux
blouses : une pour le médecin et l’autre pour l’infirmière
-
Un
lit métallique pour faciliter le nettoyage et la désinfection
-
La
vaisselle doit être personnelle au malade
-
Les
crachoirs sont incinérés
-
Urines,
selles, vomissements doivent être laisses pendant 6 heures au contactes
avec :
·
soit
de l’eau de javel
·
soit
du formol
·
soit
cresylol à 4 %
-
Le
linge sera placé dans un sac qui sera fermé dans la chambre du malade et qui
portera l’indication « malade contagieux »
-
La
désinfection en cours est continue pendant toute la maladie.
Elle a lieu après le départ du malade.
-
Désinfection
en surface : désinfection au formol du local hermétiquement clos.
-
Désinfection
en profondeur
·
C’est
le traitement du linge, de la literie et de tous les objets susceptibles
d’avoir été contaminés ;
·
Cette
désinfection a lieu dans une étuve ; elle se fait soit à la vapeur, sous
pression ou au formol ;
N.B. Pour les soins, utiliser des gants et du matériel à usage unique.
II.
PATHOLOGIE
A.
LES MALADIES BACTERIENNES
1.
LES INFECTIONS A STAPHYLOCOQUES
a. LES STAPHYLOCOQUES :
Sont des germes
saprophytes habituels de la peau et des fosses nasales, qui deviennent
pathogènes dans certaines conditions notamment : les états de débilité
générale comme le diabète, la malnutrition, etc. Ils déterminent des suppurations
superficielles ou profondes. Les
infections staphylocoques sont surtout redoutables en milieu hospitalier. Le plus couramment rencontré est le
Staphylococcus aureus.
b. EPIDEMIOLOGIE
Les germes entrent par la
peau et les muqueuses et ils restent cantonnés lorsque l’organisme se défend
bien. Lorsque les mécanismes de défense
deviennent insuffisants, les germes entrent dans la circulation sanguine
(septicémie) et vont créer des abcès multiples à distance (= septicopyohémie). La transmission est directe et la porte
d’entrée est cutanéo-muqueuse.
c. MANIFESTATIONS CLINIQUES
-
Folliculite : c’est l’infection du follicule pileux;
elle évolue vers le furoncle = infection
du follicule pileux + glande sébacée + tissus sous-cutané avoisinant. Les furoncles sont fréquents à la face, aux aisselles,
à la partie supérieure du dos, …Lorsqu’il y a beaucoup de furoncle on parle de
furonculose.
* Furoncle malin de la face : c’est un furoncle particulier qui se
localise dans la région oculo-naso-labiale.
(N.B. Ne jamais presser ce furoncle)
La folliculite peut évoluer aussi vers un phlegmon.
-
Ostéomyélite : infection de l’os et la moelle osseuse,
fréquente chez les enfants SS et chez les diabétiques
·
Ostéomyélite
aiguë : elle se présente comme un abcès de la région sous périostée suivi
d’un abus sous-cutané ou d’une arthrite purulente
·
Ostéomyélite
chronique : Elle se présente comme un abcès osseux avec des séquestres.
Traitement = ablation des séquestres et curetage
de l’os.
-
Pneumonie staphylococcique :
·
Fièvre
avec frissons, toux, dyspnée, tachycardie, tachypnée, etc.
·
Crachats
purulents et hémoptysiques
·
Etat
général très altéré.
-
Septicémie staphylococcique : celle-ci est à point de départ
superficiel et elle finit par créer des foyers métastatiques secondaires
Les facteurs favorisant cette septicémie sont souvent le traumatisme comme
le pincement des furoncles, une incision avant la collection de pus, le sondage
urinaire, etc…
Cette septicémie peut se compliquer de :
·
Méningite
purulente
·
Endocardite
bactérienne aiguë
·
Abcès
pulmonaire
·
Pleurésie
purulente
·
Etc…
-
Atteinte du tube digestif :
·
INTOXICATION ALIMENTAIRE :
C’est la conséquence de
l’ingestion des aliments contaminés par la toxine staphylococcique, les
aliments ayant été infectés souvent par les cuisiniers porteurs d’infection
staphylococcique cutanée ; cela arrive aussi avec les aliments de
conservation et la charcuterie (viande)
Cette affection se manifeste par des vomissements et diarrhée survenant 1 à
6 heures après l’ingestion et frappe tous ceux qui ont partagé le repas.
Traitement : Il es symptomatique par la réhydratation ;
l’antibiothérapie est inutile.
·
Entérite staphylococcique : c’est une affection déterminée par le
staphylocoque lui-même ; elle se manifeste par la diarrhée surtout. Son traitement nécessite l’antibiothérapie.
d. TRAITEMENT DES INFECTIONS
STAPHYLOCOCCIQUES
-
Il
repose sur les antibiotiques anti-staphylococciques comme la staphylomycine, la
pyostacin, etc. (N.B. :
L’antibiotherapie n’est pas nécessaire pour les infections superficielles)
-
Drainage
chirurgical des collections purulentes
e. PROPHYLAXIE
-
Mesures
d’hygiène dirigées contre les infections cutanées et spécialement dans les
milieux hospitaliers, les salles d’opération et de réanimation, le service des
prématurés.
2.
LES INFECTIONS A STREPTOCOQUES
Les streptocoques sont des
germes fréquents dans la sphère ORL, notamment dans le naso-pharynx.
a. ANGINE :
C’est une inflammation des amygdales et de la gorge qui sont rouges (angine
érythémateuse), couverts d’un enduit blanchâtre (angine pultacée). Elle peut se répéter de nombreuses fois.
Elle se manifeste par :
·
Une
dysphagie sous forme de mal de gorge lors de la déglutition
·
Fièvre,
frissons, malaise général
·
Les
amygdales sont tuméfiées, rouges
-
Pour
la mise en évidence du germe, on fait l’écouvillon de la gorge.
-
Complications :
·
Locales :
otite, sinusite, adénite cervicale
·
Générales :
*
R.A.A.
*
Glomerulo-néphrite
aiguë
-
Diagnostic
différentiel :
Les angines non-streptococciques : virale, diphtérique, de Vincent
b. LYMPHANGITE :
C’est l’inflammation aiguë
d’un tronc lymphatique. Elle s’accompagne
souvent d’une adénite et de et lymphoedeme, pouvant mener à l’éléphantiasis
c. PNEUMONIE STREPTOCOCCIQUE : toux, crachats purulents, fièvre
intermittente
d. SEPTICEMIE : elle est rare
e. INFECTION PUERPERALE : Elle survient souvent après accouchement
ou après avortement. Généralement c’est
une endométrite avec douleur hypogastrique vive et secrétions purulentes par
voie vaginale. Cette infection entraîne
souvent une pelvi-peritonite.
f. TRAITEMENT : Le streptocoque est sensible à la
pénicilline G qui est donc le médicament de choix.
Pour les individus allergiques à la pénicilline on utilise souvent
l’érythromycine. La tétracycline serait
inefficace. Comme souvent l’angine est récidivante
on peut prévenir les complications en utilisant le pénicilline retard = extencilline
N.B. Il existe le « Streptocoque viridans » qui est un saprophyte
de la bouche et qui cause l’endocardite bactérienne.
3.
LES INFECTIONS A PNEUMOCOQUES
Le pneumocoque est aussi un germe vivant au niveau de la sphère ORL
(saprophyte des voies respiratoires supérieures). Il peut ainsi déterminer une rhinite, une
pharyngite, une sinusite, une otite. Il
entre par les voies respiratoires supérieures.
L’affection la plus importante est la pneumonie à pneumocoque, qu’on
appelle P.F.L.A. (cfr pathologie médicale-pneumologie). D’autres affections sont possibles
comme :
-
La
septicémie
-
La
méningite
-
L’endocardite
-
La
péricardite
-
L’arthrite.
TRAITEMENT
La pénicilline est le médicament de choix.
