REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO
ENSEIGNEMENT SUPERIEUR ET UNIVERSITAIRE
PATHOLOGIE MEDICALE I
Notes des cours à l’usage des
Etudiants de l’Institut Supérieur des
Techniques Médicales
OPTION : Science Infirmières
Rédigées par
Dr KALUNGERO MUHINDO
Spécialiste en Médecine Interne
Chef de Travaux
OBJECTIFS DU COURS
-
Acquérir
des connaissances théoriques et thérapeutiques suffisantes de la pathologie
médicale afin de seconder judicieusement le Médecin dans son travail.
-
Etre
capable d’apporter les premiers soins aux malades.
PLAN DU COURS
v PATHOLOGIE MEDICALE I :
1ère partie
= Pneumologie
2ème partie
= Cardiologie
3ème partie
= Gastro-entero-hepatologie
v PATHOLOGIE MEDICALE II :
4ème partie
= Néphrologie
5ème partie
= Rhumatologie, Collagénoses et allergologie
6ème partie
= Endocrinologie et maladies métaboliques
La pathologie médicale I constitue le cours de 2e Graduat
La pathologie médicale II constitue le cours de 3e Graduat
PREMIERE PARTIE :
PNEUMOLOGIE
Définition : Etude des maladies de
l’appareil respiratoire.
PLAN :
1. Les maladies des bronches :
-
Les
bronchites (aiguë et chronique)
-
La
dilatation des bronches (DDB)
-
L’asthme
bronchique
2. Les maladies du parenchyme pulmonaire
-
Emphysème
et Atélectasie pulmonaire
-
Les
pneumonies et broncho-pneumonies
-
L’abcès
du poumon
-
Les
parasitoses pulmonaires
-
La
tuberculose pulmonaire
-
Les
cancers broncho-pulmonaires
-
Les
pneumoconioses
3. Les maladies de la plèvre
-
Les
pleurésies
-
Le
pneumothorax spontané
-
Le
cancer de la plèvre
A. BREFS RAPPELS
I. ANATOMIE :
Les poumons sont deux
sacs de tissu souple élastique qui se trouvent dans la cage thoracique, de part
et d’autre du cœur et assis sur le diaphragme.
Chaque poumon, en forme d’un demi-cône, a à sa face interne un hile par où
il reçoit le pédicule broncho-vasculaire ; il a un sommet qui correspond à
l’orifice supérieur du thorax et une base qui repose sur le diaphragme.
Dans le poumon on distingue les voies aériennes (qui conduisent l’air) et
le parenchyme pulmonaire (=ensemble des alvéoles), enveloppé par la plèvre.
- LE POUMON DROIT A TROIS LOBES
(Supérieur, inférieur
et moyen) séparés par deux scissures (une grande et une petite)
LE POUMON GAUCHE A DEUX LOBES
(Supérieur et
inférieur) séparés par une seule scissure (la scissure est un repli de la
plèvre).
Chaque lobe est divisé en segments, ces derniers en sous-segments et les
sous segments en lobules. Un lobule
dépend d’une bronchiole.
- VOIES AERIENNES :
La trachée se divise en
deux bronches principales droite et gauche.
Chaque bronche souche donne naissance aux bronches lobaires, celles-ci
aux bronches segmentaires. La
ramification terminale de la bronche souche est la bronchiole intralobulaire
qui se ramifie plusieurs fois pour aboutir aux bronchioles terminales. Celles-ci donnent les bronchioles
respiratoires qui aboutissent aux canaux alvéolaires qui s’ouvrent dans les
sacs alvéolaires.
Des 23 subdivisions
bronchiques, les 16 premières servent à la conduction des gaz (Zone de conduction)
et ne participent pas aux échanges gazeux ; les sacs alvéolaires
constituent la zone d’échange.
- VASCULARISATION
La distribution des
artères pulmonaires est dans l’ensemble parallèle à celle des bronches. Les branches terminales des artérioles pulmonaires
se résolvent en un réseau capillaire au niveau de la paroi alvéolaire. Ces réseaux capillaires alvéolaires confluent
vers les veines pulmonaires.
La circulation pulmonaire se fait à
basse pression, d’un ventricule droit peu musclé vers un réseau capillaire
vaste et extensible. En cas
d’hypoventillation qui entraîne anoxie et hypercapnie, ces pressions
s’élèvent. Si la vasoconstriction
affecte les deux poumons, il y a hypertension dans l’artère pulmonaire et
souffrance secondaire du ventricule droit.
Chaque poumon est enveloppé dans un sac membraneux (la plèvre) à double
feuillet (pariétal et viscéral) : qui contient un mince film de liquide
séreux ; l’espace pleural a une pression négative.
II. PHYSIOLOGIE :
L’appareil respiratoire
a pour fonction principale d’assurer l’hématose, c'est-à-dire puiser l’O2
dans le milieu extérieur pour en enrichir le sang par absorption au niveau des
poumons et rejeter le CO2 dans l’atmosphère. L’O2 est apporté aux cellules et
le CO2 est produit par le métabolisme cellulaire.
Le poumon est donc un
organe d’échange où se rencontrent l’air inspiré et le sang veineux ; au
niveau de la zone d’échange, les réseaux capillaires sont directement au
contact avec l’épithelium alvéolaire.
L’O2 diffuse de l’alvéole vers le capillaire tandis que le CO2
suit le chemin inverse. L’échange a lieu
au niveau de la membrane alvéolo-capillaire séparant la lumière des capillaires
sanguins et celle des alvéoles pulmonaires.
Cet échange maintient constante la composition gazeuse du sang.
L’air inhalé contient
des polluants gazeux et des particules en suspension = aérosols (suspension des
particules-solides = fumées, - liquides = brouillards) de diverse nature
(minérale, végétale, animale, bactérienne, …), d’où diverses agressions
exogènes à l’inhalation, dont certains sont irritants et d’autres carcinogènes
qui se déposent dans les voies aériennes ; seule une très petite fraction
des particules infiniment petites parviennent aux alvéoles, y provoquant une
réaction inflammatoire.
III.
PHYSIOPATHOLOGIE : Insuffisance respiratoire
La finalité de la
plupart des maladies respiratoires chroniques est l’insuffisance respiratoire
qui se caractérise par une hypoxémie avec ou sans hypercapnie. On peut l’observer aussi dans certaines situations
aiguës. Elle peut donc être aiguë ou
chronique.
a) Etiologie :
Les causes de cette insuffisance sont :
-
Une
atteinte du centre respiratoire : maladies neurologiques et intoxications,
traumatismes, coma, … Le trouble respiratoire est d’origine centrale.
-
Une
atteinte de la cage thoracique : paralysie des muscles respiratoires
(ex : dans la PAA), fractures étendues des cotes,
-
Une
atteinte des voies aériennes : obstruction, sténose, inflammation, mal
asthmatique
-
Une
atteinte du parenchyme pulmonaire : pneumopathies, fibrose pulmonaire
-
Une
atteinte de la plèvre : pneumothorax, ….
b) Mécanismes :
Il en existe essentiellement deux :
-
Troubles
de la diffusion alvéolo-capillaire :
·
Altération
structurelle de la membrane alvéolo-capillaire observée dans la fibrose
pulmonaire ou l’épaississement de cette membrane : c’est donc le bloc
alvéolo-capillaire ;
·
Diminution
de la surface utilisable pour les échanges gazeux (exemple : dans
l’embolie pulmonaire).
-
Troubles
du rapport ventilation = perfusion :
C’est le cas de l’hypoventilation
alvéolaire avec conservation de la vascularisation, exemple : obstruction
bronchique, pneumonie, … ou d’hypoperfusion pulmonaire dans un territoire avec
ventilation pulmonaire conservée, ou encore de l’anomalie diffuse du rapport
ventilation-perfusion : une destruction alvéolaire avec suppression de la
vscularisation dans le même territoire ; c’est le cas des BPCO
(broncho-pneumopathies chroniques obstructives, essentiellement la bronchite
chronique, l’emphysème pulmonaire et l’asthme bronchique).
c) Clinique
Deux signes importants : La dyspnée et la cyanose
IV. SEMIOLOGIE.
1.
Les signes fonctionnels
Les malades atteints d’une affection pleuro-pulmonaire consultent
souvent pour les troubles suivants :
a) Les douleurs thoraciques : on
distingue deux types :
-
selon
la localisation :
X. le point de côté – douleur
localisé en point précis. On l’observe
souvent dans la pneumonie et la
pleurésie.
X. la douleur diffuse,
hémithoracique ou bilatérale.
-
Selon
l’évolution :
X. la douleur aiguë :
d’apparition brutale, intense
X. la douleur chronique :
d’apparition insidieuse
b) La dyspnée : c’est la
difficulté de respirer. On
distingue :
-
Selon
le rythme respiratoire : (FR normale = 16 à 20 mouvements par minute chez
l’adulte).
X. la bradydypnée = ralentissement
càd diminution de la fréquence respiratoire
X. la polypnée = acceleration càd
augmentation de la fréquence respiratoire.
N.B.
L’apnée = arrêt de la respiration.
-
Selon
le temps respiratoire perturbé (il devient plus long que normalement)
X. la dyspnée inspiratoire,
fréquente dans les maladies du larynx (cfr ORL).
X. la dyspnée expiratoire, fréquente
dans l’asthme (elle est paroxystique) et l’emphysème pulmonaire (ici elle est
permanente). L’expiration est prolongée
-Causes : .affections
du larynx
.affections
pleuro-pulmonaires
.affections
cardiaques
.atteinte
nerveuse
Bref, ce sont toutes les cause de
ll’hypoxie.
c) La Toux : c’est une expiration
brusque et explosive qui a pour but d’expulser l’air (ou le corps étranger)
contenu dans les voies respiratoires survenant après une inspiration
profonde. C’est une brusque et bruyante
expiration, soit réflexe soit volontaire.
Différentes variétés de la
Toux : elle peut être :
X. sèche, càd ne ramenant pas
d’expectoration ;
X. grasse ou productive ou humide,
càd ramenant une expectoration ;
X. quinteuse : succession des
nombreuses secousses de toux ;
X. bitonale dans la paralysie d’une
corde vocale ;
X. rauque dans la laryngite ;
X. éteinte
X. émétisante : c'est-à-dire
qui provoque le vomissement.
d) L’expectoration : il faut
toujours préciser ses caractéristiques
X. l’horaire : matinale ?
X. la quantité : son abondance
est très variable et on devra en dresser la courbe. Abondante, on parle de bronchorrhée (elle est
fréquente dans la bronchite chronique et les bronchectasies).
X. l’odeur : fétide ou
putride ?
X. l’aspect : il existe des
nombreuses variétés :
séreuse : liquide fluide,
homogène
muqueuse : crachats incolores,
visqueux, filants, adhérents au crachoir
muco-purulent
Purulent (ex. dans l’abcès
pulmonaire)
Hémorragique
muco-hémorragique
e) La vomique :
C’est le rejet par la
bouche d’une collection purulente ayant pénétré par effraction dans les voies
respiratoires ; elle est d’installation brutale (ce qui distingue de
l’expectoration purulente qui apparaît progressivement).
Suivant l’abondance du pus, on distingue :
X. la vomique massive (émission
franche, en une fois), et
X. la vomique fractionnée ou
nummulaire.
f) L’hémopysie :
-
Définition :
c’est le rejet par la bouche de sang provenant des voies respiratoires profondes
(sang aéré, spumeux) lors d’un effort de toux ; c’est donc un crachement
de sang.
-
Aspect
cliniques :
X. crachats hémoptoïques :
quelques points ou stries de sang dans les crachats.
X. hémoptysie de moyenne abondance
(100 – 300 cc)
X. hémoptysie de grande abondance,
pouvant entrainer la mort ou une anémie nécissitant transfusion.
-
Diagnostic
différentiel :
X. Hématémèse : *survient au
milieu d’efforts de vomissement ;
*sang non aéré, mêlé à débris
alimentaires
*suivie de moelena.
X. Hémorragie bucco-pharyngé :
de petite quantité, mêlé à du mucus, sans effort de toux.
-
Causes :
elles sont nombreuses, mais on pensera d’abord :
X. à la tuberculose pulmonaire
X. au cancer bronchique
Les causes rares sont : X la bronchite aigue
X la PFLA
X l’abcès pulmonaire
X le syndrome de Loëffler
-
Conduite
à tenir :
X. éviter de mobiliser le
malade ; l’immobiliser en position semi-assise ;
X. traitement médical.
2. Examen physique des
poumons :
¨ TOPOGRAPHIE DU THORAX
La localisation des
signes observés lors de l’examen clinique sera toujours précise sur le corps
humain selon les régions.
1.
Au niveau de la tête, les régions sont nommées selon les
différents os du crâne : pariétal, temporal, occipital, … ou selon
l’endroit par rapport aux composantes de la face : sur et sous-orbitaire,
labial, …
2.
Au niveau du thorax,
a)
Sur la ligne médiane
antérieure :
-
La
fossette sus-sternale, située au dessus du manubrium est limitée latéralement
par le chef sternal du muscle sterno-cléido-mastoïdien de part et d’autre.
-
Le
sternum : on y trouve l’angle de Louis à la saillie située au niveau de
l’articulation de la deuxième côte avec le sternum.
b)
Sur les côtées de la ligne médiane
-
La
fossette sus-claviculaire : à l’état normal, cette fossette est peu
profonde : une goutte d’eau qui y serait déposée s’écoulerait en dessous
de la clavicule.
-
La
fossette sous-claviculaire est en dessous de la clavicule ; elle est à
peine marquée, sauf au niveau de sa partie externe qui constitue le creux de
MOHRENHEIM.
-
La
région mamillaire : les muscles pectoraux y masquent les côtes et les
espaces intercostaux.
-
L’hypochondre
thoracique s’étend sous la région mamillaire jusqu’au rebord costal.
c)
Sur la ligne médiane postérieure
La colonne vertébrale
présente des courbures physiologiques dans le sens antéro-postérieur : la
colonne cervicale est concave, la colonne dorsale convexe et la colonne
lombaire concave. A l’état normal,
toutes les vertèbres doivent être médianes.
La saillie de la septième vertèbre cervicale est un repère
particulièrement important, c’est le point de mobilité entre la tête et le cou,
il est mieux visible chez les personnes âgées.
d)
Sur les côtés de la ligne médiane
postérieure
-
L’espace
intervertébro-scapulaire est compris entre le bord interne de l’omoplate et la
colonne vertébrale.
-
La
région sus-épineuse est située au dessus de l’épine de l’omoplate
-
La
sous-épineuse est située en dessous de l’épine de l’omoplate
-
La
région sous-scapulaire en dessous de l’angle inférieur de celle-ci.
e)
Sur les faces latérales du thorax
-
Le
creux axillaire est limité en avant par le muscle grand pectoral et en arrière
par le muscle grand dorsal
-
Les
côtes et les espaces intercostaux ne sont bien visibles qu’à la partie
inférieure du thorax.
f)
Lignes de repère :
Pour mieux s’orienter en matière de topographie, il y a un certain nombre
de lignes de repère verticales conventionnelles :
-
La
ligne médiane antérieure, qui passe par le milieu du sternum
-
La
ligne sternale, qui longe le bord externe du sternum
-
La
ligne parasternale, située à égale distance de la ligne sternale et de la ligne
mamilliare
-
La
ligne mamilliare, qui passe par le mamelon et correspond chez l’homme à la
ligne médio-claviculaire (verticale passant par le milieu de la
clavicule). Chez la femme dont le
mamelon occupe une situation variable, on utilise comme repère la ligne
médio-claviculaire.
-
La
ligne axillaire antérieure qui descend du bord inférieur du muscle grand
pectorale.
-
La
ligne axillaire moyenne, qui part du sommet de creux axillaire
-
La
ligne scapulaire, passant de l’angle inférieur de l’omoplate.
-
La
ligne médiane postérieure.
a)
- Inspection du thorax au
repos : on
peut observer des :
Déformations symétrique, Ex le
thorax emphysemateux ou en tonneau : il est globuleux, court, bombé dans
sa totalité.
Déformations assymétriques :
x. Voussure = bombement localisé
x. Rétraction = affaissement
localisé
- Inspection du thorax en mouvement :
Le type respiratoire : on
distingue la respiration :
x. Costale
x. Abdominale
La fréquence respiratoire :
c’est le nombre de mouvements par minute.
C’est un élément capital de la feuille
de température.
x. L’accélération = polypnée.
x. Le ralentissement = bradypnée.
L’amplitude respiratoire : elle
peut être :
x. diminué (on parle de respiration
superficielle) lorsque :
+ la respiration douloureuse
+ le thorax et les poumons ne sont
pas bien élastiques (emphysème, ankyloses…).
On parle de respiration superficielle.
x. Augmentée (bathypnée). On parle
de respiration ample ou profonde.
La facilité de la respiration :
La respiration est normalement facile, elle est difficile en cas de dyspnée.
Quelques respirations
pathologiques :
x. La respiration de BIOT est
caractérisée par l’apparition à l’intervalle réguliers et irréguliers de pauses
respiratoires. Les mouvements
respiratoires restent d’égale amplitude.
x. La respiration de CHEYNE-STOKES
est caractérisée par des périodes d’apnée suivies de périodes durant lesquelles
les mouvements respiratoires augmentent progressivement d’amplitude, puis
diminuent progressivement aussi jusqu’à une nouvelle période d’apnée, et le
cycle recommence.
x. La respiration acidotique de
KUSSMAUL est une inspiration profonde et bruyante suivie d’une pause à laquelle
succèdent une expiration longue et gémissante, puis une nouvelle pause. Il y a donc des pauses entre les mouvements
respiratoires, qui sont amples et profonds.
C’est donc une respiration à 4
temps. Elle correspond également à une
respiration profonde qui peut être rapide ou lente. Elle est fréquente dans l’acidose.
Retraits inspiratoires =
tirages : On voit se déprimer toutes les régions thoraciques formées par
des parties molles : la fossette sus-sternale, le creux sus-claviculaire,
les espaces intercostaux, le creux épigastrique. Il y a souvent battement des ailes du nez
chez l’enfant.
On distingue :
x. Le tirage sus-sternal :
dépression inspiratoire des creux sus-sternal (et sus-claviculaire) :
x. Le tirage sous-sternal :
dépression inspiratoire du creux épigastrique et dépression bilatérale de la
partie inférieure et latérale du thorax (=sous-costale).
x. Le tirage intercostal :
dépression inspiratoire des espaces intercostaux.
b) Palpation du thorax et Auscultation des poumons (pour documentation).
V. EXAMENS
PARACLINIQUES :
- Examen de l’expectoration :
coloration de gram pour la détection les germes pyogènes ou de Ziehl pour celle
des B.K., culture sur milieux usuels (avec antibiogramme) ou sur Lowenstein,
inoculation au cobaye, cytologie pour rechercher les cellules néoplasiques,….
- Radiologie : radioscopie,
radiographie, bronchographie, ….
- Bronchoscopie
- Examen du liquide de ponction
pleurale
- Exploration fonctionnelle
- Biopsie
VI. ROLE DE
L’INFIRMIER(E) DEVANT CERTAINS SIGNES :
- DYSPNEE :
· La surveiller, compter la FR matin
et soir et l’inscrire sur la feuille de t°
· Prévenir le Médecin en cas de
dyspnée paroxystique
· Mettre le malade en position mi-assise
- EXPECTORATION
· Mettre à la portée du malade un
crachoir propre, qui sera nettoyé chaque jour après la visite du Médecin ;
en cas d’expectoration fétide, le crachoir sera nettoyé plusieurs fois par
jour. Remplacer les crachoirs tous les
matins pour évaluer la quantité ; on préfèrera un verre gradué.
· Aider le malade en l’asseyant au lit
et en le soutenant en cas de vomique ou d’expectoration abondante et
pénible. Nettoyer les lèvres et dents
avec des tampons de coton
· Faire ensuite rincer la bouche du
malade.
· Envoyer au Labo les crachats
recueillis pour examen.
N.B.
· Les crachoirs seront désinfectés
chaque jour ; ils seront convests.
· L’observation de ce signe est
répugnant ; il faut donc une certaine abnégation
- HEMOPTYSIE :
· Immobiliser le malade en position
semi assise, le clamer
· Mettre à sa portée un crachoir et
une serviette à son cou pour protéger la literie des taches de sang
· Injecter pitressine ou Hemostyl et
appeler le Médecin
· Suveiller pouls, dyspnée, T.A.
chaque heure ou chaque 3 h, T°
· Assurer les soins prescrits.
- Biopsie
VII. ROLE DE L’INFIRMIER LORS DE LA PONCTION
PLEURALE : cfr
Nursing.
B. PATHOLOGIE
CHAP.I. : LA
BRONCHITE AIGUE
1. DEFINITION
C’est l’inflammation aiguë de la
muquese bronchique ; elle provoque une hypersécrétion de la muquese et des
glandes trachéo-bronchiques et une hypersensibilité tussigène.
2. ETIOLOGIE
- La principale cause est
l’infection ; celle-ci peut être :
·
Virale
ou
·
Bactérienne
(streptocoques, pneumocoques)
Souvent
l’infection bactérienne est secondaire, favorisée par une infection virale
préalable. L’infection est souvent
descendante, à partir d’un foyer infectieux au niveau des voies respiratoires
supérieures ; elle peut être rhino-pharyngée (sinusite, rhinite, amygdalite)
ou buccodentaire. D’où on a fréquemment
une rhino-bronchite, une trachéo-bronchite, une broncho-alvéolite). Souvent elle est une complication de :
la grippe, la rougeole, la coqueluche,
- Plus rares sont les causes chimiques
(ex : les gaz irritants).
- Le refroidissement (froid, humidité)
est un facteur favorisant important
3. SYMPTOMATOLOGIE : La bronchite
aiguë évolue en 2 phases :
a) Phase sèche ou de crudité :
Elle est marquée par :
- Une douleur retrosternale à type de
chaleur ou de brûlure, soit alors une impression de chatouillement.
- Une toux quinteuse, douloureuse,
sèche
- Un léger état infectieux (fièvre, …)
b) Phase humide ou de coction ou de maturité :
- La toux n’est plus sèche ; elle
devient humide, moins pénible, ramenant facilement une expectoration muqueuse
ou mucopurulente (rarement striée de sang) ;
- L’auscultation révèle des râles secs
et humides, surtout ronflants
4. EVOLUTION
Elle se fait souvent vers la
guérison totale et sans séquelles.
- Les signes généraux s’amendent en
quelques jours.
- Les symptômes s’estompent peu à peu
et disparaissent
Chez l’adulte, c’est une affection
bénigne (contrairement à l’enfant).
5. TRAITEMENT
Il comprend trois volets :
- Hygiéno-diététique :
·
Repos
·
Sujet
au chaud, à l’abri des variations de température, des poussières et des
irritants bronchiques
·
Interdiction
de tabac
- Symptomatique
·
Au
début sédatifs de la toux : codéine, codéthyline, …
·
Plus
tard expectorant = fluidifiant : Benzoate de soude, Ipéca, Terpine, …
·
Aspirine.
- Anti-infectieux = antibiotique en cas d’infection c.à.d. dans la majorité des cas
(Pénicillline,
tétracycline, Bactrim,).
La durée
de l’antibiothérapie sera d’au moins 7 à 8 jours, à dose suffisante.
CHAP. II. LA BRONCHITE
CHRONIQUE
1. DEFINITION
C’est une hypersécrétion chronique
ou à rechutes de l’arbre de bronchique compliquée chaque année de poussées
aiguës de surinfection : « le malade tousse et crache au moins trois
mois par an, depuis au moins trois ans ».
2. ETIOLOGIE
Elle frappe surtout les sujets d’âge
mûr, le plus souvent les hommes.
a) Facteurs irritatifs :
- Le tabac : le tabagisme et
surtout l’inhalation de la fumée de cigarette (= bronchite chronique tabagique,
la plus fréquente).
- La pollution atmosphérique, dans les
zones hautement industrialisées, polluées, poussiéreuses.
b) Facteurs professionnels :
- Inhalation de gaz industriels, de
vapeurs chimiques, de poussières minérales, … (= bronchite chronique
professionnelle)
N.B. :
L’humidité excessive associée au froid, le brouillard absorbant les polluants
gazeux sont des facteurs défavorables
c) Facteur infectieux :
L’infection
ne joue pas un rôle déterminant, mais elle se greffe secondairement de façon
inévitable au cours de l’évolution. Elle
est souvent due aux bactéries et aux virus.
3. SYMPTOMES :
- La toux :
Elle est grasse, fréquente et particulièrement matinale due à
l’hypersensibilité tussigène. :
- L’expectoration : Souvent mucopurulente, elle peut être séro-muqueuse.
Elle
est abondante (= bronchorrhée) et surtout matinale…(d’où l’appellation de
« toilette des bronches » et de « toux des fumeurs »).
- Les signes généraux :
Ils
sont souvent absents, sauf la fièvre en cas de surinfection.
L’état
général reste donc souvent bon.
4. EVOLUTION
La bronchite chronique a une longue
évolution, intrmittente, avec des poussées aigues surtout en saison
froide ; ces poussées infectieuses aigues se rapprochent de plus en plus
et entraînent des complications : emphysème obstructif, puis insuffisance
respiratoire et enfin cœur pulmonaire chronique.
On peut
également observer :
- Les bronchiectasies
- Les pneumonies ou broncho-pneumonies
- La fibrose pulmonaire
5. TRAITEMENT
- Prophylaxie :
But :
La suppression des facteurs étiologiques.
Mesures
générales : éviter l’exposition aux irritants bronchiques comme le froid,
les intempéries, la fumée de tabac, les fumées industrielles, …Dans certains
cas un changement de profession est à envisager.
- Traitement des symptômes = fluidifiants
- Traitement anti-infectieux = l’utilisation des antibiotiques lors des poussées de surinfection
bronchique. Ex : Tétracycline
1,5-2géj. durée = ± 10 jous ; les cures brèves sont suivies de rechutes
CHAP III. LA
DILATATION DES BRONCHES (D.D.B.) OU BRONCHECTASIES
1. DEFINITION
C’est une maladie caractérisée par
des dilatations de la paroi bronchique et par une évolution chronique ayant
comme symptômes la toux avec expectoration mucopurulente abondante et des épisodes
infectieux à répétition (de type pneumonie ou broncho-pneumonie).
2. ETIOLOGIE
C’est
une affection rare ; on distingue deux types :
- Les bronchectasies primitives, de
cause imprécise, souvent congenitales
- Les bronchectasies acquises :
elles sont secondaires à :
·
La
sténose bronchique : corps étrangers chez l’enfant surtout, tumeurs
bronchiques chez l’homme âgé surtout
·
Les
infections : les bronchopneumopathies secondaires à la coqueluche, à la
bronchite chronique qui traumatise les différentes tuniques des
bronches, …
·
La
tuberculose avec adénopathies (compression)
·
L’abcès
pulmonaire
·
L’asthme
bronchique
3. SYMPTOMATOLOGIE :
Il y
a trois symptômes principaux :
a.
La toux:
Elle est grasse c.à.d. productive,
quinteuse, survenant à toutes les heures de la journée mais surtout le matin au
lever (toilette des bronches), soulagée par l’émission des crachats. Elle est souvent suscitée par une attitude
déterminée, celle qui a pour effet de drainer les secrétions vers les zones tussigènes.
b.
L’expectoration :
Elle
est surtout matinale, abondante
- 200 à 500 ml = bronchorrhée ;
on doit la mesurer et en établir une courbe, utile à la surveillance clinique
et thérapeutique.
- Les crachats sont mucopurulents ou
purulents. Recueillis dans un verre, ils
sédimentent en quatre couches, de haut en bas :
· une couche mousseuse
(spumeuse) ;
· une couche muco-purulente ;
· une couche séreuse, plus
claire ;
· une couche purulente, épaisse,
visqueuse, faite d’un pu consistant qui adhère au fond du récipient. Des filets de sang sont parfois mêlées au
pus.
- Son odeur est fade (= de platre
frais), éventuellement fétide.
c.
L’état général est souvent bon, sauf
parfois de la fièvre en cas de surinfection
- Une douleur retrosternale à type de
chaleur ou de brûlure, soit alors une impression de chatouillement.
- Une toux quinteuse, douloureuse,
sèche
- Un léger état infectieux (fièvre, …)
4. SIGNES PHYSIQUES
- L’auscultation fait entendre de gros
râles ronflants
- L’hippocratisme digital témoigne de
l’ancienneté de l’infection bronchique
5. EXAMENS PARACLINIQUES
- Crachats : pas de BK
- Bronchographie surtout et
bronchoscopie
6. EVOLUTION
Elle est longue, chronique, avec des
poussées répétées de la surinfection bronchique, pulmonaire, souvent à point de
départ des voies supérieures (examen ORL).
Des complications sont possibles : bronchopneumonies, abcès
pulmonaire, insuffisance respiratoire.
7. TRAITEMENT
a.
Médical : il est palliatif
- Drainage bronchique : cure
déclive = drainage postural : prise des positions différentes favorisant
l’évacuation des bronches dilatées, siège de rétention ; 2 à 3 séances par
jour, avant les repas, de durée de 15 à 30 minutes, la première étant le matin.
Méthodes adjuvantes :
· Médicaments expectorants et
fluidifiants
· Gymnastique respiratoire et
rééducation fonctionnelle en vue de rendre la toux efficace et améliorer la
fonction respiratoire (cfr Kiné).
- Désinfection des foyers
suppuratifs :
Antibiotiques
selon l’antibiogramme : Tétracycline surtout. On peut aussi les instiller par sonde
endobronchique.
- Modification du terrain local et
général :
·
Cures
thermales
·
Cures
climatiques, en climat chaud et sec. On
peut être obligé de conseiller au patient de changer de résidence, de milieu.
b.
Chirurgical :
Curatif : surtout pour les
formes localisés, mais graves : exérèse d’un foyer limité à un segment ou
à un lobe (Lobectomie).
N.B. :
Dans la DDB, l’infirmier(e)
devra :
- donner au malade un verre gradué
pour recueillir l’expectoration et faciliter son examen ;
- dresser la courbe de cette
expectoration sur la feuille de température.
CHAP IV. L’ASTHME
BRONCHIQUE
1. DEFINITION
C’est un syndrome respiratoire
évoluant par crises de dyspnée paroxystique sibilante surtout expiratoire, qui
surviennent le plus souvent le soir ou la nuit, accompagnés de toux sèche
d’abord, puis suivie d’une petite expectoration séro-muqueuse.
2. ETIOLOGIE
C’est
une maladie allergique.
Les
allergènes peuvent être :
· inhalés : poussières de maison,
industrielles (farine, …), pollen, produits animaux (plumes, poils, …)
· ingérés : aliments divers
(lait, pommes de terre, tomate, œuf, farine de blé, fruits, …)
· médicamenteux : aspirine,
pénicilline, …
·
La
notion de terrain « atopique » est importante.
3. PATHOGENIE :
Mécanisme : le conflit Ag-Ac
libère de l’histamine qui entrâine une bronchoconstriction généralisée
transitoire (bronchospasme musculaire).
L’inflammation muqueuse s’accompagne d’hypersécrétion, œdème et
bronchospasme. L’air passe ainsi
difficilement à travers des conduits aériens rétrécis. L’inspiration, phénomène actif, animé par des
muscles puissants s’effectue sans peine tandis que l’expiration, phénomène
passif, s’effectue difficilement à travers une lumière bronchique
rétrécie ; elle devient alors prolongée et sifflante.
4. SYMPTOMATOLOGIE
La crise d’asthme bronchique
apparaît souvent brusquement la nuit ; elle est caractérisée par une dyspnée
à prédominance expiratoire, paroxystique, de type bradypnée, accompagnée de
« Wheezing » (sifflement). La
malade est en proie à une dyspnée intense avec impression de soif d’air. Il se lève et va s’accouder à la fenêtre.
Au bout de quelque temps, la crise
s’apaise progressivement, le malade tousse peu et cette toux ramène une petite
expectoration muqueuse, translucide, visqueuse, moulée en petits fragments =
crachats perlés de Laënnec. La crise
peut durer de quelques minutes jusqu’à plusieurs heures. L’accès asthmatique terminé laisse derrière
lui une sensation de fatigue et d’endolorissement thoracique.