En cas d’allergie : Tétracycline 2-3gr/j ou Erythromycine 1.5-2g/j
4.
LES INFECTIONS A MENINGOCOQUES
Les méningocoques sont des
saprophytes habituels du naso-pharynx.
La transmission se fait par la voie pfluggienne et la porte d’entrée est
représentée par les voies respiratoires supérieures. L’infection meningococcique est soit
A.
LA MENINGOCOCCEMIE : septicémie à méningocoque dans laquelle
il y a souvent les signes de septicémie (fièvre, frissons, prostration,
arthralgies, myalgies, hypotension, etc) accompagnés de purpura. La forme fulminante est mortelle.
B.
MENINGITE CEREBRO-SPINALE : cette pathologie qui se manifeste souvent
sous forme épidémique
-
Clinique
= le syndrome méningé
·
Subjectif :
X
Céphalé
X Vomissement = triade méningée
X Constipation
X Fièvre
·
Objectif :
X raideur de nuque
X convulsions chez l’enfant
X attitude en chien en fusil
X signes de Kernig et de Brudzinski
-
Para
clinique :
on procède à la ponction lombaire pour recueillir et étudier le LCR :
·
Il
coule sous pression (liquide hypertendu)
·
Aspect :
purulent, trouble, …
·
Cytologie :
neutrophiles (G.B altèrés)
·
Biochimie :
glucorachie diminuée, proteinorachie augmentée
·
Culture
□ méningocoque
Diagnostic differential =
*
méningite
purulente due à d’autres germes comme le pneumocoque, etc.
*
méningite
à liquide clair :
+
Tuberculeuse
(culture sur Lowenstein)
+
Virale
La cytologie montre des lymphocytes
Traitement :
·
Ampicilline
= 12 g/j ou pénicilline G
·
Chloramphénicol
= 3 g/j
5.
LES INFECTIONS A GONOCOQUES
Causées par le gonocoque
(Neisseria gonorrheae), souvent transmis au cour de l’acte sexual (= maladie
vénérienne). Ce germe est devenu de plus
en plus résistant aux antibiotiques (surtout à cause de l’auto-méditation dans
notre milieu). A l’examen microscopique
il se présente comme un diplocoque intra-cellulaire gram négatif. Le réservoir du germe c’est homme malade ou
le porteur sain. Le réservoir majeur est
la femme car souvent chez elle la maladie est asymptomatique pendant longtemps.
a.
GONOCOCCIE CHEZ L’HOMME (GONORRHEE)
Il s’agit essentiellement d’une urétrite qui, se manifeste 3 à 5 jours
après le rapport infectant. Il y a un
écoulement urétral muco-purulent avec mictalgie. Non traitée, elle se complique souvent de
prostatite ou aussi d’orchi-epidydimite.
Cette dernière se elle devient chronique peut mener à la stérilité. L’urétrite gonococcique mène souvent au
étrécissement urétral avec rétention urinaire.
Diagnostic : frottis urétral.
b.
GONOCOCCIE CHEZ LA FEMME :
-
Différents
tableaux sont possibles.
·
Infection
asymptomatique ; le diagnostic repose sur la contamination de l’homme.
·
Urétrite
aiguë avec mictalgie, dysurie
·
Vulvo-vaginite :
prurit, secrétions vaginales muco-purulentes.
Elle peut se compiquer de Bartolinite, de skenite.
·
La
maladie peut créer la cervicite, la salpingite avec des abcès et peut entraîner
une péritonite. Lors d’une salpingite
chronique les trompes peuvent finir par se boucher et on aboutit alors à la
stérilité.
-
Diagnostic
= frottis vaginal
c.
GONOCOCCIE CHEZ LA PETITE FILLE :
On observe souvent une
vulvo-vaginite occasionnée souvent par les objets de toilette ou les sous
vêtements infectés.
d.
CONJONCTIVITE GONOCOCCIQUE DU NOUVEAU-NE
Il s’agit d’une conjonctivite aiguë purulente secondaire à la contamination
lors de l’accouchement, au cours du passage à travers les voies génitales
maternelles infectées. Négligées, elle
peut conduire à la cécité.
La prévention exige la technique de credé
e.
ARTHRITE
C’est un gonflement douloureux qui intéresse souvent l’articulation du
genou avec un épanchement
f.
GONOCOCCEMIE = septicémie gonococcique : elle est rare.
g.
ENDOCARDITE GONOCOCCIQUE
Traitement des infections
gonococciques :
Le gonocoque est sensible à la pénicilline qui est donc la drogue de
choix ; malheureusement il y a de plus en plus des souches résistantes.
6.
LES SALMONELLOSES
Ce sont des maladies
causées par les salmonelles, celles-ci étant des baciles caractérisés par des
propriétés bactériologiques voisines mais qui sont différentes les unes des
autres par leur constitution antigénique.
Il en existe de très nombreux sérotypes.
6.1 LA FIEVRE TYPOÏDE
a) DEFINITON : C’est une
toxi-infection humaine causée par les Salmonella typhi ou bacille d’Eberth et
paratyphi (A.B.C), bacilles gram négatif.
Ces germes sont constitués de 3 sortes
d’antigènes :
*
L’antigène H = flagellaire
*
L’antigène O = somatique
*
L’antigène Vi = virulence
Ces germes gram négatif contiennent aussi une
endo toxine
b) EPIDEMIOLOGIE
Le
réservoir de bacilles c’est l’homme malade ou convalescent et le porteur ;
ce dernier peut héberger les germes pendant des mois ou des années dans ses
voies biliaires. L’individu élimine les
germes avec les matières fécales et la contamination se fait par voie
digestive. La transmission est assurée
par l’eau et les aliments souillés ; le rôle de « mains salles »
et des mouches est très important.
c) PATHOGENIE
En bref : les germes se
multiplient dans le tissu lymphoïde du grêle et dans les ganglions
mésentériques, d’où adénolymphite mésentérique.
De là ils passent dans la circulation d’où bactériémie, septicémie. Les germes sont éliminés dans les voies
biliaires.
En détail : Les germes
contenus dans les aliments ou dans l’eau contaminée sont avalés et s’ils
résistent à l’action de l’acide chlorhydrique de la sécrétion gastrique, ils
arrivent dans l’intestin grêle où ils se multiplient et envahissent la barrière
muqueuse.
+
Si les bacilles typhiques ne peuvent pas résister à
la concurrence bactérienne, l’infection typhique ne se produit pas
+
Si la multiplication des bacilles est suffisante
pour vaincre l’activité phagocytaire des cellules de la muqueuse intestinale,
les agents pathogènes peuvent pénétrer par cette muqueuse.
Durant cette période, le patient est
asymptomatique mais les bacilles typhiques sont éliminés dans les selles.
x
Après la pénétration des germes par la muqueuse
intestinale, ces germes qui ont dépassé la barrière intestinale s’arrêtent et
se multiplient dans les ganglions mésentériques qui présentent une augmentation
de volume et des signes d’inflammation aiguë.
Les plus importantes lésions se trouvent au niveau des formations
lymphoïdes de l’intestin = plaques de PEYER qui deviennent nécrotiques. Ces lésions peuvent être responsables de
complications graves parfois mortelles (perforation intestinale, hémorragie
digestive).
x
A partir de ces ganglions, l’infection se répand par
voie lymphatique et ensuite par voie sanguine, d’où septicémie. L’hémoculture devient alors positive.
d) PHYSIOPATHOLOGIE :
x
La plupart des phénomènes pathologiques de la fièvre
typhoïde sont dus à l’action de l’endotoxine libérée par les germes tués (lysés
dans les ganglions), d’où les signes de la maladie.
x
Le problème physiopathologique le plus important et
le plus grave est le choc septique endotoxinique qui peut apparaître au cours
de la maladie. Parfois, les signes de
choc endotoxinique apparaissent peu de temps après le début du traitement. Dans ce cas, il est précipité par l’utilisation
des fortes doses de chloramphénicol dès le début du traitement. Ces doses déterminent la mort rapide d’un
grand nombre de germes avec libération d’une importante quantité d’endotoxine.
e) SIGNES CLINIQUES
-
1ère semaine = 1èr septénaire :
c’est la période d’invasion ; on observe :
·
Céphalé intense
·
Asthénie intense
·
Vertige
·
Insomnie
·
Constipation
·
Épistaxis
·
La fièvre augmente progressivement pour atteindre 40°C vers la fin de la semaine tandis
que le pouls s’accélère de façon moindre (dissociation pouls-t°)
-
2è septénaire = période d’état
·
La température se maintient en plateau avec dissociation
pouls-température nette.
·
Etat de tuphos : le malade est complètement
adynamique, indifférent à tout ce qui l’entoure.
·
Diarrhée sans coliques abdominales ni ténesmes
·
Sur la peau du malade on peut voir des taches
rosées, la rate est augmentée de volume, l’abdomen est plus ou moins ballonné
et la fosse iliaque droite est gargouillante
-
3ème septénaire : phase de
défervescence ou de déclin ou de résolution
La fièvre va chuter progressivement et les autres
signes régressent progressivement ; donc l’état général du malade
s’améliore.
Cependant c’est au cours de cette phase que
peuvent survenir les complications.
-
4ème septnéaire = période de
convalescence
Elle est souvent longue, marquée par une asthénie
f) COMPLICATIONS :
Elles sont nombreuses, pouvant intéresser tous
les appareils
-
Complications
digestives
·
Les hémorrhagies intestinales pouvant créer donc une
dysenterie ; elles sont marquées par une chute de la t°, une accélération du pouls et une
chute de la T.A.
·
Perforation
intestinale : elle s’accompagne souvent de douleurs abdominales,
vomissements et à la longue les signes de péritonite. Cette perforation s’opère souvent très
silencieusement. Son prognostic est très
grave.
·
Complications
hépato-biliaires : abcès hépatiques, cholécystite aiguë. En effet le foie et les voies biliaires
représentent la voie normale d’élimination des bacilles typhiques.
-
Les
Complications extra-digestives
·
cardio-vesiculaires :
X
Myocardite : dyspnée, palpitations, douleurs
précordiales, assourdissement des bruits cardiaques, accélération du rythme
cardiaque.
X
Collapsus vasculaire c'est-à-dire choc
endotoxinique. L’endotoxine est le
facteur déclenchant les signes cliniques de la F.T. Le choc endotoxinique apparaît au cours de la
maladie ou peu après le début du traitement à fortes doses, suite à la lyse
bactérienne avec libération d’une grande quantité d’endotoxine. Cliniquement, la t° chute brutalement de 40 à 35°, le pouls
s’accélère très fort, la TA s’effondre avec un minimum imprenable, le visage
pâlit et les extrémités deviennent froides
X
Phlébite
X
Artérite
·
Nerveuses
X
Meningo-encéphalite (troubles de conscience, signes
de méningite)
·
Autres complications :
+
Ostéite ou ostéomyélite
+
Spondylite = atteinte des vertébres
+
Etc.
g) FORMES CLINIQUES DE LA FIEVRE TYPHOIDE
-
Forme bénigne ou légère ou fruste ou atténuée :
les signes sont discrets, il n’y a pas de tuphos
-
Forme grave : il y a une diarrhée cholériforme,
des troubles nerveux (coma,…), une adynamie sévère et des hémorragies. Elle est souvent mortelle.
-
Forme à rechutes : celles-ci se manifestent
comme une forme atténuée de la maladie.
C’est de cette façon là aussi qui se manifeste les formes avec
traitement incomplet ou forme décapitée.
h) DIAGNOSTIC PARA CLINIQUE :
Les examens capitaux sont :
-
La coproculture
-
L’hémoculture (on ensemence 10 cc de sang sur milieu
SS, prélevés de préférence lors de la période febrile).
-
Le sérodiagnostic de Widal : on recherche les
anticorps (TO, TH AO, AH, BO, BH, …).
Son interprétation est délicate.
Ex : les TH persistent des années, même après guérison ; ils
sont aussi positifs chez les vaccinés.
i)
TRAITEMENT
-
Traitement hygièno-dietetique :
·
Repos au lit
·
Mesures d’hygiène orale et corporelle rigoureuse
pour tout malade contagieux
·
Régime : il doit comporter les aliments
facilement digérables, plus ou moins liquides ou semi-liquides
-
Traitement médical :
·
L’antibiotique de choix est le
chloramphénicol ; on conseille dans les formes graves de commencer par des
petites doses qu’on va augmenter progressivement jusqu’à atteindre la dose de
2gr/jour (pour éviter le phénomène de REILLY).
La durée du traitement doit être d’au moins 14 jours après la chute de
la fièvre. Vu l’apparition des souches
résistantes, on recourt actuellement souvent à :
·
L’Ampicilline : 6 g/jour en quatre prises
·
Bactrim : 2 x 2 co./jour
pendant 14 jours
·
Ciprofloxacin, pefloxacin, etc…
·
Traitement symptomatique : analgésiques, …
·
Eviter les laxatifs et lavements car ils peuvent
précipiter la perforation d’une ulcération intestinale profonde.
·
Eviter les médicaments per os en cas d’hémorragie
intestinale et donner seulement des aliments liquides en petites quantités.
-
Traitement chirurgical en cas de perforation
intestinale
j) PROPHYLAXIE
-
Isolement du malade et désinfection de mains du
personnel soignant, des excréta du malade (urines + selles), des locaux à la
sortie du malade.
-
Communautaire : l’hygiène de l’eau et des
aliments, et aussi la vaccination
k) RECOMMANDATIONS
-
La
surveillance infirmière devra être très stricte en ce qui concerne la t° et le pouls qui devront être
enregistrés toutes les 3 heures.
-
On
devra surveiller les selles du malade : quantité et aspect
-
Une
grande vigilance est donc nécessaire en vue de détecter à temps les
complications qui peuvent être souvent mortelles.
6.2 LES AUTRES SALMONELLOSES OU SALMONELLOSES NON TYPHIQUES
Celles-ci sont causées par de nombreux autres types de salmonella pouvant
contaminer l’homme.
a) Elles se manifestent comme :
-
Une
intoxication alimentaire ou toxi-infection alimentaire
-
Une
gastro-entérite aiguë due à l’invasion de la muqueuse
b) La contamination se fait souvent par les
aliments (viande, lait, saucissons, œufs) ; les germes sont donc éliminés
avec les selles et entrent par voie digestive.
La maladie frappe tous ceux qui ont partagé le repas et se manifeste par
des vomissements et la diarrhée, avec fièvre.
c) L’évolution est souvent favorable, la
maladie guérissant complètement en quelques jours. Cependant l’évolution peut être mauvaise chez
les nourrissons, les vieillards ou les patients débilités
d) Traitement
-
Réhydratation
-
Antibiothérapie :
chloramphénicol ou ampicilline
7.
LA SHIGELLOSE OU DYSENTERIE BACILLAIRE
a. DEFINITION + ETIOLOGIE : c’est une
infection aiguë humaine, limitée au tube digestif, produite par les germes du
genre Shigella.
b. EPIDEMIOLOGIE :
La source de l’infection c’est l’homme malade ou le porteur sain qui
éliminent les germes avec les matières fécales, pouvant contaminer directement
ou indirectement l’eau et les produits alimentaires. La porte d’entrée est digestive (féco –
orale). La maladie est endémique dans
certaines régions à hygiène défectueuse.
c. CLINIQUE : après ingestion d’un grand
nombre de germes, ils se multiplient dans le gros intestin, d’où colite avec
diarrhée sanglante accompagnée des douleurs abdominales sous forme de coliques
et de ténesme, le nombre des selles pouvant dépasser 20/j. Cela peut entraîner une déshydratation. Ces selles contiennent du sang et du
mucus. Ce syndrome dysentérique est
souvent accompagné de fièvre.
d. DIAGNOSTIC DIFFERENTIEL : on devra
différencier cette maladie de toutes les autres qui s’accompagnent de dysentene
comme :
-
L’amibiase
intestinale aiguë (dysenterie amibienne)
-
Les
salmonelloses (gastro-entérite aiguë)
-
La
rectocolite ulcère hémorragique
-
La
schistosomiase
-
Etc.