A l’auscultation pulmonaire, on note
une expiration prolongée avec de nombreux râles sibilants disséminés et
quelques râles ronflants (bruits de pigeonnier).
5. FORMES CLINIQUES :
- L’attaque d’asthme : = répétition quotidienne des crises, souvent plusieurs nuits de suite
- L’état de mal asthmatique : = asthme sévère, continu, asphyxiant, fait
des crises subintrantes, durant plusieurs jours. Il y a tachycardie, polypnée et parfois
fièvre. Le malade est épuisé par la
maladie, insomniaque
- L’asthme à dyspnée continue : la dyspnée et les sibilances ne disparaissent
pas complètement entre les crises.
Souvent, il y a polypnée.
- L’asthme à dyspnée d’effort : apparaît à la suite d’un effort musculaire
bref et violent pour les sujets jeunes ou d’un effort minimum pour les sujets
âgés
- L’asthme intriqué : s’observe chez les asthmatiques anciens, caractérisé par des poussées
bronchitiques avec expectoration muco-purulente ; entre les crises le
malade reste un cracheur et tousseur. Le
facteur infectieux intervient ici.
- L’asthme infantile : apparaît chez le jeune enfant, avec polypnée, tachycardie, fièvre et
battement des ailles du nez
6. EVOLUTION
C’est souvent une maladie de la vie
entière. Le rythme des crises est
variable d’un malade à l’autre.
Des
complications sont possibles :
- Infections bronchiques
- Emphysème pulmonaire évoluant vers
l’insuffisance respiratoire chronique et le cœur pulmonaire
chronique : « l’asthmatique devient emphysémateux et meurt
cardiaque ».
7. TRAITEMENT
Il est délicat, parfois même
dangereux. Les prescription du Médecin
seront suivies à la lettre.
a.
De la crise :
- Bronchodilatateur :
·
Salbutamol
·
Théophylline
(Aminophylline) et dérivés.
N.B. : *Les
sympathicomimétiques (éphédrine, aleudrine, adrénaline, alupent) constituent la
meilleure médication mais doivent être utilisés de façon très limitée
car ; leur abus favorise l’apparition des asthmes graves (état de mal). Il servent donc à couper la crise.
* Eviter la morphine.
- Sédatif du genre phenergan,
phenobarbital
- Corticoïdes dans certains cas
d’asthme corticodépendant !
b.
Dans l’état de mal asthmatique
·
Eviter les sympathicomimétiques qui aggraveraient la situation
(même l’atropine = anticholinergique)
·
Utiliser les corticoïdes : Hydrocortisone 100 mg d’abord
injectable (IV) puis, après avoir calmé la crise, prednisone (20-30 mg) per os
·
Associer un antibiotique non
allergisant (pas de
Pénicilline ni sulfamides)
c.
De fond : = traitement étiologique
- Eviction de l’allergène
- Désensibilisation spécifique :
vacciner le malade, l’accoutumer à des doses croissantes du produit dangereux
jusqu’au jour où il pourra par exemple l’inhaler ou l’ingérer sans problème.
- Traitement des infections
- Correction des troubles
endocriniens.
CHAP. V
1. DEFINITION
Syndrome pathologique irréversible,
caractérisé par la dilatation ou distention permanente des alvéoles et la perte
d’élasticité pulmonaire par fibrose.
2. FACTEURS ETIOLOGIQUES
· Age : après la cinquantaine
· Sexe : surtout chez
l’homme. C’est souvent une complication
de la bronchite chronique, de l’asthme, de la dilatation des bronches (càd des
BPCO), etc…
3. SYMPTOMATOLOGIE :
Le début est insidieux. Après plusieurs années, s’installe une
dyspnée, avec ralentissement expiratoire ; au début elle n’apparaît qu’à
l’effort, puis s’accentue progressivement devenant permanente, provoquée par la
parole, la fumée, les poussières et s’accompagnant alors d’une certaine
cyanose.
Signes physiques :
Le
thorax est distendu (globuleux, « en tonneau ») et hypersonore
4. EVOLUTION
- Certains cas évoluent très
lentement, compatibles avec une vie presque normale
- D’autres évoluent rapidement, avec
des épisodes bronchitiques (surinfection) ; plus tard la dyspnée se
décompense (insuffisance respiratoire et CPC).
5. TRAITEMENT
Il est essentiellement symptomatique
PROPHYLACTIQUE :
· Suppression complète du tabac,
éviter les poussières, les efforts, l’humidité
· Régime sans alcool ni graisses
· Éviter les régions brumeuses et
humides, préférer un climat chaud et sec
SYMPTOMATIQUE :
· Traiter l’infection
bronchique : Antibiotiques par voie générale.
· Traiter l’inflammation : 15-30
mg de prednisone.
· Traiter le spasme bronchique :
Théophylline.
· Traiter l’insuffisance
cardiaque : digitaline, diurétiques, RSS
· De l’hypoventilation
alvéolaire : rééducation fonctionnelle par des exercises appropriés.
· De l’anoxie et de
l’hypercapnie : Oxygénothérapie discontinue (mais dangereux)
C’est une condensation pulmonaire
rétractile avec diminution des volumes du parenchyme et disparition d’air des
alvéoles qui sont pratiquement vides ; elle est due souvent à une
obstruction des bronches.
Le malade tousse et il est
dyspnéique, avec rétraction d’un hémithorax (thorax asymétrique) et abolition
du murmure vésiculaire. Le traitement
consiste à lever l’obstacle sur les voies aériennes.
CHAP. VI
LES PNEUMONIES
Ce sont
des pneumopathies infectieuses aiguës non suppurées
A. LA PNEUMONIE FRANCHE LOBAIRE AIGUE
(P.F.L.A.)
C’est la pneumonie à pneumocoques
1. ETIOLOGIE
L’agent pathogène est le pneumocoque
Hôte
habituel du rhinopharynx, il s’exacerbe à l’occasion d’une diminution de la
résistance de l’individu.
Facteurs favorisants :
- Le terrain : débilité, âge
(vieillards et enfants)
- Brusque refroidissement du corps
- Mauvaises conditions
socio-économiques et d’hygiène
- Etats de fatigue et d’épuisement
2. PHYSIOPATHOLOGIE : Les
pneumocoques saprophytes des voies respiratoires deviennent virulents dans
certaines conditions comme le refroidissement, l’alcoolisme chronique,
l’anésthésie générale, les infections virales, etc…
Ces germes luttent contre les
mécanismes de défense qui protègent les poumons ; ils pénetrent et se
multiplient au niveau des alvéoles, y provoquant une alveolite aiguë (avec
œdème, exsudat, hyperperméabilitécapillaire).
La fin de la pneumonie manifestée par la crise coïncide avec
l’apparition des anticorps spécifiques.
3. SYMTOMATOLOGIE :
-
Le
début est brutal, par un point de côté intense et frisson intense, unique,
violent, impossible à maîtriser, prolongé (frisson solennel).
- La fièvre survient brutalement et
est immédiatement élevée et se maintient aux alentours de 40°C ; le pouls
est accéléré ; les urines sont rares et foncées.
- est d’abord sèche, puis productive
ramenant une expectoration d’abord muqueuse, puis visqueuse et adhérente, enfin
rouillée ; parfois elle est hémoptoïque ou muco-purulente
- Non traitée, après ± 9 jours, la
maladie va guérir aussi brutalement qu’elle a commencée ; c’est la crise
pneumonique, pathognomonique : la température tombe de 41 à 37°C avec
sueurs profuses, le pouls se ralentit en quelques heures le malade se sent
guéri. Une débâcle urinaire (3-4 litres)
accompagne cette défervescence. La crise
est donc thermique, sudorale et urinaire.
- Traitée : sous l’influence du
traitement, ce cycle est brisé : la fièvre, la tachycardie, la dyspnée
cèdent en 24-48 heures.
4. COMPLICATIONS
Assez rares chez l’adulte sain.
- Pulmonaires : Abcès du poumon ; la température no chute pas ou remonte, la
vomique survient
- Pleurésies :
·
Parapneumonique
= au décours de la pneumonie ; elle est sérofibrineuse
·
Métapneumonique
= ± tardive ; elle est purulente
- Autres :
Méningite, encéphalite, endocardite ou myocardite (chute tensionnelle),
néphrite (œdème, hématurie), otite chez les enfants.
5. FORMES CLINIQUES :
- La pneumonie de l’enfant :
Elle
est bruyante, écourtée, trompeuse (point de côté appendiculaire, signes
méningés). Les pleurésies
métapneumoniques et les otites moyennes sont fréquentes.
- La pneumonie du vieillard :
Elle
est larvée, atypique ; il y a deux symptômes majeurs : la dyspnée et
la cyanose. La température axillaire est
normale (il faut prendre la température rectale), l’état général est altéré, le
malade est adynamique. Elle est très
grave, souvent mortelle par défaillance cardiaque.
- La pneumonie de l’alcoolique :
De
début brutal, elle s’accompagne de délire avec agitation. Elle a une évolution grave souvent mortelle.
- Chez les tarés, la maladie est
redoutable ; elle peut entraîner :
·
Chez
un diabétique, le coma acidocetosique
·
Chez
un cirrhotique, un ictère grave
·
Chez
un néphritique, un coma urémique
- La pneumonie chez la femme enceinte : Elle expose à l’avortement
6. EXAMENS PARACLINIQUES :
- Hémogramme : hyperleucocytose
avec neutrophilie, VS accéléré
- Recherche du pneumocoque dans les
crachats
- Radiographie : opacité dense et
homogène, localisée (lobaire ou segmentaire)
7. TRAITEMENT :
- Etiologique : Antibiotiques
·
La
pénicilline est le traitement de choix : 1,2lon à 2lon
U.I./j. En cas de résistance ou
d’allergie à la pénicilline :
·
Tetracycline :
3 x 500 mg/j
·
Chloramphenicol :
3 x 500 mg/j
·
Erythromycine
Le
traitement doit être précoce et suffisant (10 à 15 jours)
- Symptomatique :
+ Analgésique contre le point de côté
+ Antitussif : Codéine
+ Sédatif contre l’agitation, le
délire : Phénobarbital, Valium ou Phenergan
- Hygiéno-diététique :
+ Alimentation légère : lait,
thé, potage de légumes, jus de fruits.
Elle sert aussi à la rehydratation.
+ Repos au lit.
- Des complications
+ Analeptiques : micorène,
coramine
+ Oxygène, cortisone, digitaline.
8. PRONOSTIC :
Les facteurs qui aggravent le
pronostic sont : l’âge (enfant et vieillard), le diagnostic tardif,
l’étendue des lésions, les complications, l’alcoolisme, les pathologies
associées (cirrhose, insuffisance cardiaque, diabète, …), la grossesse au premier
trimestre
B. LES PNEUMOPATHIES BACTERIENNES NON
PNEUMOCOCCIQUES
Elles sont souvent secondaires,
survenant par voie sanguine à partir d’un foyer localisé dans un autre
organe ; leur complication fréquente est la pleurésie purulente. Les germes pathogènes étant souvent
résistants à la pénicilline, un antibiogramme est souvent nécessaire.
On
retrouve :
1.
La pneumonie à staphylocoques
2.
La pneumonie à streptocoques
3.
La pneumonie à Klebsiella
4.
La pneumonie à Haemophilus
5.
Etc…
C. LES PNEUMONIES NON BACTERIENNES
Ce sont les pneumonies virales (à
virus) ou atypiques. Ex. :
pneumopathies grippales
D. LES BRONCHOPNEUMONIES
Elles se caractérisent par des
foyers multiples.
- Etiologie :
·
Elles
s’observent surtout aux deux âges extrêmes de la vie : chez le nourisson
et chez le vieillard, mais aussi chez les débilités et les tarés.
·
Elles
sont souvent secondaires à des maladies infectieuses comme la rougeole, la
coqueluche, la grippe, etc…
- Clinique :
Elle est polymorphe.
·
Fièvre
élevée (39-40°C), mais irrégulière, tachycardie, cyanose, agitation ou
prostration
·
Dyspnée
intense, polypnée avec battement des ailes du nez, tirage. Bref il y a une dyspnée et les symptômes
généraux sont graves.
- Complications :
·
Pleuésie
purulente
·
Abcès
pulmonaires disséminés
·
Syndrome
neurotoxique de l’enfant, fatal
·
Défaillance
cardiaque chez le vieillard.
- Traitement :
·
Hygièno
diététique :
*
Position semi-assise, dans une chambre chauffée et convenablement aérée.
*
Alimentation liquide ou semi-liquide, riche en sucre
·
Antibiotiques
à forte dose ou associés
·
Tonicardiaques
·
Oxygénothérapie
I
CHAP. VII. L’ABCES DU
POUMON
1. DEFINITION
C’est une suppuration collectée dans
une cavité néoformée, creusée dans le parenchyme pulmonaire.
2. ETIOLOGIE :
- Les causes fréquentes sont : la
pneumonie ou la broncho-pneumonie, la DDB, le Cancer bronchique, …
- Facteurs favorisants = débilitation
- Germes : surtout les germes
pyogènes ou anaérobies (streptocoques, staphylocoques, …)
Les
germes pathogènes qui pénètrent dans le parenchyme pulmonaire peuvent arriver
par voie sanguine ou être d’origine bronchique ou provenir des voies
respiratoires supérieures (saprophytes devenus virulents).
3. SYMPTOMATOLOGIE :
- La maladie débute par un épisode
infectieux respiratoire type pneumonie ou broncho-pneumonie : Fièvre
élevée à grandes oscillations, tachycardie, point de côté, dyspnée
- Puis, après un certain nombre de
jours, apparaît la vomique :
· Brusquement le malade crache un flot
de pus, fétide ; (vomique massive)
· Parfois la vomique est moins
dramatique (fractionné ou nummulaire).
Il
s’agit donc d’une expectoration abondante, faite de pus. Le malade continuera à cracher du pus,
parfois mêlé au sang. (Il faut établir
la courbe de l’expectoration)
Cette
expectoration, recueillie dans un verre gradué, se dispose en 3 couches :
X.
la spume en surface,
X.
une couche plus importante verdâtre, faite de pus épais,
X.
une couche visqueuse.
- L’Haleine est fétide, comme
l’expectoration elle-même
- La douleur thoracique siège du côté
de la suppuration.
- La fièvre est souvent élevée (39-40°C)
au début et s’attenue sous le traitement antibiotique ; elle diminue après
la vomique. Si l’évacuation du pus
cesse, elle s’élève. Elle est
irrégulière.
- Signes généraux :
Amaigrissement,
asthénie, anorexie.
4. EXAMENS PARACLINIQUES :
- Sang :
anémie, leucocytose à 15-20 mille GB/mm3 avec polynucléose, VS accélérée.
- Crachats :
Culture de pus (pour isoler le germe) et antibiogramme, absence de B.K.
- RX :
elle montre une image cavitaire, hydroaérique.
5. FORMES CLINIQUES :
- Suivant le germe : les germes
anaérobies causent une gangrène pulmonaire, suppuration putride, diffuse à
fétidité extrême.
- D’après l’évolution : formes
aiguës et formes larvées ou torpides.
6. EVOLUTION :
Chute
de la fièvre dans les premières 48 heures, raréfaction de la toux, diminution
de l’expectoration jusque 10-20 ml de crachats par jou, disparition de la
fétidité, retour de l’appétit et du sommeil.
Le
traitement devra être longtemps poursuivi.
La guérison survient en 1 ou 2 mois, mais les récidives sont fréquentes.
· Abcès du cerveau, septicémie,
endocardite
· Pleurésie purulente (= empyème)
· Passage à la chronicité :
persistance indéfini de la suppuration
7. TRAITEMENT :
a)
Hygieno-diététique :
- Repos au lit
- Régime alimentaire équilibré avec
beaucoup de liquides
- Drainage postural : 30 minutes
le matin et encore une à deux fois pendant la journée.
b)
Médical :
- Antibiothérapie, élément essentiel
du traitement : par voie générale ou localement par sonde
endobronchique. Elle est à très forte
dose et souvent associée. L’action du
traitement sera jugée sur l’évolution thermique et la courbe de
l’expectoration.
- Symptomatique :
· Eviter les médicaments calmant la
toux. Au contraire il faut favoriser
l’expectoration
· Analeptiques cardio-respiratoires,
vitaminothérapie, etc…
c)
Chirurgical
Il
est indiqué en cas d’échec du traitement médical ; on pratique une exérèse
pulmonaire (lobectomie ou pneumoctomie) dans les abcès chroniques.
N.B. :
Dans l’abcès du poumon (comme dans la DDB),
l’infirmier(e) veillera tout particulièrement au recueil de l’expectoration
dans un vase gradué et une bonne tenue de la courbe de l’expectoration.
CHAP. VIII. LES PARASITOSES PULMONAIRES
1. L’AMIBIASE PULMONAIRE = ABCES
AMIBIEN DU POUMON
La localisation pulmonaire de
l’amibiase est soit primitive soit secondaire à une atteinte hépatique (d’où la
fréquente localisation à la base droite).
- Clinique :
· Douleur thoracique
· Fièvre irrégulière, asthénie,
amaigrissement
· Signes d’atteinte hépatique :
◊
Subictère
◊
Douleur
à l’hypocondre droit avec hépatomégalie sensible
· Vomique massive ou fractionnée,
faite d’un mélange de pus avec du sang.
L’expectoration est inodore et non fétide, d’aspect chocolat.
- Paraclinique : Hémogramme : hyper
leucocytose neutrophile
Sérologie :
anticorps antiamibiens.
- Traitement :
Antiamibiens
tissulaires :
◊
Dehydroemetine
◊
Flagyl :
1,5 gr/j pendant 10 à 20 jours IV ou per os.
2. LE SYNDROME DE LÖFFLER :
-
Etiologie : Parasites intestinaux dont le
cycle évolutif comporte une étape pulmonaire et autres : ascaris,
ankylostome, anguillules, etc.
- Clinique :
Elle est atténuée : toux sèche ou avec expectoration séro-muqueuse,
rarement striée de sang ;
- Paraclinique : L’hémogramme révèle une éosinophilie sanguine (10 à 30%).
- Evolution : Favorable
- Traitement : Etiologique
3. LA PNEUMOCYSTOSE PULMONAIRE :
C’est une pneumonie interstitielle
causée par le Pneumocystis carinii (Protozoaire) chez les immunodéprimés ou les
sujets porteurs d’hémopathies malignes
- Cliniquement :
◊
Le
début peut être insidieux ou brutal
◊
On
observe : une toux chronique souvent improductive
◊
La
température est peu élevée
◊
Il
n’y a pas d’amélioration sous antibiothérapie
- Traitement :
◊
Bactrim
◊
Pentamidine
CHAP. IX. LA TUBERCULOSE PULMONAIRE
1. GENERALITES
Cette maladie a existé depuis des
temps très reculés où les hommes commencèrent à vivre en groupes sociaux
compacts. De répartition mondiale, elle
est plus fréquente dans les pays en développement et régresse chez les plus
prospères. C’est une maladie infectieuse
due à un agent pathogène, le bacille tuberculeux.
2. LE GERME
La tuberculose humaine est provoquée
par le bacille humain ou Mycobacterium tuberculosis ; c’est le bacille
tuberculeux ou bacille de Koch (B.K.).
Les mycobactéries sont
acido-alcoolo-resistants c.à.d. une fois colorés (alors qu’ils se colorent
difficillement), ils résistent, contrairement aux autres germes, à la
décoloration par l’alcool et l’acide ; on les recherche dans les produits
pathologiques (crachats surtout) par la coloration de Ziehl.
Lorsque l’examen direct est négatif,
il faut recourir à la culture sur des milieux spéciaux comme celui de
Lowenstein.
3. EPIDEMIOLOGIE
La tuberculose pulmonaire est une
maladie contagieuse, transmissible.
- La source d’infection
Ce sont les malades tuberculeux
pulmonaires à expectoration bacillifère.
La contamination peut être familiale ou extra-familiale (école, lieu de
travail). Parfois la contamination
provient de l’animal, surtout le lait de vache tuberculeuse.
- La voie de pénétration
La plus fréquente est la voie
aérogène par des gouttelettes de Pflügge émises lors de la toux ou de
l’éternuement ; la voie digestive (aliments contaminés) est rarement
empruntée par le bacille de Koch (ex : TBC intestinale). La contamination des jeunes enfants après la
naissance est à redouter.
4. FACTEURS FAVORISANTS
- Facteurs sociaux
La pauvreté, la mauvaise
alimentation, la promiscuité. Les
pauvres sont plus atteints. La maladie
se multiplie avec la souffrance de la population et se raréfie dans le bien-être ;
les guerres s’accompagnent d’une flambée de la maladie, la prospérité la
chasse.
- Facteurs individuels :
· Sexe : l’homme est plus souvent
atteint que la femme.
· Les mauvaises conditions de travail
(expositon aux poussières), de logement, l’alcoolisme, le diabète et certaines
infections intercurrentes anergisantes (comme la rougeole, la coqueluche) qui
diminuent la résistance de l’organisme.
A noter ici l’importance du SIDA.
5. L’IMMUNISATION
On peut obtenir la protection contre
la tuberculose par le vaccin B.C.G. (baciles vivants et atténuées) découvert par
Calmette et Guérin. Le B.C.G. a perdu sa
virulence.
6. LA PRIMO INFECTION
Elle apparaît à n’importe quel âge,
de l’enfance à l’âge adulte. Ce sont les
manifestations cliniques, biologiques, anatomiques dues à la première
contamination par les B.K.
a) MANIFESTATIONS CLINIQUES :
La primo-infection est
asymptomatique dans 90% de cas ; dans certains cas la symptomatologie est
très atténuée (état infectieux, léger mais prolongé avec fièvre modéré et
irrégulière, amaigrissement discret, asthénie, anorexie, …) ; rarement
elle est grave (fièvre, diarrhée, dyspnée, cyanose, …) et mortelle surtout chez
le nourrisson et l’enfant.
b)
MANIFESTATIONS BIOLOGIQUES
C’est le virage des réactions
tuberculiniques c.à.d. le passage de la négativité à la positivité, surtout
chez le nourrisson et le jeune enfant.
*L’ALLERGIE
TUBERCULINIQUE :
C’est l’ensemble des réactions
locales, focales et générales observées chez les tuberculeux lors de
l’introduction de nouveaux bacilles ou l’administration de la tuberculine
(extrait concentré de culture filtrée des B.K. contenant une protéine
spécifique).
C’est la propriété de réagir
précocement par une lésion inflammatoire, parfois nécrotique, à tout nouveau
contact avec le B.K. La première
pénétration du bacille sensibilise l’organisme et le rend allergique à certains
constituants du B.K. Elle peut
disparaître transitoirement au cours de la maladie de Hodgkin ou de la
sarcoïdose. En pratique cette allergie
est mise en évidence par les tests cutané tuberculiniques : cuti-réaction
de Von Pirquet, intra-dermoréaction de Mantoux.
· La cuti-réaction de Von Pirquet :
On
pratique deux scarifications sur la peau de la région deltoïdienne ; l’un
sert de témoin et sur l’autre on dépose une goutte de tuberculine brute.
On
lit après 48 à 72 heures : une induration papuleuse signe une réaction
positive.
· L’intradermo-réaction (IDR) de Mantoux, plus fidèle :
Injection
intradermique de 0,1 cc de tuberculine au tiers moyen de l’avant bras
gauche. La lecture se fait après 48
heures ou mieux 72 heures : s’il y a une papule réactionnelle, on la
délimite tant par l’inspection que par la palpation. La réaction est positive lorsqu’elle atteint
ou dépasse 5 mm, surtout lorsqu’elle est phlycténulaire.
· Patch-test :
Application
d’un timbre imbibé de tuberculine sur la peau de la région présternale
préalablement décapée à l’acétone ; cette méthode est utilisée chez les
tous jeunes enfants et la lecture se fait également après 48 à 72 heures. Une réaction positive est caractérisée par
des fines papules rosées ou un placard rouge granité.
Signification de la réaction à la
tuberculine :
L’interprétation des tests
tuberculiniques (positifs or négatif) est très délicate et laissée à
l’appréciation du Médecin. Ce n’est pas
un test purement diagnostic ; en effet tout test positif ne signifie pas
la maladie comme tout test négatif n’exclue pas la maladie.
La
positivité des réactions à la tuberculine indique que le sujet est allergique
c.à.d. qu’il a fait sa primo-infection mais pas qu’il fasse nécessairement la
tuberculose maladie.
La
négativité s’observe chez un sujet qui n’a jamais été contaminé, soit qui porte
une affection anergisante (ex : rougeolo, …), soit même tuberculeux mais à
la phase terminale.
C’est le
virage des réactions tuberculiniques qui est un appoint fondamental au
diagnositc de la TBC chez un sujet jeune.
c) EVOLUTION :
Elle guérit dans la majorité des
cas.
Elle
dépend de trois facteurs :
· Le terrain : dénutrition,
manque d’hygiène, maladies infectieuses anergisantes
· L’âge : le jeune âge aggrave le
pronostic (fréquence des méningites), ainsi la primo-infection est grave chez
le nourrisson.
· Le degré d’infection : les
contaminations massives et répétées aggravent la maladie. Dans les cas défavorables, elle peut se
compliquer (phtisie, bronchopneumonie méningite, …)
7. LA TUBERCULOSE PULMONAIRE COMMUNE OU
TUBERCULOSE MALADIE OU TUBERCULOSE SECONDAIRE OU DE REINFECTION
*La réinfection peut être :
ENDOGENE
à partir des lésions de primo-infection.
Lors d’un fléchissement des défenses de l’organisme (sous-alimentation, grossesse,
lactation, diabète, alcoolisme, …) les B.K. trouvent les circonstances
favorables pour se multiplier activement.
Il s’agit d’un réveil des lésions préexistantes.
EXOGENE :
nouvel apport bacillaire extérieur à l’organisme
a. Modalités de découverte : elles
sont variables.
- A l’occasion des examens
prénuptiaux, pour l’embauche, préscolaires, ….C’est une découverte fortuite
d’une affection latente
- Début progressif : c’est le
plus fréquent, avec un ensemble de troubles fonctionnels et généraux communément
appelés « signes d’imprégnation tuberculeuse » (asthénie,
amaigrissement, anorexie, fièvre ou fébricule vespérale, toux banale, sueurs
nocturnes, …).
N.B. :
Toujours s’informer sur les antécédents personnels et familiaux (notion de
contage), bref une enquete familiale s’impose.
b. Symptomatologie :
- Signes fonctionnels :
·
Toux,
au début sèche, puis productive, ramenant une
·
Expectoration :
crachats mucopurulents jaune-verdâtres ; parfois ils sont rougeâtres.
·
Hémoptysie,
manifestation fréquente. Elle est parfois
le signe révélateur de la maladie. Elle
est franche ou faite de crachats hemoptoïques.
- Signes généraux :
·
La
fièvre : Souvent c’est un simple fébricule (inférieure ou égale à 38°C),
d’ordinaire vespérale ou de type inverse, reconnue par la prise régulière de la
température car souvent non perçue par le malade.
·
Les
sueurs nocturnes
·
L’asthénie :
c’est une perte de force
·
L’amaigrissement d’emblée
rapide, visible ou progressive.
Ainsi au
cours de l’évolution de la maladie, la surveillance régulière du poids s’impose
au même titre que le contrôle de la température. L’amaigrissement est un signe de l’évolutivité
de la tuberculose et la reprise pondérale est un élément de bon pronostic.
c. Examens paracliniques :
- Radiologie : Examen capital
La
radiologie sera de face et de profil.
- La bactériologie : le
diagnostic de certitude est la découverte des bacilles de Koch dans les
crachats ou le liquide de tubage gastrique.
Il faut rechercher les B.K. avec acharnement, par des examens répétés et
sur plusieurs champs. La recherche peut
se faire dans les crachats frais du matin de préférence. Si le malade ne crache pas, procéder au
tubage gastrique.
- Hématologie :
·
La
V.S. est accélérée
·
La
formule sanguine (Leucocytaire) est perturbée
- La recherche de la sensibilité à la
tuberculine n’a pas d’intérêt diagnostique.
L’intensité plus ou moins forte de l’allergie cutanée n’autorise aucune
conclusion sur la forme ou la gravité de l’infection tuberculeuse.
d. Formes cliniques
- Formes aiguës
·
Pneumonie
et broncho-pneumonie tuberculeuse : début brutal, fièvre élevée. Confondue au début par une autre
pneumopathie, leur résistance à l’antibiothérapie banale constitue un élément
sérieux au diagnostic.
·
Miliaire
ou Granulie : La miliaire est une forme à dissemination hématogène
(septicémie) avec fièvre élevée, sueurs, tachycardie, dyspnée, etc…
- Formes subaiguës ou torpides :
sont les plus fréquentes.
8. TRAITEMENT DE LA TUBERCULOSE
PULMONAIRE :
a. REGLES GENERALES D’APPLICATION DU TRAITEMENT ANTITUBERCULEUX
- Le traitement doit être précoce
(cela augmente les chances de guérison).
- Le traitement sera prescrit par le
Médecin
- Le traitement doit être
combiné : il comportera toujours une association d’antibacillaires
prescrits à doses suffisantes. La
monothérapie est formellement proscrite.
- Régularité du traitement : le
traitement doit être poursuivi de façon continue c'est-à-dire sans interruption
aucune, et pendant une durée suffisante.
Il ne sera mis en route qu’avec l’assurance de sa poursuite jusqu’au
bout (éviter l’arrêt du traitement par rupture de stock).
- Le traitement doit être surveillé
quant à son efficacité et à sa tolérance.
Ainsi le contrôle radiologique, bactériologique et clinique sera
régulier. En cas d’intolérance avertir
le Médecin.
- Le traitement sera supervisé
c'est-à-dire s’assurer de la prise effective des médicaments, surtout à la
phase initiale.
- Le respect des règles d’hygiène et
prophylaxie vis-à-vis de l’entourage sera de stricte application.
b. MEDICAMENTS ANTITUBERCULEUX
- Streptomycine (S) : bactériostatique,
toxique pour la huitième paire des nerfs crâniens. Dose : 1g/j
- Isoniazide (H) (INH, Rimifon) :
bien toleré ; on peut cepandant voir apparaître des complications
neuro-psychiques (polynévrite, euphorie) favorisées par l’éthylisme et
prévenues par la Vitamine B6. Dose :
300 mg/jour.
- Rifampicine (R) :
bactéricide. Complication = Hépatite
(ictère). Dose : 600 mg/j (2 caps
de 300 mg) en une seule prise, le matin
- Ethambutol (E) :
bactériostatique, toxique pour le nerf optique (nevrite optique) et exigeant
donc un examen ophtalmologique régulier (comprimés de 400 mg). Dose = 1,2 g/j
- Pyrazinamide (Z) : toxique pour
la cellule hépatique.
Dose :
1,5-2 g/j (comprimés de 500 mg).
- Autres : thiacetazone,
Diatébène, …(abandonné pour ses effets secondaires)
- Les Corticoïdes : utilisés
seuls ils sont dangereux et aggravent même la maladie. On ne les utilisera donc que sur prescription
du Médecin qui en connaît les indications précises (serites, miliaire, etc…)
c. SHEMAS THERAPEUTIQUES
- Le traitement comprend deux
phases :
· Une phase intensive (d’attaque,
initiale) qui dure deux à quatre mois, associant au moins trois
tuberculostatiques pris tous les jours.
· Une phase de continuation associant
au moins deux tuberculostatiques pris bi-hebdomadairement.
- Il existe divers schémas, en
évolution :
· Traitement standard (T.S.)
§ Phase initiale : 2 mois S + H +
T tous les jours (2SHT 7/7)
§ Phase de continuation : 10 SH
2/7 ou 10 HT 7/7.
Ce
schéma est abandonné suite à ses nombreux échecs et effet secondaires
Thiacetazone), mais il est moins coûteux.
· Traitement court (T.C.) : il
est cher, mais plus efficace.