Exemple :
|
|
Fièvre |
Nombre des selles/j |
Examen para clinique |
Déshydratation |
|
Amibiase |
- |
< 20 |
Selles fraîches (ex. direct) |
- |
|
Shigellose |
+ |
> 20 |
Coproculture |
+ |
e. EVOLUTION : La maladie est bénigne
sauf dans les cas aiguës qui surviennent surtout chez
les petits enfants, les vieillards et les malnourris.
La mort est alors due aux troubles hydro-electrolytiques graves
f. COMPLICATIONS : elles sont
rares :
-
Perforation
du colon car en effet les germes une fois pénétrés dans le tube digestif se
multiplient surtout dans le gros intestin où ils déterminent une inflammation
aiguë (colite).
-
Hémorragies
digestives
-
Arthrite
aiguë non suppurée
g. TRAITEMENT
-
Remplacer
les pertes hydro-electrolytiques
-
Antibiothérapie :
Ampicilline 2 gr/j, chloramphénicol 2 gr/j.
Pour prévenir les récidives, il faut continuer le traitement au moins 4
jours après la négativation de la coproculture.
h. PROPHYLAXIE :
-
Hygiène
de l’eau et des aliments
-
Dépister
et traiter les porteurs
Les porteurs qui travaillent dans le secteur alimentaire doivent être
écartés de leur travail jusqu’à la stérilisation de leur intestin.
8.
LE TETANOS
Le tétanos est une
toxi-infection sévère d’une haute gravité, caractérisée par des contractures
musculaires généralisées. L’agent causal
de la maladie = le Clostridium tétani ou bacille de Nicolaier. Ce germe qui est anaérobie est tellurique
c'est-à-dire qu’il vit dans le sol sous forme de résistance (= spore) pendant
longtemps (des années). On le trouve
dans l’intestin des animaux où il vit comme saprophyte et il est donc éliminé
avec les selles de ces animaux.
La transmission est directe et elle nécessite une porte d’entrée.
·
Plaies
cutanées, même toutes petites comme les piqûres d’aiguilles, d’épines, qui
souvent même sont déjà cicatrisées lors de l’explosion de la maladie. Citons aussi les injections, et les
interventions chirurgicales, les traumatismes, etc.
·
La
plaie ombilicale, chez le nouveau né
·
La
cavité utérine après les avortements surtout criminels.
Le germe une fois pénétré dans l’organisme, reste localisé dans la plaie et
secrète une toxine neurotrope qui va diffuser dans tout l’organisme et
provoquer les manifestations de la maladie.
-
La
période d’incubation est très variable : 4 à 30 jours ; plus
l’incubation est courte plus la maladie est grave.
-
La
période d’invasion : trismus qui s’oppose à toute ouverture de la
bouche ; l’alimentation et l’élocution sont difficiles à cause de cette
contracture des muscles masticateurs ; elle est douloureuse. La présence de ce signe doit toujours faire
penser au tétanos à l’absence de toute lésion locale et faire rechercher la
porte d’entrée.
-
A la
période d’état, il y a présence des contractures généralisées. Les contractures sont permanentes,
douloureuses et intéressent :
·
La
face : d’où le rire sardonique
·
La
nuque est raide
·
Le
ventre est rétracté en bateau
·
Les
membres sont bloqués en extension
·
Les
muscles du dos : attitude d’opisthotonos
Ces contractures s’exagèrent par paroxysme déclenchées
par une moindre excitation sensorielle comme la lumière, le bruit, etc. Ces contractures sont d’autant plus
douloureuses que la malade est lucide
·
Les contractures
peuvent intéresser les viscères, ce qui peut entraîner la constipation (parésie
intestinale), les apnées, la dysphagie, la dysurie (parésie vésicale) et même
le spasme du larynx qui peut asphyxier le malade et être mortel si on ne
procède pas urgemment à une trachéotomie.
-
Elle
est souvent mortelle surtout si le traitement a été tardif et dans les formes
graves.
-
Evolution
favorable (rare)
Au cours de cette évolution on peut observer des complications :
·
Complications respiratoires
X Spasme laryngé entraînant (L’apnée peut
aussi être due au blocage thoracique)
X Encombrement bronchique
X Broncho-pneumonies de déglutition
X Fractures osseuses, surtout vertébrales,
ruptures musculaires, …
·
Autres complications
X Convulsions
X Infections urinaires par stase (parésie
vésicale) ou sondage vésical
Il n’y a pas d’examen nécessaire pour le diagnostic
-
Selon
la gravité :
·
La
forme grave : elle se caractérise par une incubation courte, des
contractures très rapprochées et de longue durée, la fièvre, tachycardie,
irrégularité des mouvements respiratoires.
Cette forme est de mauvais prognostic.
·
La
forme atténuée : elle est souvent de bon prognostic. Elle se manifeste seulement par un état de
rigidité musculaire sans convulsions.
-
Selon
le terrain :
·
Tétanos
néo-natal : Il est aussi grave.
·
Tétanos
splanchnique : les contractures sont viscérales (exemple : dysphagie
extrême, …)
·
Tétanos
de guerre : le retard du traitement, l’épuisement du sujet en
assombrissent la pronostic.
-
Traitement
préventif
· prophylaxie =
*
D’abord
la vaccination (DiTePer)
*
La
sérothérapie : le VAT est obligatoire devant toute plaie suspecte. Elle est efficace si elle est pratiquée
précocement ; elle doit être associée à la vaccination ou à une injection
de rappel si le sujet a déjà été vacciné.
Cette sérothérapie peut
s’accompagner d’accident grave et même mortel : le choc
anaphylactique. Pour éviter cette
accident, on pratique la méthode de BESREDKA : elle consiste à injecter
progressivement des petites doses en sous cutané : on injecte d’abord ¼ de
la dose puis 15 minutes après la moitié de la dose, 15 minutes après encore 1
cc et enfin 15 minutes après le reste de la dose soit 3000 unités ;
pendant cette période on surveille les signes d’alerte.
N.B. : la posologie et
les délais sont variables selon diverses méthodes. Ex : 0,1 ml puis ¼ ou ½ ml une heure
plus tard puis toute la dose après 3 à 4 heures.
*
Traitement
d’urgence de toute plaie traumatique suspecte : nettoyage chirurgical de
la plaie (parage)
N.B. : Conduite à tenir devant
une blessure :
*
Si le
sujet a été correctement vacciné et qu’il a eu un rappel datant de moins de 1
an, on ne fait rien.
*
Si le
sujet a eu le rappel depuis plus d’1 an et moins de 5 ans, on fait le rappel.
*
Si le
sujet n’a jamais été vacciné ou si la vaccination date de plus de 5 ans, on
pratique la sérovaccination.
-
Traitement curatif
· Les mesures générales
hygièno-dietetiques : elles sont très importantes
* Hospitalisation dans une chambre sombre et
à l’abri de tout bruit.
* Il faut aspirer continuellement les
secrétions car elles peuvent entraîner un encombrement bronchique surtout que
le malade a des difficultés de déglutition
* Le malade sera alimenté soit par voie
intraveineuse soit par sonde naso-gastrique
* Prévenir les escarres
· Thérapeutique :
* Désinfecter soigneusement la plaie et au
besoin un parage chirurgical peut être utile.
* Administrer les antibiotiques dans le but
de tuer les germes là où ils sont cantonnés : La péniclilin est efficace
* Contre la toxine on utilise le SAT à forte
dose.