§ Phase intensive : 2 mois R + H
+ E + Z 7/7 = 2 RHEZ 7/7
§ Phase de continuation : 4 mois
R + H 2/7 = 4 RH 2/7
· Pati 3 = celui actuellement utilisé
dans notre pays ; les schémas dépendent de la catégorisation des cas à
traiter ; une classification correcte s’impose
- Catégorie I =
*
Cas de TBC pulmonaire à microscopie positive
*
Formes graves de la maladie, c.à.d. :
x.
Miliaires, méningite
x.
Formes pulmonaires interstitielles étendues, spécialement chez les immunodéprimés
(VIH, diabétiques, corticothérapie au long cours)
x.
Formes extra pulmonaires : pleurésie massive ou bilatérale, péricardite,
méningite, mal de pott avec troubles neurologiques, tuberculoses digestives et
urogénitales.
Schéma = 2 RHZE/6 HE. Si l’examen des crachats reste positif à la
Fin du deuxième mois de traitement, la première phase est prolongé de quatre
semaines.
- Catégorie II = cas de retraitement
c.à.d les rechutes, les échecs, les cas de reprise de traitement après
interruption (malade ayant reçu plus d’un mois de traitement).
Schéma :
2 SRHZE / RHZE / 5 R3H3E3.
Si
le frottis reste positif à la fin du troisième mois de traitement, continuer
les quatre médicaments (RHZE) pendant 4 semaines encore.
- Catégorie III : TBC pulmonaire
à microscopie négative, à lésions peu étendues et autres cas de tuberculose
extrapulmonaire : primo-infection, adénopathies peripheriques, pleurésies
peu abondantes, TBC osseuse et ostéoarticulaire des membres
Schéma
= 2 RHZ / 6 HE
N.B. :
L’enfant de moins de 6 ans : l’éthambutol est contre-indiqué à cause de la
difficulté de deceler la toxité occulaire, d’où 2 RHZ / 4 R3H3
§ Catégorie IV : cas chroniques
c.à.d. d’où l’expectoration reste positive malgré un traitement correct et
supervisé : transfert vers un centre spécialisé.
N.B. :
les causes d’échecs sont :
* Un
régime incorrect dans sa composition ou sa posologie
*
Les irrégularités dans le rythme de prise des médicaments
*
L’arrêt prématuré du traitement (ex : pour toxicité ressentie par le
patient)
* La
résistance bactérienne
REMARQUES :
- LIEU DE TRAITEMENT : le
traitement ambulatoire est de règle dans la majorité des cas et doit être
appliqué le plus près possible du domicile du patient.
L’hospitalisation
est indiquée dans les cas suivants :
·
Malade
habitant trop loin de l’unité sanitaire pour pouvoir suivre un traitement
supervisé.
·
Malade
grabataire
·
Formes
aiguës et compliquées : miliaire, broncho-pneumonie aiguë, méningite,
pleurésie abondante, hémoptysie grave, pneumothorax, paraplégie pottique.
·
Complication
du traitement : hypersensibilité, érythrodermie, ictère, purpura,
dermatite exfoliatrice grave, …
·
Pathologies
associées : diabète sucré déséquilibré, insuffisance rénale ou cardiaque,
psychopathie, etc…
- CONTROLE DE L’EFFICACITE DU
TRAITEMENT : c’est celui de la négativation bactériologique de
l’expectoration. Les autres paramètres
cliniques et paracliniques ne sont que des éléments d’orientation.
Les
bacilloscopies de contrôle seront effectuées :
· Pour les catégories I et III :
à la fin du 2ème, 5ème et 7ème mois de traitement
· Pour la catégorie II : à la fin
du 3ème, 5ème et 7ème mois de traitement
- IL VAUT MIEUX NE PAS COMMENCER UN
TRAITEMENT QUE DE DEVOIR L’INTERROMPRE.
Ainsi
si l’on n’est pas certain de disposer des médicaments nécessaires en quantités
suffisantes, il vaut mieux faire patienter le malade.
- SI LE SCHEMA APPLIQUE EST INEFICACE,
ON CHANGE LE SCHEMA THERAPEUTIQUE DANS SON ENSEMBLE ET NON REMPLACER UN
MEDICAMENT PAR UN AUTRE.
Une
erreur semblable est d’ajouter un médicament à un schéma inefficace
- FIN DE TRAITEMENT
· Lorsque la bacilloscope est négative
du 5ème au 7ème mois de traitement, le malade est
déclarée guéri.
· Si le traitement est cliniquement
satisfaisant mais non contrôlé bactériologiquement, on note « traitement
terminé ».
d. EVOLUTION DE LA TUBERCULOSE APRES TRAITEMENT
- La guérison : 90% après un
traitement correct. Il existe des
critères :
· Négativation bactériologique stable,
à l’examen direct et surtout à la culture
· Notion d’un traitement correct
antérieur
La
guérison définitive sera déclarée après 2 à 3 ans
- Echec : lorsque la
bactériologie reste ou redevient positive après un délai plus ou moins long.
Les
vrais éches d’un traitement médical correct sont exceptionnels et sont dus à
une résistance primaire. Les cas de
résistance secondaire sont dus souvent à une mono thérapie ou à un traitement
insuffisant.
- Complication : apparition de
nouvelles localisations (laryngée, intestinale, pleurale, osseuse, rénale, …)
e. SURVEILLANCE DU TRAITEMENT
- Clinique : elle porte sur les
signes de la maladie : courbe de température, évolution du poids, reprise
de la force et de l’appétit, signes physiques, …
- Bactériologique : vise la
negativation des crachats ; contrôle à la fin de la première phase et
après six mois.
N.B.
Après deux semaines de traitement, le malade n’est plus considéré comme
contagieux
- Radiologique
- Médicamenteuse : tolérance –
effets secondaires des médicaments. En
cas d’intolérance, on ne change pas un seul produit mais tout le schéma.
f.
TRAITEMENT CHIRURGICAL
On y recourt très rarement car le
traitement médicamenteux est très efficace.
g. TRAITEMENT PROPHYLACTIQUE
- Vaccination au BCG à ceux qui n’ont
pas encore fait la primo-infection (à la naissance).
- Le dépistage bactériologique et
radiologique (occasionnel ou systématique = de masse ou à toute consultation
préscolaire, prénatale, des recrues, …) en vue de diminuer les sources de
contagion, et aussi le traitement correct des TBC déclarées et de l’isolement
des malades contagieux, réservoirs essentiels.
- L’éducation sanitaire en vue de
réduire les risques encourus par l’ignorance.
N.B. :
Concernant le repos ou l’hospitalisation :
· Le tuberculeux peut vaquer à ses
occupations habituelles pendant le traitement si son état le lui permet ;
l’hospitalisation ne sera réservée qu’aux formes aiguës et subaiguës selon
l’intensité des symptômes cliniques, ainsi qu’aux sujets très éloignés pour
éviter les abandons.
· Le traitement ambulatoire et
supervisé pour les autres cas.
h. ROLE DE L’INFIRMIER(E)
- Dépistage : contrôle des
contacts, des sujets suspects,
- Hygiène et prophylaxie générale
- Surveillance :
· T°, Expectoration, poids, …
· Alimentation
CHAP X
LES CANCERS
BRONCHO-PULMONAIRES
On
distingue les cancers primitifs et les cancers secondaires.
a) ETIOLOGIE :
- Incidence :
·
Sexe :
surtout masculin (8 hommes pour une femme)
·
Age :
vieillards (40-60 ans)
- Facteurs favorisants :
substances carcinogènes ou cancérigènes :
· Tabagisme, surtout cigarettes
· Pollution atmosphérique par les
fumées des moteurs diesels contenant des hydrocarbures.
b) SYMPTOMATOLOGIE
Un temps de latence s’écoule entre
le début anatomique et la révélation clinique.
Celle-ci est variable.
- Toux rebelle, persistante
- Hémoptysie
- Douleurs thoraciques, tenaces ou
intermittentes
- Signes généraux :
amaigrissement, anorexie, asthénie, fièvre persistante, hippocratisme
digital. Ces signes, chez un fumeur de
plus de 40 ans, sont suspects et appellent un examen radiologique.
c) EVOLUTION :
Elle est fatale, courte (moins de 2
ans)
- L’extension locale crée un syndrome
de compression médiastinale (veine cave supérieure, œsophage, nerf récurent, …)
- L’extension vers la plèvre crée un
épanchement hémorragique abondant qui se reproduit très rapidement après chaque
ponction.
- Les métastases sont surtout
cérébrales, hépatiques, surrénaliennes et osseuses.
d) TRAITEMENT :
- Chirurgical : le seul curatif
si précoce c.à.d. avant les métastases.
Malheureusement beaucoup de patients arrivent tard.
- Radiothérapie pour les cas
inopérables
- Médical : chimiothérapie
anticancéreuse
- Symptomatique : antibiotiques,
analgésiques, antianémiques
- Origine : rein, thyroïde, os,
prostate, sein
CHAP XI
LES PNEUMOCONIOSES
Ce sont des maladies
broncho-pulmonaires professionnelles dues à l’inhalation prolongée de
poussières minérales ou métalliques. La
plus fréquente est la silicose.
A. LA SILICOSE :
1. ETIOLOGIE = inhalation chronique de
silice dans les mines métalliques, l’industrie métallurgique, les fours
industriels (aciéries, verreries), etc… C’est une maladie des mineurs surtout.
2. SYMPTOMATOLOGIE : Les lésions
anatomiques précèdent de très longtemps les signes cliniques.
- La dyspnée est le signe le plus
frappant
- L’altération de l’état général est
plus tardive, souvent discrète (fièvre, amaigrissement, …), ce qui la fait
souvent confondre avec la tuberculose.
3. EVOLUTION :
Elle est longue (10 à 20 ans) ;
la tolérance peut durer de nombreuses années ; plus tard s’installe une
insuffisance respiratoire ou des complications.
- La tuberculose (silico-tuberculose)
- L’insuffisance cardiaque droite
(cœur pulmonaire chronique)
- Infections broncho-pulmonaires
aiguës
4. DIAGNOSTIC DIFFERENTIEL :
- Tuberculose
- Cancer pulmonaire
5. TRAITEMENT :
- Prophylactique :
·
Port
des masques
·
Aspiration
des poussières et humidification de l’atmosphère
·
Dépistage
précoce en vue du reclassement
- Curatif : symptomatique
B. AUTRES PNEUMOCONIOSES :
- Sidérose (fer)
- Anthracose (Charbon)
- Asbestose (amiante)
- Berylliose (beryllium)
CHAP XII
LES PLEURESIES
1. PLEURESIE SECHE OU PLEURITE :
a) Etiologie :
- Elle accompagne souvent une
pneumopathie sous jacente
- Tuberculose
b) Symptomatologie :
- Point de côté, tenance, intense et
superficiel, exagéré par les mouvements respiratoires profonds. D’où il y a diminution de l’amplitude des
mouvements respiratoires.
- Toux sèche, quinteuse, fatigante
c) Evolution : Elle se fait soit
vers :
- La guérison
- La constitution d’un épanchement
d) Traitement :
- Etiologique :
·
Pneumonie
= AB + anti-inflammatoire
·
TBC
= Tuberculostatiques
- Symptomatique : analgésiques,
antitussifs
2. PLEURESIE SEROFIBRINEUSE
Elle
se caractérise par la formation dans l’espace pleural d’un épanchement de
liquide jaune
a) Etiologie :
- Tuberculose
- Cancer : sujet âgé, dyspnée,
abondance et reproduction rapide du liquide après ponction
- Virale :
- Maladies du système : RAA, LED,
PCE, Hémopathies malignes (Hodgkin, …)
- Parapneumonique
- Insuffisance cardiaque
N.B. Polyserite
= pleurésie + épanchement péritonéal + péricardite.
Elle
est souvent d’origine tuberculeuse.
b) Symptomatologique :
- Point de côté
- Toux sèche
- Dyspnée en cas d’épanchement très
abondant comprimant les poumons ; cette compression diminue aussi l’amplitude
des mouvements respiratoires.
- Fièvre
c) Examens paracliniques :
- Radiologie
- Ponction pleurale
exploratrice : on retire un liquide citrin.
- V.S. des Hématies élevée.
d) Evolution de la pleuresie
sero-fibrineuse tuberculeuse :
- Non traitée, elle évolue vers la guérison
vers des séquelles pleurales comme le symphyse pleurale, les calcifications
pleurales, … Les douleurs thoraciques persistent alors.
- Sous traitement tuberculostatique
(associé à la corticothérapie) :
·
Immédiate :
bonne, avec résorption du liquide
·
Ultérieure :
bonne car diminue les séquelles pleurales.
e) Traitement : Il sera surtout
étiologique
- Hygièno-dietetique :
·
Repos
jusqu’à la disparition de la fièvre et du liquide
·
Régime
riche en calories et en vitamines
- Thoracocentèse c'est-à-dire ponction
pleurale évacuatrice en cas de pleurésie très importante avec risque de
troubles de compression. Elle doit être
lente car l’évacuation rapide d’une très grande quantité de liquide peut être
dangereuse, voir même fatale
- Médicamenteux : pour la
tuberculose : Tuberculostatiques (Cfr TBC) + corticothérapie.
f) Rôle de l’infirmier(e) :
- Aider le Médecin lors de la ponction
pleurale, préparer les tubes et les bon de Labo pour l’examen du liquide
pleural
CHAP XII
LE PNEUMOTHORAX
SPONTANE
1. DEFINITION :
Syndrome lié à l’introduction d’air
dans la plèvre, en dehors de tout traumatisme ou de tout acte chirurgical ou
d’une thoracentèse. C’est donc
l’occupation de l’espace pleural par l’air, c.à.d. un épanchement gazeux dans
la plèvre.
2. ETIOLOGIE
Toute
lésion pulmonaire qui se rompt en surface et laisse fuir l’air bronchique ou
alvéolaire vers la plèvre.
- Tuberculose : rupture d’une
caverne superficielle
- Emphysème : rupture d’une bulle
lors d’un effort de toux
- Rupture d’un kyste
- Pneuomothorax primitif,
idiopathique, essentiel.
Le rôle
de l’effort est à signaler (lever de poids, course, exercice sportif,
défécation, toux, accouchement, …) mais pas toujours présent.
3. PHYSIOPATHOLOGIE :
La solidarité relative de deux
feuillets qui résulte des forces d’adhésion et de cohésion (par pression
négative) solidarise les poumons avec la cage thoracique. Ainsi les mouvements des poumons sont
synchrones avec ceux de la cage thoracique lors de l’inspiration et de
l’expiration.
L’irruption
de l’air dans la cavité pleurale désolidarise le poumon de la paroi.
Si la pression intra pleurale est
très élevée, il peut y avoir compression de l’autre poumon, d’où une
insuffisance respiratoire aiguë.
4. SYMPTOMATOLOGIE :
- Début brusque par :
·
Une
douleur = Point de côté intense en coup de poignard ou douleur profonde
·
Une
toux quinteuse, déclenchée par la mobilisation
·
Une
dyspnée intense, angoissante, type polypnée.
- A l’inspection les mouvements
respiratoires homo latéraux sont limités.
5. EVOLUTION :
X. Généralement bénigne
avec resorption de l’air, sauf dans le pneumothorax suffocant qui aboutit
souvent à la mort.
X. Passage à la
chronicité, redoutable.
6. TRAITEMENT :
- Des formes simples :
·
Repos
au lit et éviter les efforts et la mobilisation du patient
·
Antitussif
Si
la fuite gazeuse tarit, la résolution spontanée se fait en trois à quatre
semaines.
- Du pneumothorax suffocant :
recourir au Médecin pour une aspiration de l’air pleural ou une exsufflation à
l’aiguille.
CHAP XIV
LES TUMEURS MALIGNES
DE LA PLEVRE
Rarement primitives, elles sont
souvent secondaires à un cancer du sein, de l’estomac, de la thyroïde, de la
prostate, des reins, des bronches.
Elles
donnent des épanchements serofibrineux ou serohémorrhagiques qui ont tendance à
se refaire rapidement après l’évacuation.
SYMPTOMATOLOGIE :
- Toux sèche, irritative
- Dyspnée
- Douleurs thoraciques
PARACLINIQUE :
- La radiologie révèle l’épanchement
pleural.
- Examen cytologique du liquide
pleural à la recherche des cellules néoplasiques.
TRAITEMENT :
Il est palliatif
- Symptomatique : antalgiques,
ponction évacuatrice
- Chimiothérapie anticancéreuse
DEUXIEME PARTIE
CARDIOLOGIE
C’est
l’étude des maladies du cœur et des vaisseaux.
A. MALADIES DU CŒUR
¨
RAPPEL
ANATOMO-PHYSIOLOGIQUE :
Le cœur est une pompe aspirante et
foulante placé au point de raccordement de la grande et de la petite
circulation. Il est constitué de 2
parties : le cœur droit et le cœur gauche.
Chaque partie comprend 2 cavités : une oreillette et un ventricule. Le cœur droit reçoit le sang veineux de la
périphérie et l’envoie vers les poumons pour son oxygénation. Le cœur gauche reçoit les sang oxygéné à
partir des poumons et l’envoie vers la périphérie pour la nutrition tissulaire
(perfusion).
Entre le cœur droit et le cœur
gauche il n’y a pas de communication.
Entre les oreillettes et les ventricules il y a une communication
(orifice) auriculo-ventriculaire munie de valvules (mitrale et tricuspide)
s’ouvrant pour laisser passer le sang et se refermant pour empêcher le
reflux. A la sortie de chaque ventricule, il y a aussi
un orifice (aortique et pulmonaire) muni de valvules sigmoïdes ou
semi-lunaires. Le cœur est constitué de
3 tuniques : de l’extérieur à l’intérieur, nous avons le péricarde (séreuse),
le myocarde (musculature) et l’endocarde.
Le cœur
reçoit sa nutrition sanguine à partir des artères coronaires.
¨
SEMIOLOGIE :
L’espace précordial correspond à la
projection du cœur sur la paroi thoracique antérieure. On distingue quatre points de repère :
- 1 cm à droite du sternum, dans le
deuxième espace intercostal ;
- 1 cm à droite du sternum, dans le
cinquième espace intercostal ;
- 2 cm à gauche du sternum, dans le
deuxième espace intercostal ;
- cinquième espace intercostal gauche
un peu en dedans de la ligne médioclaviculaire
NB :
x
Chez
un sujet atteint d’une affection cardio-vasculaire, l’interrogation doit faire
préciser :
dans les antécédents personnels,
l’existence ou non des crises de rhumatisme articulaire aigu dans l’enfance ou
l’adolescence, souvent précédées d’angine à repetition
les antécédents familiaux
éventuels : HTA, AVC, accidents coronariens, …
x
Eviter
d’angoisser le malade, ex : par le mot « Cardiaque ».
C’est une polypnée apparaissant à
l’effort qui jusque là était effectué sans difficulté (marche rapide, montée
d’escaliers), elle va en général croissant, apparaissant pour des efforts de
plus en plus restreints (= progressive).
Classification : Selon le degré, on distingue quatre
stades :
- au gros effort
- à l’effort léger
- au moindre effort habituel
- même au repos c'est-à-dire
permanente (dyspnée continue).
Survenant
en décubitus, on parle d’orthopnée (et le malade se met en position
semi-assise).
Des fois
on observe des crises de dyspnée paroxystique (O.A.P., asthme cardiaque).
NB. La
dyspnée peut aussi être retrouvée chez les anémiques et les nevrotiques.
C’est une sensation plus ou moins
génante du choc précordial, une perception anormale et désagréable des
battements cardiaques. Elles sont
souvent intermittentes.
-
Provoquées par les efforts et les émotions, elles traduisent l’éréthisme
cardiaque chez un sujet neurotonique.
- Elles peuvent aussi être en rapport
avec un trouble de rythme cardiaque.
Une douleur cardiaque se définit par
ses circonstances d’apparition, son siège, ses irradiations, ses caractères,
les signes d’accompagnement, sa durée et les facteurs qui la font cesser.
On
distingue :
+
l’angine
de poitrine traduisant une affection redoutable = l’insuffisance de la
circulation coronarienne ;
+
les
algies précordiales, tout à fait bénignes
-
L’angine
de poitrine (Angor) :
x
Circonstance
d’apparition : déclenchement de la douleur par l’effort (marche, montée
d’escalier, travail).
NB : Dans l’infarctus du myocarde, la douleur
angineuse est spontanée.
x
Siège :
retro sternal profond.
x
Irradiations :
au membre supérieur gauche jusqu’aux deux derniers doigts, en longeant la face
interne du bras et de l’avant-bras et le bord cubital de la main.
x
caractères :
la douleur est souvent constrictive (impression de thorax serré), et rarement
sous-forme de brûlure.
x
Signes
d’accompagnement : une angoisse très pénible pouvant aller jusqu’è
l’impression d’une mort imminente, une impotence fonctionnelle : le malade
s’arrête ou s’immobilise.
x
Durée :
variable : elle cède au repos en quelques minutes.
x
calmants :
le repos, la trinitrine (sédatif agissant en plus ou moins une minute).
Cette
douleur impose de faire un ECG.
-
les
algies précordiales :
x circonstances d’apparition =
imprécises
x siège = souvent à la pointe du coeur
x
caractères :
à type de piqûre, de pincement
x
Signes
d’accompagnement : parfois sensation d’arrêt cardiaque, plus rarement
d’angoisse mais jamais d’impotence fonctionnelle.
x
Durée :
très brève.
C’est une
perte de connaissance brutale, brève
Le patient en décubitus dorsal ou en
position semi-assise s’il est dyspnéique.
Il est déshabillé jusqu’à la ceinture.
=
Chez
l’homme normal :
L’inspection de l’espace précordial
révèle le plus souvent un soulèvement punctiforme systolique (choc de pointe)
donnant à la main qui palpe la sensation d’une petite chiquenaude systolique,
contemporaine au pouls.
Il est
peu visible chez les sujets gras.
Le palper
permet de préciser son emplacement, son étendue ainsi que son intensité. Il est normalement situé dans le cinquième
espace intercostal gauche un peu en dedans de la ligne médioclaviculaire.
=
Variations physiologiques :
·
Il peut être situé au quatrième espace, sur la
ligne medio claviculaire chez l’enfant : le diaphragme est plus élevé et
le cœur proportionnellement plus volumineux que chez l’adulte.
·
Il est souvent situé au sixième espace intercostale
chez les vieillards par suite de l’abaissement du diaphragme dû à l’emphysème
pulmonaire.
·
Il est au quatrième espace parfois chez la femme.
·
Dans le décubitus latéral gauche, le choc de la
pointe peut s’approcher de la ligne axiliaire antérieure.
·
L’exercise musculaire et l’émotion élargissent le
choc et le renforcent.
=
Variations pathologiques :
·
Déplacement du choc de pointe : il est souvent
déplacé vers le bas et la gauche en cas de cardiomégalie. Il est aussi déplacé en cas de refoulement du
cœur par un épanchement pleural abondant.
·
Renforcement et élargissement du choc de la
pointe : ils s’observent :
*
En cas de contractions cardiaques énergiques =
éréthisme chez les sujets neurotoniques, tachycardie fébrile.
· En cas
d’augmentation du volume du cœur = hypertrophie.
Citons trois types :
+
le
choc en dôme, globuleux, soulève la paroi précordiale sur la surface d’un
cercle de 2 ou 3 cm, il est perçu sous la main qui palpe à plat comme un
durcissement en boule assez localisé est violent de la région aortique.
+
le
choc étalé couvre la surface d’une paume de main
+
le
choc en masse soulève la région précordiale sur une très large étendue,
déplacant parfois tout l’hémithorax gauche.
Il est
mieux perçu en décubitus latéral gauche.
Elle occupe peu de place en
sémiologie cardiaque. Elle a perdu son
intérêt depuis l’ère radiologique. Elle
permet de rechercher la matité cardiaque, permettant de déterminer ses
limites. L’augmentation de la matité
cardiaque est souvent signe d’une cardiomégalie.
-
Techniques
d’auscultation du cœur :
x
Position
du malade : le malade peut être en décubitus dorsal pour ausculter toute
l’aire précordiale, en décubitus latéral gauche pour mieux ausculter la pointe.
x
L’auscultation
doit se faire dans un silence complet, au besoin dans une chambre
insonorisée. L’auscultation doit être
prolongée au minimum cinq minutes.
x
le
stéthoscope doit être de très bonne qualité
x
Identifier
le premier bruit (B1) et le deuxième bruit (B2) cardiaques.
x
Apprécier
la fréquence cardiaque :
par 15 sec (rythme régulier)
par minute (rythme irrégulier)
Normale
= 72 à 80 battements par minute ; augmentée = tachycardie
diminuée
= bradycardie
x
Apprécier
le rythme : rapide ou lent, régulier ou irrégulier
x
Ausculter dans l’ordre les foyers suivants :
foyer aortique : situé dans le 2e
espace intercostal droite contre le sternum.
4e EICG près du sternum : foyer
d’ERB ou foyer mésocardiaque = celui de la CIV
Foyer mitral ou apexien : situé à la pointe du
cœur et se déplace avec elle.
foyer tricuspidien : situé à la partie
inférieure du sternum (appendice – xyphoïde)
-
Résultats de l’auscultation du cœur : il faut
noter
x
La
succession régulière ou irrégulière (= arythmie) des deux bruits cardiaques,
x
Leur
intensité (augmentée ou diminuée = affaiblissement) ;
x
Leur
dédoublement et le bruit de galop (rythme à 3 temps)
x
Les
souffles éventuels, bruits adventices engendrés par un écoulement de sang à
travers des orifices vavlulaires altérés (rétrécis ou insuffisants). On notera toujours l’emplacement du souffle
dans la révolution cardiaque (systolique ou diastolique) et sa localisation
(Cfr foyers d’auscultation du cœur).
-
Inspection
des artères
Les
battements artériels sont habituellement invisibles.
On peut
observer dans certaines pathologies :
x
la
pulsatilité excessive de toutes les artères ou danse des artères
x
la
tortuosité des artères : en cas d’artériosclérose
x
les
dilatations anévrysmales.
Parfois
les signes s’associent : ex : Sinuosités artérielles pulsatiles
-
Palpation
des artères :
x
Technique
de palpation : Exercer une compression légère de l’artère contre le plan
osseux sous-jacent au moyen de la pulpe des extrémités de l’index et des doigts
médians
x
Résultats :
+
la
consistance des artères : les artères épaissies par l’artériosclérose sont
palpables sous forme de cordons durs, ne se laissant plus écraser (on parle
alors d’artères en tuyau de pipe ou en trachée d’oiseau). Les artères sont endurées, visibles et
sinueuses.
+
les
dilatations anevrysmales :
Elles se
présentent au palper comme des tumeurs pulsatiles présentant une expansion
systolique
+
En
cas d’artérite des membres inférieurs, les battements artériels peuvent
disparaître.
·
Exploration
du pouls radial :
Il est
commode d’utiliser le pouls radial, ainsi on désigne ordinairement sous le nom
de poul le battement de l’artère radiale au niveau du poignet.
On
notera :
x
la
fréquence : normale habituelle = 72 pulsations par minute. Il existe le plus souvent d’assez grands
écarts individuels (de 60-100). Le pouls
est généralement plus rapide en station debout qu’en décubitus. Dans la fièvre, le pouls augmente d’environ
10 pulsations par degré au dessus de la température normale, lorsqu’une
influence toxique ne modifie pas le fonctionnement cardiaque. Une tachycardie excessive doit toujours faire
soupçonner une atteinte cardiaque.
Certaines
infections sont toutefois caractérisées par une bradycardie relative
(dissociation pouls température) : la fièvre typhoïde en est l’exemple
classique.
x
le
rythme de pouls est normalement régulier.
Il peut être troublé par de nombreuses arythmies, dont les plus
importantes sont les extrasystoles et la fibrillation auriculaire. Dans ce cas le pouls est irrégulier.
x
les
qualités du pouls : sa vitesse, sa grandeur, …
La
grandeur du pouls est l’amplitude de soulèvement artériel.
La vitesse
du pouls est la rapidité avec laquelle il passe sous le doigt qui palpe.
x
Les
modifications du pouls sont dues aux troubles du rythme cardiaque :
+
Modifications de grandeur :
Augmentation de l’amplitude du
pouls : appelée ample ou fort : peut être causée par un accroissement
de l’énergie de la contraction cardique.
La diminution d’amplitude = pouls
faible : généralement en rapport avec un affaiblissement des contractions
cardiaques, mais peut être la conséquence d’un obstacle au passage du sang (ex.
sténose, aortique, compression ou thrombose artérielle) ou de
l’artériosclérose.
L’inégalité d’amplitude des
pulsations successives est la règle dans les arthmies.
Ex :
l’alternance du pouls consiste dans
la succession régulière d’une pulsation forte et d’une faible.
+
Modification de la vitesse :
Le pouls bondissant = filant :
quitte immédiatement le doigt.
Le pouls lent s’attarde au contraire
sous le doigt.
-
Auscultation
des artères : La pression artérielle
La mesure
de la pression artérielle ou sphygmomanométrie comporte la détermination de
trois chiffres :
pour
diminuer ensuite brusquement. On lit la
minima au moment où disparaissent les fortes pulsations vibrantes.
+
Méthode auscultatoire :
Elle consiste à ausculter l’artère
humérale immédiatement en dessous de la manchette au niveau du pli du
coude. Utiliser de préférence la cupule
du stéthoscope étant donné la tonalité relativement basse des bruits à
entendre. On gonfle la manchette jusqu’à
une pression supérieure au niveau présumé de la Mx (contrôler la disparition de
pouls). Tant que la pression exercée par
le brassard est supérieure à la Mx, on n’entend aucun bruit.
Au moment où elle est égale à Mx, on
perçoit un ton léger. Si l’on continue
la décompression, après une zone de quelques tons légers (zones I) apparaît une
série de bruits soufflants (zone II), puis une zone de tons claquants (zone
III) auxquels font brusquement suite quelques tons assourdis (zone IV). La minima se place au moment du passage des
tons cinglants aux tons faibles assourdis, et non comme on le dit souvent, au
moment de la réapparition d’un silence complet.
Le point de disparition des bruits est habituellement situé seulement de
quelques mm Hg au dessous du point d’assourdissement. Chez certains sujets, ces deux points peuvent
être éloignés l’un de l’autre. S’il y a
plus de 10 mm Hg de différence, il faut noter les deux chiffres. C’est cette méthode qui est la plus
pratique. On utilise d’ordinaire pour
cette détermination, le tensiophone de Vaquez qui est muni d’un manomètre anéroïde. Certains cliniciens préfèrent les appareils
pourvus d’un manomètre à mercure.
Ceux-ci sont un peu plus encombrants, mais fournissent des lecteurs plus
précises.
Chez
certains sujets, les premiers tons artériels perçus peuvent être suivis par une
zone de silence (trou auscultatoire) après laquelle les bruits artériels se
manifestent à nouveau. C’est pourquoi il
faut d’abord déterminer la pression systolique palpable.
Mentionner
le trou auscultatoire s’il est présent : par exemple 190/90 mmHg avec un
trou auscultatoire entre 160 et 120.
On peut
prendre la pression artérielle à la jambe : on utilisera alors un brassard
large, placé sur le tiers inférieur de la cuisse, le sac centré sur la face
postérieure. Le sujet dans ce cas est en
décubitus ventral ou alors la jambe légèrement fléchie. Ausculter l’artère paplitée. La pression systolique des jambes est
habituellement nettement plus élevée qu’à l’humérale. Une pression systolique plus basse est
pathologique.
La
tension maxima ou systolique (Mx)
La
tension minima ou diastolique (Mn)
La
tension différentielle (Mx-Mn)
· Principes généraux et techniques de
la sphygmomanométrie :
Dans le but de mesurer la tension
artérielle, on exerce sur l’artère (généralement l’humérale) ; une
compression à l’aide d’un brassard pneumatique circulaire. La pression régnant à l’intérieur de ce
brassard peut être variée à volonté à l’aide d’une soufflerie et d’un orifice
d’échappement, elle est mesurée à chaque instant par un manomètre anéroïde ou à
mercure communiquant avec la poche du brassard.