· Traitement symptomatique contre les
contractures : on utilise les myorelaxants et les sédatifs :
Diazépam, phénobarbital, largactil de façon alternée
· Mesures particulières =
trachéotomie : elle est indispensable en cas de spasme laryngé ; elle
permet ainsi une assistance respiratoire, telle que l’oxygénothérapie
9.
LE CHOLERA
C’est une toxi-infection
humaine endemo-epidemique déterminée par la présence dans l’intestin de Vibrio
cholerae ou vibrion du choléra. La maladie
est favorisée par le manque des mesures d’hygiène dans de grandes
agglomérations de population.
La maladie commence brutalement et se manifeste par une diarrhée aqueuse
sans douleurs abdominales, les selles étant très liquides, à aspect « eau
de riz », très fréquentes (plus de 20 à 50/j), entraînant une perte
importante de liquide (le malade peut perdre 10-30l/jour) ; il y a aussi
des vomissements abondants sans effort et sans nausées et les vomissures ont
aussi l’aspct « eau de riz », vomissements et diarrhée mènent à une
déshydratation importante avec des campes musculaires douloureuses. Les troubles hydro-electrolytique sont
sévères et le malade est souvent en acidosé et hypopotassémie. Il y a aussi oligurie ou anurie (choc
hypovolémique + insuffisance rénale aiguë).
En définitive le malade tombe dans un état d’algidité :
-
extrémités
froides
-
hypotension
sévère
-
hypothermie
-
pouls
rapide et filiforme
-
abdomen
excavé avec pli cutané persistant
-
Les
malades correctement traités guérissent en quelques jours
Il est essentiellement clinique et sera appuyée par la culture de selles
dans un milieu spécial, riche en sels biliaires (T.C.B.S.). Cet examen de laboratoire est surtout
important dans les formes atténuées où la diarrhée est légère.
-
Insister
sur les mesures d’hygiène collective concernant l’eau potable et les aliments
-
La
vaccination a une importance relative car elle ne protège qu’une petite fraction
de la population
Il comporte :
-
Le
remplacement de pertes hydro-électrolytiques et du bicarbonate. Il doit être urgent et rapide au début. Attention à l’hyperhydratation thérapeutique.
-
La
chimiothérapie : elle est efficace si le traitement a été commencé assez
tôt.
·
Tétracycline
2 g/jour, continuer au moins 3 jours après l’arrêt de la diarrhée.
·
D’autres
médicaments seront indiqués par l’antibiogramme (furadantine, Negram, …)
10.
LES TREMPONEMATOSES
10.1
LA SYPHILIS
C’est une maladie sexuellement transmissible,
causée par le Treponema pallidum ou bacille de Schaudin. La transmission de ce germe est directe par
contact sexuel, la porte d’entrée = les organes génitaux externes surtout,
rarement extragénitale.
On distingue deux formes :
-
La syphilis acquise : qu’on observe chez l’adulte ; elle
évolue en 3 stades :
· Stade primaire : il survient
généralement 3 semaines après le contact infectant. Il est caractérisé par un chancre, une
ulcération indurée et indolore, unique, localisée au point d’inoculation
c'est-à-dire les organes génitaux externes (le penis, la vulve et rarement à
d’autres endroits par exemple la bouche, …).
Le chancre est accompagné d’une adénopathie satellite régionale, souvent
inguinale et indolore
· Stade secondaire : le chancre évolue
généralement vers la cicatrisation et vers le 45ème à 60ème
jour après inoculation survient le stade secondaire qui est caractérisé
par :
X Signes cutanées : les éruptions de la
peau
+
La
roséole syphilitique
+
Papules
= Syphilides
+
Collier
de Vénus
X Signes muqueux :
+
Erosions
non douloureuses surtout au niveau des muqueuses buccales et génitales.
X Signes généraux : fièvre, malaise
général, céphalée, …
· Stade tertiaire : celui-ci survient
même 10 à 20 ans après le contact infectant
X Atteinte viscérale : ce sont des
gommes (une tuméfaction qui se ramollit progressivement et finit par se
fistuliser). Ce gommes peuvent se
localiser n’importe où (dans la foie, les reins, les os, l’estomac, …)
X Aortite syphilitique
N.B. : +
Au niveau de l’estomac il y a souvent une ulcération.
+
Au niveau du foie, la maladie ressemble à la cirrhose.
X Atteinte du Système nerveux ou syphilis
nerve use :
+
Tabès
dorsal : c’est la myélite au niveau de la corne postérieure de la moelle
qui est caractérisé par des troubles de la sensibilité et des douleurs
fulgurantes.
+
Atteinte
du cerveau = paralysie générale (cfr psychiatrie)
-
La syphilis congénitale
C’est celle qui atteint le fœtus in utero par passage de germes
transplacentaire et ce passage n’a lieu qu’à partir du 5 mois de
grossesse. On distingue deux
types :
·
La
syphilis congénitale précoe = celle du nouveau né.
Elle se manifeste par des bulles au niveau des
paumes de main et des plantes de pied, une rhinite avec de secrétions
purulentes ou sanglantes, une hépatite (gros foie + ictère), une ostéite, …
·
La
syphilis congénitale tardive : qui se développe chez le grand
enfant ; elle se manifeste par :
X une déformation des dents
X une atteinte des os (osteo-arthrite)
X une atteinte de l’œil (kératite)
X une perforation du voile du palais
X etc.
-
un
avortement spontané
-
un
accouchement d’un mort né
-
un
accouchement d’un enfant prématuré ou à terme mais présentant des signes de la
syphilis congénitale.
-
Au
stade primaire : on peut prélever les secrétions au niveau du chancre et
on les examine directement à l’une microscope à fond noir à la recherche des
spirochètes.
-
Au
stade secondaire et tertiare : on fait les examens sérologiques :
X B.W. = réaction de Bordet-Wasserman.
X VDRL = Veneral Disease Research Laboratory
X TPHA = Trepanema Pallidum Hémagglutination
X Test de Nelson, etc…
En cas de syphilis nerveuse les tests sérologiques peuvent être fait sur le
liquide cephalo-rachidien.
-
Chez
l’adulte : pénicilline, 1000000UI/jour pendant 21 jours. Cependant dans le cas avancés on doit
atteindre progressivement cette dose pour éviter la réaction d’HERXHEIMER qui
est due à une lyse massive de tréponèmes.
Cette réaction est faite de fièvre, malaise, céphalée, myalgies, etc…
Après le traitement que l’on arrête si les tests sérologiques sont devenus
négatifs, on doit continuer à surveiller la sérologie du malade pendant très
longtemps (des années) car généralement les rechutes sont fréquentes.
Le malade ne sera considéré comme complètement guéri que si après 5 ans de
surveillance, il n’a aucun signe clinique et que les tests sérologiques sont
négatifs.
10.2
LE PIAN :
a. Définition : c’est le spirochètose
tropicale causée par Treponema perlenne caractérisée par des lésions
destructrices cutanées et osseuses.
N.B. : Les T. pallidium et perlenne se ressemblent et déterminent les
mêmes réactions sérologiques.
b. Epidémiologie : La source d’infection
est humaine, la transmission se fait par contacte (très rarement par contact
sexuel) et la porte d’entrée est cutoanée-muqueuse.
c. Clinique :
-
L’incubation
dure 3 à 4 semaines
-
Le
début : lésions à la porte d’entrée : granulome, ulcération,
cicatrice.
-
Phase
d’éruption généralisé = papules apparaissent 6 à 12 semaines après les lésions
locales. Elles peuvent s’ulcerer.
-
Phase
des lésions destructives : elle apparaît plusieurs années après le début
de la maladie :
·
Lésions cutanées : nodules se caserifiant (=
femmes)
x
Comme superficielles à ulcérations à cicatrices inesthetiques
x
Comme profondes: ramollissement, fistulisation,
cicatrices rétractiles.