Le brassard à sac gonflable doit être assez large pour entourer le bras.
· Technique de prise de la pression
artérielle :
La position du patient doit être
aussi confortable et aussi détendue que possible, bras dévêtu, coude légèrement
fléchi et soutenu sur une table ou autre surface régulière.
Le
brassard doit être placé au même niveau que le cœur.
La TA
sera prise chez un sujet au repos physique depuis au moins trente minutes.
Il existe
trois méthodes de sphygmomanométrie :
La méthode palpatoire basée sur la
palpation du pouls en aval de la compression.
La méthode auscultatoire fondée sur
l’auscultation de l’artère en aval du brassard.
La méthode oscillemétrique, basée
sur l’appréciation de l’amplitude des battements du pouls au niveau de la zone
comprimée ; elle n’est guère utilisée en pratique.
+
Méthode palpatoire :
On gonfle le brassard jusqu’à la
disparition du pouls radial ou huméral.
Dépasser de 30 mmHg au – dessus du niveau de la disparition du
pouls. On décomprime lentement en
guettant la réapparition du pouls.
Celle-ci se produit au moment où règne dans la manchette une pression
égale à la maxima.
La
méthode se prête bien à la détermination de la Mx.
La
détermination de la minima est possible, mais fort délicate. Si l’on palpe l’artère humérale en dessous du
brassard au cours de la décompression progressive on perçoit à partir du moment
où on est descendu en dessous de la maxima des pulsations d’amplitude
croissante qui acquièrent à un moment donné une vibrance caractéristique.
*Remarques :
Si vous devez répéter la prise de la
pression artérielle, il faut attendre 1 à 2 minutes après dégonflement complet
du brassard ou lever le bras au dessus de la tête parce que qu’une congestion
peut provoquer des artéfactes tels qu’une pression systolique basse et une
pression diastolique élevée.
Il faut prendre la pression
artérielle aux deux bras au moins une fois.
Normalement, il peut y avoir une différence de pression de 5 mmHg
jusqu’à 10 mmHg. Utiliser le bras avec
la pression la plus élevée.
Il faut prendre la pression
artérielle dans trois positions différentes si la personne reçoit des
médicaments antihypertenseurs : décubitus dorsal, assis, débout.
+
Méthode oscillométrique :
L’appareil du PANCHON contient une
capsule manométrique dite oscillométrique, reliée à la manchette
pneumatique. Les mouvements de cette
capsule sont transmis à une aiguille qui se meut sur un cadran gradué. Cette capsule est placée dans un boîtier.
· Résultats de la prise de la pression
artérielle :
+
Critiques des résultats :
Il ne faut pas attendre de ces
procédés indirects la précision rigoureuse des mesures directes. Les procédés employés donnent néanmoins des
mesures relatives parfaitement comparables lorsqu’ils sont effectués avec une
même technique.
Une première mesure de la TA donne
une valeur plus élevée qu’une seconde effectuée quelques minutes plus
tard. Les deux lectures peuvent différer
parfois de 20 ou 30 mmHg. Chez les
sujets nerveux (influence de l’émotion), c’est la deuxième valeur appelée « tension
résiduelle » qu’on retiendra.
+
Chiffres
normaux :
Pour la
maxima, on trouve généralement chez l’adulte, par la méthode oscillatoire ou
palpatoire, de 120 à 140 mmHg. La
tension minima varie entre 60 et 90 mmHg normalement lorsque le sujet passe de
la position horizontale à la position verticale, la pression systolique baisse
légèrement ou demeure inchangée tandis que la pression diastolique s’élève
légèrement.
+
Variations
pathologiques :
Maxima : on admet que la maxima
est augmentée lorsqu’elle atteint ou dépasse 160 mmHg à la méthode
auscultatoire. On ne conclura à
l’existence d’une hypertension que si les causes physiologiques d’élévation de
tension sont éliminées (effort, émotion, douleur, excès alimentaire). En outre, on ne déclarera un sujet hypertendu
qu’après trois prises décalées et dans les conditions standards. Une seule prise ne suffit pas. L’augmentation de la maxima s’observe dans
l’hypertension essentielle, l’artériosclérose (chez les vieillards), les
néphrites aiguës et chroniques, l’insuffisance aortique, les états
neurotoniques (hyperthyroïdie, ménopause, neurotonie simple). Il existe en outre des syndromes
d’hypertension paroxystiques (surrénalomes hypertensifs, etc…). Un abaissement de la maxima (= ou inférieur à
90 mmHg) se rencontre dans l’hypotension idiopathique, la décompensation
cardique, certains rétrécissements aortiques et mitraux, dans la maladie
d’Addison, les affections cachectisantes, la sous-alimentation chronique, les
états de choc et de deshydratation et des hémorragies abondantes.
Minima : on considère que la
minima est exagérée lorsqu’elle atteint ou dépasse 90 mmHg. L’élévation de la minima s’observe dans les
hypertensions essentielles. On trouve une
minima abaissée chez beaucoup d’asthéniques, dans la maladies d’Addison et dans
l’insuffisance cartique. On la considère
fort abaissée en dessous de 60 mmHg
o
Rapport
entre la maxima et la minima :
A l’état
normal, leurs valeurs sont unies par la relation suivante établie empiriquement
par LIEN :
Mn = (Max/2)+1
Chez les
hypertendus en fonctionnement cardiaque satisfaisant, cette formule
devient :
Mn = (Max/2)+2
On dit dans ce cas que la formule
tensionnelle est concordante. Cela
indique que dans l’HTA considérée, le fonctionnement cardiaque est adapté aux
résistances périphériques.
Si la
différentielle est plus faible, la formule est convergente ou la différentielle
pincée.
Si la
différentielle est plus forte (= élargie), on a affaire avec une formule
tensionnelle divergente. Si en cas de
passage de la position couchée à la position debout, on note une chute marquée
de la pression systolique de 20 mmHg ou plus, surtout si elle s’accompagne de
signes, cela signifie une hypotension orthostatique (posturale) ; la
pression diastolique peut également baisser
- Inspection des veines : Elle
permet d’observer :
· Un gonflement permanent des veines
jugulaires dans l’insuffisance du cœur droit, en cas de compression de la veine
cave supérieure.
· La visibilité des veines se trouve
exagérée :
·
Au
niveau des membres inférieurs, lorsqu’ils sont atteints de varices, la station
debout les rend visibles.
·
Au
niveau du tronc, en cas d’embarras, de la circulation profonde = circulation
collatérale de suppléance qui se développent quand la circulation est gênée dans
les veines caves ou la veine porte ;
·
Dans
les cas d’anévrismes artério-veineux
-
Palpation
des veines (pour documentation).
CHAP. I
INSUFFISANCE CARDIAQUE
SYNONYMES :
décompensation cardiaque ou défaillance cardiaque.
1.
DEFINITION :
C’est l’incapacité du cœur
d’accomplir ses fonctions c.à.d. lorsque son débit est insuffisant pour les
besoins des tissus. C’est
l’impossibilité du myocarde d’asssurer un débit suffisant aux exigences
périphériques c.à.d. la défaillance du cœur à maintenir une circulation adaptée
aux besoins tissulaires en oxygène et en énergie.
Il s’agit
d’un trouble du comportement cardiaque vis-à-vis de la circulation veineuse de
retour. Le cœur est insuffisant à
assurer sa fonction essentielle de propulsion de sang en quantité suffisante
par rapport au retour veineux et aux besoins corporels.
- En effet, un cœur défaillant pour
fournir un débit sanguin suffisant tant que le malade est au repos mais non en
cas d’effort, de fièvre, d’hyperthyroïdie ou pendant la grossesse ; il ne
sait donc pas s’adapter aux circonstances critiques.
- Un cœur normal est capable
d’accroître intensément son débit à l’effort (8 à 10 fois la valeur du repos)
par l’allongement des fibres myocardiques, une plus grande énergie de
contraction et l’accélération du rythme (DC = DS x FC).
La
« réserve cardiaque » utilisable à l’effort est donc très importante
chez le sujet normal. Dans les
cardiopathies, les fibres musculaires sont déjà allongés au repos et la réserve
disponible à l’effort est diminuée. Au
premier stade, le manque de réserve est compensé par une hypertrophie
musculaire ; ensuite cette compensation sera maintenue par l’accélération
du rythme (tachycardie) et la dilatation du cœur par allongement des fibres.
- La surcharge du cœur entraîne une
hypertrophie qui sera suivie plus tard d’une dilatation cardiaque. Ces deux phénomènes, hypertrophie et
dilatation, sont des mécanismes compensatoires.
Au cours
de l’insuffisance cardiaque, le débit est d’abord insuffisant à l’effort,
ensuite au repos
2.
PHYSIOPATHOLOGIE
Les conséquences de l’insuffisance
cardiaque :
- EN AVAL :
Il y
a hypoperfusion tissulaire et notamment au niveau du rein. La diminution du flux plasmatique rénal
entraîne une réabsorption exagérée de Na et d’eau, d’où les oedèmes.
- EN AMONT :
Il y
a une stase sanguine car le cœur n’arrive plus à ejecter autant de sang qu’il a
reçu. Dans l’insuffisance droite la
stase est périphérique et dans l’insuffisance gauche la stase sera pulmonaire.
La
stase entraîne une augmentation de pression dans les vaisseaux, ce qui va
entraîner les oedèmes périphériques dans l’insuffisance droite et pulmonaires
dans l’insuffisance gauche.
- EN DEFINITIVE TOUT CELA ABOUTIT AUX
OEDEMES
- LES SIGNES CLINIQUES SONT DONC
ESSENTIELLEMENT :
· Pulmonaires dans l’insuffisance
cardiaque gauche : toux, dyspnée (à l’effort et à la longue au repos), OAP
· Périphériques dans l’insuffisance
cardiaque droite : œdème + épanchements séreux, notamment l’ascite
· L’association des deux dans
l’insuffisance cardiaque globale.
- POUR COMPENSER SA DEFAILLANCE, le muscle
cardiaque s’hypertrophie puis se dilate par allongement des fibres, d’où
cardiomégalie, il y a aussi accélération du rythme c.à.d. tachycardie.
3.
ETIOLOGIE : C’est l’aboutissement des diverses
cardiopathies
- Toutes les maladies du cœur
(myocardites, Valvulopathies, …)
- Hypertension artérielle (HTA) :
le cœur doit augmenter sa puissance pour vaincre cette résistance, d’où
hypertrophie puis décomposition.
- La maladies pulmonaires chroniques
(ex : B.P.C.O. = Broncho-pneumopathies chroniques obstructives : asthme,
bronchite chronique, …) : il y a hypertension pulmonaire imposée au cœur
droit.
- L’hyperthyroïdie : les tissus
ont besoin de plus d’O2 pour le métabolisme.
- Anémie : par hypoxie
tissulaire.
- Facteurs déclenchant : Anémie,
grossesse, accouchement, transfusion et perfusions salines.
4.
SIGNES CLINIQUES
a)
L’INSUFFISANCE
CARDIAQUE DROITE :
Les
manifestations cliniques essentiels sont dues à la stase périphérique
- Oedèmes sous cutanés :
commencent souvent aux membres inférieurs, et sont souvent suivis de l’ascite. Ces oedèmes peuvent aller jusqu’à l’anasarque
(= œdème généralisée et des séreuses).
- Hépatolmégalie douloureuse :
c’est un gros foie engorgé de sang (= foie congestif, foie cardiaque). Cette hépatomégalie cause des douleurs à
l’hypochondre droit surtout lors de la marche.
(= Hépatalgie d’effort). Elle est
sensible.
- Turgescence des veines
jugulaires : elles sont saillantes de façon permanente ou bien elles le
deviennent lors d’une compression douce sur le foie (reflux hépato-jugulaire).
- Oligurie, tachycardie, dyspnée, …
b)
L’INSUFFISANCE
CARDIAQUE GAUCHE :
Les signes cliniques sont surtout
liés à la stase pulmonaire
- La dyspnée : c’est une dyspnée
d’effort progressive c.à.d. elle apparaît d’abord aux efforts intenses
(ex : montée des escaliers, …) puis aux efforts habituels, ensuite aux
efforts minimes pour à la fin devenir permanente, c.à.d. survenant même au
repos. On observe même souvent une
dyspnée de décubitus (orthopnée) qui oblige souvent le malade à se mettre en
position semi-assise.
Cette
dyspnée comporte souvent des accidents paroxystiques, apparaissant rapidement
et intenses, dont l’œdème aigu du poumon.
Cet accident qui est une urgence médicale et due à une brusque
inondation des alvéoles pulmonaires et il se caractérise par une
dyspnée-intense, orthopnée, toux, anxiété, respiration bruyante, une
expectoration mousseuse rosée, avec des nombreux râles dans les poumons.
- La toux : elle est précoce et
ramène une expectoration mousseuse ou rouillée ou même hemoptoïque.
- La cyanose
-
La
tachycardie est constante.
c)
L’INSUFFISANCE
CARDIAQUE GLOBALE :
C’est l’association de toutes les
deux insuffisances droite et gauche.
Souvent l’insuffisance cardiaque
gauche entraîne l’insuffisance droite.
N.B. :
A l’auscultation il y a bruit de galop et la radiologie montre une
cardiomégalie
5.
COMPLICATIONS :
·
Thromboses
veineuses et embolies pulmonaires, cérébrales
·
OAP
et broncho-pneumonies
·
Insuffisance
rénale
·
Cirrhose
cardiaque à long terme.
6.
TRAITEMENT :
a) Hygiéno-dietetique :
- Repos au lit qui réduit le travail
du cœur, en position semi-assise si nécessaire.
- Régime sans sel, fait de repas
légers (pas de sel de cuisine ni d’aliments salés).
b) Les médicaments : On utilise :
- Les tonicardiaques ou
cardiotoniques. Ils sont classés en 3
groupes :
·
La
Digitaline ou digitoxine qui est une médication d’action lente et de longue
durée. On l’utilise donc pour le
traitement d’entretien.
·
Digoxine
ou Lanoxin ou Cedilanid est un médicament d’action rapide et brève. On l’utilise donc pour le traitement
d’attaque souvent en IV.
·
L’ouabaïne :
dose unique en IV. C’est un médicament
qu’on utilise seulement pour l’urgence c.à.d. dans l’œdème aigu du poumon…
N.B. Les cardiotoniques ont les effets
secondaires et des contre indications.
Leur manipulation est délicate.
L’intoxication aux digitaliques est
fréquente chez les sujets âgés et est favorisée par l’hypokaliémie et cette
intoxication se manifeste par des vomissements, de la bradycardie, des
céphalées et troubles de vision.
- Les diurétiques : Lasix,
Esidrex, Aldactone, Moduretic, Hygroton, Burinex, …
A
part l’aldactone, tous les autres entraînent l’hypokaliémie !
c) Traitement étiologique, selon la cause.
d) Traitement de l’OAP :
C’est
une urgence médicale. La vie du malade
dépend de la rapidité avec laquelle on lui portera secours
- La saignée blanche : donner
Lasix à forte dose
- Ouabaïne : ¼ de mg dilué, en
IV.
Si
cela échoue, on procède à
- La saignée rouge : extraction
d’au moins 350 cc de sang (300-400 jusqu’à 1000 ml). Elle est contre indiquée dans l’anémie ou
l’état de choc.
- Position assise, jambes pendantes
pour diminuer le retour veineux.
La
célérité et l’intelligence de l’infirmier(e) peuvent sauver le malade. Sans affolement, elle prépare :
- Les seringues de Lasix, de
tonicardiaque et de morphine, le garrot, le coton, l’alcool.
- La grosse aiguille à saignée ou le
bistourri (une aiguille trop fine se bouche et fait perdre du temps précieux).
- Un récipient pour recevoir le sang
N.B. :
La surveillance de l’insuffisance cardiaque doit être rigoureuse : pouls,
température, tension artérielle, pesée régulière, repos, prise des
médicaments. Tous ces signes doivent
figurer sur la feuille de température.
CHAP. II
RHUMATISME ARTICULAIRE
AIGUE (R.A.A.)
OU MALADIE DE
BOUILLAUD
C’est une maladie inflammatoire
chronique généralement entre coupée des rechutes aiguës. C’est l’ennemi n°1 du cœur au cours de la
première année de la vie car elle lui cause des lésions définitives.
1.
ETIOLOGIE :
Streptocoques hémolytiques du groupe
A
L’organisme réagit contre ces
microbes en fabriquant les anticorps et ces derniers vont aggresser les propres
tissus de l’individu surtout au niveau des articulations, du cœur, des reins et
du système nerveux. Ainsi donc la
maladie est souvent précédée d’angines à répétition. Elle entraîne souvent les cardiopathies chez
le sujet jeune et les arthropathies chez les sujets âgés.
2.
SIGNES CLINIQUES DU R.A.A.
- Les signes généraux :
Fièvre,
amaigrissement, tachycardie
- Les signes cardiaques :
C’est
la cardite rhumatismale c'est-à-dire l’atteinte du cœur et c’est une PANCARDITE
c'est-à-dire l’atteinte de toutes les couches du cœur. On peut donc observer une péricardite, une
myocardite et une endocardite. Cette
atteinte cardiaque peut mener à l’insuffisance cardiaque ou à un trouble du
rythme cardiaque.
- Les signes articulaires :
C’est
une polyarthrite qui intéresse surtout les grosses articulations commes les
genoux, les coudes, les épaules. Elle
est migratrice, fugace c.à.d. qu’elle change d’articulation en passant de l’une
à une autre. Généralement les
articulations ne suppurent pas et guérissent sans séquelles.
- L’atteinte nerveuse : on l’appelle la chorée de SYDENHAM ou Danse de Saint GUY : c’est
une méningo-encéphalite qui atteint surtout l’enfant. Ce dernier fait des grimaces, laisse tomber
les objets, bégaye, avec une démarche
trébuchante et des mouvements involontaires brusques.
- Atteinte rénale : C’est la glomerulo néphrite aiguë
- Atteinte pleuro-pulmonaire : Pleurésie sérofibrineuse
3.
SIGNES PARACLINIQUES :
- Découverte des streptocoques à
l’écouvillon de la gorge
- Accélération de la V.S.
- Hyperleucocytose neutrophile
- Anomalies de l’éléctro cardiogramme
- Taux des ASLO élevé
4.
EVOLUTION DE LA MALADIE C’est
une affection chronique avec des rechutes qui aggravent les lésions cardiaques
5.
TRAITEMENT DU R.A.A.
a)
TRAITEMENT
DE LA CRISE DE R.A.A
- HYGIENO-DIETETIQUE
·
Repos
au lit c.à.d. hospitalisation, un régime riche en protéines et en liquides
·
En
cas d’insuffisance cardiaque : régime hyposodé
- MEDICAMENTEUX :
·
Salicylées :
ils ont une action rapide et spectaculaire sur la fièvre et les douleurs
articulaires : aspirine : 4-6 gr/j + pansements gastriques.
·
Les
corticoïdes sont aussi très efficaces
·
Antibiotiques
efficaces contre les streptocoques (ex : pénicilline). En cas d’allergie à la pénicilline on peut
utiliser d’autres (ex : érythromycine)
b)
DANS
LA PERIODE DE REMISSION.
- On limite l’activité physique
- Prophylaxie des angines : on
utilise l’extencilline
- Quand les amygdales sont fortement
hypertrophiées on préconise l’amygdalectomie (après avoir jugulé
l’inflammation).
CHAP. III
LES MALADIES DES
TUNIQUES DU CŒUR
A.
LES PERICARDITES
a) DEFINITION :
C’est
une inflammation des membranes qui enveloppent le cœur avec ou sans
épanchement, entre ses deux feuillets.
On
parlera ainsi de péricardite sèche c.à.d. sans épanchement et de péricardite
exsudative quand il y a épanchement liquidien.
b) ETIOLOGIE :
- Le R.A.A.
- Les maladies infectieuses
(bactériennes, virales, …). Les germes
pyogènes donnent la péricardite purulente ou septique, le B.K. donne la
péricardite tuberculeuse et les virus donnent la péricardite virale.
- Les maladies du système appelée généralement
collagénoses (LED, PAN,)
- L’insuffisance rénale :
péricardite urémique
- Tumeurs : péricardite
néoplasique.
- Idiopathique
c) PHYSIOPATHOLOGIE :
L’Epanchement
péricardique, surtout abondant, gêne le remplissage diastolique du cœur par la
compression du cœur (= tamponade cardiaque).
Le cœur se remplit insuffisamment et débite peu. La tamponnade est observée surtout quand
l’épanchement se constitue rapidement ; quand l’accumulation s’opère
lentement, il peut atteindre une grande quantité sans signe de tamponnade à
cause de l’élargissement progressif du sac péricardique.
d) SIGNES CLINIQUES
- SIGNES SUBJECTIFS
·
Douleurs
thoraciques : c’est une douleur précordiale ou retro sternale, aiguë et
vive, irradiant vers l’arrière = douleur transfixiante.
·
Dyspnée
sous forme de polypnée ou orthopnée soulagée lorsque le patient se penche
fortement en avant (attitude = « prière mahométane »)
·
Toux
sèche et dysphagie suite à la compression de l’œsophage et des voies
respiratoires
- SIGNES GENERAUX
·
Fièvre
·
Transpiration
·
Amaigrissement
et asthénie
- SIGNES PHYSIQUES
·
Hypotension
·
Frottement
péricardique en cas de péricardite sèche.
C’est un bruit de raclement comparé à celui de cuir neuf.
·
Le
choc de pointe est affaibli ou absent, les bruits du cœur sont assourdis.
·
A
la radiographie : l’ombre cardiaque est augmentée de volume.
e) TRAITEMENT DE LA PERICARDITE AIGUE
- Il est étiologique : ex :
si c’est une péricardite tuberculeuse, on donne les tuberculostatiques
- Repos
- Traitement symptomatique : analgésiques.
- Corticoïdes (prednisone) en cas de
nécessité.
a) DEFINITION :
C’est
un épaissement fibreux dense du péricarde avec à la longue calcifications et
adhérence des feuillets péricardiques (coque ou gangue fibreuse du
péricarde). Il détermine une compression
cardiaque chronique.
b) ETIOLOGIE :
- TBC souvent
- Péricardite septique
- Tumeur ou corps étranger du
péricarde.
- Cause inconnue.
*Généralement
la péricardite constrictive est une séquelle de la péricardite aiguë sauf en
cas de R.A.A.
c) PHYSIOPATHOLOGIE
Le cœur
se trouve à l’étroit (serré) dans la gangue fibreuse, ce qui gêne la
diastole ; il y a donc diminution du volume de remplissage.
Conséquences : On observe trois anomalies
principales :
·
La
compression cardiaque chronique entraîne une stase veineuse. En effet la gangue péricardique entrave
l’arrivée du sang veineux dans V.D.
·
La
diminution de l’apport veineux réduit le débit systolique. Une tachycardie compensatrice tente le
maintien du D.C.
·
La
compression fibreuse du V.G. augmente les pressions pulmonaires, d’où une
congestion pulmonaire.
d) SIGNES CLINIQUES
- Dyspnée due à la stase pulmonaire
- Œdème + ascite dus à la stase
périphérique
- Hépatomégalie
- Turgescence des veines jugulaires
- Choc de pointe invisible et non
palpable
- A la radiographie on observe des
calcifications péricardiques
- Anomalies à l’ECG.
e) TRAITEMENT DE LA PERICARDITE AIGUE
- En cas de tuberculose :
tuberculostatiques (+ corticoïdes)
- En cas des germes pyogènes :
antibiotiques
- En cas de cause inconnue et que la
maladie est mal tolérée, le traitement est chirurgical et on fait la
péricardectomie
B.
LES MALADIES DU MYOCARDE
1.
LES MYOCARDITES :
a) DEFINITION :
- C’est une atteinte myocardique aiguë
ou chronique d’origine toxi-infectieuse, inflammatoire et dégénérative. Dans cette inflammation le muscle cardiaque
est affaibli.
b) ETIOLOGIE :
- Le R.A.A. est la cause principale
- Les toxi-infections :
hypersensibilité aux virus, bactéries (fièvre typhoïde, diphtérie, …),
rickettsies, champignons, parasites
- L’allergie aux médicaments,
intoxications, etc…
- Cause inconnue = myocardite
idiopathique
c) SIGNES CLINIQUES :
La myocardite est souvent
asymptomatique ; dans d’autres cas on peut noter :
- une dyspnée d’effort avec
tachycardie et hypotension
- des douleurs précordiales et
palpitations
- assourdissement des bruits
cardiaques (surtout B1)
- insuffisance cardiaque avec
augmentation du volume du cœur.
- anomalies de l’électrocardiogramme
et troubles du rythme cardiaque
- la mort subite
d) TRAITEMENT :
- On soigne l’insuffisance cardiaque =
traitement symptomatique
- Traitement étiologique
- Quand toutes ces méthodes échouent
on préconise la transplantation cardiaque.
2.
LES MYOCARDIOPATHIES
a) Ce sont des affections myocardiques
d’origine inconnue, caractérisées par une hypertrophie du cœur et une
insuffisance cardiaque irréductible.
Certaines sont liées à une consommation abusive d’alcool, à la
malnutrition d’autres sont liées aux collagenoses, d’autres encore surviennent
dans le peri partum, d’autres enfin sont idiopathiques. C’est donc un groupe des maladies hétérogènes
touchant primitivement le myocarde.
b) TRAITMENT :
- Suppression d’alcool
- Traitement de l’insuffisance
cardiaque
- En dernier ressort la
transplantation cardiaque
N.B. :
Celle survenant en peri-partum
contre-indique une nouvelle conception.
C.
LES ENDOCARDITES
a) Définition :
Ce
sont des lésions inflammatoires de l’endocarde, surtout valvulaire. Des lésions endocardiques sont souvent
prolifératives se présentant sous-forme d’excroissance ou de végétation dont le
détachement d’un morceau peut entraîner des embolies.
La
nécrose valvulaire peut entraîner l’arrachement d’une valvule et créer ainsi
une insuffisance valvulaire.
b) Etiologie :
- Le R.A.A.
- Les facteurs qui causent
l’endocardite bactérienne
v L’ENDOCARDITE BACTERIENNE :
Elle
se présente comme une septicémie car en fait ce sont des germes apportés par
voie sanguine qui viennent se fixer sur l’endocarde déjà malade.
a) ETIOLOGIE :
- LES GERMES RESPONSABLES SONT :
Streptocoques
viridans qui est un saprophyte habituel de la bouche, les autres types de
streptocoques, pneumocoques, staphylocoques, méningocoques, gonocoques, parfois
mycoses ou champignons, etc…
- FACTEURS FAVORISANTS :
·
Les
cardiopathies rhumatismales et congénitales
·
Les
interventions chirurgicales et autres manœuvres sur le cœur, les voies
urinaires, extraction dentaire et amygdalectomie
b) SIGNES CLINIQUES
- Signes généraux
·
Syndrome
infectieux qui est fait de fièvre avec frissons et transpiration abondante
·
Céphalée
·
Splénomégalie
·
Amaigrissement
·
Anémie
- Signes cardiaques = apparition des souffles valvulaires et insuffisance cardiaque
- Signes extra-cardiaques
·
L’atteinte
rénale : la néphrite qui se manifeste par une douleurs lombaires,
hématurie et albumineure ; cela peut aboutir à l’insuffisance rénale.
·
Pétéchies
cutanéo-muqueuses
·
Une
meningo-encéphalite ou embolie cérébrale qui peut donner des paralysies, de
l’aphasie, AVC, abcès du cerveau, …
- Embolie coronarienne avec infarctus du myocarde et mort subite
- Embolie pulmonaire
c) EXAMEN PARACLINIQUE :
- L’Hémoculture va permettre d’isoler
les germes en cause. Le prélèvement doit
être fait avant tout traitement antibiotique ; il faut faire plusieurs
prélèvements, de préférence au moment de la poussée de fièvre ; il faut
prélever une quantité suffisante (au moins 20 à 25 cc de sang), il faut une
stérilité rigoureuse pour éviter les contaminations extérieures.
d) TRAITEMENT :
Il repose sur l’antibiothérapie qui
doit être précoce, massive (à dose suffisante) ou associée et prolongée. L’antibiotique à utiliser dépendra des germes
en cause. Ex : en cas de streptocoque :
pénicilline (peni procaïne en I.M. 2-106 U.I./j. ou Peni G
cristalisée : 20 à 100. 106 U.I/j pendant 4 à 6 semaines)
Ampicilline
en perfusion 6 à 12 gr/j
Chloramphenicol
3g/j environ.
D.
LES VALVULOPATHIES
Ce
sont des lésions valvulaires acquises et chroniques. Elles sont souvent une séquelle des
endocardites.
On
distingue 2 types de valvulopathies :
- Insuffisance orificielle :
Lorsque
les valvules ne se ferment pas complètement, l’orifice laisse refluer le sang.
- Le rétrécissement orificiel ou sténose
Lorsque
les valvules ne s’ouvrent pas complètement et gênent le passage du sang.
1.
LE RETRECISSEMENT MITRAL = sténose mitrale :
a. Etiologie :
=
Le
R.A.A. est la cause la plus fréquente.
=
Le
rétrécissement congénital et les tumeurs de l’oreillette gauche sont des causes
très rares.
b. Physiopathologie :
Les
valvules étant rigides et fibreuses avec même des calcifications s’ouvrent
insuffisamment au moment de la diastole ce qui laisse une partie du sang retenu
dans l’oreillette (résidu).
· Ce vidage incomplet de l’oreillette
gauche entraîne une augmentation de la pression auriculaire gauche qui se
répercute sur les veines pulmonaires, les capillaires pulmonaires et à la
longue sur l’artère pulmonaire.
L’augmentation
de la pression capillaire pulmonaire (hypertension pulmonaire) crée les
conditions nécessaires (augmentation de la pression hydrostatique) pour une
transsudation alvéolaire du plasma c'est-à-dire un œdème pulmonaire (OAP).
L’hypertension
pulmonaire entraînera à la longue une hypertrophie du ventricule droit.
L’insuffisance
cardiaque au début gauche entraîne plus tard l’insuffisance droite, devenant
ainsi globale. En plus de l’augmentation
de la pression, il y a une hypertrophie de l’oreillette gauche et une
dilatation de compensation.
·
Le
remplissage insuffisant du niveau gauche entraîne une hypotrophie à la longue
et une baisse du débit cardiaque.
N.B. :
Chez
la femme, les premiers signes de la sténose mitrale apparaissent souvent
pendant la grossesse à cause de l’augmentation de volume et du débit sanguin.
c. Signes cliniques :
Ce
sont ceux de l’insuffisance cardiaque gauche c.à.d dyspnée, toux, avec parfois
hémoptysie et des accidents d’OAP), puis droite réalisant l’insuffisance
cardiaque globale.
d. Complications :
- Fibrillation auriculaire
- Formation facile de thrombus dans
l’oreillette gauche qui peuvent occasionner des embolies pulmonaires,
cérébrales, etc…
- Infections broncho-pulmonaires
- Hypertension pulmonaire qui à la
longue peut créer l’insuffisance cardiaque droite.
e. Traitement :
- Médical = celui de l’insuffisance
cardiaque et du RAA.
- Hygienodietetique
· En ce qui concerne le repos, il y a l’hospitalisation
dans la phase aiguë (décompensée) ; dans la phase compensée il faut
limiter l’activité physique notamment le sport et l’activité sexuelle.
· Dans le régime il faut interdire au
malade de fumer
- Chirurgical : Consiste à élargir
l’orifice mitral, c’est la commissurotomie.
Ce traitement n’est indiqué que quand la maladie est mal toléré.
2.
L’INSUFFISANCE MITRALE
- Le R.A.A. est la cause la plus
fréquente
- Endocardite bactérienne où une
valvule peut être détruite
- Congénitale
- La commissurotomie (= cause
traumatique)
- Fonctionnlle ; en cas de
dilatation du ventricule gauche
La
valvule mitrale manque d’étanchéité. La
fermeture incomplète de l’orifice mitral pendant la systole va entraîner un
reflux sanguin (= régurgitation) vers l’oreillette gauche ; il y aura une
surcharge de l’O.G. avec augmentation de pression qui pourra se répercuter sur
le poumon (Hypertension pulmonaire). Le
débit est réduit, ces cavités gauches surchargées.