·
Lésions osseuses : ostruperiostite chronique
diffuse avec des femmes qui se nécrosent.
d. DIAGNOSTIC
Recherche des germes dans les lésions cutanées-muqueuses ou par ponction
ganglionnaire.
Serologie = idem que pour la syphilis ils sont positifs
e. Complication
-
Aortite
-
Atteinte
du SNC
f. Traitement :
-
Pénicilline :
procaïne une seule dose de 1,2 Mega dans les cas récents
G ; 1 Mega /j pendant 10 jrs pour les cas
tardifs
-
Tétracyclines
en cas d’allergie à la Pénicilline (Mais ils sont moins efficaces) :
·
Plan
récent : 1 à 2 g/j pendant 5 jours
·
Plan
tardif : 2 à 3 g/j pendant t 10 jrs
N.B. : Grâce aux mesures d’éradication prises par l’OMS (traitement de
masse à la Pénicilline), l’incidence de la maladie a diminué fortement.
11.
LA LEPRE :
a. Definition : c’est une maladie
infectieuse chronique, peu mortelle, modérément contagieuse, due à
Mycobacterium leprae = Bacille de Hansen.
C’est un bacille aloolo-acido-résistant très proche du bacille tuberculeux.
b. Epidémiologie :
La contagion se fait d’homme à homme par le mucus nasal, les lépromes
ulcirées, la salive, les crachats, les urines, le lait maternel, les secretions
vaginales. La porte d’entrée est donc
cutanée (peau avec solution de continuité) la muqueuse nasale, le tube
digestif, les voies génitales
c. Clinique :
*
L’incubation
est variable : de quelques semaines à plusieurs années
*
On
distingue :
-
La
lèpre tuberculoïde : c’est la forme bénigne, peu contagieuse,
pancibacillaire, caractérisée par :
·
des
lésions cutanées : macules hypopigmentées et insensibles,
·
des
lésions nerveuses graves : hyperthrophie des nerfs, troubles de la
sensibilité thermolgésique, atrophie musculaire aux mains (main de singe), mal
perforant plantaire, paralysies.
La recherche des BH dans le mucus nasal ou le suc
dermique (coloration du Zichle) est souvent négative.
-
La
lèpre lépromateuse : c’est la forme grave, plus contagieuse,
multibacillaire, caractérisée par :
·
des
lésions cutanées graves : nodules infiltrés = lépromes, surtout à la face
(facies leonin)
·
des
lésions muqueuses : rhinite (coryza bacillaire), etc…
·
une
atteinte nerveuse discrète.
La recherche des BH est très positive.
-
La
lèpre intermédiaire du dimorphe ou bordeline : elle peut avoir les signes
des deux précédentes
d. Complications :
-
Déformations
suite aux cicatrices mutilantes
-
Paralysies
par destruction des nerfs périphériques
-
Cécite
secondaire aux lésions oculaires
-
Surinfections
chroniques (surtout tuberculose)
e. Traitement :
-
Il
est long : 6 mois pour la forme bénigne
24 mois pour
la forme grave
Dapsone,
Rifampicine, clofazimine
N.B. : Lors du traitement, peuvent apparaître des poussées
réactionelles ou réaction lépreuse : fièvre avec exacerbation des lésions
existantes et apparition de nouvelles.
Il faut alors administrer des antipyretiques analgésiques et la
cortisone dans les cas sevères
f. Prophilaxie :
-
Vaccination
au BCG
-
Hygiène
générale et éducation sanitaire car la maladie est favorisée par la
malnutrition et la malproprété
g. Lutte antilépreuse :
-
Lèproseries
-
Dispensaires
antilepreux en ville
-
Villages
lépreux en campagne
-
Equipes
mobiles pour le dépistage et le traitement à domicile
B.
LES MALADIES VIRALES
GENERALITES ET REMARQUES
-
Le
diagnostic de laboratoire des maladies virales est difficile et très coûteux
parce qu’il nécessite un appareillage spécial.
La mise en évidence des germes pathogènes étant difficile, on recourt
souvent aux tests sérologiques. Ainsi
donc les données épidémiologiques et cliniques sont importantes pour le
diagnostic.
-
Une
des complications générales des maladies virales est l’encéphalite et celle-ci
est souvent grave et mortelle.
-
Sur
le plan thérapeutique, les antibiotiques n’ont pas d’effets sur les virus.
Le traitement sera donc symptomatique.
Les antiotiques ont pour rôle de prévenir la surinfection bactérienne.
1. LA GRIPPE
(« Syndrome grippal »)
a) C’est une maladie infectieuse très
contagieuse qui a un potentiel épidémique élevé. C’est une infection respiratoire aiguë
déterminée par le myxovirus (A-B-C). La
maladie est généralement bénigne mais elle peut devenir grave chez le sujet âgé
ou débilité. La transmission se fait
directement d’un sujet à un autre par voie aérienne à partir d’un foyer
rhino-pharingé. La grippe détermine une
immunité temporaire de 3 à 5 ans, ce qui explique l’évolution cyclique des
épidémies avec des recrudescences à ce rythme.
b) La maladie se transmettant par voie
pflugienne, la porte d’entrée = la muqueuse nasale. Après une incubation de 2 à 3 jours,
-
La
maladie commence brutalement par
·
Un
malaise général, courbatures, asthénie
·
Céphalées
intenses
·
Myalgies
·
Des
douleurs oculaires ou retro-orbitaires
·
Des
douleurs articulaires
-
La
fièvre augmente rapidement, accompagnée des frissons ; elle baisse
généralement vers le 3ème ou 4ème jour pour remonter
ensuite, formant le V grippal. Le pouls
est dissocié.
-
Le
cararrhe oculo-naso-pharyngé :
·
Au
niveau de l’œil = conjonctivite avec larmoiement
·
Au
niveau nasal = écoulement nasal séreux ou sero-muqueuse, avec éternuements
·
Au
niveau pharyngien = la gorge est rouge avec douleur à la déglutition
·
Au
niveau trachéal = toux sèche et pénible et une voix rauque
-
Le
catarrhe bronchique : râles ronflants
N.B. : L’examen physique ou objectif est pauvre alors que les signes
fonctionnels sont très importants.
c) FORMES CLINIQUES
-
Forme
atténuée : peu de fièvre, rhume, une petite toux banale.
-
Forme
maligne : symptômes broncho-pulmonaires et nerveux, altération profonde de
l’état général ; cette forme est souvent mortelle.
-
Forme
du nourrisson : la maladie est souvent grave avec possibilité de laryngite,
pneumonie aiguë avec une dyspnée. On
peut avoir diarrhée et vomissement avec déshydratation aiguë et on peut aussi
avoir les signes encéphalitiques.
-
Chez
la femme enceinte, on peut assister à des avortements.
d) COMPLICATIONS
-
Surinfection
bactérienne
-
Complications
broncho-pulmonaires notamment les broncho-pneumonies, abcès pulmonaire,
pleurésie purulente, bronchite
-
Complications
ORL, surtout chez les enfants.
·
Sinusite
·
Otite
-
Les
complications nerveuses : méningo-encéphalite avec des troubles
psychiques, délire, syndrome méningé, convulsions, coma etc.
e) DIAGNOSTIC DIFFERENTIEL :
La grippe doit être
différenciée d’autres infections respiratoires ou bactériennes.
f) TRAITEMENT : Il est
symptomatique :
-
Analgésique
-
Antipyrétique :
aspirine 2 à 3 g/j
-
Calmant
de la toux
-
Antibiotique
de couverture pour éviter la surinfection (fréquente)
-
Vitamine
C (1 à 2 gr/j)
g) PROPHYLAXIE
Elle repose sur la vaccination, mais la
difficulté réside dans les modifications fréquentes des caractères antigéniques
des virus (mutation). D’autre part la
durée de la protection vaccinale est assez courte.
2.