Ce
sont les signes de l’insuffisance cardiaque gauche.
3.
LE RETRECISSEMENT AORTIQUE
C’est la
sténose de l’orifice valvulaire aortique.
- R.A.A.
- Congénitale
- Calcification dans l’artériosclérose
- Idiopathique
L’ouverture
insuffisante de valvule aortique au moment de la systole gène le passage du
sang.
Conséquence :
L’accroissement de la résistance à
l’éjection du sang hors du ventricule gauche détermine une évacuation
incomplète du V.G., d’où augmentation du volume diastolique et de la pression
intraventriculaire et diminution du débit cardiaque (c'est-à-dire insuffisance
cardiaque). Cette augmentation de la
charge du V.G. entraîne son hypertrophie et à la longue sa dilatation. Cette surcharge du V.G. va se répercuter sur l’OG
et le poumon.
- Signes de l’insuffisance cardiaque
gauche
- Vertiges et syncopes, surtout à
l’effort
- Dyspnée, douleur angineuse
Insuffisance
cardiaque, mort subite, embolies, …
- Médical : il est
symptomatique : diminution de l’activité physique, soigner l’insuffisance
cardiaque.
- Chirurgical : dans les cas
compliqués : prothèse valvulaire
4.
L’INSUFFISANCE AORTIQUE
a) ETIOLOGIE :
- R.A.A.
- Endocardite bactérienne, syphilis
- Congénitale
- Fonctionnelle : HTA et
athérosclérose
b) PHYSIOPATHOLOGIE
La
fermeture incomplète de la valvule aortique lors de la diastole ventriculaire
entraîne un reflux de sang de l’aorte vers le ventricule gauche.
Lorsque
la régurgitation est importante, le V.G. se trouve devant une surcharge
augmente de volume et augmente sa force contractile. La pression augmente dedans. Par conséquent, à la longue il y aura
hypertrophie et dilatation du V.G. et enfin une insuffisance cardiaque
gauche. Celle-ci entraîne une congestion
pulmonaire à cause de la stase pulmonaire.
c) SIGNES CLINIQUES :
- Ceux de l’insuffisance cardiaque
gauche
- Douleur angineuse
- Danse des artères c'est-à-dire les
battements artériels deviennent visibles par hyperpulsatilité des vaisseaux
(surtout du cou).
d) TRAITEMENT :
- Médical : il est
symptomatique :
·
insuffisance
cardiaque
·
Causal
si possible (ex : syphilis)
·
Antibiothérapie
pour prévenir la greffe bactérienne
- Chirurgical : dans les cas mal
tolérés : prothèse valvulaire
5. LE RETRECISSEMENT OU STENOSE TRICUSPIDIENNE
a) ETIOLOGIE :
- R.A.A.
- Congénitale
- Tumeurs de l’Oreillette gauche (=
fonctionnel)
b) PHYSIOPATHOLOGIE
L’ouverture
incomplète de l’orifice tricuspidien au moment de la diastole gêne le passage
du sang. Cette évacuation incomplète à
travers l’orifice valvulaire rétréci augmente le volume sanguin dans
l’oreillette droite avec augmentation de pression dedans et stase périphérique
veineuse.
c) SIGNES CLINIQUES :
- Ceux de l’insuffisance cardiaque
droite
d) TRAITEMENT :
- Médical : celui de
l’insuffisance cardiaque droite
- Chirurgical : commissurotomie
6. L’INSUFFISANCE TRICUSPIDIENNE
a) ETIOLOGIE :
- R.A.A
- Endocardite bactérienne
- Congénitale
- Traumatique
- Fonctionnelle : dilatation du
ventricule droit
b) PHYSIOPATHOLOGIE
Fermeture
incomplète des valvules tricuspidiennes au moment de la systole qui va
entraîner un reflux de sang dans l’oreillette droite qui va être
surchargé. Cette regurgitation systolique
dans l’oreillette droite entraîne une élévation de tension dans cette cavité et
dans les veines en amont.
c) SIGNES CLINIQUES :
- Ceux de l’insuffisance cardiaque
droite
d) TRAITEMENT :
- Médical : celui de
l’insuffisance cardiaque
- Chirurgical : dans les cas
compliqués : prothèse valvulaire.
N.B. :
A l’auscultation du cœur, les
valvulopathies sont caractérisées par l’existence d’un souffle au foyer de la
valve concernée : mitral, aortique, tricuspidien ou pulmonaire.
CHAP. IV
MALADIES DES ARTERES
CORONNAIRES
= CORONAROPATHIES
Ce sont
les cardiopathies coronariennes ou la cardio-angio-sclérose.
GENERALITES
Ce sont desw maladies fréquentes
chez les sujets âgés de plus de 40 ans, plus fréquentes dans les pays dévelopés
que les pays sous développés. Ces maladies
sont dues à l’athérosclérose qui est un durcissement des artères observé
surtout avec le vieillissement, chez les obèses et chez les sujets qui ont des
troubles de métabolisme des lipides avec un taux de cholestérol élevé dans le
sang.
Cette artériosclérose est une
com plication fréquente du diabète et de l’hypertension artérielle
(HTA). La conséquence du durcissement
des artères (par fibrose et calcification de la musculeuse) et du dépôt des
plaques d’athérome (qui épaississent l’endothélium) dans les vaisseaux, c’est
la diminution de la lumière vasculaire avec ischémie de la région vascularisée
par le vaisseau concerné. Si les lésions
vont jusqu’à obstruer complètement les vaisseaux il y aura alors nécrose tissulaire
(infarctus). L’obstruction des
coronaires entrave donc la vascularisation du myocarde.
PATHOGENIE
DE L’ARTERIOSCLEROSE :
- Divers théories existent :
·
Théorie
de vieillissement
·
Théorie
métabolique : troubles du métabolisme lipidique, spécialement du
métabolisme du cholestérol (hypercholestérolémie).
-
Facteurs
prédisposants :
·
Age :
au dessus de 40 ans
·
Taux
sanguin élevé de cholestérol
·
Alimentation
riche en acides gras et obésité
-
Facteurs
endocriniens et métaboliques :
·
Diabète
sucré, hypertension artérielle, myxoedème, goutte et hyperuricémie
·
Stress
·
Sendentarité
·
Tabac
et consommation exagéré de café
1.
L’ANGINE DE POITRINE OU ANGOR PECTORIS
-
C’est
un syndrome clinique caractérisé par des crises paroxystiques de douleur
rétrosternale ou precordiale constrictive ou oppressante, irradiant dans le
membre supérieur gauche, déclenchées par l’effort physique ou l’émotion, de
durée brève (1 à 2 minutes) et qui cède rapidement au repos ou à
l’administration des dérivés nitrés. Ce
syndrome est lié à une souffrance du muscle cardiaque dont l’approvisionnement
en O2 est momentanément compromis.
Il s’agit d’une hypovascularisation cardiaque relative survenant par
crise, une anoxie myocardique liée à l’augmentation des besoins du muscle
cardiaque. Cela favorise les troubles du
rythme et la mort subite. L’examen
physique ne montre pratiquement rien.
-
Les
risques de la maladie = la mort subite
-
Traitement
·
Eviter
les efforts physiques et en cas de maladie déclarée il faudra hospitaliser le
malade, le soumettre à un régime spécial (sans graisse, amaigrissement chez les
obèses, interdiction du tabac)
·
Médical :
◊
Dérivés
nitrés :
+
la
trinitrine : 1 co sublingual,
+
Nitrite
d’amyle se donne en inhalation
◊
beta-bloquants
qui diminuent le travail du cœur
◊
Sédatif
contre l’angoisse (valium, phenobarbital)
2.
L’INFARCTUS DU MYOCARDE
a)
C’est
une nécrose ou mort tissulaire d’un territoire myocardique à la suite d’une
occlusion aiguë des coronaires (thrombose)
b)
SIGNES CLINIQUES :
La maladie
débute brutalement ; elle se manifeste par :
-
Une
douleur angineuse (retro sternale, constrictive) mais qui survient même en
dehors de l’effort, qui dure plus longtemps (1 à plusieurs heures) et qui ne
répond pas à la trinitrine ni ne cède au repos.
-
Un
état de choc : Le choc cardiogène : asthénie et prostration subites,
perte de connaissance, extrémités froides, transpiration, hypotension
importante, un pouls filant, tachycardie, visage pâle.
-
OAP
et insuffisance ventriculaire gauche.
-
Fièvre
-
Signes
digestifs : nausées et vomissements
-
Mort
subite par rupture du cœur !
-
A
l’examen du cœur les bruits sont assourdis, et des troubles du rythme cardiaque
sont présents.
c)
SIGNES PARACLINIQUES :
Leucocytose,
Vitesse de sédimentation accélérée, troubles ECG
d)
TRAITEMENT :
Repos
absolu, morphine pour lutter contre la douleur, anticoagulants et les
médicaments contre le choc, oxygénothérapie dans un service de cardiologie
spécialisé.
N.B. : Le lever du malade et la reprise de l’activité
physique ne se fera que très progressivement.
Le régime sera léger et fait de
petits repas fractionnés.
CHAP. V
TROUBLES DU RYTHME CARDIAQUE
GENERALITES :
Ils sont liés
soit à :
-
La
F.C. :
·
Tachycardie
·
Bradycardie
-
La
régularité : irrégulier c.à.d. que la succession des révolutions
cardiaques se fait de façon anarchique
a) CAUSES :
-
Le
émotions
-
Les
médicaments (digitaliques, …)
-
Les
cardiopathies diverses : rhumatismales, ischémiques,
-
Anémie
-
Hyperthyroïdie
b) MANIFESTATIONS CLINIQUES
-
Palpitations
-
Ils
se manifestent par leurs complications : insuffisance cardiaque, syncope,
arrêt cardiaque.
c)
Leur
diagnostic repose sur la prise du pouls, l’auscultation cardiaque et surtout
l’ECG (examen capital)
d)
En
voici quelques uns :
-
Rythme sinusal : la commande part du nœud sinusal
·
Tachycardie
sinusale ; la fréquence cardiaque est supérieure à 100 par minute mais
inférieure à 150 par minute. Cela est dû
au fait que le nœud sinusal décharge très rapidement à cause de la fièvre,
l’anémie, l’hyperthyroïdie, l’émotion, …
Le malade peut ressentir des palpitations.
·
Bradycardie
sinusale ; la fréquence du nœud sinusal est inférieure à 50 par minute.
-
Rythme ectopique ou hetertopique : la commande part d’un nœud ectopique.
·
Les
extrasystoles : auriculaires ou ventriculaires. Ce sont des contractions prématurées. Le volume expulsé par l’extrasystole est
inférieur au volume systolique normal.
·
La
tachycardie paroxystique supra ventriculaire = maladie de BOUVERET : la
fréquence cardiaque varie entre 150 et 200 par minute
Le foyer
d’excitation se trouve au dessus du ventricule (= dans l’oreillette) ; le
patient ressent des palpitations rapides à début et fin brusques, accompagnées
de precordialgie, angoisse, lipothymies, …
Traitement : excitation mécanique du nerf vague :
compression des globes oculaires ou des sinus carotidiens, manœuvre de Valsava
(expiration forcée à glotte fermée)
Prévention : éviter l’alcool, le café, le tabac c.à.d. les
irritants.
·
La
fibrillation auriculaire : ce sont des contractions anarchiques,
inefficaces et incessantes des oreillettes, sous forme de trémulations. La fréquence auriculaire est supérieure à 300
par minute. Les ventricules répondent
aux excitations auriculaires d’une manière régulière, d’où tachycardie.
Clinique : signes d’insuffisance cardiaque, de choc,
palpitations.
Complication : thrombose auriculaire avec embolies, souvent
cérébrale
Traitement : digitale, anticoagulants, …
·
Fibrillation
ventriculaire : il correspond pratiquement à l’arrêt cardiaque :
perte de connaissance, apnée, convulsion et mort.
Traitement = réanimation cardio-respiratoire (massage
cardiaque, respiration bouche à bouche).
-
Troubles de conduction :
·
Le
bloc ou dissociation auriculo-ventriculaire : il résulte d’une conduction
défectueuse du stimulus depuis l’oreillette droite jusqu’aux ventricules.
X
Il
peut s’agir de :
+
D’un
simple retard anormal dans la transmission de l’excitation ;
+
D’une
interruption complète, transitoire ou permenante
X
On
distingue :
+
Le
bloc fruste ou du premier degré
+
Le
bloc partiel ou du second degré
+
Le
bloc complet ou du troisième degré : les oreillettes et les ventricules
battent indépendamment les uns des autres, c’est la dissociation A-V
complète. Le rythme cardiaque est lent,
inférieur à 50 par minute (bradycardie extrême)
X
Conséquences
du bloc du troisième degre :
+
Diminution
ou débit cardiaque
+
Insuffisance
cardiaque avec dilatation globale du cœur
+
Syndrome
d’Adams-Stokes = syncope par souffrance cérébrale.
-
Le
bloc de branche : la conduction est retardée ou interrompue dans l’une des
branches du faisceau de His.
La
contraction des deux ventricules n’est plus synchrone (simultanée).
On
distingue :
+
le
bloc de branche droit
+
le
bloc de branche gauche
+
le bloc
de branche complet = dans les branches.
Le
diagnostic est électrocardiographique
B. MALADIES
DES VAISSEAUX
RAPPEL : CONTROLE DE LA PRESSION ARTERIELLE
Le niveau de la
pression artérielle dépend :
·
du
volume de sang éjecté par le V.G. par unité de temps, c.à.d. le D.C., ce
dernier dépendant du volume diastolique ventriculaire, de la contractilité du
myocarde et du rythme cardiaque ;
·
de la
résistance offerte au débit sanguin par le lit vasculaire périphérique ;
Ainsi la P.A.
dépend de trois éléments :
·
la
pompe cardiaque ;
·
la
masse sanguine (contenu) ;
·
la
résistance vasculaire (contenant)
Formule
d’équilibre circulatoire :
·
P.A.
= D.C. x R.P.T.
·
P.A.
= pression artérielle
·
R.P.T.
= résistances périphériques totales
Ainsi quand le D.C. baisse, c’est
l’augmentation des RPT qui est mise en jeu pour maintenir la P.A. ; pour
cela un médiateur chimique entre en jeu : la libération des catécholamines
qui ont un effet vascoconstricteur généralisé.
En outre au niveau des reins, la diminution du flux sanguin entraîne une
diminution de la filtration glomérulaire ; quand la P.A. est inférieure 60
mmHg, c’est l’anurie. La diurèse est
donc un excellent moyen de surveillance clinique. L’ischémie rénale entraîne une sécrétion de
la rénine qui va transformer l’angiotensinogène en angiotensine, substance
vasoconstrictrice.
1. L’HYPERTENSION ARTERIELLE
a) DEFINITION :
C’est une maladie vasculaire diffuse
où se produit une vasoconstriction artériolaire généralisée avec augmentation
des résistances périphériques, cela entraîne une élévation de la pression
artérielle. L’HTA est l’élévation de la
pression sanguine dans le système artériel au dessus des limites
physiologiques. On parle d’HTA chez un
adulte moyen pour des chiffres tensionnels supérieurs ou égaux à 95 mmHg pour
la diastole et 150 mmHg pour la systolique, ces chiffres étant obtenus à
plusieurs reprises (au moins trois fois) dans les conditions techniques
standards (sujet au repos depuis plusieurs minutes, détendu, allongé, loin du
repas, avec un matériel en bon état).
b) CAUSES :
-
HTA
essentielle ou primitive c.à.d. sans cause connue : elle est la plus
fréquente car elle représente plus de 60 % de cas
-
HTA
secondaire : L’étiologie peut être :
·
rénale :
lésion parenchymateuse ou vasculaire : glomérulonéphrite, pyélonéphrite, polykystose
rénale, TBC rénale, tumeur rénale, sténose de l’artère rénale, anévrisme de
l’artère rénale, néphropathie gravidique (éclampsie) ;
·
vasculaire :
coarctation de l’aorte = sténose congénitale de l’isthme de l’aorte ;
·
endocrinienne :
phéochromocytome, syndrome de CUSHING, Hyperaldosteronisme ;
·
causes
diverses : prise des pilules contraceptives, traitement aux corticoïdes, …
c) MECANISMES :
-
HTA
essentielle : ses mécanismes ne sont pas complètement élucidés. C’est une maladie multifactorielle où les
mécanismes régulateurs de la pression artérielle sont perturbés, notamment le
système rénine-angiotensine-aldosterone.
La conséquence est une rétention hydrosaline (hypervolémie) et/ou une
vasoconstriction périphérique. A tout
cela il faut ajouter l’effet du système nerveux central et sympathique, les
facteurs de l’environnement, les stress émotionnels, la consommation du sel,
l’obésité, l’activité intense, l’hérédité.
-
HTA
secondaire :
·
dans
le phéochromocytome, l’hypersécrétion des catécholamines entraîne une
vasoconstriction périphérique, provoquant l’HTA paroxystique ;
·
dans
le syndrome de Conn ou hyperaldosteronisme primaire, la rétention hydrosaline
crée une hypervolémie ;
·
dans
les maladies rénales, ou endocrines l’hyperactivité du système
rénine-angiotensine-aldosterone, d’où :
◊
rétention
hydrosaline créant l’hypervolémie ;
◊
vasoconstriction
périphérique augmentant la résistance périphérique
d) SIGNES CLINIQUES DE L’HTA :
Après une période de latence où la
maladie reste méconnue, apparaît :
-
céphalées ;
-
vomissements
-
vertiges ;
-
la
mouche volante ou scotome scintillant ;
-
épistaxis ;
-
bourdonnement
d’oreille = acouphènes
-
palpitations
e) FORMES CLINIQUES
-
HTA
légère : minima entre 95 et 110 mmHg
-
HTA
moyenne : minima entre 110 et 130 mmHg
-
HTA
sévère : au-delà de 130 mmHg. Cette
dernière est dite maligne lorsqu’elle s’accompagne des troubles oculaires,
d’œdème papillaire au fond d’œil, des troubles rénaux (insuffisance rénale) et
de troubles cérébraux (encéphalopathie hypertensive).
f) COMPLICATIONS DE HTA :
-
cardiaques
= insuffisance cardiaque gauche car le V.G. doit lutter contre cette élévation
des résistances périphériques, insuffisance coronarienne
-
rénales
= insuffisance rénale progressive par diminution du flux sanguin rénal ;
-
nerveuses
= les accidents vasculaires cérébraux (A.V.C.) qui entraînent souvent des
paralysies (Hémiplégie) par hémorragie cérébro-méningée ou spasme ;
·
oculaires
= rétinopathie hypertensive qui donne des troubles visuels de toutes sortes.
g) EXAMENS PARACLINIQUES : ils sont pour la plupart difficiles et compliqués, sauf :
-
radiographie
et électrocardiogramme pour apprécier l’état du cœur ;
-
dosage
de l’urée sanguine et de la créatinine pour évaluer l’état du rein ;
-
le
fond d’œil pour évaluer le retentissement de l’hypertension sur l’œil en
observant l’état de la rétine.
h) TRAITEMENT : le
maintien de la pression artérielle dépend de 3 facteurs :
·
l’état
de la pompe cardiaque ;
·
le
contenu vasculaire = volémie ;
·
le
contenant = paroi et lumière vasculaire
L’hypertension
dépendant essentiellement des 2 derniers facteurs, c’est sur eux qu’on va
diriger le traitement médicamenteux.
-
Traitement
hygièno-dietétique :
·
Repos :
conseiller une vie calme, sans surmenage et prescrire des sédatifs
·
Régime :
sans sel, sans tabac, ni corps gras, ni café.
Le non respect du régime est un gage pour un échec certain.
-
Traitement
médicamenteux :
Il n’y a pas de
schéma standard ; il est donc individuel.
On utilise :
·
Les
diurétiques pour diminuer la volémie : lasix, Esidrex, Hygroton,
Aldactone, Moduretic, …
·
Les
vasodilatateurs : Aldomet, Hydergine, Hydralazine, Neprésol, Réserpine, …
·
Les
bêta-bloquants soit en monothérapie soit en association selon chaque cas ;
·
autres :
inhibiteurs calciques (ex : Nifedipine), inhibiteurs de l’enzyme de
conversion (ex : captopril), etc…
En général on
commence par une monothérapie ; si elle échoue on passe à la bithérapie,
ensuite à la trithérapie. La régularité
dans le traitement doit être de rigueur.
2.
L’HYPOTENSION ARTERIELLE :
a) DEFINITION : =
lorsque la pression systolique est inférieure à 90 mmHg et la diastolique
inférieure à 60 mmHg.
L’hypotension
en soi n’est pas une maladie, car si elle est chronique et modérée, elle ne
donne pas de signes cliniques, le cœur ayant une faible charge à supporter.
Elle devient
pathologique lorsqu’elle atteint un niveau qui réduit sensiblement le flux
sanguin pour certains organnes (cœur, reins, cerveau).
b) LES EFFETS de
l’hypotension sont liés à l’insuffisance de perfusion.
·
notamment la syncope et l’évanouissement en
cas d’ischémie cérébrale ;
·
l’hypoperfusion
rénale avec baisse de la filtration glomérulaire, d’où insuffisance rénale.
c) LES MECANISMES COMPENSATOIRES
La diminution
de la TA stimule le système sympathique avec comme conséquences :
·
une
augmentation de la fréquence cardiaque = tachycardie, tendant à rétablir le débit
cardiaque ;
·
une
vasoconstriction artériolaire au niveau de la peau, du rein et des muscles
périphériques afin d’irriger les organes nobles ;
·
une
vasodilatation au niveau des organes vitaux (cœur et cerveau) ;
·
une
contraction splénique qui libère sa réserve sanguine dans la circulation en vue
d’augmenter la volémie.
d) LES CAUSES :
Elles sont multiples
-
L’hypotension
cardiogénique se rencontre dans l’insuffisance cardiaque, les myocardites,
l’infarctus du myocarde, les troubles du rythme cardiaque (ex : tachycardie
paroxystique supraventriculaire), bref en cas d’atteinte de la pompe.
-
L’hypovolémie :
hémorragies, brûlures, desydratation (perte excessive d’eau et de Na).
-
La
diminution des résistances périphériques, c'est-à-dire la vasodilatation :
choc septique (septicémie, infections à germes gram), choc neurogénique (perte
du contrôle du système parasympathique vasoconstricteur), choc allerique
(libération d’histamine).
-
Les
opérations, les traumatismes, les accidents transfusionnels par incompatibilité
sanguine, etc…
e) LES FORMES CLINIQUES
-
L’hypotension
orthostatique ou posturale :
o
elle
survient lorsque le sujet passe de la position couchée à la position
débout ;
o
elle
se manifeste par des vertiges, parfois une syncope.
-
L’hypotension
artérielle chronique : elle est secondaire à certaines pathologies comme
la sténose aortique, l’insuffisance corticosurrénalienne, la péricardite
constrictive, l’insuffisance cardiaque ; on l’observe aussi dans la
dénutrition, la cachexie, l’alitement prolongé, certains désordres neurologiques,
…
-
L’hypotension
artérielle idiopathique, c'est-à-dire sans cause connue, n’est pas une maladie
tant qu’il n’y a pas des signes cliniques.
Elle peut s’accompagner d’hypotension orthostatique.
f) TRAITEMENT = CAUSAL : Vasoconstricteurs, perfusions, tonicardiaques, etc…
3.
LA SYNCOPE:
a. DEFINITION: C’est une
perte de connaissance brutale et brève par diminution extrême du flux sanguin
cérébral.
b. VARIETES: il y a en a
plusieurs
=
La syncope
cardiaque : due à l’arrêt du cœur ou à la fibrillation ventriculaire, (ex :
syndrome d’Adams-Stockes), l’anesthésie générale ou locale, la ponction
péricardique, … Il faut intervenir vite (réanimation) car si l’arrêt
circulatoire dure quatre minutes, on aboutit à une détérioration irrémédiable
des centres nerveux.
=
La syncope
vasomotrice : chez les sujets neurotoniques en cas d’émotion violente ou
de très forte douleur ; le cœur n’est pas en jeu. La cause est nerveuse. On peut l’observer au cours des ponctions
(pleurale, lombaire, …), etc…
Son
traitement :
·
position
de Trendelenburg
·
injection
d’un analeptique (ex : Ephedrine)
=
La syncope
orthostatique : elle survient après une station debout prolongée
=
La syncope
sinocarotidienne : accident rare, survenant chez un sujet âgé, lors de
l’hyperextension de la tête (regard vers le haut) ou de la compression du sinus
carotidien.
=
La syncope
d’effort : elle survient lors d’un effort (ex : défécation,
accouchement, …)
=
La syncope dans les
efforts de toux : survient lors d’une quinte de toux prolongée.
c. DIAGNOSTIC DIFFERENTIEL: = la lipothymie: elle est très
proche de la syncope, mais la perte de connaissance n’est pas complète.
=
Coma :
d. CAUSES:
·
hémorragie
ou prise de sang (syncope des donneurs)
·
émotion,
exemple lors d’un spectacle (intervention chirurgicale, accident de
circulation, …) ;
·
séjour
en atmosphère surchargée et confinée (cinéma, …) ;
·
station
débout prolongée ;
·
premier
lever après une maladie prolongée (syncope des convalescents) ;
·
gros
effort (syncope des sportifs) ;
·
douleur
subite violente (exemple infarctus du myocarde) ;
·
anesthésie
(générale ou rachi)
·
prise
de certains médicaments vasodilatateurs (ex : histamine, …) ;
·
ponction
d’ascite par la dépression abdominale qu’elle provoque.
Dans tout cela
l’orthostatisme joue un rôle évident : un sujet étendu ne fait
qu’exceptionnellement de syncope. Une
prédisposition individuelle existe aussi.
e. PHYSIOPATHOLOGIE:
C’est un
trouble de la circulation cérébrale: une diminution du flux sanguin cérébral
avec perturbation du métabolisme cérébral (anoxie). Il y a donc anoxie cérébrale et plus
particulièrement des centres bulbaires, cardiaques et respiratoires.
f. TRAITEMENT:
-
Position
horizontale, à l’air, tête basse. Le
sortir des pièces surchauffées et défaire tout ce qui peut gêner la respiration
(ceinture, écharpe, cravate, corset, …).
-
Asperger
le visage, flageller les joues, faire respirer l’ammoniaque s’il y a arrêt
respiratoire.
-
Réanimation
cardio-respiratoire
·
Injection
d’adrénaline intracardiaque (surtout lorsqu’elle survient au cours de
l’anesthésie).
·
Respiration
artificielle
4.
LE CHOC:
a) DEFINITION: C’est un
état de défaillance circulatoire aiguë conduisant à une hypoperfusion
tissulaire (= collapsus cardio-vasculaire).
b) CLINIQUE: une
faiblesse avec torpeur ou agitation, un visage pâle, sueurs, une peau moite,
des extrémités froides, un pouls petit et rapide (filant), souvent
imperceptible, une hypotension artérielle sévère (systolique inférieure à 60
mmHg et diastolique inférieure à 40 mmHg) et même parfois TA imprenable, une
hypothermie et une oligo-anurie, angoisse.
c) PHYSIOPATHOLOGIE: Une
diminution brutale et sévère du débit cardiaque avec anoxie tissulaire.
-
LE
FACTEUR ESSENTIEL :
·
diminution
de la masse sanguine (perte liquidienne excessive ou hémorragique) ;
·
accumulation
du sang dans les réservoirs veineux + vasodilatation excessive.
En définitive on aboutit à une chute
profonde du D.C., d’où hypoxie généralisée (le cœur et le cerveau sont
relativement épargnés, le foie et les reins sont très touchés). Dans un premier temps, une vasoconstriction généralisée
et une redistribution de la masse sanguine vont tendre à compenser la chute du
D.C. et à maintenir une perfusion satisfaisante des organes vitaux.
Si l’on ne rétablit pas vite la
situation ou si les causes du choc ne s’arrêtent pas et que les mécanismes
compensateurs deviennent insuffisants, le choc se prolonge et devient
irréversible ; l’anoxie hépatique, rénale, cardiaque et cérébrale
s’installe. L’insuffisance prolongée
d’apport sanguin aux tissus entraîne un déficit d’oxygène, de substances
énergétiques, d’eau, d’électrolytes et autres substances biologiques actives,
ainsi qu’une insuffisance d’épuration de corps toxiques produits par le
métabolisme (hyperazotémie, acides, …).
-
PHASES :
L’EVOLUTION COMPORTE DEUX PHASES :
◊
PHASE INITIALE ET COMPENSATRICE :
Ici il y a
intervention des mécanismes compensatoires neurohumoraux ; ces mécanismes
sont :
·
la
chute de la TA entraîne une stimulation du système sympathique avec décharge
des catécholamines, d’où vasoconstriction, tachycardie et augmentation de la
contractilité cardiaque ;
·
les
barorécepteurs vont stimuler le système hypothalamohypophysaire avec libération
de l’ACTH qui va stimuler la corticosurrénale à secréter les glucocorticoïdes
et l’aldostérone, d’où une rétention hydrosaline augmentant la volémie ;
·
il y
aura aussi stimulation du système rénine-angiotensine, d’où
vasoconstriction ; en outre l’ADH va aussi intervenir pour augmenter la
volémie ;
·
le
mouvement du liquide intracellulaire et interstitiel vers le secteur vasculaire
(cela crée une hémodilution).
◊
PHASE DE DECOMPENSATION :
L’anoxie
tissulaire entraîne un métabolisme anaérobique pour la production de l’ATP,
d’où accumulation de l’acide lactique (acidose lactique) et irréversibilité du
choc. Les phénomènes observés à cette
phase sont :
·
une
vasodilatation artériolaire due aux substances vasoactives, d’où une stase dans
la micro circulation ;
·
la
défaillance myocardique ;
·
l’augmentation
de la perméabilité capillaire avec fuite totale (eau + protéines) ves les
espaces extra vasculaires.
d) LES CONSEQUENCES DU CHOC:
Elles sont
nombreuses dont la principale est au niveau des reins : l’hypoperfusion
rénale prolongée entraîne une insuffisance rénale aiguë.
e) LES FORMES ETIOLOGIQUES DU CHOC:
Elles
répondent de :
·
l’atteinte
de la pompe cardiaque (choc cardiogène)
·
le
déséquilibre entre le système vasculaire et la masse sanguine circulante.
Les causes donc
sont :
·
Les
pertes sanguines et liquidiennes
·
Les
cardiopathies
·
L’atteinte
du système nerveux (vasoplegie)
·
L’allergie
·
Les
infections
-
LE
CHOC HYPOVOLEMIQUE
·
ETIOLOGIE :
X
hémorragies
aiguës : traumatismes, accouchement, …
X
déshydratation : + des pertes digestives :
diarrhées profuses, vomissements incoercibles
+ Pertes
rénales : diabète, diurétiques, … bref les polyuries.
+ Pertes
cutanées : brûlures étendues
+
Séquestrations internes : ileus, péritonite.
·
DANS
LE CHOC HEMORRAGIQUE
X
La
quantité de la spoliation sanguine joue un rôle fondamental :
+
Jusqu’à
la perte de 10% de la masse sanguine (plus ou moins 500 ml), il n’y a pas de
symptômes ; la compensation est excellente, et cette perte est bien tolérée ;
+
entre
15 et 25 % (plus ou moins 1000 ml), apparaissent pâleur, tachycardie, froideur
des extrémités car la décharge d’adrénaline entraîne une vasoconstriction
généralisée
+
entre
25 et 35 % (plus ou moins 1.500 ml), apparaissent les signes de choc :
baisse de la TA et de la diurèse, …
+
au-delà
d’une perte de 50 % (plus ou moins 2.500 ml), le choc est sévère :
confusion mentale, pouls filant, TA imprenable, oligo anurie
X
Mais
en plus de la quantité, la rapidité avec laquelle se constitue la déplétion
sanguine est fondamentale : une déplétion importante mais progressive (en
quelques jours par exemple) est bien tolérée ; le sujet est anémique mais
non choqué car des déplacements liquidiens reconstituent la volémie au fur et à
mesure de l’hémorragie. Par contre une
faible spoliation mais rapide (en quelques minutes par exemple) peut provoquer
un état de choc
X
Le
troisième facteur est l’état hémorragique antérieur du patient : anémie
chronique, vieillesse, insuffisance cardiaque, …
X
Les
réactions compensatrices sont :
+
Immédiates =
vasoconstriction périphérique généralisée (sauf cœur et cerveau)
=
libération du sang des dépôts sanguins (rate et foie)
= réaction
cardiaque pour augmenter le débit : tachycardie
= réaction
respiratoire pour compenser l’hypoxie tissulaire : tachypnée
+
Tardives : elles surviennent un à trois jours après
l’hémorragie et leur but est de constituer le volume sanguin : le liquide
interstitiel passe dans les vaisseaux créant l’hémodilution.
·
DEDUCTIONS
THERAPEUTIQUES
X
Le
geste capital est la restauration de la masse sanguine, c'est-à-dire le
remplissage vasculaire, suivant les cas :
+
Transfusion
dans les hémorragies
+
Perfusion
du plasma dans les brûlures
+
Perfusion
de solutés de compostion variable dans les autres cas.
Il doit y être
associé le traitement étiologique ; exemple ; hémostase d’une plaie
apparente.
X
Thérapeutique
associée : drogues vaso-actives : vasopresseurs (Levofed, aramine, …)
-
Choc cardiogène :
·
Etiologie :
Il est dû à une insuffisance aiguë du
myocarde : infarctus du myocarde, troubles du rythme (tachycardie
paroxystique, fibrillations, bradycardie sévère), tamponnade cardiaque aiguë,
insuffisance cardiaque, embolie pulmonaire.
·
Physiopathologie :
Chute brutale et massive du D.C. par
inefficacité du myocarde et par gène du remplissage diastolique dans la
tamponnade.
·
Traitement :
Etiologique et symptomatique
-
Le choc septique :
·
Etiologie : il est observé dans les infections, notamment la
septicémie et les infections à germes gram négatifs surtout. Le choc est dû à la toxicité des secrétions
bactériennes (endotoxine). Il fait
partie du syndrome malin des maladies infectieuses sévères.
·
Physiopathologie : on observe :
+ Une permeabilité importante des capillaires, d’où fuite de liquide
intravasculaire
+ Une déficience directe du myocarde ;
+ Une vasoplegie = vasodilatation par atteinte des vaisseaux par la
toxine
·
Traitement :
+
Antibiothérapie
appropriée
+
Thérapeutique
associée (vasoconstricteurs, perfusions, tonicardiaques).
-
Le choc anaphylactique ou immunologique
·
Etiologie :
Il est d’origine allergique ; c’est une
réaction d’hypersensibilité immédiate
Produits antigéniques :
X Sérums (ex : S.A.T.)
X Antibiotiques : = surtout la pénicilline G
X Les venins d’insectes (abeilles, guêpes, …)
X Les aliments : lait, œufs, …
·
Physiopathologie :
Le premier
contact avec l’antigène n’entraîne pas de symptôme, mais il sensibilise
le sujet ; la deuxième injection entraîne des symptômes explosifs à la
suite du conflit Ag-Ac qui entraîne la libération massive des substances
vasodilatatrices (surtout l’histamine, sérotonine, kinine, …d’où chute de la
T.A.) et augmente la perméabilité capillaire.
·
Clinique :
X
Début brutal du choc dans
l’heure qui suit le contact déclenchant.
X
Signes associés :
◊
Eruption sous forme d’urticaire
◊
Troubles respiratoires par bronchospasme
◊
Perte de connaissance ou convulsion
◊
Troubles du rythme cardiaque
◊
Douleurs abdominals,
nausées, vomissements, diarrhée profuse
·
Traitement :
X
Remplissage vasculaire
(mais pas le dextran car immunogène)
X
Corticoïdes :
Hydrocortisone 500 – 1.500 mg
X
Vasopresseurs :
aramine, etc…
-
Le choc traumatique : Il est à la fois :
X
Hémorrhagique,
et
X
Neurogène :
le traumatisme (tout comme l’A.V.C. ou la narcose) entraîne une sidération de
l’organisme et dysrégulation neurovegetative (vasodilatation périphérique =
choc rouge).
-
Le choc opératoire : Il est multifactoriel :
·
Etiologie :
X
Anesthésie :
vasoplegie ou allergie
X
Acte opératoire :
hypovolémie, irritation nerveuse, type d’intervention + organe, …
X
Etat antérieur de l’opéré
·
Traitement : Préventif surtout (réanimation pré-opératoire)
-
Le choc obstétrical : il releve également de plusieurs
possibilités :
·
Etiologie :
X
Hypovolémie par
hémorragie surtout
X
Insuffisance cardiaque
X
Dysfonctionnement
neurovégétatif (rachianesthésie, inversion utérine, …)
X
Choc bactérien-choc
endotoxinique
X
Choc anaphylactique dû
aux médicaments comme la pénicilline, la procaïne,
f) ELEMENTS DE SURVEILLANCE D’UN MALADE EN ETAT DE CHOC :
T.A., F.C., conscience, diurèse
(sonde à demeure), F.R. etc…
g) ELEMENTS DU TRAITEMENT :
X
Solutés
de remplissage
X
Vasopresseurs :
adrenaline, Isoproterenol
X
Tonicardiaques
X
Etiologique :
corticoïdes, antibiotiques, O2.
LE TRAITEMENT : doit être :
X
PRECOCE
(cad avant le stade de choc irréversible) et à visée
X
ETIOLOGIQUE
ET PATHOGENIQUE :
+
En
cas de choc hémorrhagique : chercher à arrêter l’hémorragie, puis remplacer
les pertes (transfusion)
+
En
cas de desydratation : perfusion abondante, plasma
+
En
cas d’atteinte cardiaque, il faut soigner les maladies du cœur
+
Vasoconstricteurs :
éphédrine, aramine, levephed
+
Antibiotiques
dans le choc septique
+
Corticoïdes
dans le choc anaphylactique
5.
ARTERITE DES MEMBRES INFERIEURS:
C’est une inflammation au niveau des artères
aboutissant à une obliteration plus ou moins complete des vaisseaux.
a) Etiologie :
X
Athérome
et artériosclérose : vieillissement, hypercholestérolémie
X
Diabète
sucré
X
Maladies
infectieuses : fièvre typhoïde, endocardite bactérienne (septicémie)
b) Evolution des lésions :
Elle se fait en
3 stades :
X
Dans
un 1er temps, l’artère s’indure, les parois perdent leur souplesse
mais la lumière du vaisseau reste suffisante pour assurer le débit nécessaire à
la nutrition tissulaire
X
2ème
stade : la lumière du vaisseau diminue et donc aussi le débit
artériel. Ce dernier est insuffisant à
satisfaire les besoins accrus des tissus notamment les muscles pendant
l’effort. C’est l’ischémie d’effort.
X
3ème
stade : Le vaisseau est presque complètement oblitéré et ainsi même au
repos, l’artère ne suffit plus à assurer son rôle d’approvisionneur en O2. Les tissus vont se nécroser : c’est la
gangrène.
c) Signes cliniques :
1er
stade : Pas de symptômes
2ème
stade : Syndrome d’ischémie relative : on va retrouver :
·
La
douleur : elle est d’effort, réalisant la claudication intermittente :
les douleurs apparaissent lors de la marche, obligeant le malade à s’arrêter et
ce repos fait disparaître la douleur qui va de nouveau réapparaître après un
certain temps de marche. C’est une
douleur à type de crampe, constrictive, siégeant au mollet, vive. La marche est donc régulièrement entrecoupée
par des pauses successives.
·
Troubles
trophiques : au niveau de la peau et des ongles. Ex : mal perforant plantaire, peau froide
et violacée, …
3ème
stade : Syndrome d’ischémie complète : c’est la gangrène.
Elle
débute par l’extrémité du membre :
Coloration
rouge violacée d’un ou deux orteils, avec douleurs vives et permanentes, aspect
livide du reste du membre.
Rapidement
la gangrène s’étend et la nécrose apparaît : le membre devient noir, dur,
insensible. C’est la gangrène
sèche. L’œdème et la suppuration peuvent
venir aggraver le tableau = gangrène humide.
Signes
physiques :
X
Artères
indurées et sinueuses
X
Les
extrémités sont froides
X
Affaiblissement
ou disparition des battements artériels (pouls pédieux etc…)
d) Traitement :
-
A la
phase d’ischémie relative
·
Il
faut d’abord supprimer le tabac et recommander un régime pauvre en graisse.
·
Il
faut assurer la vasodilatation par des moyens physiques : chaleur
(ex : chaussettes en laine, bains chauds, …)
·
Moyens
chimiques : les vasodilatateurs + analgésiques et ensuite
·
Assurer
des soins d’hygiène minutieux des pieds et des ongles. Toute excoriation de pieds peut être à
l’origine d’infection grave chez l’artéritique.
·
Assurer
la couverture d’antibiotiques pour éviter la sur-infection.
-
A la
phase de gangrène on donne le même traitement + les soins locaux pour lutter
contre l’infection. A la fin c’est le
traitement chirurgical qui est l’amputation.
6.
THROMBOPHLEBITE:
Elle comporte 2
phénomènes essentiels :
=
La
thrombose : c’est la formation d’un caillot dans la lumière de la
veine. C’est le phénomène initial (stase
veineuse)
=
L’inflammation
de la veine et des tissus voisins (infection).
Elle siège
le plus souvent aux membres inférieurs.
a. ETIOLOGIE :
=
Les
causes obstétricales : Ce sont les accouchements ou avortements.
=
Les
causes chirurgicales : toute intervention chirurgicale surtout au niveau
du petit bassin.
=
Les
causes médicales : insuffisance cardiaque souvent, dans les infections
comme la fièvre typhoïde, la grippe, le R.A.A., dans les maladies du sang comme
la leucémie, dans la tuberculose, le cancer, en cas d’alitement prolongé et aussi
lors de la prise durable de contraceptifs.
Dans toutes ces
causes 3 mécanismes interviennent :
=
Modification de la
coagulation sanguine (augmentation de la coagulabilité)
=
Stase veineuse
=
L’infection
b. SIGNES CLINIQUES :
=
La
fièvre monte lentement tandis que le pouls s’accélère très vite : C’est le
pouls grimpant.
=
Le
membre atteint deveint lourd et modérément douloureux, ces douleurs se
localisent surtout au mollet et à la cuisse, et la palpation du mollet est
aussi douloureuse. Le membre atteint et
oedématié et chaud, tendu au palper, avec circulation collatérale.
c. COMPLICATIONS :
= L’embolie pulmonaire (ce qui fait qu’on
l’appelle « maladie thromboembolique »). Elle survient souvent lors des mouvements, de
la marche. Le caillot formé (thrombus) reste
fixé par son pied à la paroi veineuse, mais il grossit et s’allonge dans le
sens du courant, son corps et sa tête flottent dans la veine comme un long
serpent.
La tête ou
un fragment libre du caillot peut à tout instant et surtout à l’occasion d’un
mouvement (ex. reprise de la marche) se détacher et filer dans le courant
veineux, constituant un embol. Celui-ci
gagne le cœur droit et de là le poumon.
= Séquelles :
·
Douleurs
persistantes
·
Varices
des membres inférieurs
·
Ulcères
des jambes
d. TRAITEMENT :
=
Prévention :
·
Mobilisation
(lever) précoce des opérés et des accouchées
·
Eviter
l’alitement prolongé quand c’est possible
=
Curatif :
·
Immobiliser
le membre atteint pendant au moins 3 jours avant la mobilisation.
·
Anti-inflammatoires
+ antibiotiques pour lutter contre la surinfection.
·
Anti-coagulants,
médicaments d’une maniabilité assez délicate parce qu’ils peuvent facilement
entraîner les hémorragies et leur surveillance nécessite un labo bien équipé.
On
utilise : Héparine IV, anti Vit K per os, etc…
7.
LES VARICES DES MEMBRES INFERIEURS
a. Définition : c’est une dilatation
permanente des veines
b. Etiologie :
-
une
phlebothrombose profonde
-
inconnue
= varices essentielles, primitives.
A noter l’influence de la pesanteur
(station debout prolongée) et la grossesse.
c. Clinique : parfois des douleurs
vesperales occasionnelles ; les jambes sont lourdes en fin de journée,
surtout en période de chaleur.
d. Complication :
-
Thrombose
variqueuses, pouvant créer des embolies
-
Ulcère
variqueux, torpide due à une stase anoxique
-
Rupture
externe
e. Traitement :
-
Repos
en position allongée, déclive
-
Contention
par bande élastique
-
Injection
sclérosante
-
Resection
chirurgicale.
8.
LA LYMPHANGITE (à documenter : cfr Maladies infectieuses et
parasitaires : Infections streptococciques et Wuchereriose).
TROISIEME PARTIE : GASTRO-ENTEROLOGIE
La gastroenterologie étudie les
maladies du tube digestif (oesophage, estomac, intestin) et de ses annexes
(foie, voies biliaires, pancréas), et aussi du péritoine, bref l’appareil
digestif.
A. SEMIOLOGIE
1. TROUBLES FONCTIONELS EN PATHOLOGIE DIGESTIVE
L’interrogatoire permet à elle
seule, dans les cas typiques, de reconnaître l’affection en cause : ulcère
de l’estomac par exemple, gastrite.
L’examen physique est souvent pauvre.
a) Troubles de l’appétit
- Anorexie : diminution ou perte de l’appétit (=
inappétence)
C’est un signe très fréquent dans beaucoup de maladies. Citons l’anorexie mentale, fréquente chez la
femme, surtout la jeune fille, déclenchée par un choc émotif, entraînant un
amaigrissement profond et une aménorrhée, cédant à l’isolement absolu.
- Polyphagie : augmentation de l’appétit (boulimie)
Causes : diabète sucré, etc…
- Polydipsie : augmentation de la soif
Causes : diabète sucré ou insipide (potomanie).
b) Dyspepsie
Sensation de
plénitude gastrique post-prandiale, digestion lente et pénible.
Causes :
troubles de digestion ou retard d’évacuation.
On
distingue :
*
La
dyspepsie gastrique : dans la gastrite simple ou éthylique.
*
La
dyspepsie biliaire : souvent accentuée par les graisses
c) Douleur abdominale :
Elle doit être
définie par de nombreux caractères :
-
Siège :
· Epigastre : dans les maladies
de :
x L’estomac :
ulcère, cancer, gastrite
x Du
pancréas : pancréatite, cancer
x Du foie :
colique hépatique, hépatomégalie, hépatite
x Du cœur :
Ex. Infarctus du myocarde, etc…
· Hypochondre droit : dans les maladies
du foie et de la vésicule biliaire, …
· Hypochondre gauche : dans les
atteintes spléniques, …
· Fosse iliaque droite : ex
appendicite, annexite chez la femme, …
· Fosse iliaque gauche
N.B. Une douleur brutale, quel qu’en soit le siège, doit faire rechercher une
urgence chirurgicale :
x
Péritonite
par perforation
x
Occlusion
intestinale
x Grossesse extra-utérine rompue
-
Irradiation :
dos, épaule
-
Rythme :
horaire (par rapport aux repas) et périodicité
-
Type :
brûlure, crampe, torsions, coup de poignard, colique, pesanteur
* La colique est une douleur
paroxystique ; elle peut être intestinale, hépatique, néphrétique,
tubaire, …
-
Modification :
calmée ou aggravée par ?
d) Météorisme abdominal :
Augmentation de volume des gaz dans
une partie plus ou moins étendue du tube digestif.
Suivant :
-
Le
siège, il est généralisé à tout l’abdomen ou localisé
-
L’horaire,
il est permanent ou seulement post-prandial
A
l’examen :
*
L’inspection
montre une augmentation de volume de l’abdomen dans son ensemble ou localisé
*
La
palpation : l’abdomen est dur, tendu ;
*
La
percussion révèle un tympanisme ;
*
L’auscultation
= bruits hydroaériques
Diagnostic
différentiel : Borborygme = bruit intraabdominal audible à distance dû à
l’augmentation du péristaltisme.
e) Troubles de transit :
Ils intéressent l’œsophage,
l’estomac et l’intestin
-
Syndrome
oesophagien : Il est fait de :
*
La
dysphagie = gène à la déglutition : sensation d’arrêt des aliments
derrière le sternum (à différencier de la douleur à la déglutition en cas
d’angine de gorge)
*
Les
régurgitations = reflux des aliments contenus dans l’œsophage, sans effort
*
Douleur
retro sternale sous-forme de brûlure (pyrosis)
-
Nausées :
sensation pénible d’envie de vomir
-
Vomissements
= brusque rejet par la bouche d’une partie ou de la totalité du contenu
gastrique (avec effort)
NB. Les pituites sont une forme
mineure de vomissement aqueux : quelques gorgées de liquide incolore et
filants sont rejetées surtout le matin, particulièrement en cas de gastrite
éthylique.
Diagnostic différentiel :
Régurgitation = reflux de liquide ou d’aliments provenant de l’œsophage,
produit sans effort et sans nausées (= rumination) (éructation = régurgitation
d’air).
·
Mécanisme : Le vomissement est une expulsion forcée
du contenu gastrique par la bouche. Ce
rejet est accompagné d’un effort plus ou moins pénible dû à la contraction
brutale du diaphragme, de l’estomac et des muscles de la paroi abdominale.
Il
est sous le contrôle du système nerveux :
+ le centre du vomissement contrôle et intègre l’acte de vomissement en
recevant les stimuli afférents provenant du tube digestif et d’autres
territoires de l’organisme (paroi postérieure du pharynx, muqueuse gastrique,
intestin, voies biliaires, labyrinthe, …)
+ les voies efférentes sont :
=
les nerfs phréniques qui
vont au diaphragme
=
les nerfs spinaux qui
vont aux muscles abdominaux
=
le nerf vague qui va à
l’estomac et au cardia.
+ L’activation du centre bulbaire du vomissement va déclencher l’acte de
vomissement fait des mouvements involontaires viscéraux qui sont :
=
la relaxation du fundus
gastrique et du sphincter gastro-oesophagien (cardia).
=
la contraction du
sphincter pylorique
=
une brusque augmentation
de la pression intraabdominale provoquée par une contraction forcée du
diaphragme et des muscles de la paroi abdominale
=
un réflexe d’élévation du
voile du palais qui empêche aux vomissures de passer dans le nasopharynx (pour
sortir par le nez)
=
la fermeture de la glotte
avec inhibition de la respiration pour empêcher aux vomissures de passer dans
les voies respiratoires inférieures.
·
Conséquences :
la perte d’eau, des électrolytes et des acides entraîne une déshydratation
extracellulaire, une hypokaliémie, une hypochlorémie, une alcalose.
·
TYPES
DE VOMISSEMENTS :
X
Selon l’aspect :
·
vomissement
alimentaire ;
·
vomissement bilieux
(amer, de coloration jaunâtre ou verdâtre) ;
·
vomissement fécaloïde
(contenant des matières fécales en cas d’occlusion intestinale basse) ;
·
vomissement sanglant =
hématémèse.
X
Particulier : en jet ou en fusée,
sans efforts.
En plus des caractères il faut préciser la
fréquence, la quantité, l’horaire.
=
Constipation :
évacuations rares du bol fécal, qui est de consistance dure. C’est donc une évacuation rare de selles
dures.
·
Causes :
X
Organique c’à dire due à
une lésion intestinale tel que le dolichocôlon (= colon alongé), le mégacôlon
(= colon large), le dolicho mégacôlon, le cancer du colon, les hémorroïde et
les fissures anales (douleur à la défécation)
X
Fonctionnelle
c'est-à-dire sans lésion intestinale ; ex. inactivité physique (=
sédentarité), régime pauvre un légumes verts et fruits (cellulose), grossesse,
hypothyroïdie (myxoedème), perte du réflexe de défécation (ex étudiants et
travailleurs de bureau…), dépression mentale
C’est la plus fréquente
·
Mécanismes :
Il y a souvent un ralentissement du transit
entraînant un séjour prolongé des matières fécales dans le colon, d’où leur
déshydratation par réabsorption excessive d’eau
·
Traitement :
+ Causal
+ Régime riche en légumes verts et fruits (= crudités) et pauvre en riz
+ Exercice physique
+ Hygiène : aller à selles tous les jours à la même heure
+ Se méfier des laxatifs (qui peuvent irriter l’intestin) et des
lavements.
+ R/Huile de paraffine, huile d’olive, mucilages, …rarement et de façon
ponctuelle
=
Occlusion
intestinale : arrêt du transit intestinal en un point quelconque du grêle
ou du colon.
*
Signes
fonctionnels :
*
nausées + vomissements
*
arrêt des matières et des
gaz
*
Signes physiques :
*
inspection = météorisme
abdominal, ondulations péristaltiques
*
percussion = tympanisme
*
Signes
radiologiques : abdomen sans préparation = images hydroaériques
=
Diarrhée : accélération
du transit digestif avec émission des selles liquides et fréquentes.
C’est
une élimination fréquente de selles de consistance aqueuse ou molle. Elle est due à une exagération du
péristaltisme (diarrhée motrice), soit à une hypersécrétion de la muqueuse
(diarrhée sécrétoire), soit à l’association des deux. Cela est souvent dû à la réduction de la
capacité de l’intestin d’absorber l’eau, d’où augmentation du volume et de
l’hydratation fécales.
=
CARACTERISTIQUES :
on doit toujours préciser :
X
le nombre de selles par
jour (normalement = 3 par jour, supérieur à 20 dans les diarrhées aiguës, entre
5 et 20 dans la diarrhée chronique).
X
la consistance des selles
(molle ou liquide) ;
X
le contenu des selles
(mucus, pus, sang, aliments non digérés, …) c'est-à-dire leur aspect. Lorsque les selles contiennent du sang on
parle de dysenterie.
X
le durée de la diarrhée
(aiguë ou chronique).
On
parle de diarrhée chronique lorsqu’elle dure plus de trois semaines, qu’elle
soit intermittente ou continue.
=
ETIOLOGIE DE LA DIARRHEE :
X
Diarrhée d’origine extra
digestive : dont la cause n’est pas du tube digestif.
Ex : l’hyperthyroïdie, allergie, urémie,
nerveuse (colon irritable)
X
Diarrhée digestive
d’origine non intestinale :
+ Affection pancréatique (ex. Pancréatite)
+ Affection biliaire (ex sténose), celle-ci entraîne une stéatorrhée.
X
Diarrhée d’origine
intestinale :
+ Les infections virales ou bactériennes de l’intestin :
=
salmonella (provoquant la
fièvre typhoïde)
=
shigella (provoquant la
dysenterie bacillaire)
=
vibrion du choléra
=
les protozoaires (amibes,
lamblia)
=
les vers intestinaux
=
candida albicans, etc.
+ Les inflammations spécifiques ou non spécifiques, toxiques, …
X
Causes diverses :
+ Intoxications alimentaires ;
+ Malabsorption ;
+ SIDA ;
+ Abus des antibiotiques par os destruction de la flore bactérienne
intestinale.
·
PHYSIOPATHOLOGIE :
X
Mécanismes : Il existe plusieurs
mécanismes dont 2 importants :
+ l’accélération du transit suite à l’augmentation du péristaltisme =
diarrhée motrice ; le temps de contact avec la muqueuse est diminué.
+ une augmentation de la sécrétion intestinale = diarrhée sécrétoire
(hypersécrétion d’eau et d’électrolytes).
Cela aboutit à une rupture enterosystémique de
l’eau, dont l’absorption à diminué (d’où un bilan hydrique négatif)
X
En plus des diarrhées
motrices et sécrétoires, il y a
+ Les diarrhées invasives : elles sont dues à l’envahissement de la
paroi par les bactéries créant ulcérations et inflammation, lésions entraînant
un défaut d’absorption de l’eau et des électrolytes au niveau du colon.
Exemples :
*
Shigellose, les germes
libèrent des enzymes qui détruisent les cellules épithéliales ; ils
libèrent aussi des toxines qui provoquent des lésions locales et des
manifestations générales ;
*
Salmonelloses : les
germes se multiplient dans la paroi et libèrent une endotoxine responsable de
lésions intestinales ;
Dans ce groupe l’élimination aqueuse est due à
un défaut d’absorption de l’eau et des électrolytes du colon. On y observe un syndrome dysentérique.
+ Les diarrhées par malabsorption : elles sont dues aux troubles de
la digestion (insuffisance sécrétoire d’enzymes) et de l’absorption.
+ Les diarrhées osmotiques : sont dues à la présence dans la lumière
intestinale des substances non absorbées, ex. laxatif, salin (sulfate de
magnésie) ; il y a sécrétion d’eau et défaut d’absorption.
N.B. : Souvent le mécanisme
est mixte :
Ex :
+ diarrhée sécrétoire et motrice
+ diarrhée sécrétoire et invasive (ex. campylobacter Yersenia)
X
CONSEQUENCES :
la fuite hydroélectrolytique entraîne une déshydratation (pli cutané,
enfoncement des globes oculaires = cerne oculaire, dépression de la fontanelle,
hypotension artérielle, oligoanurie (insuffisance rénale fonctionnelle),
sécheresse des muqueuses, soif, fièvre, torpeur ou agitation, convulsions chez
l’enfant.) et des troubles ioniques.
·
TRAITEMENT :
Réhydratation, régime et combattre la cause (ex : ralentisseurs du
péristaltisme, …)
=
Syndrome
dysenterique :
Il est fait de :
+
Douleurs abdominales sous
forme colique, épreintes accompagnées de ténesme
+
Emission des selles très
fréquentes, afécaloides, muqueuses ou muco-sanglantes (crachat rectal).
*
Epreinte = douleur
abdominale suivant plus ou moins le trajet du colon, permanente avec des
renforcements paroxystiques et s’accompagnant d’envie impérieuse d’aller à
selle.
*
Ténesme = sensation
douloureuse de tension, de corps étranger rectal provoquant le besoin d’aller à
selles.
*
Causes :
+ Shigellose (dysenterie bacillaire)
+ Amibiase intestinale (colite)
+ Cancer du colon
+ Rectocolite ulcéro-hémorragique
+ Shistosomiase
+ TBC intestinale, etc…
=
HEMORRAGIE DIGESTIVE
·
Localisation : Elle peut
être :
X
Haute, c'est-à-dire au
niveau de l’œsophage, de l’estomac et du grêle proximal. Elle se manifeste alors par :
+
hématémèse = vomissement
du sang ;
+
moelena = selles noires
(sang digéré après un long séjour dans l’intestin).
D.D. prise de médicaments contenant du fer,
bismuth, …
X
Basse : siège =
colon ; elle se manifeste par des rectorragies = émissions par l’anus de
sang rouge frais. Elle est due aux
lésions du rectum (ex. Cancer) et de l’anu (ex. hémorroïdes)
·
Causes :
X
Gastrite, ulcère de
l’estomac, cancer de l’estomac
X
Varices oesophagiennes
(cirrhose)
X
Oesophagite, cancer de
l’œsophage
X
Troubles de la
coagulation sanguine
X
Lésions anales :
hémorroïdes, fissures
X
Lésions
intestino-rectales : cancer, colite ulcéreuse, …
2. EXAMEN GENERAL DE L’ABDOMEN
¨ Topographie de l’abdomen :
a. La région
antérieure de l’abdomen est habituellement divisée en neuf régions, par rapport
auxquelles on situera les constatations faites à l’examen. Ces régions sont délimitées en traçant deux
lignes horizontales : l’une effleurant ou tagente à l’extrémité inférieure
du grill (rebord) costal, l’autre réunissant les épines iliaques
antéro-supérieures et deux autres lignes verticales joignant le milieu des
arcades et prolongeant les lignes médio-claviculaires.
Ces neuf zones
sont :
X A l’étage
supérieur de l’abdomen : l’épigastre et les 2 hypochondres droit et
gauche. Cette région est occupée par le
foie, l’estomac, la rate et plus profondément le pancréas.
X A l’étage
moyen : la région ombilicale et les 2 flancs (droit et gauche). La région ombilicale correspond le plus
souvent au-dessus de l’ombilic au colon transverse, et en dessous, aux anses
grêles. Les flancs sont occupés par des
anses, en dessous desquelles se place le colon.
X A l’étage
inférieur : l’hypogastre et les deux fosses iliaques (droite et
gauche). L’hypogastre est occupé par le
grêle que peuvent refouler à l’état physiologique la vessie et l’utérus
gravide. La fosse iliaque droite est
occupée par le caecum avec l’appendice, la fosse iliaque gauche par la portion
iliaque du colon sigmoïde.
b. Il existe un
autre système qui divise l’abdomen en quatre quadrants par deux lignes
perpendiculaires se croisant à l’ombilic et déterminant ainsi le quandrant
supérieur gauche et droit et le quadrant inférieur gauche et droit.
a) Conditions
techniques :
- Un bon éclairage
- Le tronc
entièrement dévêtu
- Le patient est
placé en décubitus dorsal, étendu confortablement et symétriquement sur un lit
recouvert d’un matelas résistant. Les
membres inférieurs légèrement fléchis.
Les bras doivent être tendus le long du corps et non au-dessus de la
tête. Le patient est détendu et respire
la bouche entrouverte, la vessie doit être vide.
- Le médecin à
droite du malade, debout, éventuellement assis sur le bord du lit,
- Pour la
palpation, l’examinateur doit avoir les mains chaudes réchauffées par un
frottement vigoureux d’une main sur l’autre et les ongles courts coupés à
ras. Une main froide est désagréable et
provoque fréquemment une défense de la paroi qui gêne considérablement
l’exploration.
- Eviter les
mouvements brusques et inattendus.
- Commencer
l’examen de l’abdomen au niveau des régions situées loin des régions
douloureuses indiquées par le patient.
- Surveiller
l’examen sur le visage du patient (recherche des zones douloureuses)
b) Inspection
de l’abdomen :
Elle permet de
relever :
-
Au niveau des téguments : vergetures,
cicatrices opératoires, hernies (ombilicale, de la ligne blanche, inguinale,
crurale), circulation collatérale, …
-
Des déformations de l’abdomen, il peut s’agir
de :
X Déformations
généralisées : elles ont comme cause :
*
L’obésité
*
L’ascite (entraînant une projection de la paroi
abdominale) : en décubitus
Dorsal l’accumulation de
liquide dans les flancs produit l’aspect connu sous le nom de « ventre de
Batracien ».
*
L’augmentation du volume de l’abdomen faisant suite
au météorisme, au mégacolon, aux kystes d’ovaires, à la grossesse avancée.
N.B. : Les
augmentations de volume d’origine péritonéale ou viscérale s’accompagnent
généralement d’un effacement ou même d’une saillie de la cicatrice ombilicale
alors que celles-ci reste déprimée dans l’obésité et l’œdème d’origine
pariétale. Il y a là un signe d’une
grande sensibilité, précieux notament pour le diagnostic des ascites chez les
obèses.
X Déformations
localisées (= voussure) : Elles peuvent être dues aux :
*
Hernies
*
Augmentation de volume d’un viscère. Il peut s’agir du foie, de la rate, de
l’estomac, du rein, mais aussi des grosses tumeurs du pancréas, des tumeurs
mésentériques, le météorisme localisé, …
Les déformations
hypogastriques sont dues à la présence d’un globe vésical, d’un kyste de
l’ovaire, d’une grossesse à son début.
La distension localisée de l’estomac due à une sténose du pylore est une
distension en cornemuse.
-
Des mouvements visibles à travers la paroi
abdominale.