HERPES
2.1. VARICELLE (cfr dermatologie pour plus de détails)
La source de l’infection c’est le malade ;
celui-ci élimine les virus par voie pflugienne.
La transmission est aérienne et la porte d’entrée
ce sont les voies respiratoires. Elle
donne une immunité durable. La maladie
est rare avant 6 mois, elle atteint souvent les enfants entre 2 et 10 ans
-
A la
période d’invasion il y a :
·
Céphalée
·
Myalgies
·
Malaise
général
·
Coryza
= catarrhe nasal
·
Fébricule.
-
A la
période d’état il y a :
Une éruption cutanée faite
des vésicules localisées surtout au tronc, souvent prurigineuse qui peut
s’étendre sur tout le corps et même sur le cuir chevelu et les muqueuses. L’état général du malade reste bon dans la
forme commune. Quelques jours après les
vésicules se couvrent des croutelles qui vont tomber sans laisser de
cicatrices.
Les vésicules constituent l’exanthéme : il s’y associe souvent un
énanthème sous forme de vésicules au niveau de la muqueuse buccale, rarement au
niveau des organes génitaux, du larynx.
LA VARIOLE une maladie virale qui est déjà éradiquée, dans laquelle on
observe une éruption pustuleuse avec une atteinte importante de l’état général
et dont les lésions en guérissant laissent les cicatrices indélébiles. Ses lésions sont des pustules.
Lorsqu’elles apparaissent
elles assombrissent le pronostic.
-
La
surinfection des lésions cutanées (elle nécessite une antibiothérapie)
-
Pneumonie
-
Encéphalomyelite
-
Complications
oculaires
-
Myocardite
-
Orchite.
Il n’y a pas de traitement
spécifique, il est symptomatique :
-
Les
anti-pyrétiques
-
Les
anti-prurigineux
-
Hygiène
de la peau et des muqueuses pour éviter la surinfection.
2.2. HERPES ZOSTER OU ZONA (cfr dermatologie pour plus de détails)
C’est une maladie éruptive due à un herpès virus neurotrope ; elle se
caractérise par une éruption erythemato-vesiculeuse, douloureuse des téguments
le long du trajet périphérique du nerf atteint.
C’est dire que cette éruption se limite à un segment du corps sur le
territoire cutané d’un nerf sensitif et s’accompagne des fortes douleurs. L’éruption passe par 3 stades
successifs : érythémateux, puis vésiculeux et enfin de dessication.
La maladie s’accompagne de fièvre et des malaises. Elle est souvent précédée de paresthésie,
d’hyperesthésie et des douleurs dans les territoires innervés par le nerf
atteint. Ces troubles sensitifs sont
accompagnés donc d’un placard érythémateux suivi de l’apparition des vésicules
qui vont dans les jours suivants sécher et être remplacées par une croûte. Plus tard cette croûte va tomber laissant une
cicatrice indélébile.
L’éruption s’accompagne des douleurs fortes brûlantes. Cette éruption s’accompagne aussi souvent
d’une adénopathie satellite.
-
FORMES
CLINIQUES TOPOGRAPHIQUES DU ZONA
·
Zona inter-costal :
Le lésions se distribuent selon l’espace intercostal
et sont unilatérales et radiculaires.
·
Zona ophtalmique :
Il intéresse la branche ophtalmique du nerf
trijumeau ; il est souvent grave parce qu’il peut s’accompagner de
complications :
X Occulaires peuvent
aller jusqu’à la destruction de l’œil.
X Nerveuses : la
méningo-encéphatile ou la paralysie des muscles moteurs de l’œil.
X Douloureuses :
algies post-zostériennes sous-forme de névralgies faciales intolérables.
Les vésicules du zona ophtalmique sont localisées
au front, au cuir chevelu, aux paupières, aux conjonctives de l’œil, au nez.
-
COMPLICATIONS
DU ZONA
·
Surinfection
bactérienne par le Staphylocoque
·
Névralgies
post-herpétiques ou maladie post-zostérienne ; ce sont des séquelles
fréquentes surtout chez les sujets âgés et dans le zona ophtalmique. C’est une douleur résiduelle souvent
intolérable et rebelle au traitement.
-
TRAITEMENT
·
Analgésiques
et antipyrétiques ex : aspirine
·
Vit
B1 : analgésique pour les douleurs nerveuses
·
Hygiène
de la peau et désinfectant pour éviter la surinfection des lésions cutanées.
2.3.
HERPES SIMPLEX
-
Cette
affection se caractérise cliniquement par des vésicules cutanées qui sont
groupés surtout au niveau des zones de jonction cutanéo-muqueuse de la région
faciale et génitale.
-
Cette
maladie serait due à 2 types de virus :
·
Le
type I qui a un tropisme pour la région supérieure du corps et qui donne les
boutons de fièvre.
·
Le
type II aurait un tropisme pour les régions basses et donne l’herpes
génitale.
-
Cette
affection est bénigne mais souvent récidivante surtout lors des états fébiles.
Cependant l’herpes génital
peut avoir une évolution extensive et traînate chez les sujets
immunodépressives.
-
COMPLICATIONS :
Elles surviennent chez les sujets débilités.
·
La
Kerato-conjonctivite
·
La
gingivo-stomatite
·
La
méningo-encéphalite
-
TRAITEMENT
Il est symptomatique et la prévention des surinfections bactériennes
(antibiothérapie)
3.
LA POLIOMELITE (P.A.A.)
L’homme malade qui est la
source d’infection élimine les virus par les selles. Celles-ci souillent les aliments qui sont
donc le moyen de transmission de la maladie.
La porte d’entrée est le tube digestif (buccale). Le virus est neurotrope et il s’attaque
surtout à la corne antérieure de la moelle épinère (d’où le nom de Poliomyélite
antérieure aiguë)
La maladie peut se
présenter sous plusieurs formes :
-
L’infection
asymptomatique : elle représente plus de 90% de cas ; elle laisse
quand même une immunité.
-
Syndrome
infectieux banal non spécifique = la poliomyélite abortive. Le malade présente 3 groupes de signes :
·
Signes
respiratoires supérieures : Coryza, pharyngite avec fièvre.
·
Syndrome
pseudo-grippal : fièvre, céphalée, douleurs retro-orbitaires, myalgies,
arthralgies, etc.
·
Signes
digestifs : vomissements, diarrhée ou constipation, malaise abdominal,
etc…
-
La
poliomyélite paralytique : c’est la forme typique de la maladie mais la
moins fréquente. Celle-ci, après les
signes respiratoires et digestifs cités ci-haut, se manifeste par des
paralysies qui s’installent très rapidement.
Selon les différentes formes basses ou hautes on va distinguer :
·
La
forme spinale :
si l’atteinte intéresse la partie inférieure de la moelle : on aura une
paraplégie, une paralysie intestinale et vésicale.
Si l’atteinte intéresse la partie supérieure de la
moelle : on aura une paralysie des muscles respiratoires (qui est souvent
mortelle), la tétraplégie, etc.
·
La
forme bulbo-protubonentielle :
elle intéresse le tronc cérébral et montre des signes de l’atteinte de nerfs
crâniens, et du centre respiratoire (d’où des troubles respiratoires
aboutissant à la mort).
·
La
forme encéphalitique : il y a troubles de conscience pouvant aller jusqu’au coma
(méningo-encéphalite lymphocytaire).
Généralement les
paralysies régressent progressivement et lentement et c’est à ce stade qu’ont
doit bien surveiller le malade car à ce moment peuvent apparaître les séquelles
et ces séquelles constituent les grandes complications de la maladie
représentées par les handicaps physiques avec amyotrophie.
Le traitement de la
maladie est essentiellement la kinésithérapie avec comme but essentiel de
prévenir les handicaps physiques.