On peut observer :
x Les pulsations
rythmées par les contractions cardiaques s’observent à l’épigastre en cas de
dilatation du cœur droit, ou ce sont les pulsations de l’aorte abdominale,
surtout chez les personnes maigres et nerveuses ; rarement, il s’agit d’un
anévrysme de l’aorte abdominale ; on peut aussi les voir dans la région du
foie : ce sont les pulsations systoliques du foie cardiaque, rarement
visibles.
x La présence des
mouvements péristaltiques ou contractions péristaltiques. Elle exprime la lutte du tube digestif contre
les rétrécissements situés en aval.
Ces contractions
coïncident en général avec les douleurs paroxystiques et sont mieux visibles à
jour frisant. Les mouvements
péristaltiques normaux peuvent toutefois devenir visibles chez le sujet
extrêmement amaigri.
x On peut observer
les mouvements du fœtus en cas de grossesse avancée.
c) Palpation
et percussion de l’abdomen : à documenter
d) Auscultation
de l’abdomen :
On peut entendre :
-
Les bruits intestinaux normaux : il s’agit d’un
gargouillement dû au péristaltisme. Ils
sont absents ou diminués en cas d’iléus paralytique et de péritonite.
-
Les borborygmes : sont des gargouillements
intenses et prolongés d’un péristaltisme exagéré.
B. PATHOLOGIE
Chapitre I : LES MALADIES DE L’ŒSOPHAGE
L’oesophage est un tube
musculaire qui relie la bouche à l’estomac.
Sa fonction principale est d’assurer la déglutition. Ainsi la plupart des maladies de l’œsophage
vont se manifester par des signes groupés sous le nom de « Syndrome
oesophagien ».
Celui-ci est fait de :
-
La dysphagie = difficulté de la déglutition que le
malade décrit souvent sous forme de sensation d’arrêt des aliments derrière le
sternum.
-
Douleur retrosternale sous-forme de brûlure =
pyrosis
-
Régurgitation (rumination) = rejet par la bouche du
contenu oesophagien ou gastrique sans effort ; c’est un reflux
gastro-oesophagien.
Ces différents signes sont les manifestations d’un trouble de la
déglutition.
1. LES OESOPHAGITES :
C’est l’inflammation de l’œsophage
a) OESOPHAGITES AIGUES :
C’est une inflammation
qui est souvent due à l’ingestion des substances caustiques (souvent
accidentelle ou dans un but suicidure)
- Signes
cliniques :
·
Peu de temps après l’ingestion, le malade ressent
une dysphagie sévère, l’empêchant de s’alimenter.
· Douleurs
retrosternales intenses, irradiant vers le cou, les épaules, le dos.
- Evolution :
En cas de survie, la phase aiguë est suivie d’une amélioration apparente
et plus tard va survenir une sténose oesophagienne cicatricielle bénigne
Dans certains cas la maladie peut se compliquer d’hémorragie digestive
haute, de perforation de l’œsophage ou de surinfection.
- Traitement :
·
Neutraliser le toxique
par un antidote
·
Analgésiques +
alimentation parentérale et rien per os pendant plusieurs jours plus
réalimentation orale progressive.
·
Antibiotiques pour
prévenir la surinfection
N.B. : Il existe aussit les oesophagites
à Candida albicans qui est une candidose oesophagienne mycosique, signe majeur
de l’immunodépression ; on la soigne par les anti-mycosiques (Nystatine,
Nizoral, Fungizone, …).
b) OESOPHAGITES CHRONIQUES :
- Causes :
·
Le reflux
gastro-oesphagien c.à.d. le retour de l’estomac vers l’œsophage du suc
gastrique acide.
·
L’alcoolisme, le
tabagisme chronique et l’habitude de consommer les condiments irritants.
Dans cette affection l’agent étiologique agit pendant longtemps (action
prolongée) et de façon modérée alors que pour les oesophagites aiguës l’agent
étiologique agit brièvement mais intensément.
- Signes
cliniques :
·
Le signe capital = les
brûlures retrosternales post-prandiales
·
Régurgitations acides
postprandiales
·
Dysphagie
-
Evolution : Elle est
marquée par des petites hémorragies rares mais répétées et à la fin on aboutit
à une sténose cicatricielle bénigne (sclérose)
- Traitement :
·
Régime : éviter les
aliments irritants et les condiments, l’alcool, le tabac. Les repas seront peu abondants et
semi-liquides, les aliments bien mastiqués
· Médicaments : anti-acides (aluminum, magnésium, …).
2. L’ULCERE PEPTIQUE DE L’ŒSOPHAGE
C’est une perte de
substance assez profonde, localisée à la partie inférieure de l’œsophage, due à
l’action agressive de l’acide chlorhydrique et de la pepsine et qui est
caractérisée par une douleur retro sternale intense sous forme de brûlure
périodique, exacerbée par les aliments irritants. Il y a aussi des régurgitations acides et de
la dysphagie.
Cette affection fait partie de la maladie ulcéreuse qui comprend :
·
L’ulcère oesophagien
·
L’ulcère gastrique
·
L’ulcère duodénal
·
L’ulcère jéjunal
=
Complications :
·
Hémorragie digestive
supérieure (hématémèse)
·
Perforation de l’œsophage
qui va se manifester par une douleur retrosternale brutale et intense avec des
signes de choc.
Cet accident survient souvent après des
efforts violents de vomissement ou après l’ingestion d’un bol alimentaire
volumineux et dur ; il nécessite un traitement chirurgical d’urgence.
·
Sténose oesophagienne
cicatricielle
=
Traitement : comme
l’ulcère gastro-diodenal
3. STENOSE OESOPHAGIENNE BENIGNE
C’est le stade final,
cicatriciel des différentes lésions inflammatoires de l’œsophage. La paroi de l’œsophage s’épaissit (et se
fibrose) et cela rétrécit la lumière oesophagienne
=
Signes cliniques :
§ dysphagie
progressive c.à.d. elle est d’abord aux solides puis par après aux
liquides ;
§ régurgitations
alimentaires, non acides ;
§
douleur retrosternale modérée, sous-forme de pesanteur.
= Traitement :
Chirurgical
4. LES DIVERTICULES OESOPHAGIENS
Généralités
*
Digestif et qui communique avec la lumière du tube
digestif. Il peut donc se localiser à
l’œsophage, à l’estomac, à l’intestin grêle ou au colon.
*
Généralement les diverticules sont asymptomatiques,
mais ne se manifestent que en cas des complications :
·
la diverticulite =
l’inflammation du diverticule ;
·
hémorragie
diverticulaire ;
·
perforation.
*
Le diverticule peut être unique ou multiple ;
dans ce dernier cas on parle de diverticulose.
a. Les diverticules
oesophagiens sont de 3 types :
· diverticule
pharyngo-oesophagien : qui est à la jonction de l’œsophage avec le pharynx
(partie supérieure de l’œsophage) ;
· diverticule
épibronchique : localisé à la partie moyenne de l’œsophage (à la bifurcation
de la trachée) ;
· diverticule
épiphrenique ; qui est à la partie inférieure de l’oesophage
b. Clinique : Syndrome oesophagien
c. Traitement : Il est chirurgical
lorsqu’il a des complications.
5. CANCER DE L’ŒSOPHAGE
Il est plus fréquent
chez l’homme que chez la femme et sa fréquence augmente avec l’âge.
a) Il peut se présenter sous 3 formes :
- la forme
bourgeonnante ou proliférative ou polypoïdale = sous forme de végétation en
chou-fleur.
- la forme
ulcérative = sous forme d’ulcère
- la forme
infiltrative = intraparietal
b) Signes cliniques :
- La forme
ulcérative va se comporter comme l’ulcère de l’œsophage : douleurs rétro
sternales, hématémèse.
- Les formes
prolifératives et infiltratives se comportent comme une sténose avec une
dysphagie progressive.
c) Complication :
- Hémorragie
digestive haute ;
- Perforation de
l’œsophage
- Métastases
hépatiques, pulmonaires, osseuses, etc…
d) Traitement : chirurgical
Si le malade est inopérable on procède à la radiothérapie ou bien à des
opérations palliatives (ex : gastrostomie) ou on place une sonde gastrique
pour alimenter le malade.
6. LES VARICES OESOPHAGIENNES
Ce sont des dilatations
des veines de la partie inférieure de l’œsophage qui sont dues à l’hypertension
portale c.à.d. l’augmentation de la pression dans le système de la veine porte dont
la cause la plus fréquente est la cirrhose hépatique.
Généralement les varices
oesophagiennes sont asymptomatiques et souvent elles se déclarent par un
accident souvent fatal qui est une hématémèse cataclysmique due à leur rupture
et qui nécessite souvent des mesures thérapeutiques d’urgence.
- Catheteriser une
veine en vue de médications par voie intraveineuse et pour la transfusion.
-
La Sonde de BLAKEMORE SANGSTAKEN : elle a un
ballonnet oesophagien, un ballonnet gastrique et un tube d’aspiration gastrique. On gonfle le ballonnet gastrique avec 150 ml
d’air et on le fixe au cardia. Ensuite
on gonfle le ballonnet oesophagien avec ± 70 ml qui va comprimer les veines
saignantes. La 3ème partie
sert à l’aspiration gastrique (pour vérifier la persistance ou l’arrêt de
l’hémorragie) et à alimenter le patient.
La sonde restera en place moins de 24 h pour éviter la nécrose de la
muqueuse de l’œsophage.
CHAPITRE II : LES MALADIES DE L’ESTOMAC
A. RAPPEL ANATOMO-PHYSIOLOGIQUE :
L’estomac est une poche en forme de
J, avec
· 2 orifices : le cardia en haut
et le pylore en bas, munis de sphincter
· 2 faces : antérieure et
postérieure
· 2 courbures : la grande et la
petite
· 3 parties : le fond, le corps
et l’antre pylorique
Le
rôle de l’estomac est de brasser les aliments et les évacuer vers le duodénum.
Sa couche
interne qui est la muqueuse possède des glandes qui secrètent du mucus, de
l’acide chlorhydrique, des enzymes (pepsine) et le facteur intrinsèque.
Les
enzymes ont la fonction de digérer les aliments. Le facteur intrinsèque est nécessaire pour
l’absorption de la vit B12. Le mucus
recouvre la muqueuse (surface), la protégeant ainsi contre l’action agressive
de l’acide chlorhydrique et de la pepsine.
B. SEMIOLOGIE :
EXAMEN
DE L’ESTOMAC
L’espace prégastrique se confond
pratiquement avec l’épigastre.
- A l’inspection de la région
prégastrique :
L’estomac
peut être visible sous forme d’une distension en cornemuse avec des ondes
péristaltiques en cas de sténose du pylore.
Certaines tumeurs gastriques peuvent également être visibles, sous forme
d’un soulèvement pariétal localisé.
- A la palpation : elle permet de
rechercher les points douloureux, les tumeurs et les phénomènes de clapotage
·
Douleurs
provoquées : Une sensibilité diffuse existe au cours de certaines
gastrites aiguës. Chez les ulcéreux, la
zone d’hyperesthésie est d’ordinaire bien délimitée.
*
Des
tumeurs pigastriques
* Le clapotage gastrique : se
produit quand l’estomac contient au moins 50 cc de liquide. Observé à jeun, il traduit une sténose ou une
hypersécrétion.
C.
PATHOLOGIE :
1. LES GASTRITES :
a) LA GASTRITE AIGUE :
=
DEFINITION : c’est l’inflammation aiguë de la
muqueuse gastrique.
=
ETIOLOGIE :
·
les substances corrosives ou caustiques :
Substances chimiques concentrées ;
·
l’alcool concentré ;
·
les médicaments : les anti-inflammatoires
(aspirine, indocid, …) ;
·
l’insuffisance rénale chronique : gastrite
urémique ;
·
les stress : émotions, problèmes psychiques,
etc…
=
SIGNES CLINIQUES :
·
Une douleur épigastrique intense qui débute
brutalement et s’accompagne souvent de vomissement ; lorsque ces derniers
contiennent du sang, on parle de gastrite hémorragique.
·
A l’examen, l’épigastre est très sensible de manière
diffuse.
=
TRAITEMENT :
·
PROPHYLACTIQUE : l’hygiène alimentaire en
évitant les facteurs étiologiques ;
·
CURATIF:
◊
Un régime hydrique à base de lait et soupe de
légumes les deux ou trois premiers jours et après on reprend une réalimentation
progressive ;
◊
Si le malade vomit il faut le réhydrater et
l’alimenter par voie IV ;
◊
Contre les douleurs on donne des anti-spasmodiques
(teinture de belladone, papavérine, …)
◊
Protecteurs de la muqueuse : dérivés de bismuth
et ceux de l’aluminum, etc.
b) LA GASTRITE CHRONIQUE
C’est
une maladie inflammatoire chronique et progressive de la muqueuse gastrique,
qui évolue pendant 10 à 20 ans de la gastrite superficielle, en passant par la
gastrite atrophique vers l’atrophie gastrique.
C’est
une affection très fréquente chez les fumeurs et les alcooliques et son
incidence augmente avec l’âge.
-
ETIOLOGIE :
L’etiologie
est multifactorielle et les agents étiologiques agissent avec une intensité
légère et pendant longtemps.
Les causes les plus fréquentes sont :
·
l’alcoolisme chronique ;
·
le tabagisme ;
·
l’habitude de prendre les condiments
irritants ;
·
l’habitude de prendre les aliments trop chauds ou
trop froids
·
les anti-inflammatoires.
-
SIGNES CLINIQUES
L’affection
peut se manifester soit sous forme de syndrome dyspeptique soit sous forme de
douleur épigastrique modérée, sous forme de brûlure survenant juste après le
repas ou même pendant le repas, exacerbée par les aliments difficiles à digérer
et les boissons alcooliques. A cette
douleur s’associent souvent des nausées, des vomissements, pyrosis et les
régurgitations.
-
COMPLICATIONS :
·
Hémorragies
·
Cancérisation
-
TRAITEMENT :
·
Prophylactique : hygiène alimentaire et exclusion
des facteurs étiologiques.
·
Curatif : régime fait d’aliments facilement
digérables, bien mastiqués et de température moyenne
·
Médicaments : anti-spasmodiques, anti-acides et
pansements gastriques
2. L’ULCERE GASTRO-DUODENAL :
a)
DEFINITION
C’est
une affection chronique caractérisée par une perte de substance de la muqueuse
gastrique ou duodénale, ±
profonde.
b)
PATHOGENIE :
C’est
le déséquilibre entre les facteurs agressifs et les facteurs défensifs de la
muqueuse en faveur des premiers. Il en
résulte une auto digestion locale de la muqueuse.
=
Facteurs agressifs : l’HCL et la pepsine qui se
trouvent dans les secrétions gastriques.
=
Facteurs défensifs : c’est le mucus : il
adhère à la surface de la muqueuse et empêche les facteurs agressifs de venir
en contact de la muqueuse.
c)
ETIOLOGIE :
Ce
sont les facteurs qui soit augmentent la sécrétion gastrique acide soit
diminuent les mécanismes défensifs. Ce
sont :
=
le stress physique :
x brûlures
x
interventions chirurgicales
=
le régime riche in épices, café, alcool, tabac ;
=
les médicaments : les
anti-inflammatoires ;
=
une pollution microbienne d’helicobacter pylori a
été constatée.
=
Etc…
d)
SIGNES CLINIQUES :
La
symptomatologie de l’ulcère gastro duodénal se résume dans « le syndrome
ulcéreux » : c’est une douleur épigastrique bien localisée, irradiant
souvent vers le dos, survenant souvent avant le repas (pré-prandiale) avec une
sensation de faim douloureuse calmée par le repas. Parfois cette douleur est nocturne réveillant
le patient la nuit.
Cette
douleur est aggravée par : l’alcool, les condiments, certains aliments
durs et les émotions et elle est calmée par le lait et ses dérivés et les
anti-acides. Cette douleur est
périodique c.à.d. qu’il y a des périodes de douleurs qui sont séparées par des
périodes d’accalmie assez longues. A ce
syndrome douloueux peut associer des nausées et vomissements, l’amaigrissement,
la constipation ou la diarrhée. A
l’examen l’épigastre est très sensible.
e)
EXAMENS PARACLINIQUES :
=
transit baryté ;
=
gastroscopie ;
=
prélever les sécrétions gastriques par tubage
gastrique pour en étudier la composition acide, le PH, etc…
f)
EVOLUTION :
Elle
est chronique avec des périodes actives entrecoupés des périodes de rémission.
Deux
possibilités peuvent alors se présenter :
=
la guérison : on y conclut quand il n’y a plus
de symptômes pendant 5 ans et plus.
=
l’aggravation progressive au cours de laquelle les
périodes non douloureuses deviennent de plus en plus courtes. Au cours de cette évolution, certaines
complications peuvent survenir :
·
Hémorragie digestive supérieure
qui se manifeste par hématémèse et moelena,
·
Perforation aiguë qui se
manifeste par une douleur brutale et violente, vomissement, arrêt de matières
et de gaz, abdomen chirurgical et à la radiographie de l’abdomen à blanc on
voit un croissant d’air entre le foie et le diaphragme
·
Sténose cicatricielle,
fréquemment pylorique qui se manifeste par des vomissements fréquents,
essentiellement post prandiaux.
·
La cancérisation.
N.B. : Généralement
lors des complications de l’ulcère gastro-duodénal la douleur ulcéreuse perd
ses caractéristiques c.à.d. son horaire par rapport aux repas et sa
périodicité ; elle devient continue et permanente.
g)
TRAITEMENT
◊
Période
active :
=
repos physique et psychique ;
=
régime :
·
supprimer l’alcool, le tabac,
·
éviter les aliments irritants et trop durs ;
=
éviter les médicaments anti-inflammatoires.
=
Conseiller de nombreux petits repas fréquents, fait
d’aliments liquides ou semi liquides et légers (lait et ses dérivés, riz au
lait, purée de pomme de terre, …)
=
Médicaments :
·
Les anti-acides : en comprimé ou de préférence
en suspension ; ils se donnent en alternance avec les nombreux petits
repas.
·
Les antisecretoires : ils bloquent la sécrétion
acide : Atropine, Tagamet, Zantac
·
Les protecteurs de la muqueuse (« pansements
gastriques »).
x Bismuth et
ses dérivés ; il colore les selles en noir et peut masquer le moelena
x Ulcar ou
sucralfate : 4 x 1 sachet/j
·
Les sédatifs ou tranquillisants : valium,
méprobamate, etc…
=
En cas d’échec du traitement médical, on procède au
traitement chirurgical (vagotomie partielle).
◊
Pendant la période de rémission :
Réduire
l’activité physique, supprimer le stress physique, l’alcool, le tabac, les
aliments irritants, les anti-inflammatoires, les condiments, le café, le thé et
donner des médicaments à faible dose quand c’est nécessaire.
3. LA DILATATION AIGUE DE L’ESTOMAC :
C’est
un trouble moteur caractérisé par une augmentation rapide du volume de la
cavité gastrique, en l’absence de toute obstruction mécanique ; elle est
due à une atonie gastrique c.à.d. une parésie de la musculature gastrique.
a)
CAUSES :
=
Les interventions
chirurgicales abdominales sous anesthésie générale (surtout chirurgie
digestive).
=
Les infections telle que
la fièvre typhoïde, pneumonie, poliomyélite.
=
Les troubles métaboliques
et électrolytiques : hypokalémie, acidocétose diabétique.
b)
SIGNES CLINIQUES :
=
Sensation de la plénitude gastrique
=
Vomissements et régurgitations ou éructations
=
Distension épigastrique, tympanique avec clapotage.
=
Déshydratation et troubles électrolytiques.
c)
TRAITEMENT :
=
Prophylactique : c’est l’intubation pour
aspiration gastrique pendant et après l’opération
=
Curatif : il est médical et jamais
chirurgical :
·
Intubation gastrique pour aspiration continue,
·
Administration de modificateur de transit pour
évacuer l’estomac (ex : primperan)
4.
LE CANCER DE L’ESTOMAC
a) ETIOLOGIES : On incrimine
certains facteurs :
= Les produits cancérigènes qu’on peut
retrouver dans certains aliments ou l’eau de boisson (nitrasamines)
= L’atrophie gastrique (stade final de
la gastrite chronique) ;
= L’ulcère gastrique ;
= La gastrite hypertrophique :
forme particulière de la gastrite dans la quelle les plis de la muqueuse
gastrique sont hypertrophiés ;
= Les tumeurs bénignes de l’estomac
(surtout adénome)
b) L’ASPECT DU CANCER :
Il peut se présenter sous 3
formes : proliférative, ulcérative, infiltrative
c) SIGNES CLINIQUES
= Souvent le cancer est asymptomatique
et les symptômes n’apparaissent que tardivement lorsque le cancer est déjà très
avancé et inopérable.
= Symptomatologie : on peut
observer soit un syndrome dyspeptique, soit un syndrome gastritique soit un
syndrome ulcéreux, avec amaigrissement évoluant vers la cachexie et à l’examen
on peut palper une tumeur épigastrique.
d) COMPLICATIONS :
= Hémorragies digestives.
= Métastases, généralement au foie, au
péritoine, aux ovaires, aux poumons, au cerveau, etc…
e) TRAITEMENT
=
Il
est chirurgical et si possible une gastrectomie totale. En cas de cancer inopérable, on fait des
interventions palliatives (dérivations).
=
Symptomatique :
analgésiques, transfusions.
Chapitre III : LES
MALADIES DE L’INTESTIN
RAPPEL ANATOMO-PHYSIOLOGIQUE
=
INTESTIN GRELE:
Il comprend 3 parties:
· Le duodénum: c’est là que sont déversées
les secrétions biliaires et pancréatiques qui vont assurer la digestion de tous
les aliments (graisse, protéines, glucides) pour les transformer en nutriments;
· Le jéjunum : la muqueuse a une
structure particulière qui assure l’absorption des aliments (villosités
intestinales).
·
L’iléon
=
GROS INTESTIN =
·
Le colon ascendant;
· Le colon transverse Il élabore les matières fécales par absorption de
l’eau. Il commence
au niveau du caecum
· Le colon descendant
· Le sigmoïde: il prépare la défécation.
·
Rectum
ou ampoule rectale : c’est un réservoir des matières fécales dont le rôle
est d’assurer la défécation c.à.d. l’évacuation des matières fécales à
l’extérieur. Il comporte des sphincters
(interne et externe) au niveau anal.
=
L’intestin comporte 4 couches:
· à l’intérieur la muqueuse qui absorbe et
sécrète;
· au milieu la musculeuse qui assure la
motricité (péristaltisme) ;
· à l’extérieur le péritoine (séreuse)
Les maladies de
l’intestin se manifestent par des troubles de transit : diarrhée ou
constipation, associée à la douleur abdominale.
1.
LA DIARRHEE :
C’est une émission
fréquente des selles liquides ou molles car elles contiennent des quantités
anormales d’eau. Les selles sont
pâteuses, molles ou liquides.
=
Conséquences de la diarrhée :
· Pertes
hydroélectrolytiques entraînant la déshydratation et les troubles
ioniques ;
·
Acidose métabolique suite à la déperdition
bicarbonatée ;
=
Signes cliniques : pli cutané, enophtalmie,
sécheresse des muqueuses, soif, fièvre, torpeur ou agitation, hypotension
artérielle, convulsions, oligoanurie.
On a deux types des diarrhée :
La diarrhée aiguë et la diarrhée chronique.
=
La diarrhée aiguë
Elle a certaines
caractéristiques :
· Apparition
brutale et durée brève (1 à 4 à 7 jours)
· Les selles sont
nombreuses, plus de 5 par jour (5 à 20 par jour)
· Les selles sont
aqueuses c.à.d. liquides, d’où déshydratation grave
· Il y a souvent
des douleurs et des vomissements
· Les diarrhées
aiguës sont souvent d’origine infectieuse et on distingue :
· Les diarrhées
fébriles
·
Les diarrhées afébriles
=
La diarrhée chronique
Elle a un début
insidieux et progressif, la fréquence est de moins de 5 fois par jour ;
les selles sont molles avec douleurs rares et sourdes.
La diarrhée est dite chronique quand elle évolue depuis plus de 3
semaines, qu’elle soit intermittente ou continue.
b. ETIOLOGIES
= POUR LA DIARRHEE AIGUE :
· Intoxication alimentaire : elle est due à
la consommation des aliments souillés par les germes ou les toxines
microbiennes. La maladie commence
brutalement dans les 6 heures après ingestion de l’aliment ; elle va
intéresser tous ceux qui ont consommé cet aliment.
X Elle se
manifeste souvent par la diarrhée et vomissement. Les aliments en cause sont surtout les
conserves de viande ou de poisson, les dérivés de lait, (fromage, yoghourt),
les viandes, les produits de charcuterie (saucissons) ou de pâtisserie
(gâteau), …
X Prévention : elle consiste à une
bonne cuisson des aliments.
X Traitement : Correction des
troubles hydroelectrolytiques ; l’antibiothérapie est inutile
· Les
gastro-entérites microbiennes dues aux virus, bactéries (salmonella, shigelle,
colibacile, vibrio cholerae, staphylocoque, etc…). La coproculture est nécessaire pour un
antibiothérapie appropriée.
· Les champignons
surtout le Candida albicans qui se développent surtout chez les immunodéprimés
ou après une antibiothérapie à large spectre pendant longtemps.
X Traitement : Antimycosiques
(Nystatine, Nizoral, …)
· Les
parasites : les amibes, schistosomes, ascaris, ankylostomes, anguillules,
tricocephales, trichomonas, giardia, …
· L’intolérance
des certains aliments.
N.B. : Les diarrhées virales sont fréquentes en pédiatrie, rares et
bénignes chez l’adulte.
Leur Traitement = La
réhydratation.
= POUR LA DIARRHEE CHRONIQUE :
· Les causes
intestinales :
X Tumeurs, surtout le cancer du colon
droit. Il est fréquent chez le sujet âgé
et se manifeste par une rectorragie et une émission des selles glaireuses.
X Les parasitoses : l’amibiase
intestinale chronique, la bilharziose, etc…
X La malabsorption
X Les mycoses intestinales
X Les inflammations de l’intestin :
◊
Les inflammations spécifiques ex : la TBC
intestinale
◊
Les inflammations non spécifiques ;
exemple :
X La maladie de
CROHN = iléite terminale : elle intéresse l’iléon terminal d’où elle
s’étend vers les autres segments de l’intestin.
X La rectocolite
ulcerohemorragique = colite ulcéreuse.
C’est une inflammation colique (qui intéresse le colon), caractérisée
par des ulcérations qui vont occasionner une diarrhée muco-hemorragique.
Cette affection se complique souvent d’hémorragie, de perforation
intestinale, cancérisation ou formation de fistules internes ou externes.
· LES CAUSES EXTRA-INTESTINALES
(EXTRA-DIGESTIVES)
X Les maladies du
pancréas
X Le diabète
X L’alimentation
non contrôlée
X La prise des
certains médicaments
X L’hyperthyroïdie
X Le Syndrome
d’Immuno Deficience acquise (SIDA)
X Les problèmes
psychiques : colon irritable (épisodes de diarrhée survenant lors des
émotions)
X L’insuffisance
rénale : entérite urémique
X L’allergie
alimentaire.
c. EXAMENS
PARACLINIQUES
=
Pour les
diarrhées aiguës : Examen de selles direct ou culture des selles
=
Dans les
diarrhées chroniques : Examen de selles direct, rectosigmoïdoscopie….
d. TRAITEMENT
=
Prophylaxie : Hygiène alimentaire et lavage fréquent des
mains
=
Dépister et
traiter les porteurs sains :
=
Hygieno diététique :
·
Eviter les aliments crus,
les aliments riches en cellulose (ex : les tomates, salades, …), les
aliments riches en amidon (ex : les haricots, …) et les fruits
·
Prescrire : les
potages, l’eau de riz ou le riz sec, la viande, etc…
=
Symptomatique :
·
La réhydratation :
elle peut se faire :
X
Per os = SRO ou solution
salée sucrée (SSS)
X
Par voie IV (parentérale)
en cas de déshyratation grave et de vomissement
·
Les antispasmodiques
=
Etiologique :
Le traitement dépend de chaque cas.
ANNEXE :
a.
LA TBC INTESTINALE
a)
Elle
survient de deux façons :
=
Soit
chez un tuberculeux pulmonaire qui avale les crachats contenants les B.K.
=
Soit
chez un sujet sain qui boit du lait ou ses dérivées contaminées par les B.K.
bovins. La maladie se localise souvent
au niveau de l’iléon terminal et du caecum.
b)
SIGNES
CLINIQUES :
Il y a les
signes d’imprégnation tuberculose avec une diarrhée chronique faite des selles
molles parfois sanguinolentes.
A l’examen, la
fosse iliaque droite est sensible.
c)
TRAITEMENT :
Les tuberculostatiques
b.
SYNDROME DE MALABSORPTION
Le manque
d’absorption des substances nutritives est surtout la conséquence de la
perturbation de la digestion des substances nutritives qui apparaissent alors
dans les selles (globules de graisse, fibres musculaires).
a)
SIGNES
CLINIQUES :
-
Une
diarrhée chronique qui est souvent une stéatorrhée (avec beaucoup de
graisses) : les selles flottent à la surface de l’eau et laissent
apparaître des nappes de graisses à la surface de l’eau.
-
Signes
de dénutrition et de carence tels que anémie, oedèmes, troubles cutanés, …(=
carence en fer, en protéine, en vitamine, …).
-
Amaigrissement
b)
CAUSES
DE LA MALABSORPTION
-
Mauvaise
digestion : elle est fréquente dans les maladies du pancréas et dans
l’obstruction des voies biliaires accompagnées de l’insuffisance du suc
pancréatique et de la bile dans l’intestin : il y a insuffisance d’enzymes
pancréatiques et des sels biliaires dans la lumière intestinale.
-
Lésions
de la muqueuse intestinale : cas des maladies avec atrophie villositaire.
-
Les
résections intestinales plus ou moins étendues.
-
L’allergie
alimentaire
-
Les
maladies des vaisseaux et des voies lymphatiques de l’intestin entraînent leur
obstruction
c)
TRAITEMENT :
-
ETIOLOGIQUE :
-
SUBSTITUTIF :
donner au malade les aliments qui manquent c.à.d. corriger la carence
-
SYMPTOMATIQUE
DE LA DIARRHEE
-
MEDICAMENTS
qui contiennent les enzymes digestives en cas des troubles de digestion.
2.
LA CONSTIPATION :
a)
DEFINITION :
C’est
une émission de selles rares et dures.
La défécation est rare (une fois tous les 2 à 3 jours ou plus) et les
selles sont de quantité réduite et dures.
b)
PHYSIOPATHOLOGIE : MECANISMES :
-
Le ralentissement du transit : le séjour
prolongé des selles dans le colon entraîne que celui-ci leur soustrait une
grande quantité d’eau.
-
Le disfonctionnement dans le mécanisme de défécation
(dyschésie) comme chez les vieillards ou en cas des lésions de l’anus qui font
mal lors de défécation. Ex :
affections anales (hémorroïdes, fissures, abcès, péri-anaux, …). Ces affections rendent la défécation
douloureuse, ce qui oblige souvent le malade à inhiber le réflexe de défécation
qui finit par s’émousser.
c)
CAUSES DE LA CONSTIPATION
On distingue 2 types de constipation :
-
La constipation fonctionnelle c.à.d.
sans lésion organique : = la plus fréquente
·
Le régime pauvre en
cellulose (c.à.d. pauvre en légumes verts, fruits, …)
·
La réduction de
l’activité physique c.à.d. le sédentarisme : ex : les travailleurs de
bureau, les gens qui se déplacent en voiture, alitement prolongé, …
·
L’abus de laxatifs ou de
lavements.
·
Changement de régime, le
voyage, manque du petit déjeuner
·
Vieillesse, obésité,
grossesses multiples où l’on observe une faiblesse de la musculature abdominale
qui intervient dans l’acte de la défécation.
-
La constipation organique : c.à.d. liée à un lésion ou à une autre
pathologie.
On l’appelle ainsi constipation
symptomatique ou secondaire.
C’est le cas dans :
·
le cancer du colon
gauche ;
·
les dimensions anormales
du colon : mégacôlon, dolicôlon ;
·
lésions anales :
fissures, hémorroïdes, abcès perianaux ;
·
l’hypokaliémie ;
·
autres maladies comme
l’hypothyroïdie, la méningite, la dépression nerveuse ;
·
la prise des certains
médicaments qui ralentissent le péristaltisme ;
·
la grossesse
d)
COMPLICATIONS DE LA CONSTIPATION
·
Colite chronique : inflammation due à
l’irritation du colon car les selles y séjournent longtemps ;
·
Les lésions anales qui sont les hémorroïdes et les
fissures anales ;
·
Infections urinaires et biliaires à
répétition ;
e)
TRAITEMENT
-
Hygieno-dietetique : (= Le plus
important)
·
L’exercice physique, le lever précoce des opérés et
la mobilisation des malades alités.
·
Hygiène alimentaire : boire suffisamment,
prendre toujours quelque chose le matin, prendre le repas à des heures
régulières.
·
Le Régime : riche en cellulose ex :
légumes crus et les fruits.
-
Médicamenteux :
Il
faut y recourir très rarement (de même que le lavement)
·
Laxatif en comprimés ou en suppositoire, les huiles
telles que huile de paraffine, huile d’olive, huile de ricin ;
·
Le lavement : quand on doit y recourir on
préfère un petit lavement à l’eau tiède poussée rapidement. Cependant en cas de fécalome on utilise des
grands lavements. Et si cela échoue on
recourt à l’extraction manuelle.
-
Etiologique :
3.
LES AFFECTIONS ANO-RECTALES :
a) LES HEMORROIDES :
Ce
sont les varices des veines hémorroïaires.
-
CAUSES :
·
Station débout prolongée ;
·
Travaux lourds ;
·
Constipation
·
Tumeur du petit bassin et les grossesses
·
Hypertension portale qui est fréquente dans les
maladies du foie notamment la cirrhose.
Bref tout ce qui favorise la stase sanguine au
niveau des veines hémorroïdaires
-
SIGNES CLINIQUES :
On
distingue 2 types d’hémorroïdes :
·
Les Hémorroïdes externes : qui sont visibles
comme des bourrelets à l’anus !
·
Les Hémorroïdes internes : qui sont souvent
asymptomatiques ou parfois s’accompagnent des douleurs anales spontanées ou à
la défécation !
-
COMPLICATIONS :
·
Hémorragies : les selles, normales ou dures, sont enrobées
de sang et le papier hygiénique est tacheté de sang après usage.
·
Thrombose hémorroïdaire : elle est très
douloureuse et il faut éviter de la traumatiser.
·
Prolapsus hémorroïdaire : sous forme de
tuméfaction violacée.
·
Fissures et fistules anales.
-
TRAITEMENT
·
En cas d’hémorroïdes asymptomatiques :
expectative
·
Dans les formes symptomatiques il faut :
◊
lutter contre la constipation ;
◊
repos au lit les membres inférieurs surélevés pour
combattre la stagnation du sang ;
◊
hygiène c.à.d. propreté de la région anale par des
bains de siège tièdes et l’utilisation de papier hygiénique ;
◊
suppositoires (Anusol, Hemorectal, Proctoglyvenol,
etc…)
·
Dans les formes compliquées : la chirurgie
c.à.d. hémorroïdectomie mais souvent la récidive est fréquente et l’opération
peut entraîner des hémorragies ou la formation des fistules anales.
·
En cas d’hypertension portale, l’intervention est
dangereuse et inutile
b) LES FISSURES ANALES :
Ce
sont des ruptures linéaires de la muqueuse du canal anal.
-
CAUSES :
·
Constipation
·
Hémorroïdes
·
Hémorroïdectomie
·
Toucher rectal
·
Rectoscopie
-
SIGNES CLINIQUES :
·
Douleurs anales à la défécation
·
Hémorragie sous formes des taches de sang dans les
selles
-
TRAITEMENT :
·
Hygieno-diététique : lutter contre la
constipation, hygiène anale. On utilise
aussi des pommades et des suppositoires.
·
Chirurgical
c) LES FISTULES ANO-RECTALES :
Il s’agit des voies de communication partant d’abcès
peri-rectaux et qui s’ouvrent à l’extérieur autour de l’anus par des petits
orifices par où suinte le pus.
d) LES INFECTIONS ANO RECTALES
SPECIFIQUES
-
Certaines
maladies sexuellement transmissibles : Syphilis, gonococcie ou lympho
granulomatose etc… peuvent coloniser l’anus ou le rectum. Et cela s’observe dans les pratiques
sodomiques (relations sexuelles par l’anus).
Ces affections se manifestent par des douleurs anales ou ulcérations
anales ou écoulements par l’anus
Traitement :
il est étiologique
-
Parasitoses :
l’amibiase, la schistosomiase etc (= rectite parasitaire).
Chapitre IV : LES
HEMORRAGIES DIGESTIVES
1. HEMORRAGIE DIGESTIVE HAUTE :
a) Elle se manifeste par l’hématémèse
(vomissement de sang rouge ou noirâtre, mêlé ou non à des aliments) suivie de méléna
(émission par l’anus de selles noires, fétides).
b) Etiologie :
-
La
maladie ulcéreuse.
-
Rupture
des varices oesophagiennes ou gastriques (cirrhose).
-
La
gastrite érosive.
-
Autres :
syndrome de Mallory-Weiss, tumeurs gastriques, troubles de la crase sanguine,
anticoagulants, …
c) Diagnostic :
-
Rechercher
la prise d’alcool ou d’antiinflammatoires.
-
Endoscopie
haute.
d) Traitement :
-
Rassurer
le malade, le laisser à plat, tête basse, membres inférieurs surélevés, ou en
décubitus latéral pour éviter les fausses routes dans les voies respiratoires.
-
Transfusion
si nécessaire (Hb ± 9 g%)
-
Etiologique
et/ou chirurgical.
e) Surveillance :
-
Pouls,
T.A., diurèse (sonde urinaire), saignement (sonde gastrique d’aspiration).
-
Examens :
Hb, Ht, Gs.
2. HEMORRAGIE DIGESTIVE BASSE.
a) Elle se manifeste par une rectorragie
c.à.d. une émission de sang rouge vif provenant du grêle et du colon.
b) Etiologie :
-
Diverticules
coliques.
-
Polypes
et cancers coliques.
-
Colite
ulcéreuse
-
Maladie
de Crohn
Ces
deux derniers donnent une diarrhée sanglante
-
Etc.
3.
La dysenterie : c’est la diarrhée sanglante (selles diarrhéiques mélangées avec des
sang). Elle connaît plusieurs
causes :
=
Bacteriennes : Shigellose, Salmonellose, TBC,
Intestinale, etc
=
Parasitaires : Amibiase, Schistosomiase, etc.
=
Inflammatoires : Colite ulcéreuse, maladie de
Crohn, etc.
Chapitre V : LES MALADIES DU PERITOINE
1. LA PERITONITE TUBERCULEUSE
C’est la TBC péritonéale.
Elle est souvent secondaire à la TBC
intestinale. Elle se manifeste
cliniquement par :
-
les
signes d’imprégnation tuberculeuse ;
-
un
ascite c.à.d. accumulation de liquide dans la cavité péritonéale. Ce liquide est jaune citrin, il est riche en
protéines (au labo il est Rivalta+).
COMPLICATION :
Elle laisse souvent comme séquelle
des adhésions péritonéales.
TRAITEMENT :
Tuberculostatiques (cfr pneumologie)
+ corticoïdes
2. LE CANCER PERITONEAL
Cette affection se manifeste
également par un ascite qui a certaines caractéristiques :
le
liquide est parfois jaune citrin, mais souvent hémorragique, fait de sang
incoagulable, réfractaire aux diurétiques et il se reforme très rapidement
après paracentèse (ponction évacuatrice).
Le sédiment de ce liquide, contient des cellules cancéreuses
TRAITEMENT :
Radiothérapie et chimiothérapie
anti-cancéreuse
Chapitre VI : LES
MALADIES DU FOIE
A) SEMIOLOGIE : EXAMEN DU
FOIE :
L’espace préhépatique se confond
presque avec l’hypochondre droit et un peu avec l’épigastre.
-
A
l’inspection les augmentations de volume du foie (Hépatomégalie) produisent,
lorsqu’elles sont suffisammant importantes, une voussure visible à l’hypochondre
droit et à l’épigastre.
-
A
la palpation, on recherche le siège et la morphologie du bord inférieur, la
consistance, l’état de la face antérieure ainsi que la sensibilité de l’organe.
+
A l’état normal :
Chez l’adulte normal, le foie n’est
pas palpable normalement mais il peut l’être, spécialement chez l’enfant, chez
qui le foie est proportionnellement plus grand.
Le foie
devient palpable quand il est augmenté de volume ou ptosé. Quand le foie normal est palpable, le bord
est régulier et mousse, la surface est régulière et lisse, la consistance
élastique et il n’est pas sensible.
+
A l’état pathologique :
*
Le
bord de foie est épais et arrondi (dans les congestions hépatiques), tranchant
dans la cirrhose, irrégulier dans la syphilis et la plupart des cancers
secondaires
*
La
surface est irrégulière dans la cirrhose et le cancer, la syphilis, etc…
*
La
consistance est dure dans la cirrhose et le cancer, molle dans les congestions.
*
Une
sensation de fluctuation peut s’observer dans les abcès et les kystes
hydatiques superficiels.
*
La
palpation du foie est douloureuse dans les congestions, les hépatites aigues,
les abcès, les cancers, …
*
En
cas de lésions de la vésicule biliaire (Cholécystite), on observe généralement une
sensibilité nette au point cystique (situé immédiatement en dessous du rebord
costal, un peu en dehors de la ligne qui unit l’ombilic au mamelon). Le signe de Murphy est positif.
-
A
la percussion, on recherche :
*
La
limite supérieure (qui se trouve normalement au niveau du 5è espace
intercostal), éventuellement aussi la limite inférieure.
*
La
hauteur de l’espace pré hépatique qui est normalement de 6 à 12 cm sur la ligne
médis claviculaire droite et de 12 cm sur la ligne axillaire moyenne. En cas d’hépatomégalie, la matité hépatite
est étendue et la hauteur supérieure à 14 cm sur le ligne médioviculaire
droite. Elle est diminuée en cas
d’atrophie du foie (hépatite fulminante, cirrhose alcoolique)
*
L’ébranlement
hépatique (= percuter doucement la main gauche placée sur l’hypochondre droit
avec le poing droit) à l’état normal, le foie n’est pas sensible.
B) PHYSIOPATHOLOGIE : Les grands syndromes hépatiques
1. ICTERE :
C’est
la coloration jaune des téguments et des muqueuses. Elle est due à une augmentation de taux de
bilirubine dans le sang.
MECANISME DE
L’HYPERBILURIBINEMIE :
-
Hyperhémolyse : cfr anémies hémolytiques =
ictère pré-hépatique. Il s’accompagne de
pâleur
-
Ictère hépatique : il est du aux maladies du
foie. Ce dernier ne pouvant plus
correctement remplir ses fonctions de capter, conjuger et excréter la
bilirubine.
-
Cholostase ou obstruction des voies biliaires =
ictère cholostatique ou ictère obstructif ou ictère post-hépatique. Celui-ci s’accompagne souvent de prurit.
N.B. :
Souvent l’ictère est à pathogénie mixte c.à.d.
combinant plusieurs mécanismes.
2. CHOLOSTASE :
C’est
une difficulté de l’excrétion de la bile à travers les voies biliaires intra
hépatiques ou extra hépatiques.
-
La cholostase intrahépatique s’observe dans les
maladies du foie comme la cirrhose biliaire, le cancer, …
-
La cholostase extra hépatique s’observe dans
certaines pathologies comme :
·
La Lithiase biliaire c.à.d. la formation des calculs
dans les voies biliaires et qui se manifeste par des coliques biliaires, ictère
et la fièvre.
·
Tumeur :
◊
Cancer de la tête du pancréas
◊
Ampulome vaterien
Ces tumeurs compriment l’abouchement des voies
biliaires et pancréatiques dans le duodénum et génent ainsi l’écoulement de la
bile.
·
Parasites : ascaris. Ces vers mobiles vivant dans l’intestin peuvent
au cours de leur migration, s’engager dans les voies biliaires et les obstruer.
3. INSUFFISANCE HEPATIQUE :
C’est
l’état dans lequel le foie est incapable d’accomplir ses fonctions telles
que :
-
![]()
![]()
celle de
capter et de conjuger la bilirubine : l’ictère ;
-
celle de synthétiser les protéines hypoproteinemie ascite et oedèmes ;
-
celle de
synthétiser les facteurs de la coagulation sanguine : syndromes
hémorragiques (épistaxis, gengivorragie, métrorragie, …) ;
-
celle de débarrasser l’organisme des produits toxiques,
et ces derniers (notamment l’ammoniac) vont s’accumuler dans l’organisme
entraînant :
◊
une odeur ammoniacale fécaloïde ;
◊
une intoxication du cerveau créant l’encéphalopathie
hépatique qui se manifeste par le pre-coma ou le coma hépatique.
a)
ETIOLOGIES DE L’INSUFFISANCE HEPATIQUE :
C’est souvent l’aboutissement de toutes les maladies
hépatiques sevères avec principalement : la cirrhose hépatique, les
hépatites aiguës, le cancer de foie.
b)
LE PRONOSTIC DU COMA HEPATIQUE : Il est
généralement grave.
N.B. : Chez les insuffisants hépatiques on doit
faire attention aux drogues car l’intoxication est facilement atteinte chez
eux, même à des doses normales.
4. HYPERTENSION PORTALE :
C’est
une augmentation de la pression dans le système de la veine porte et ses affluents.
Plusieurs
causes existent et la plus fréquente c’est la cirrhose hépatique
SIGNES :
-
Splénomégalie ;
-
Ascite ;
-
Varices oesophagiennes et varices hémorroïdaires.
5. ASCITE :
C’est
l’accumulation de liquide dans la cavité péritonéale
a)
MECANISMES :
-
L’hypertension portale : il y a augmentation de
la pression hydrostatique
-
L’insuffisance hépatique qui entraîne une
l’hypoprotéinemie
b)
CAUSES DE L’ASCITE
-
Maladies du foie : la cirrhose hépatique
-
Insuffisance cardiaque droite
-
Les maladies du péritoine ex : péritonite
tuberculeuse
-
Les maladies rénales ex : syndrome nephrotique
-
Malnutrition protéique sévère
c)
TRAITEMENT :
-
Un régime désodé
-
Diurétiques
-
La paracentèse = ponction évacuatrice qui doit être
prudente c.à.d. on retire généralement une certaine quantité et l’asepsie doit
être rigoureuse pour éviter de créer une péritonite.
C) PATHOLOGIE :
1. HEPATITE VIRALE AIGUE (HEPATITES INFECTIEUSES)
a)
C’EST
UNE MALADIE INFECTIEUSE qui
est causée par plusieurs types de virus: A, B, C, D, E. Les plus fréquents sont A et B (et les autres
sont appelés non A, non B.) (N.B. :
Elle peut aussi être causée par le cytomégalovirus l’herpes-virus, le virus
Ebstein-Bar).
b)
CES
VIRUS SE TRANSMETTENT ESSENTIELLEMENT PAR DEUX VOIES
o
La
voie digestive ou voie féco-orale : les germes se trouvent dans les
matières fécales du malade, entrent par la bouche suite à une mauvaise hygiène
alimentaire (maladie des mains sales), les mouches, la contamination des
aliments et de l’eau. C’est la voie
principale pour le virus A
o
Transmission
parentérale : notamment les transfusions sanguines ou autres produits
dérivés du sang, les aiguilles, seringues et autres instruments médicaux
contaminés. C’est la voie préférentielle
pour le virus B
o
Transmission
par l’acte sexuel (uniquement pour le virus B)
Bref :
les produits humains contaminant sont : le sang, les selles et les sperme.
c)
PHYSIOPATHOGENIE :
les virus se multiplient dans les cellules hépatiques et y créent une nécrose
hépatocytaire
d)
SIGNES
CLINIQUES : L’affection évolue en plusieurs phases :
-
La
phase pre-icterique : caractérisée par un syndrome dyspeptique :
anorexie, nausées, vomissements parfois, asthénie, malaise, arthralgies, fièvre
modérée, etc… C’est un syndrome pseudo
grippal ou pseudopalustre.
-
La
période ictérique : caractérisée par l’apparition et de l’ictère :
les urines sont foncées, il y a une légère hépatomégalie et l’asthénie devient
importante.
-
La
période de régression : disparition progressive de l’ictère et
décoloration progressive des urines.
-
La
phase de convalescence : elle est longue, et peut durer 1, 2, 3 mois
pendant lesquels le malade est asthénique.
e)
EXAMENS
DE LABORATOIRE
-
La
bilirubine est élevée dans le sang et elle est aussi présente dans les urines
-
Les
transaminases sériques (SGOT et SGPT) sont très élevés dans le sang.
-
L’antigène
australien ou de l’hépatite B : présent dans le sang.
-
Le
globules blancs sont diminués (Leucopénie).
f)
EVOLUTION
ET COMPLICATIONS.
Plusieurs éventualités sont
possibles :
-
une
évolution vers la guérison ;
-
une
évolution vers l’hépatite chronique et de là vers la cirrhose hépatique ;
-
une
évolution fatale : en cas d’hépatite fulminante qui est une forme grave
avec nécrose hépatocytaire massive menant au coma hépatique.
g)
FORMES
CLINIQUES :
-
La
forme ictérique ou forme commune ;
-
La
forme anicterique qui est fréquente et dangereuse car en l’absence de l’ictère
on ne prend pas des mesures prophylactiques nécessaires.
-
Forme
cholostatique où en plus de l’ictère il y a prurit
-
Forme
fulminante (ou atrophie jaune aiguë du foie).
h)
PROPHYLAXIE
DE L’HEPATITE VIRALE
-
Hygiène
alimentaire, la propreté des mains ;
-
Utilisation
des aiguilles, seringues à usage unique
-
La
rigueur dans la transfusion sanguine et celle-ci exige :
·
Que
les individus ayant déjà une hépatite virale ne soient pas acceptés comme
donneurs de sang
·
La
recherche systematique de l’antigène chez tous les donneurs de sang.
-
La stérilisation
rigoureuse du matériel
i)
TRAITEMENT :
Il est symptomatique
-
Repos
physique strict (souvent prolongé) ;
-
Régime
sans alcool, riche en glucides et pauvre en lipides
-
Vit B
complexe
2. HEPATITES TOXIQUES (HEPATITES
MEDICAMENTEUSES)
a) Le foie joue un rôle important dans
le métabolisme des drogues ; celles-ci peuvent leser le foie par :
- Hepatotoxicité : ex.
tétracyclines (surtout périmés), anesthésiques (Chloroforme, Fluroxèrne)
etc… Le tableau clinique est fait de
nausées, vomissements, anorexie, ictère et hépatomégalie ; il peut se
compliquer d’insuffisance hépatique. Les
examens paracliniques révèlent une nécrose hépatocytaire. Le traitement consiste en la suppression
immédiate et définitive de la drogue toxique.
- Hypersensibilité envers la drogue
(exemple : les anesthésiques : halothane, phénobarbital) il y a des
lésions de type hépatite virale aiguë et des lésions de cholostase. L’atteinte hépatique est associée à d’autres
signes d’allergie.
· Prophylaxie : renoncer pour
toujours à la drogue.
· Traitement :
*
Suppression de la drogue.
*
Corticoïdes dans la forme
grave.
-
Atteinte hépatique sans
lésions histologiques
· Ex : dérivés de la
testostérone, contraceptifs, substances de contraste pour la cholecystographie,
…
· Clinique : ictère ou subictère
avec ou sans prurit.
· Evolution : souvent disparition
des troubles, sans séquelle, après interruption du traitement nocif.
·
Traitement :
suppression immédiate de la drogue.
3. ABCES HEPATIQUE
a)
ABCES AMIBIEN :
C’est
une complication de l’amibiase intestinale.
Les
amibes dans certaines conditions qui diminuent la résistance de l’organisme,
partent du colon et vont atteindre le foie où ils vont se développer et y
creuser une cavité contenant du pus d’aspect chocolat.
-
SIGNES CLINIQUES :
·
Douleurs à l’hypochondre droit irradiant en
bretelle, intense et exacerbée par la respiration profonde, la toux, les
mouvements du corps et le décubitus latéral droit. La douleur s’accompagne de fièvre, frissons,
transpiration, asthénie et amaigrissement.
·
A l’examen clinique : il y a une hépatomégalie
douloureuse et très sensible avec un ébranlement positif.
-
COMPLICATIONS
·
Une pneumonie basale droite ;
·
Un épanchement liquidien dans la plèvre ;
·
L’abcès amibien du poumon ;
-
SIGNES PARACLINIQUES
·
Hyper leucocytose neutrophile
·
Vitesse de sédimentation accélérée
·
Le taux des anticorps antiamibiens est élevé ;
-
TRAITEMENT
Il
est médical. On utilise les amoebicides
tissulaires :
X
Flagyl 1,5 g à 2 g /j pendant 10 jrs ou plus, en I.V
ou P.O
X
Dehydroemetine 1 mg/j pendant 10 jrs
Associer
chloroquine 2 x 500 mg/j/ pour 2 jrs puis 500 mg/j pendant 3 à 4 semaines
Généralement ce traitement médical est efficace et
suffit à lui seul, mais en cas d’échec, on recourt au traitement chirurgical
qui est la ponction évacuatrice ou le drainage chirurgical.
b)
ABCES HEPATIQUE A PYOGENES
C’est
une collection purulente dans le foie qui est causée par les germes
pyogènes. Cette cavité contient un pus
plus ou moins blanchâtre.
-
SIGNES CLINIQUES : cfr abcès amibien
-
COMPLICATIONS :
La
Suppuration peut s’étendre aux structures voisines et créer par ex : une
pleurésie purulente ou une péricardite purulente ou un abcès sous phénique, ou
causer la septicémie et le choc endotoxinique.
-
TRAITEMENT :
Antibiothérapie
massive et associée. En cas d’échec on
procède au traitement chirurgical.
4. LA CIRRHOSE HEPATIQUE
a)
DEFINITION :
C’est
une affection inflammatoire chronique du foie suvennant après des lésions de
degenerescence et de nécrose hépatocytaire suivies d’une regéneration
hépatocytaire nodulaire et un développement des bandes fibreuses dans le foie.
Le
développement de ces nodules et des bandes fibreuses va constituer un gène à la
circulation sanguine, d’où il y a hypertension portale. Les lésions de degenerescence et de nécrose
entraînent une insuffisance hépatique.
b)
FORMES ETIOLOGIQUES
-
Cirrhose portale ou cirrhose de LAENNEC ou cirrhose
alcoolique : elle est due à l’alcoolisme chronique avec comme facteur
favorisant la malnutrition. Le foie au
début est augmenté de volume et plus tard il devient atrophique ; sa
surface est irrégulière car on y trouve des nombreux petits nodules égaux d’où
le nom de cirrhose micro nodulaire.
-
Cirrhose post nécrotique ou cirrhose post
hépatique : elle est due à l’hépatite virale avec comme facteur
favorisant : l’alcoolisme chronique et la malnutrition. Le foie est augmenté de volume et sa surface
est aussi irrégulière car on y trouve des nodules de dimensions variables dont
certains sont volumineux d’où le nom de cirrhose macro nodulaire.
N.B. : Ces 2 premières formes sont les plus
fréquentes, les autres formes rares sont :
-
La cirrhose biliaire due à une cholostase prolongée
-
La cirrhose cardiaque due à la stase sanguine
prolongée dans le foie ; on l’observe donc en cas d’insuffisance cardiaque
qui évolue trop longtemps.
-
Hemochromatose : c’est une accumulation de
grande quantité de fer dans certains organes dont le foie.
-
La degenerescence hepatolenticulaire due à une forte
accumulation de cuivre
c)
SIGNES CLINIQUES :
La
cirrhose hépatique évolue en 2 phases :
-
La phase compensée : elle est asymptomatique ou
alors le malade peut présenter un syndrome dyspeptique et une fatigue physique
et intellectuelle. A l’examen le foie
est augmenté de volume, il est dur, irrégulier et il est accompagnée d’une
splénomégalie, il n’est pas sensible.
-
La phase décompensée : il y a intensification
des signes de la première phase, avec apparition de l’ascite et ou de
l’ictère. On observe également la chute
des poils et la circulation collatérale abdominale.
d)
COMPLICATIONS
-
Pre-coma et coma hépatique
-
Hémorragie digestive supérieure par rupture des
varices oesophagiennes
-
Diverses infections bactériennes et dans ce cas le
malade présente de la fièvre.
-
Cancérisation et dans ce cas on constate une
altération rapide de l’état général, les douleurs hépatiques intenses, le foie
qui augmente rapidement de volume et l’ascite qui ne répond plus au traitement
et se reforme très rapidement après évacuation.
e)
TRAITEMENT :
-
D’abord supprimer l’alcool et soigner la cause
-
Soigner les complications comme par ex :
hémorragie digestive, l’ascite (régime sans sel) en cas d’infection :
antibiotiques
N.B. : Il n’y a pas de traitement curatif et la
prévention reste le meilleur moyen de combattre cette affection.
5. LE CANCER DU FOIE =
Hepatocarcinome
a) FORMES
ETIOLOGIQUES :
-
Carcinome
primaire du foie : celui-ci se développe soit sur un foie sain
soit sur un foie cirrhotique. Parmi les
étiologies on a aussi incriminé certaines substances chimiques qu’on trouve
dans certains aliments comme les arachides (Aflatoxines)
-
Cancer
secondaire du foie : ce sont des métastases hépatiques des
cancers d’autres organes comme l’estomac, le gros intestin, le pancréas,
l’utérus, les ovaires, les poumons, la peau, etc.
b) SIGNES
CLINIQUES :
-
Amaigrissement important jusqu’à la cachexie ;
-
Douleurs persistantes à l’hypochondre droit
-
L’ascite qui entraîne le ballonnement abdominal et
la dyspnée.
-
A l’examen physique, on trouve une hépatomégalie
dure et irrégulière et sensible.
-
A la ponction abdominale, on constate que l’ascite
est hémorragique souvent, parfois aussi jaune citrin, avec Rivalta positif.
c) EVOLUTION :
Elle
est toujours fatale.
Complications :
-
Hémorragies digestives ;
-
Coma hépatique
-
Infections intercurrentes
-
Métastases vers d’autres organes
d) TRAITEMENT :
Comme
pour tout cancer il n’y pas de traitement étiologique, mais on procède à un
traitement symptomatique ex : analgésiques, …
Chapitre VII :
LES MALADIES DES VOIES BILIAIRES
1) LA LITHIASE BILIAIRE :
A) DEFINITION ET ETIOLOGIE :
C’est une formation des calculs dans
les voies biliaires. Ces calculs sont
dus à la précipitation du cholestérol ou de la bilirubine lorsqu’ils se
trouvent en excès dans la bile.
§ Certains facteurs favorisants sont
retrouvés :
-
Obésité
-
La
prise des contraceptifs oraux
-
La
grossesse
-
La
stase biliaire due à la dyskinésie (atonie) ou à un obstacle mécanique
B) CLINIQUE :
-
Souvent
la maladie est asymptomatique
-
Parfois
elle se manifeste par la colique biliaire ou colique hépatique
C) COMPLICATION :
Elle peut se compliquer d’une
infection qui est la :
-
Cholécystite
ou
-
Cholangite
(infection du cholédoque)
D) DIAGNOSTIC PARACLINIQUE :
Rx
abdomen à blanc, échographie, cholécystographie qui opacifie les voies
biliaires (on la fait par 2 voies : p.o. = orabilix et IV = biligraphine).
E) TRAITEMENT :
-
Médical
symptomatique : antispasmodiques lors des coliques
-
Chirurgical :
cholécystectomie
-
Lithotritie
2) LA CHOLECYSTITE AIGUE :
A) DEFINITION :
C’est une inflammation aiguë de la
vésicule biliaire.
B) ETIOLOGIE :
-
Infection
microbienne, les germes arrivant par voie lymphatique ou sanguine, et ces
germes proviennent du tube digestif (= alithiasique)
-
Lithiase
biliaire compliquée de sur-infection (lithiasique)
C) CLINIQUES :
-
Douleur
à l’hypochondre droit provoquée par la palpation (Murphy+)
-
Ictère
-
Fièvre
-
Nausées
-
Vomissements
D) COMPLICATIONS :
-
La
perforation de la vésicule entraïne une péritonite aiguë grave
-
Fistules
cholecysto-intestinales
-
Adhérences
aux viscères voisins
E) TRAITEMENT :
-
Analgésiques
et antibiotiques, de préférence l’ampicilline
-
Traitement
de la lithiase : la cholécystectomie.
3) CHOLECYSTITE CHRONIQUE :
A) ETIOLOGIE :
-
Elle
s’observe après des épisodes répétés des cholécystites aiguës
-
On
l’observe aussi souvent dans la fièvre typhoïde.
En effet
les Salmonella se logent souvent dans la vésicule biliaire où ils se
multiplient et d’où ils sont régulièrement déversés dans l’intestin, ce qui est
à la base des rechutes de la F.T..
Chapitre VIII :
LES MALADIES DU
PANCREAS
RAPPEL :
Le
pancreas est situé dans la courbe duodénale.
Il a 3 parties : la tête, le corps et la queue. C’est une glande mixte c.à.d. qui est
endocrine et exocrine à la fois. Il
secrète : l’insuline et le glucagon, ainsi que le suc pancréatique qui
assure la digestion ; ce suc pancréatique contient des enzymes qui
digèrent tous les aliments ; ces enzymes sont secrétés sous formes de
précurseurs inactifs (proenzymes) qui sont activés dans la lumière intestinale.
1. PANCREATITE AIGUE
a) ETIOLOGIE :
Oreillons,
fièvre typhoïde, infections virales, maladies des voies biliaires ou
pancréatiques (lithiases ou infections).
b) PATHOGENIE :
Il
s’agit d’une auto digestion de la glande par ses propres enzymes activées dans
le pancréas même avant d’être déversées dans le duodénum.
c) CLINIQUE :
C’est
un tableau souvent dramatique. Il y a
douleur épigastrique intense irradiant vers le dos, vomissements et parfois le
malade peut tomber en choc.
d) TRAITEMENT :
-
Ne
rien donner par la bouche et on procède à une aspiration gastrique continue
(pour empêcher le pancréas de secréter)
-
Analgésiques,
antispasmodiques et remplissage vasculaire pour lutter contre le choc
-
Antibiothérapie
de couverture.
2. LA PANCREATITE CHRONIQUE
Il s’agit d’une destruction
pancréatique progressive et irréversible, le pancréas étant envahi par le tissu
fibreux (sclérose) et des calcifications.
Elle est favorisée par l’alcoolisme chronique associé à la malnutrition.
a) SIGNES CLINIQUES : ce sont ceux
de l’insuffisance pancreatique endocrine et exocrine.
Cette affection est souvent
asymptomatique, ou alors :
-
Des
douleurs épigastriques survenant par crises, irradiant vers les dos, déclenchés
par le repas, surtout gras.
-
Un
syndrome de malabsorption par manque de digestion par le suc pancréatique
-
Un
diabète sucré insulinoprive
b) TRAITEMENT :
-
Suppression
totale de l’alcool
-
Régime
pauvre en graisses
-
Analgésiques
lors des crises douloureuses
-
Donner
les enzymes pancréatiques (extraits)
-
Insuline
en cas de diabète
3.
LE CANCER DU PANCREAS
A) CANCER DE LA TETE DU PANCREAS
Il
se manifeste par un ictère cholostatique par obstruction et aussi
amaigrissement et des douleurs épigastriques d’intensité progressivement
croissante.
B) SYNDROME DE ZOLLINGER ELLISON :
Tumeur
pancréatique secrétant en excès de la gastrine, ce qui cause des ulcères
duodenaux et intestinaux parfois.
C) INSULINOME :
Tumeur secrétant de l’insuline en
excès, d’où des hypoglycémies à répérition
TRAITEMENT :
il est chirurgical si la tumeur est encore opérable.