-
Traitement
symptomatique :
·
Contre
les douleurs = les analgésiques (ex : aspirine)
·
Anti-diarrhéiques
en cas de diarrhée
·
Sédatifs
pour les patients ayant un syndrome psychique (phénobarbital)
-
Traitement
Kinésithérapique et physiothérapie :
·
La
diathermie ou les ondes courtes, infla-rouge ou les compresses chaudes et les
bains chauds pour réchauffer les membres.
·
Veiller
à la position correcte des membres afin qu’ils récupèrent convenablement
(ex : pied à angle droit sur la jambe) c.à.d. éviter les positions
vicieuses lors du repos.
·
Exercices
de rééducation fonctionnelle
·
Chez
le patient ayant déjà des séquelles on utilise divers appareillages ou on recourt
à la chirurgie orthopédique.
-
La
prophylaxie est capitale : Vaccination. Elle est très
efficace (vaccin buvable) : 3 doses à 1 mois d’intervalle, rappel à 1 an
puis tous les 5 ans.
4.
LA RAGE
C’est une maladie
infectieuse aiguë transmise à l’homme par la salive des animaux infectés,
caractérisée par une atteinte du système nerveux central. Elle est causée par un virus à ARN du groupe
Rabdovirus.
Les animaux et surtout les
carnivores (essentiellement le chien) sont la source de l’infection. (N.B. : Un chien enragé est tantôt fou
furieux tantôt apathique, avec hypersialorrhée et n’aboie plus). Le virus se trouve dans la salive. Il est transmis par l’échange d’une plaie ou
morsure. La porte d’entrée est donc
cutanée. Le virus étant neurotrope il va
se diriger jusqu’au système neurotrope en suivant les fibres nerveuses. Il détermine des lésions nerveuses
irréversibles.
-
L’incubation
moyenne varie entre 20 à 60 jours, avec des limites entre 10 jours et 1 an.
-
Période
d’invasion : céphalée, fièvre, malaises, douleurs pharyngées et surtout
douleurs et paresthésies à l’endroit de la morsure. Cette période dure quelques jours.
-
Période
d’état :
Elle comprend 2 phases :
·
Phase
d’excitation :
Le malade est agité, il a des hallucinations, une
dysarthrie et ensuite s’installent les contractions musculaires très
douloureuses et des convulsions.
Souvent ces contractions intéressent la
musculature du pharynx rendant la déglutition difficile et pénible. La salive secrétée ne pouvant être avalée
s’écoule par la bouche. Le malade ne
pouvant même plus avaler l’eau, cela entraîne l’hydrophobie. Les convulsions peuvent être intenses et
fréquentes et entraîner la mort du malade (apnée prolongée).
·
Phase
de paralysie :
Si le patient survit à la phase d’excitation, il
entre progressivement dans celle de paralysie flasque ascendante puis
généralisée ; il devient indifférent, ne réagit plus excitations
extérieures et finit par tomber en coma et l’évolution n’est que fatale.
Il n’y a pas de traitement spécifique ; mais
on recourt à un traitement palliatif pour soulager la souffrance du malade.
-
On le
place dans une chambre sombre et sans bruit.
-
Les
perfusions pour alimenter et réhydrater le malade.
-
Traitement
symptomatique :
·
Contre
les troubles psychiques (agitation) et les spasmes : sédatifs (fortes
doses des barbituriques) et antispasmodiques.
-
Le
vaccin anti-rabique : (on l’injecte à tout sujet mordu par un animal
suspect de rage) ou la sérothérapie.
-
Traiter
correctement la plaie de la morsure : nettoyage (laver soigneusement au
savon, rincer abondamment à l’eau y appliquer de l’alcool ou teinture d’iode),
excision des tissus morts et infiltration locale de sérum anti-rabique.
-
La
mesure la plus importante est de soumettre tous les animaux sains ou malades au
service vétérinaire.
5.
OREILLONS = PAROTIDITE OURLIENNE
La maladie se transmet par les gouttelettes de
salive et par les objets contaminés par la salive du malade (ex : gobelet,
…). La porte d’entrée est donc orale.
-
Incubation
de ± 3 semaines
-
La
maladie commence par une fièvre, malaise, gêne et douleurs lors de la
mastication.
-
La
période d’état se caractérise principalement par une tuméfaction douloureuse et
bilatérale des glandes parotides. Elle
s’accompagne souvent des douleurs à la mastication et à la déglutition et des
douleurs surtout devant l’oreille. Cette
parotidite évolue souvent vers la guérison.
·
D’autres
glandes peuvent être la localisation de la maladie : orchite (les
testicules sont augmentés de volume et douloureuses), rarement ovarite chez la
femme, et tout cela peut mener à la stérilité.
·
On
peut avoir aussi pancréatique ourlienne : elle se manifeste par de
douleurs épigastriques et à l’hypochondre gauche et elle peut aussi être la
cause d’un diabète.
·
Les
localisations nerveuses
X Méningite ourlienne : méningite à
liquide clair
X Encéphalite : elle est rare et
toujours mortelle
X Une atteinte des nerfs crâniens et surtout
le nerf acoustique, ce qui conduit à la surdité.
·
Autres
atteintes myocardite, thyroïdite, hépatite.
-
Traitement
symptomatique des analgésiques, antipyrétiques en assurant aussi une bonne
hygiène de la cavité buccale.
-
Traitement
prophylactique : il consiste généralement à isoler l’enfant (l’empêcher
d’aller à l’école).
6.
LA ROUGEOLE (Cfr : Pathologie infantile pour plus de
détails)
C’est une maladie
infectieuse très contagieuse et éruptive à caractère épidémique élevée
survenant surtout chez les enfants et conférant une immunité définitive
(permanente) et puissante. Le nouveau né
est protégé par les anticorps maternels transmis par voie
transplacentaire ; cette production disparaît après 6 mois.
a.
EPIDEMIOLOGIE
La contagion se fait par
les secretions nasales et buccales d’un sujet attaint de rougeole. La maladie est contagieuse pendant la phase
de début invasion et 4 à 5 jours avant l’apparition de l’éruption. La transmission se fait par voie aérienne et
la porte d’entrée c’est la muqueuse naso-pharyngée et conjonctivale.
b.
CLINIQUE
-
La
période d’invasion est caractérisée par :
·
Un
syndrome infectieux avec fièvre, malaise générale
·
Un
Catarrhe occulo-nasal : yeux rouges, larmoyants et injectés, écoulements
nasal, éternuement
·
Un
Catarrhe trachéo-bronchique : toux sèche avec une voix rauque
·
La
diarrhée
·
L’enathème
est constitué par la tache de Koplick (pathognomonique) et une
pharyngo-stomatite.
-
La
phase d’Etat : il y a éruption ou exanthème. Celle-ci survient 14 jours après le
contage. La fièvre monte de nouveau et
les éruptions (exanthème) commencent derrière les oreilles, puis gagnent la
face et le cou, ensuite le tronc et les membres supérieurs enfin les membres
inférieurs. Elle se généralise donc en ± 3 jours.
Cette éruption dure 4 à 5 jours et elle régresse dans le même ordre avec
desquamation (desquamation morbilliforme).
-
La
période de convalescence : elle est courte marquée par l’asthénie et la
fièvre disparaît en lyse. La persistance
de la fièvre signe une compliction.
c.
EVOLUTION ET COMPLICATIONS
Disparition de l’éruption,
la desquamation et l’apyrexie sont les signes d’une bonne évolution. Mais chez les enfants jeunes, débiles, mal
nourris peuvent survenir des complications.
-
Complications
respiratoires : elles sont les plus courantes et notamment la
broncho-pneumonie avec dyspnée et souvent détresse respiratoire, et la
laryngite.
-
Complications
ORL : otites suppurées, etc
-
Complications
nerveuses : encéphalite avec convulsions, troubles de conscience, etc.
-
Complications
digestives : gastro-enterocolite
-
Etc.
Généralement les complications sont annoncées par la remontée de la fièvre.
d.
FORMES CLINIQUES
-